mercredi, janvier 14, 2026

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Liban : L’État de droit ou le règne des mafias, il faut choisir

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L’état de droit repose sur des principes fondamentaux : la justice indépendante, la transparence, le respect des lois et des institutions. Il garantit l’égalité des citoyens devant la loi et assure la stabilité nécessaire à la prospérité d’une nation. À l’opposé, la vision mafieuse et milicienne repose sur le clientélisme, la corruption et l’accaparement des ressources publiques par des intérêts privés. Elle ne peut coexister avec l’état de droit, car elle le détruit systématiquement pour préserver ses privilèges.

Depuis cinquante ans, le Liban est prisonnier de cette logique. La collusion entre les élites politiques et économiques a transformé les institutions en outils au service d’intérêts particuliers. La justice demeure sous tutelle, empêchée d’exercer son rôle de gardienne de l’intérêt général. Le contrôle financier est paralysé, rendant impossible toute reddition de comptes. À chaque tentative de réforme, les bénéficiaires du système verrouillent le processus pour maintenir leur mainmise sur le pays.

L’état de droit ne peut être bâti tant que ces forces sont en place. Elles ont démontré, à travers chaque crise, qu’elles privilégient la survie de leur réseau au détriment du bien commun. Toute illusion de compromis entre ces deux visions est une impasse : soit l’état de droit triomphe en éradiquant ces pratiques, soit elles continueront à étouffer toute tentative de redressement. L’histoire récente du Liban prouve qu’aucune réforme réelle n’est possible tant que ces acteurs dominent le paysage politique et économique. La rupture est donc une nécessité absolue pour restaurer un État digne de ce nom.

Les chefs de mafia imposent à leur peuple de voter pour eux à chaque élection. À travers des réseaux bien établis comprenant des muftis, des chefs communautaires et d’autres figures d’influence, ils s’assurent que l’ordre de vote soit transmis et respecté. Quiconque refuse d’obéir s’expose à des représailles immédiates.

Si une personne refuse de voter pour le chef de mafia en question, elle perd automatiquement son emploi et est rayée de ses fonctions au sein de l’État libanais. Non seulement elle, mais aussi les membres de sa famille se retrouvent privés de travail. Ce système punitif pousse ainsi les opposants au silence, les condamnant à l’exil ou à la marginalisation pour pouvoir survivre. C’est une mécanique implacable qui maintient le pays sous le joug des mêmes dirigeants depuis des décennies.

Si une personne s’oppose publiquement ou même à l’intérieur de son propre camp à son chef politique, elle risque tout simplement d’être éliminée. L’assassinat politique est une méthode courante pour faire taire toute contestation et maintenir le pouvoir en place. Cette logique de terreur empêche toute émergence d’une opposition réelle et contribue à l’enracinement du système mafieux et milicien. Ainsi, la peur devient un instrument de gouvernance, annihilant toute possibilité de changement.

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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