C’est une véritable journée noire qui s’est déroulée ce samedi, avec un bilan de plus de 400 blessés dans les affrontements entre police du parlement, forces de l’ordre et manifestants, du jamais vu en 3 mois de manifestations.

Ces altercations ont débuté en début de soirée avant de virer au drame suite à plusieurs marches qui ont toutes convergé vers le centre-ville de Beyrouth, avec pour objectif le siège du parlement, alors que de nouvelles manifestations sont prévues ce dimanche pour conclure la semaine de la colère en dépit du mauvais temps.

Les manifestants, dont le mouvement avait débuté dans la nuit du 17 au 18 octobre, entendent dénoncer une classe politique accusée de corruption et d’avoir mené le Pays des Cèdres à la quasi-banqueroute économique.
Cette semaine avait été décrite comme celle de la colère, après que les autorités actuelles ont fait la sourde oreille et poursuivi les négociations en vue de former un gouvernement du premier ministre désigné depuis le 19 décembre, Hassan Diab, dans lequel seraient incluses des figures politiques. Pour rappel, le Liban est sans conseil des ministres depuis la démission du Premier Ministre Saad Hariri, le 29 octobre 2019.

Des scènes d’une violence jamais vue à Beyrouth ont ainsi eu lieu, avec d’une part l’utilisation de feux d’artifices et de pierres lancées contre les forces de l’ordre et d’autre part, l’usage de gaz lacrymogène, de camions à eau et même de balles en caoutchouc qui ont fait de nombreuses victimes, avant que le Président de la République appelle à l’intervention de l’Armée Libanaise pour ramener la situation au calme.

Une vidéo diffusée par la chaine de télévision Al Jadeed montre même des forces de sécurité auraient été vues mettre le feu, suite à une charge, aux tentes des manifestants, en face de l’église de St Georges, avant de menacer la reporter sur place pour exiger qu’elle interrompe la diffusion. Plus tard, un communiqué des FSI démentira que cet incident ait eu lieu.

Les FSI accusent également des manifestants, décrits comme des voyous de s’en être pris à leurs membres hospitalisés dans les hôpitaux Wardeh et AUH, situés non loin des lieux.

D’autre part, l’Hotel Dieu de France a indiqué avoir dû faire appel à une grande partie de son personnel et offrir les soins aux personnes blessées – sauf concernant les opérations chirurgicales plus couteuses-.

Par ailleurs, plusieurs dizaines de personnes auraient été arrêtées et transférées notamment à la caserne Hélou. Une vidéo montrant ces dernières descendre d’un véhicule pour être tabassées a provoqué durant la nuit une nouvelle polémique concernant l’usage d’une force disproportionnée par les Forces de Sécurité. Le commandant des FSI, le Général Imad Othman a indiqué avoir ouvert une enquête à ce sujet pour en punir les responsables si les faits sont avérés.

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