Un accord après de longues négociations
Le Premier ministre désigné Nawaf Salam a finalement trouvé un terrain d’entente avec le duo chiite, composé du Hezbollah et du mouvement Amal, concernant la représentation de cette alliance dans le prochain gouvernement libanais. Cet accord a été conclu après des négociations ardues et prolongées, selon des sources médiatiques citées dimanche.
D’après les informations obtenues, le duo chiite obtiendra quatre portefeuilles ministériels, dont celui des Finances, un poste stratégique qui reviendra à l’ancien ministre et député Yassine Jaber. Le cinquième ministre chiite sera choisi en consultation entre Nawaf Salam et le président, en accord avec les exigences du duo chiite.
Cette entente marque une étape clé dans la formation du gouvernement, mais elle ne signifie pas pour autant la fin des obstacles. Plusieurs difficultés subsistent, notamment concernant la représentation du Courant patriotique libre (CPL) et des forces sunnites, ainsi que les revendications du parti des Forces libanaises (FL).
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Les Forces libanaises insatisfaites et en quête d’un portefeuille souverain
Alors que l’accord avec le duo chiite semble avoir débloqué une partie des négociations, les Forces libanaises (FL)expriment leur mécontentement quant au processus adopté pour la formation du gouvernement.
Le parti dirigé par Samir Geagea dénonce une répartition jugée déséquilibrée des portefeuilles ministériels et exige un ministère souverain, en particulier celui des Affaires étrangères. Selon des sources proches des FL, leur participation dans le premier gouvernement du mandat présidentiel dépendra de l’obtention de ce poste stratégique et du respect d’un principe d’équilibre dans la distribution des portefeuilles.
Les Forces libanaises souhaitent garantir une représentation plus équilibrée dans le gouvernement et considèrent que leur rôle ne peut être limité à des ministères secondaires. Cette position pourrait retarder davantage la finalisation du cabinet, tant que ces revendications ne seront pas prises en compte.
La répartition des portefeuilles : un équilibre fragile
L’attribution des ministères reste un exercice délicat au Liban, où chaque force politique cherche à maximiser son influence au sein du gouvernement. Nawaf Salam a mené une série de rencontres avec des émissaires du Hezbollah et du mouvement Amal, parvenant ainsi à valider la nomination de Yassine Jaber au poste de ministre des Finances.
Par ailleurs, des discussions ont eu lieu concernant le ministère de la Santé, pour lequel Salam aurait demandé au Hezbollah de choisir un candidat diplômé de l’Université américaine de Beyrouth (AUB). Cette exigence pourrait être une tentative de rassurer l’opinion publique et les partenaires internationaux quant à la compétence du futur ministre, notamment dans un contexte où la situation sanitaire et hospitalière au Liban demeure critique.
Cependant, au-delà du duo chiite, la composition du gouvernement reste incomplète, en raison des désaccords persistants avec le Courant patriotique libre (CPL).
Le Courant patriotique libre en attente d’un compromis
Le Courant patriotique libre (CPL), dirigé par Gebran Bassil, demeure un acteur incontournable dans les négociations gouvernementales. Selon des sources internes au parti, aucun accord définitif n’a encore été trouvé sur l’attribution des portefeuilles qui lui reviennent.
Jusqu’au vendredi soir, les discussions entre le CPL et Nawaf Salam n’avaient toujours pas abouti à un consensus sur les ministres qui représenteront la formation dans le nouveau cabinet. Le manque d’accord avec le CPL pourrait compliquer davantage la formation du gouvernement, d’autant plus que le parti détient encore une influence significative sur la scène politique libanaise.
Les tensions entre le CPL et d’autres factions politiques, notamment les Forces libanaises et certaines figures sunnites, pourraient prolonger l’impasse actuelle.
Un gouvernement sous pression, entre compromis et blocages politiques
La formation d’un gouvernement au Liban est toujours un exercice politique complexe, où chaque acteur tente d’obtenir un maximum d’influence tout en évitant une exclusion préjudiciable. Si l’accord entre Nawaf Salam et le duo chiite constitue un progrès, les tensions restent vives avec d’autres blocs politiques clés.
Les Forces libanaises maintiennent leur position ferme et conditionnent leur participation à l’octroi d’un ministère de premier plan. Le Courant patriotique libre, quant à lui, attend encore une répartition qui lui soit favorable, et les forces sunnites ne sont pas encore pleinement intégrées dans le processus.
Le Premier ministre désigné Nawaf Salam doit désormais jongler entre les attentes divergentes des différentes forces politiques, tout en essayant de former une équipe ministérielle qui puisse être acceptée aussi bien sur le plan interne que par la communauté internationale.
Tant que ces points de friction ne seront pas résolus, l’officialisation du gouvernement pourrait encore être retardée, prolongeant ainsi la crise politique et institutionnelle dans laquelle le Liban est plongé.



