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Netanyahu promet une guerre longue contre l’Iran et menace le Hezbollah

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé jeudi 12 mars que l’offensive contre l’Iran se poursuivait et qu’elle s’inscrivait dans des « jours historiques » appelés, selon lui, à modifier durablement les équilibres du Moyen-Orient. Dans le même temps, il a de nouveau menacé le Hezbollah d’un « prix très élevé », alors que l’armée israélienne intensifie ses frappes sur Beyrouth, le sud du Liban et la Bekaa. Ces déclarations interviennent au moment où les autorités militaires israéliennes annoncent une campagne prolongée au Liban et où plusieurs initiatives diplomatiques libanaises peinent à ouvrir une séquence de négociation.  

Benjamin Netanyahu a placé l’Iran au centre de son discours. Dans une déclaration officielle publiée par ses services le 7 mars, il affirmait déjà qu’Israël ne cesserait pas de combattre « les tyrans en Iran », que l’opération en cours se poursuivrait « avec toute [sa] force » et qu’Israël frapperait Téhéran « sans pitié ». Le texte officiel insistait aussi sur l’objectif d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire et sur la volonté d’empêcher la consolidation de ses capacités militaires. Cette ligne a été reprise et durcie dans les propos relayés ce 12 mars, où Netanyahu présente l’Iran comme « le plus grand danger » pour Israël et comme le centre d’un dispositif régional destiné, selon lui, à détruire l’État hébreu par ses alliés, ses missiles balistiques et son programme nucléaire.  

Le chef du gouvernement israélien inscrit cette campagne dans une ambition stratégique plus vaste. Le 7 mars, il déclarait officiellement qu’Israël était en train de « changer la face du Moyen-Orient » et assurait que de nombreux pays voyaient désormais en Israël « un phare de force et d’espoir ». Les nouveaux propos qui lui sont attribués prolongent cette séquence verbale : Netanyahu dit vouloir transformer la région et faire d’Israël une puissance régionale renforcée, voire une puissance mondiale dans certains domaines. Dans le récit défendu par le pouvoir israélien, la guerre ouverte contre l’Iran et l’intensification de la pression sur le Hezbollah ne relèvent donc pas d’une simple riposte ponctuelle, mais d’une reconfiguration régionale assumée.  

Sur le terrain libanais, cette rhétorique s’accompagne d’une escalade militaire très concrète. Reuters a rapporté jeudi que des frappes israéliennes ont touché deux immeubles dans le centre de Beyrouth, à proximité du Grand Sérail, siège du gouvernement libanais. L’agence précise qu’Israël a également étendu ses ordres d’évacuation à de nouvelles zones du sud du Liban, tandis que le chef d’état-major Eyal Zamir a averti que l’opération au Liban « ne serait pas courte ». Selon Reuters, les autorités libanaises font état de 687 morts, dont 98 enfants, et de plus de 800 000 déplacés depuis l’intensification de l’offensive.  

Dans ce contexte, les menaces répétées de Benjamin Netanyahu contre le Hezbollah s’inscrivent dans une stratégie de pression maximale déjà exprimée au cours des derniers jours. Le 7 mars, il avait averti les autorités libanaises qu’elles devaient désarmer le Hezbollah, faute de quoi son « agressivité » entraînerait des « conséquences désastreuses » pour le Liban. Trois jours plus tard, Reuters rapportait qu’un envoyé israélien considérait que le désarmement du mouvement chiite constituait la clé d’une fin de guerre. Les propos diffusés ce 12 mars vont dans le même sens : Netanyahu affirme que le Hezbollah « ressent notre puissance » et qu’il paiera un « prix très élevé » pour ses attaques.  

L’armée israélienne justifie cette montée en puissance par l’ampleur des frappes lancées par le Hezbollah. Reuters indique qu’après la plus importante salve de roquettes et de drones du conflit, menée mercredi soir en coordination avec l’Iran selon Israël, le ministre de la Défense Israel Katz a ordonné l’élargissement de la campagne au Liban. Le chef d’état-major israélien a pour sa part annoncé l’envoi de troupes et de capacités supplémentaires vers le nord. Le message transmis par l’appareil sécuritaire israélien est clair : la confrontation avec le Hezbollah doit désormais s’inscrire dans la durée, et non dans une séquence de pression limitée.  

Sur le volet diplomatique, les perspectives restent très fermées. Le Financial Times a rapporté qu’Israël avait rejeté une demande libanaise de « cessation » des frappes pour permettre l’ouverture de discussions, en exigeant que toute négociation ait lieu « sous le feu ». Cette même ligne a été reprise par le Times of Israel, qui cite ce refus israélien des ouvertures diplomatiques libanaises. La chaîne israélienne Channel 12 affirme de son côté, selon plusieurs reprises de presse, que l’armée estime en privé que les initiatives de négociation portées par le gouvernement libanais ou par des pays étrangers échoueront. Ces éléments convergent vers une même lecture : à ce stade, le pouvoir israélien paraît privilégier la poursuite de l’offensive à toute désescalade négociée immédiate.  

La fermeté affichée par Benjamin Netanyahu sur l’Iran s’inscrit aussi dans un calendrier politique et militaire plus large. Reuters rapportait dès le 3 mars que le Premier ministre israélien affirmait que la guerre menée avec les États-Unis contre l’Iran ne prendrait pas « des années » mais qu’elle se poursuivrait « aussi longtemps que nécessaire » pour neutraliser les capacités militaires et nucléaires iraniennes. Dans le même temps, plusieurs sources sécuritaires citées par la presse internationale reconnaissent que la question d’un changement de régime à Téhéran reste beaucoup plus incertaine. Netanyahu a pourtant déclaré vouloir « créer les conditions » permettant au peuple iranien de renverser le régime, une formulation qui place désormais la guerre au-delà de la seule logique de dissuasion.  

L’argument central du Premier ministre israélien demeure la menace existentielle. Dans ses déclarations officielles récentes, il soutient que l’Iran avançait vers une capacité nucléaire militaire et consolidait, en parallèle, un réseau régional de forces alliées destiné à frapper Israël sur plusieurs fronts. C’est au nom de cette lecture qu’il affirme qu’une absence d’action aujourd’hui aurait permis à l’industrie militaire iranienne de se durcir davantage, notamment dans des installations souterraines plus difficiles à atteindre. Cette présentation du conflit structure le discours israélien depuis le déclenchement de l’opération contre l’Iran à la fin du mois de février.  

Au Liban, cette séquence accroît encore la pression sur le gouvernement de Nawaf Salam. Reuters rappelle que Beyrouth a officiellement interdit, début mars, les activités militaires du Hezbollah, dans une tentative de réaffirmer le monopole de l’État sur l’usage de la force. Mais l’intensification des frappes israéliennes, le refus apparent d’une pause préalable aux discussions et la conviction affichée par des sources israéliennes que la voie diplomatique échouera réduisent, pour l’heure, l’espace politique laissé aux médiations. Dans les faits, la bataille militaire semble avoir pris le dessus sur les tentatives de dialogue.  

Benjamin Netanyahu présente ainsi la guerre en cours comme une séquence fondatrice. Son discours mêle objectifs de sécurité, démonstration de puissance et ambition régionale. Mais, sur le terrain, cette ligne se traduit par une campagne appelée à durer, une confrontation renforcée avec le Hezbollah et une fermeture croissante de l’horizon diplomatique. Jeudi soir, le centre de Beyrouth était de nouveau frappé, le sud du Liban soumis à de nouveaux ordres d’évacuation, et l’état-major israélien annonçait déjà la poursuite de l’opération.  

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