mardi, janvier 13, 2026

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“Nous attendons des actes” : les déclarations de Thomas Barak qui secouent les institutions libanaises

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Une déclaration qui marque un tournant diplomatique

Le diplomate américain Thomas Barak, envoyé spécial de l’administration américaine pour le Moyen-Orient, a déclenché une onde de choc au Liban à travers des propos tenus à la suite de la transmission de la réponse officielle de Washington à la feuille de route sécuritaire présentée par le gouvernement libanais. Affirmant que « le refus de procéder au désarmement pourrait ouvrir la voie à une guerre civile », Barak a posé un cadre discursif alarmiste sur la situation interne du Liban.

Cette déclaration, prononcée dans un contexte tendu, introduit un changement de ton notable par rapport aux cycles de négociations précédents. Elle rompt avec les formulations diplomatiques prudentes utilisées jusqu’alors. L’envoyé américain a précisé que l’initiative devait émaner exclusivement du gouvernement libanais. « Nous n’imposons pas de solution, mais nous attendons des actes concrets », a-t-il insisté, en écho à l’ultimatum sécuritaire contenu dans le document officiel transmis par l’ambassade des États-Unis à Beyrouth.

Ces propos interviennent alors que la diplomatie américaine s’oriente vers une stratégie plus directive au Moyen-Orient. Le Liban devient une pièce centrale dans cette approche. Loin d’être une simple pression technique, les mots utilisés par Barak résonnent comme un avertissement. Pour de nombreux observateurs, évoquer la guerre civile remet brutalement en mémoire les fractures historiques du pays. L’effet immédiat de ces déclarations a été de faire remonter à la surface des inquiétudes anciennes, à peine contenues par les équilibres institutionnels actuels.

Joseph Aoun défend la souveraineté nationale

Face à ces propos, la réaction du président de la République Joseph Aoun a été immédiate. Lors d’un échange avec des délégations institutionnelles, il a réaffirmé la souveraineté pleine et entière du Liban dans ses décisions sécuritaires. Il a déclaré : « Le Liban est un État dont l’unité est assurée par la Constitution et dont la sécurité est garantie par son armée. »

Le chef de l’État a rappelé que son serment présidentiel l’obligeait à défendre l’intégrité du territoire et à préserver l’unité nationale. Il a martelé que « personne ne peut contraindre le Liban à agir contre sa volonté nationale », réaffirmant ainsi une position d’indépendance dans la prise de décision, en dépit des pressions internationales croissantes.

Dans ses rencontres avec des représentants de l’administration et des chefs sécuritaires, le président Aoun a adopté une posture d’équilibre : réceptif aux attentes de la communauté internationale, mais fermement attaché à l’autonomie institutionnelle du Liban. Plusieurs interlocuteurs proches de la présidence ont évoqué un refus catégorique de céder à ce qu’ils considèrent comme une mise sous injonction étrangère.

Le discours du président s’est voulu protecteur à l’égard de l’armée, présentée comme le pilier central de la stabilité. En valorisant le rôle de cette institution dans la sécurité nationale, Joseph Aoun cherche à contenir les tentations d’externaliser la résolution des déséquilibres internes.

Trois présidences, une seule ligne ?

Dans les jours qui ont suivi les déclarations de Barak, des consultations se sont organisées au sommet de l’État. Des sources institutionnelles indiquent que des réunions entre les trois présidents – Joseph Aoun, Nawaf Salam, Premier ministre, et Nabih Berri, président du Parlement – sont prévues pour élaborer une réponse commune aux exigences exprimées par les États-Unis.

Ces concertations visent à analyser en détail les implications politiques, juridiques et sécuritaires du calendrier imposé par Washington. Si les trois présidents partagent la volonté de préserver l’unité institutionnelle, leurs positions sur le fond du dossier peuvent diverger. Le président du Parlement, connu pour ses liens avec certaines forces politiques concernées par le désarmement, adopte une ligne plus nuancée que celle du chef de l’État.

Aucun communiqué officiel n’a encore été publié à l’issue de ces rencontres préparatoires. Toutefois, selon plusieurs interlocuteurs proches du gouvernement, un texte de réponse est en cours de rédaction et devrait être finalisé avant la fin du mois. L’objectif est de parler d’une seule voix sur la scène internationale, tout en ménageant les sensibilités internes.

Ce processus souligne l’importance stratégique accordée à la coordination entre les trois pôles de pouvoir au Liban. Toute dissension visible pourrait être interprétée comme un signe de faiblesse ou d’indécision, renforçant la pression extérieure. À ce stade, l’unité affichée demeure prioritaire, même si les arbitrages à venir s’annoncent délicats.

Entre soutien discret et réticences politiques

Au-delà des trois présidences, la scène politique libanaise réagit de manière contrastée aux propos de Thomas Barak. Certaines formations parlementaires expriment un soutien discret à la ligne présidentielle, jugeant la pression américaine excessive mais reconnaissant la nécessité de consolider l’autorité de l’État.

D’autres courants politiques perçoivent dans ces déclarations une tentative d’imposer un changement par la contrainte. L’évocation de la guerre civile est particulièrement mal reçue. Plusieurs députés ont confié leur malaise face à ce qu’ils considèrent comme une menace à peine voilée. La formulation employée par Barak, selon laquelle le refus de désarmement pourrait « ouvrir la voie à une guerre civile », est interprétée par certains comme une interférence grave dans les affaires internes libanaises.

Des voix dénoncent un double standard, rappelant que d’autres pays partenaires des États-Unis abritent également des milices ou des forces paramilitaires sans subir de telles pressions. D’autres encore s’interrogent sur la pertinence d’un calendrier aussi resserré, au regard de la complexité du tissu politique et militaire libanais.

La classe politique semble divisée entre ceux qui estiment que le Liban ne peut se permettre de s’aliéner le soutien américain, et ceux qui revendiquent une posture de résistance face à ce qu’ils perçoivent comme une remise en cause de la souveraineté. Ce clivage se retrouve dans les débats internes aux commissions parlementaires, où les projets de loi liés à la réforme sécuritaire commencent à être discutés.

L’impact du discours de Barak sur l’opinion publique

Les propos du diplomate américain ont également trouvé un écho dans la société civile. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses réactions ont exprimé une vive inquiétude. L’évocation d’une possible guerre civile ravive des traumatismes encore vifs. Des publications évoquent la fragilité du tissu social et les risques de fragmentation accrue si le désarmement est mené sans consensus.

Dans plusieurs quartiers de Beyrouth, des discussions informelles entre citoyens font apparaître une anxiété croissante face à l’éventualité d’un retour à la violence. Si certains estiment que la pression américaine peut contribuer à accélérer la réforme de l’État, d’autres y voient le risque d’un éclatement supplémentaire du paysage institutionnel.

Des analystes politiques interrogés dans des cercles universitaires et professionnels considèrent que le ton utilisé par Thomas Barak était volontairement fort, dans le but de créer un choc politique. L’objectif, selon eux, serait de provoquer une réaction immédiate de l’appareil d’État et de forcer les acteurs politiques à sortir de leur inertie. Cette stratégie de mise sous tension, bien que calculée, comporte des risques en termes de cohésion nationale.

Des mouvements citoyens indépendants ont également commencé à formuler des appels à la responsabilité, en exhortant les dirigeants à éviter toute forme d’alignement mécanique ou de confrontation aveugle. Ils rappellent que le désarmement ne peut être envisagé qu’à travers un dialogue inclusif, tenant compte de l’histoire récente et des rapports de force internes.

Enfin, certains médias ont relayé des témoignages de membres de la diaspora, particulièrement attentifs à l’évolution de la situation. Beaucoup craignent une dégradation rapide de la stabilité sécuritaire, à l’approche de l’échéance de fin 2025, fixée comme date limite dans le document diplomatique transmis.

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Newsdesk Libnanews
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