mercredi, janvier 14, 2026

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Pourquoi Israël gagne des batailles, mais pas la guerre

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Israël, bien qu’étant l’une des puissances militaires les plus technologiquement avancées au monde, fait face à un paradoxe persistant : ses victoires tactiques sur le champ de bataille ne se traduisent pas par des gains stratégiques durables. Ce constat est particulièrement flagrant dans les conflits récents, où les coûts humains, économiques et politiques se sont avérés disproportionnés par rapport aux objectifs atteints.

1. Épuisement militaire : un coût élevé pour des résultats limités

Malgré sa supériorité technologique et opérationnelle, Israël se heurte à des obstacles croissants dans ses campagnes militaires.

a. Les défis des guerres asymétriques
Les récents affrontements avec le Hezbollah au Sud-Liban et le Hamas à Gaza illustrent les défis des guerres asymétriques, où l’armée israélienne fait face à des adversaires maîtrisant des tactiques de guérilla sophistiquées. Par exemple, les avancées israéliennes à Maroun el-Ras, jadis rapides et décisives, ont été entravées en 2024 par des défenses renforcées. Là où trois jours suffisaient en 1982, il a fallu trois semaines cette fois-ci, malgré une puissance de feu largement supérieure.

b. Les limites du Dôme de Fer et des systèmes défensifs
Le Dôme de Fer, fierté technologique d’Israël, a montré ses limites face à des attaques massives et coordonnées. En octobre 2024, des missiles tirés par le Hezbollah ont frappé Tel-Aviv et, dans un acte symbolique et dévastateur, la résidence officielle de Benjamin Netanyahu. Selon Globes, cet événement a mis en lumière une vulnérabilité jusque-là insoupçonnée et accru la pression sur le cabinet de sécurité.

c. Une stratégie coûteuse et prolongée
La guerre prolongée mobilise des ressources humaines et matérielles colossales, avec des résultats mitigés. Des objectifs tels que la libération des otages ou la neutralisation complète des capacités adverses restent hors d’atteinte, renforçant un sentiment d’impasse. Ces échecs tactiques, combinés aux frappes sur des centres névralgiques comme Tel-Aviv, exacerbent la panique et la défiance au sein de la population.


2. Effondrement économique : des tensions insoutenables

La pression économique provoquée par la guerre érode non seulement la résilience israélienne mais expose également ses dépendances critiques.

a. Un PIB en recul
Selon les données du Jerusalem Post, le produit intérieur brut (PIB) israélien a enregistré une contraction de 2,7 % au dernier trimestre, marquée par une interruption massive des activités commerciales et industrielles. Les frappes sur Tel-Aviv ont aggravé cette situation, endommageant des infrastructures essentielles et entraînant un effondrement du secteur touristique.

b. Des dépenses militaires insoutenables
Les dépenses militaires directes, estimées à plus de 10 milliards de dollars en 2024, représentent un fardeau pour l’économie israélienne. Les dégâts causés aux infrastructures par des missiles de précision tirés depuis le Liban et Gaza ajoutent un coût supplémentaire, selon Haaretz.

c. La dépendance croissante aux aides étrangères
Israël s’appuie largement sur l’aide militaire américaine, mais les critiques croissantes de la part de l’Union européenne et les accusations de crimes de guerre compliquent le maintien de certains partenariats économiques. Selon Ynet, les négociations sur l’exportation d’armes, notamment avec l’Allemagne pour le Dôme de Fer, ont été ralenties par les controverses.


3. Défis politiques : un cabinet israélien profondément divisé

Le gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahu, fait face à des tensions internes qui minent la cohérence et l’efficacité de ses décisions stratégiques.

a. Une polarisation croissante au sein du cabinet
Le cabinet de sécurité israélien, composé de représentants des différentes factions de la coalition gouvernementale, est marqué par des divisions profondes. Les ministres les plus à droite, comme Bezalel Smotrich ou Itamar Ben-Gvir, favorisent une approche militaire agressive et soutiennent des politiques expansionnistes en Cisjordanie. En revanche, d’autres membres, plus modérés, notamment Benny Gantz, plaident pour une stratégie plus prudente et pour un cessez-le-feu rapide afin de limiter les pertes humaines et économiques. Selon Maariv, ces désaccords paralysent souvent la prise de décision.

b. Les critiques internes des institutions de défense
Des tensions ont également émergé entre le gouvernement et les hauts responsables de l’armée. Le chef d’état-major de Tsahal a exprimé des préoccupations quant à la faisabilité des objectifs militaires et a appelé à une meilleure coordination entre le gouvernement et les forces armées. Selon Haaretz, cette fracture interne reflète une perte de confiance entre les institutions.

c. La perte de popularité de Netanyahu
Benjamin Netanyahu, confronté à des accusations de corruption et à des critiques sur sa gestion des conflits, voit sa popularité s’effondrer. Une enquête de Yedioth Aharonot révèle que 62 % des Israéliens désapprouvent sa gestion de la guerre, notamment après les frappes sur Tel-Aviv. Cette impopularité rend encore plus difficile pour Netanyahu de maintenir la cohésion au sein de son gouvernement.


4. Isolement diplomatique : un allié devenu encombrant

Israël, autrefois perçu comme un bastion stratégique pour les démocraties occidentales, voit son image internationale se détériorer rapidement.

a. La normalisation en suspens
Les Accords d’Abraham, qui avaient amorcé un rapprochement historique avec des pays arabes, sont désormais fragilisés. Mohammed ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, hésite à poursuivre le processus de normalisation, craignant une réaction populaire violente et un impact sur sa propre légitimité.

b. Une reconnaissance accrue de l’État palestinien
Selon +972 Magazine, de nombreux pays, notamment en Amérique latine et en Europe, ont intensifié leur soutien à la Palestine, une tendance alimentée par les images de destruction massive à Gaza. Cette reconnaissance accrue isole davantage Israël sur la scène internationale.

c. Les critiques des alliés occidentaux
Même les États-Unis, principal allié d’Israël, expriment des réserves sur les tactiques utilisées dans les conflits récents. L’Union européenne, quant à elle, menace de revoir ses partenariats économiques si les accusations de crimes de guerre persistent.


5. Une région en mutation : Israël face à de nouveaux défis

Le paysage géopolitique du Moyen-Orient évolue rapidement, et Israël doit s’adapter à une concurrence croissante et à des alliances changeantes.

a. Le rôle accru de la Chine et de la Russie
La Chine, désormais un acteur majeur dans la région, joue un rôle de médiateur entre l’Iran et l’Arabie saoudite, tout en renforçant ses relations économiques avec des pays comme l’Égypte. La Russie, de son côté, continue de soutenir ses alliés en Syrie, compliquant davantage les calculs stratégiques israéliens.

b. L’Iran et ses proxies
Malgré les sanctions internationales, l’Iran continue de financer et d’armer le Hezbollah et d’autres groupes armés. Ces alliés régionaux, dotés de technologies avancées, comme les drones et les missiles de précision, compliquent toute intervention israélienne.

c. Les fractures religieuses et idéologiques
L’échec du nationalisme arabe laïc et la montée des idéologies religieuses exacerbent les tensions régionales. Israël doit désormais faire face à des adversaires dont la motivation dépasse les simples considérations politiques.


6. Leçons géostratégiques : un échec stratégique malgré les victoires tactiques

Israël demeure une puissance militaire majeure, mais ses récentes guerres révèlent des failles structurelles : des vulnérabilités militaires, une économie sous pression, un isolement diplomatique croissant et une instabilité politique interne. Sans une refonte complète de sa stratégie militaire et diplomatique, le pays risque de continuer à accumuler des victoires tactiques sans parvenir à sécuriser la paix et la stabilité à long terme.

Sources :

  • Globes : Analyse sur les limites du Dôme de Fer
  • Haaretz : Évaluation des coûts économiques et des divisions internes
  • Maariv : Tensions au sein du cabinet israélien
  • Jerusalem Post : Alliances régionales et perspectives géopolitiques
  • Al-Monitor : Impacts des Accords d’Abraham sur la normalisation
  • +972 Magazine : Soutien international croissant à la Palestine
  • Yedioth Aharonot : Analyse des opinions publiques en Israël
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Newsdesk Libnanews
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