Les forces armées israéliennes ont procédé, ce jeudi 5 février 2026, à une série de raids aériens sur divers secteurs du Liban, accentuant les tensions persistantes le long de la frontière sud. Parmi les opérations les plus récentes, des frappes ont ciblé Mahmoudiyah, à proximité d’Al-Aishiya, le long de la périphérie sud-est de la plaine d’Al-Maidnah et de Kafr Ruman, comme rapporté à 16h21 par le représentant de l’Agence nationale d’information (ANI) à Jazzine. Ces actions s’inscrivent dans une séquence de violations récurrentes du cessez-le-feu établi en novembre 2024, soulignant les difficultés à maintenir une stabilité fragile dans la région. Les autorités libanaises ont condamné ces incursions comme des atteintes à la souveraineté nationale, tandis que l’armée israélienne les présente comme des mesures défensives contre des menaces liées au Hezbollah.
Ces raids sur Mahmoudiyah ont été marqués par une intensité notable, avec des explosions signalées dans des zones périphériques potentiellement stratégiques surplombant la plaine d’Al-Maidnah. Les détails initiaux font état de colonnes de fumée visibles depuis les localités avoisinantes, sans indications immédiates de victimes civiles dans ce secteur précis. Les impacts potentiels sur les infrastructures locales, incluant des voies d’accès et des terrains agricoles, risquent d’aggraver les contraintes économiques dans le Liban-Sud, une région déjà marquée par des années de conflits intermittents.
Une série d’attaques aériennes dans la Bekaa et l’Hermel
À 18h27, des raids ont visé les jurouds des villages de Boudai et Flaoui, situés à l’ouest de Baalbek dans la vallée de la Bekaa, selon le représentant de l’ANI à Baalbek. Ces frappes ont touché des terrains escarpés, fréquemment associés à des activités logistiques. Les appareils de combat israéliens ont déployé des munitions guidées pour neutraliser des cibles décrites comme des menaces potentielles. Baalbek, centre historique et économique de la vallée, a vu sa population placée en alerte par ces survols persistants, évoquant des souvenirs de violences antérieures dans cette zone fertile.
À 18h10, une incursion aérienne a frappé le khraj d’Al-Sarira, connu aussi sous le nom de Horta al-Tahta, ainsi que le wadi Shbil al-Qatrani, dans le district de Jazzine, d’après le représentant de l’ANI local. Ces sites ruraux, aux infrastructures limitées, ont subi des bombardements de plusieurs minutes, avec des détonations résonnant dans les vallées environnantes. Les rapports initiaux mentionnent des dommages à des biens agricoles, compliquant la situation pour les communautés dépendantes de l’agriculture dans ces régions montagneuses.
À 18h00, une frappe supplémentaire a touché les environs de la ville d’Hermel, dans le nord de la Bekaa, comme indiqué par le représentant de l’ANI à Hermel. Cette opération, qualifiée de nouvelle incursion, a visé des zones périphériques urbaines, potentiellement des positions de surveillance. Hermel, localité clé près de la frontière syrienne, a connu des tensions transfrontalières récurrentes. Les conséquences immédiates incluent des perturbations dans les mouvements locaux, avec des routes affectées par des débris et une activation accrue des services d’urgence.
Survols intenses au-dessus de Baalbek
À 17h36, des appareils de guerre israéliens ont survolé Baalbek et ses villages environnants, selon le représentant de l’ANI. Ces vols, prolongés sur plusieurs heures, ont maintenu les habitants en état de vigilance accrue. Baalbek, renommée pour ses vestiges archéologiques inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, subit des disruptions quotidiennes dues à ces intrusions aériennes. Les forces libanaises ont suivi ces déplacements sans intervention directe, illustrant la précarité du cessez-le-feu.
À 16h59, les jurouds d’Hermel ont été ciblés par des appareils de combat, d’après le représentant de l’ANI à Hermel. Ces frappes ont touché des terrains élevés, souvent utilisés pour des observations. Les explosions, décrites comme intenses, ont eu des échos jusqu’aux zones urbaines adjacentes. Cette action s’ajoute à une série d’opérations similaires dans la région, où les frictions avec des groupes armés persistent.
Frappes dans le Jabal al-Rihan et le Sud-Liban
À 16h27, une frappe a visé Al-Waz’iya, près de Khallat Khazim, dans le Jabal al-Rihan, comme rapporté par le représentant de l’ANI à Jazzine. Cette zone montagneuse, dominant le Sud-Liban, constitue un point de surveillance frontalier. Les raids ont atteint des sites isolés, potentiellement des voies de ravitaillement. Les dommages incluent des cratères dans les terrains rocheux, rendant l’accès difficile pour les résidents locaux dépendants de ces sentiers.
À 16h21, outre les raids sur Mahmoudiyah, des attaques ont été lancées sur Al-Mahmoudiya, près d’Al-Aishiya, le long des bords sud-est de la plaine d’Al-Maidnah et de Kafr Ruman, selon le même représentant. Ces opérations coordonnées suggèrent une planification visant à sécuriser des lignes de vue frontalières. Les villages comme Kafr Ruman, impactés par des conflits passés, voient leurs activités locales entravées par ces interruptions.
Activité de drones sur Beyrouth et sa banlieue
À 15h20, un drone israélien a maintenu un survol continu au-dessus de Beyrouth et de sa banlieue sud, à très basse altitude depuis le matin, d’après la représentante de l’ANI. Cette présence a perturbé la vie urbaine, avec des bruits constants et des préoccupations sécuritaires. La capitale, hub politique et économique, reste exposée à ces violations de l’espace aérien souverain, rappelant les risques d’escalade en milieu urbain.
Ces survols de drones, employés pour la reconnaissance, ont été observés à des altitudes inférieures à 100 mètres par endroits, intensifiant les tensions parmi les résidents. Les autorités ont recommandé la prudence, tandis que les forces de sécurité ont renforcé leurs patrouilles.
Contexte des violations récurrentes du cessez-le-feu
Ces incidents du 5 février 2026 interviennent dans un cadre de confrontations répétées depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, négocié par les États-Unis et la France. Cet accord visait à clore plus d’un an d’échanges de tirs transfrontaliers, ayant causé des milliers de victimes et ravagé des infrastructures au Liban. Pourtant, les infractions se multiplient : l’armée israélienne a mené plus de 50 raids en janvier 2026, le niveau mensuel le plus élevé depuis l’accord, selon des analyses d’organisations non gouvernementales. Ces opérations sont justifiées par Tsahal comme des réponses préventives à la reconstitution des capacités du Hezbollah au sud du Litani.
Du côté libanais, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam, en fonction depuis février 2025, réaffirme son engagement à préserver la souveraineté et à éviter une implication dans des conflits élargis. Lors d’un sommet à Dubaï le 3 février 2026, le Premier ministre a déclaré que le Liban ne permettrait à personne de le plonger dans une nouvelle spirale de violence. Cette stance reflète les efforts pour consolider l’armée libanaise, avec un déploiement accru dans le Sud en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
La Finul, comptant plus de 10 000 casques bleus, exprime des préoccupations vives. Le 2 février 2026, après une opération israélienne impliquant la dispersion d’une substance chimique non toxique près de la Ligne bleue, la mission a qualifié l’acte d’inacceptable et contraire à la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Les patrouilles ont été suspendues pour plus de neuf heures, impactant plus d’une douzaine d’activités. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a ajouté le 3 février 2026 que les survols au-delà de la Ligne bleue violent la résolution 1701.
Implications sécuritaires et humanitaires immédiates
Les frappes récentes aggravent les défis humanitaires au Liban, confronté à une crise économique persistante. Dans le Sud, plus de 64 000 personnes demeurent déplacées un an après le cessez-le-feu, selon des estimations officielles. Les raids sur des zones agricoles, tels ceux sur Al-Waz’iya et les jurouds de Boudai, menacent la sécurité alimentaire, avec des terres rendues inexploitables par des munitions non explosées.
Le président Joseph Aoun, élu début 2025, a condamné ces actes lors d’une visite en Espagne le 2 février 2026, les qualifiant de crime environnemental et sanitaire contre les citoyens libanais et leurs terres. Il a exhorté la communauté internationale à presser Israël pour un respect intégral de la résolution 1701, qui exige le retrait des forces armées et le désarmement des groupes non étatiques au sud du Litani.
Côté israélien, les Forces de défense israéliennes ont indiqué que les frappes du 5 février visaient des cibles terroristes du Hezbollah dans plusieurs zones du Liban, en réponse à des violations présumées. Un porte-parole de Tsahal a précisé que ces opérations sont cruciales pour empêcher le rétablissement du Hezbollah. Parmi les cibles récentes, des operatives comme Mohammad Ahmad Yusef et Ahmad Hassan Faqih ont été éliminés, accusés de restaurer des infrastructures militaires.
Dynamiques régionales et interventions internationales
Ces événements mettent en lumière les liens régionaux, avec l’Iran perçu comme un soutien majeur au Hezbollah. Les déclarations du leader du groupe, Naim Qassem, fin janvier 2026, avertissant que toute frappe sur l’Iran serait considérée comme une attaque sur le Liban, ont accru les tensions. Le gouvernement libanais, attentif aux influences confessionnelles – sunnites à Tripoli, chiites au Sud –, manœuvre avec prudence pour éviter une polarisation interne.
L’Union européenne et les États-Unis jouent un rôle central. Une conférence prévue le 5 mars 2026 à Paris vise à renforcer l’armée libanaise et les forces de sécurité. Le président Aoun a insisté sur la nécessité de nettoyer les zones déployées par l’armée libanaise de toute présence armée non étatique, alignant le Liban sur les exigences internationales.
Renforcement des patrouilles et incidents avec la Finul
L’armée libanaise, sous le commandement du général Rodolphe Haykal, a intensifié ses patrouilles conjointes avec la Finul. Le 3 février 2026, la Finul a rapporté un incident où deux drones, présumés israéliens, ont survolé une patrouille près de Kafer Kela, violant la résolution 1701. Un drone a largué une grenade assourdissante à 50 mètres des casques bleus après une action défensive de ces derniers. Le chef de mission a déclaré : « Nous réitérons à l’armée israélienne son obligation de respecter la Ligne bleue et d’assurer la sécurité des casques bleus. »
Conséquences locales des survols et frappes
Dans les zones affectées comme Al-Aishiya et Hermel, les résidents signalent des nuits perturbées par les survols constants. Les services d’urgence, coordonnés par le ministère de la Santé publique, ont déployé des équipes pour évaluer les dommages. Les impacts économiques englobent des pertes agricoles estimées à des millions, exacerbant l’inflation et la dette publique libanaise, dépassant 150 % du PIB selon les rapports du FMI de fin 2025.
Les autorités libanaises surveillent étroitement les mouvements frontaliers, tandis que les acteurs internationaux appellent à la retenue pour prévenir une reprise des hostilités à grande échelle. Les survols sur Beyrouth persistent, exerçant une pression psychologique sur la population, avec des drones opérant à basse altitude et perturbant les activités quotidiennes dans la capitale et sa banlieue sud.



