L’élection de Joseph Aoun, ancien chef de l’armée libanaise, à la présidence du Liban marque un tournant significatif pour un pays confronté à des crises multiples. Après plus de deux ans de vacance du pouvoir, cette désignation suscite des espoirs sur les plans politique, économique et sécuritaire, tout en attirant un soutien international massif.
Soutien des États-Unis et de l’Union européenne
Le président américain Joe Biden a salué cette élection comme un choix stratégique pour le Liban. Dans une déclaration officielle, Biden a qualifié Aoun de « leader approprié pour ce moment critique », en insistant sur son rôle clé dans la supervision du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Il a également souligné l’importance d’un leadership stable pour conduire les réformes nécessaires et restaurer la confiance des bailleurs internationaux.
Antony Blinken, secrétaire d’État américain, a qualifié cet événement de « moment d’opportunité historique », réitérant l’engagement des États-Unis à accompagner le Liban sur le chemin de la paix et de la stabilité durable.
L’Union européenne, par la voix de Kaja Kallas, a également exprimé son soutien à cette élection. La responsable européenne a insisté sur la nécessité de former rapidement un gouvernement capable de répondre aux attentes des citoyens et d’engager les réformes tant attendues. Selon elle, cette étape offre une opportunité pour stabiliser le Liban et relancer les relations avec les partenaires internationaux.
Réactions de la France et du président Emmanuel Macron
Le président français Emmanuel Macron a qualifié l’élection de Joseph Aoun de « cruciale », soulignant qu’elle pourrait restaurer la souveraineté et la prospérité du Liban. Macron a annoncé son intention de visiter Beyrouth prochainement pour réaffirmer le soutien de la France au peuple libanais. Il a également exprimé sa confiance dans la capacité de Joseph Aoun à conduire un dialogue national inclusif et à former un gouvernement apte à mener les réformes nécessaires.
Cette position s’inscrit dans la continuité de l’engagement historique de la France envers le Liban, un pays avec lequel elle partage des liens étroits depuis le mandat français après la Première Guerre mondiale.
Le défi des réformes économiques et sociales
L’élection de Joseph Aoun intervient alors que le Liban est plongé dans une crise économique sans précédent. La monnaie nationale a perdu plus de 90 % de sa valeur depuis 2019, et une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le nouveau président devra s’atteler à des réformes structurelles pour répondre aux conditions des bailleurs internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), qui exige des mesures drastiques pour débloquer une aide financière cruciale.
Ces réformes incluent la restructuration du secteur bancaire, la lutte contre la corruption, et l’amélioration des infrastructures publiques, notamment dans les domaines de l’électricité et de l’eau. La tâche s’annonce ardue, d’autant plus que le pays reste profondément divisé sur le plan politique.
La dimension sécuritaire : maintenir le cessez-le-feu
Sur le plan sécuritaire, Joseph Aoun devra gérer les tensions récurrentes au sud du Liban, une région marquée par des affrontements réguliers entre Israël et le Hezbollah. Le fragile cessez-le-feu en place depuis la fin de l’année dernière nécessite une attention constante pour éviter une escalade.
L’armée libanaise, sous la direction de Joseph Aoun, a déjà joué un rôle central dans le maintien de la sécurité interne et dans la gestion des relations avec les forces de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban). Sa réputation de neutralité et son expérience sur le terrain sont des atouts qui pourraient l’aider à naviguer dans ce contexte complexe.
Réactions des pays du Moyen-Orient
Plusieurs pays de la région ont également salué l’élection de Joseph Aoun. Le Qatar, la Turquie et l’Autorité palestinienne ont exprimé leur espoir de voir cette transition politique contribuer à la stabilité du Liban. Mahmoud Abbas, président palestinien, a déclaré que sous la direction d’Aoun, le Liban pourra surmonter les répercussions des conflits récents et avancer vers la prospérité.
La Russie a également souligné l’importance de cette élection pour renforcer la stabilité politique du Liban et améliorer sa situation socio-économique. Ces déclarations reflètent une volonté régionale et internationale de voir le Liban renouer avec une trajectoire de progrès.
Un mandat sous haute surveillance internationale
Joseph Aoun devra rapidement démontrer sa capacité à unir les différentes factions politiques libanaises et à mobiliser un consensus pour les réformes. Son élection est perçue comme un premier pas positif, mais les défis à venir sont immenses. La communauté internationale, tout en offrant son soutien, suivra de près les actions du nouveau président et de son gouvernement.



