samedi, janvier 24, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Rencontre à l’Élysée : Emmanuel Macron et Nawaf Salam préparent le soutien à l’armée libanaise

- Advertisement -

Le président français Emmanuel Macron a reçu, le 23 janvier 2026, le Premier ministre libanais Nawaf Salam au palais de l’Élysée pour une rencontre d’une heure, marquée par une discussion privée entre les deux dirigeants. Accompagné de l’ambassadeur du Liban à Paris, Rabie el-Chaar, Nawaf Salam a abordé avec son hôte les dossiers bilatéraux prioritaires, dans un contexte de tensions régionales persistantes et de défis internes au Liban. Cette entrevue intervient à un moment clé, alors que le Liban consolide ses efforts pour restaurer sa souveraineté pleine et entière, suite au cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

Les discussions ont porté sur les préparatifs en cours pour la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure, prévue le 5 mars 2026 à Paris. Les deux parties ont insisté sur les moyens d’assurer le succès de cet événement, qui vise à renforcer les capacités des forces armées libanaises pour qu’elles exercent pleinement leur rôle dans la préservation de la stabilité et de la souveraineté du pays. Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France au Liban, soulignant que Paris se tient aux côtés de ce pays ami pour défendre sa souveraineté et accompagner les réformes nécessaires à son redressement. Nawaf Salam a, de son côté, exprimé sa gratitude pour l’appui substantiel fourni par la France sur tous les plans, y compris militaire et économique.

Les préparatifs de la conférence de mars

La conférence du 5 mars 2026, qui sera ouverte par Emmanuel Macron lui-même, représente un jalon important dans les efforts internationaux pour consolider l’armée libanaise. Annoncée début janvier 2026, elle vise à mobiliser des fonds et des ressources pour les forces armées libanaises et les forces de sécurité intérieure, confrontées à des contraintes budgétaires sévères dans un pays en proie à une crise économique profonde depuis 2019. Les discussions à l’Élysée ont mis l’accent sur la nécessité de créer un environnement favorable à cette initiative, incluant des engagements concrets des partenaires internationaux. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait déjà évoqué cette conférence lors d’un entretien téléphonique avec Nawaf Salam le 22 janvier 2026, soulignant l’engagement de la France à soutenir les forces armées libanaises et les forces de sécurité intérieure.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des institutions sécuritaires libanaises. Depuis la formation du gouvernement de Nawaf Salam en février 2025, des mesures ont été prises pour consolider le rôle de l’armée comme unique garante de la sécurité nationale. La conférence de Paris devrait rassembler des représentants de plusieurs pays, y compris des membres de l’Union européenne, des États-Unis et des nations arabes, pour discuter de contributions en équipements, formations et financements. Les besoins estimés pour l’armée libanaise incluent des véhicules blindés, des systèmes de communication avancés et des programmes de formation pour environ 80 000 soldats, dans un contexte où le budget militaire a été amputé de plus de 90 % en raison de la dévaluation de la livre libanaise.

Le rôle clé du mécanisme tripartite

Les deux dirigeants ont salué le rôle played by the “mécanisme”, une instance de coordination impliquant l’armée libanaise, les forces israéliennes et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Ce mécanisme, établi après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, facilite les échanges officiels entre les armées libanaise et israélienne via la médiation de la FINUL. Il permet de discuter de questions techniques liées à la Ligne bleue, la frontière délimitée par l’ONU, et de gérer les incidents frontaliers. Depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, ce mécanisme a été activé à plusieurs reprises pour aborder les violations alléguées, incluant des survols aériens israéliens et des incursions terrestres.

Nawaf Salam a insisté sur la nécessité d’un respect total de l’accord de cessation des hostilités conclu en novembre 2024, affirmant que “toute violation israélienne de la souveraineté libanaise doit cesser et qu’Israël doit se retirer de tous les territoires encore occupés”. Le mécanisme a prouvé son utilité en maintenant un canal de communication ouvert, évitant ainsi une escalade des tensions. Par exemple, lors d’une réunion tripartite en août 2025, la FINUL avait mis en garde contre la fragilité de la stabilité le long de la Ligne bleue, notant des incidents récurrents comme des violations aériennes et des développements au sol. Les deux parties ont exprimé leur attachement à une mise en œuvre complète de l’accord de 2024, qui stipule une cessation des hostilités à partir du 27 novembre 2024 à 4 heures, avec des engagements pour le retrait des forces et le déploiement exclusif de l’armée libanaise au sud du Litani.

Le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani

Les échanges ont mis en lumière l’accomplissement majeur réalisé par l’armée libanaise en étendant son autorité exclusive sur la zone au sud du fleuve Litani, une région stratégique d’environ 30 kilomètres de la frontière israélienne. Ce déploiement, achevé dans sa première phase le 8 janvier 2026, marque une étape cruciale dans la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2006. L’armée libanaise a annoncé avoir atteint son objectif de monopole étatique sur les armes dans cette zone, avec environ 10 000 soldats déployés, en coordination avec la FINUL.

Le plan de l’armée, élaboré en septembre 2025, prévoit une extension progressive de ce monopole à l’ensemble du territoire libanais. Nawaf Salam a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à compléter ce processus, déclarant que “tout pari contraire de quelque partie que ce soit équivaut à une aventure qui n’apportera au Liban que plus d’instabilité et de tragédies”. Ce déploiement a impliqué des opérations minutieuses pour démanteler les armes non étatiques, y compris celles du Hezbollah, qui s’est retiré au nord du Litani conformément à l’accord de cessez-le-feu. Des exceptions persistent dans certaines zones agricoles sensibles, comme les fermes de Chebaa, toujours occupées par Israël, mais l’armée libanaise contrôle désormais la majorité du secteur, avec des patrouilles quotidiennes et des postes de contrôle renforcés.

Les implications de ce déploiement sont multiples. Il renforce la capacité de l’armée à surveiller la frontière, réduisant les risques d’incidents. Par exemple, depuis janvier 2026, l’armée a rapporté une diminution des violations frontalières, bien que des survols israéliens persistent, documentés à plus de 7 500 cas par la FINUL depuis novembre 2024. Ce succès a été salué par les partenaires internationaux, qui voient en lui une base solide pour la conférence de mars.

L’avenir de la FINUL et les alternatives

Nawaf Salam a souligné la nécessité de trouver un remplaçant à la FINUL une fois son mandat expiré, prévu pour la fin 2026 après une dernière prolongation en septembre 2025. La France, en tant que “porte-plume” sur ce dossier au Conseil de sécurité, joue un rôle pivot dans la définition de cette alternative. La FINUL, forte de plus de 10 000 casques bleus issus de 48 pays, dont un contingent français significatif, a été essentielle pour monitorer la Ligne bleue et soutenir le mécanisme tripartite. Cependant, des critiques persistent sur son efficacité, notamment face aux violations récurrentes.

Les discussions à l’Élysée ont exploré des options pour un mécanisme post-FINUL, potentiellement un renforcement du rôle de l’armée libanaise avec un soutien international accru. Nawaf Salam a insisté sur le fait que la France, avec son expertise, doit contribuer à façonner cette transition pour éviter un vide sécuritaire. La FINUL a déjà évolué, avec une branche de liaison renforcée qui effectue des patrouilles quotidiennes pour rapporter les activités au sol. Une telle alternative pourrait inclure un cadre bilatéral ou multilatéral, intégrant des observateurs de l’ONU pour maintenir la stabilité.

Les réformes économiques et l’accord avec le FMI

Emmanuel Macron a exprimé son soutien aux mesures réformatrices du gouvernement de Nawaf Salam, en particulier l’adoption de la loi sur la “fjoë malia” ou écart financier, après débats dans les commissions parlementaires compétentes. Cette loi, approuvée par le cabinet en décembre 2025, vise à répartir les pertes du secteur bancaire, estimées à plus de 70 milliards de dollars, et à permettre aux déposants de récupérer jusqu’à 100 000 dollars de leurs fonds gelés depuis 2019. Elle fait partie d’un paquet de réformes exigées par le Fonds monétaire international (FMI) pour débloquer un programme d’aide de 3 milliards de dollars.

Le FMI a demandé des ajustements à ce projet de loi, notamment une allocation plus claire des pertes pour éviter de pénaliser les petits déposants. Nawaf Salam a indiqué que ces modifications sont en cours, affirmant que “nous voulons nous engager avec le FMI et améliorer ce projet de loi”. La crise économique libanaise, marquée par une inflation cumulée de plus de 200 % depuis 2020 et une dette publique avoisinant 150 % du PIB selon les rapports de la Banque mondiale de 2025, nécessite ces réformes pour relancer l’économie. Le gouvernement a déjà amendé la loi sur le secret bancaire en avril 2025, permettant aux autorités libanaises d’accéder aux informations bancaires pour lutter contre la corruption.

Ces avancées ouvrent la voie à une autre conférence à Paris, dédiée à la relance et à la reconstruction, une fois l’accord avec le FMI scellé. Les débats parlementaires sur la loi d’écart financier, impliquant les commissions des finances et de l’économie, se concentrent sur la protection des déposants et la restructuration des banques, avec 23 établissements visés par la loi de résolution bancaire de 2025.

Les dynamiques géopolitiques régionales

La rencontre s’inscrit dans un cadre géopolitique complexe, où les influences confessionnelles et régionales pèsent sur la politique libanaise. Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, reflète un équilibre délicat entre les communautés sunnite, chiite et chrétienne, avec des ministres comme ceux de la Défense et des Affaires étrangères issus de coalitions stables. Les tensions avec Israël persistent, malgré le cessez-le-feu, avec des allégations de violations continues, y compris des attaques israéliennes documentées un an après l’accord.

Le Hezbollah, influent dans le sud chiite, a respecté le retrait au nord du Litani, mais des voix internes, comme celle de Khalil Nasrallah, soulignent son rôle défensif historique. En contraste, le président Joseph Aoun a qualifié les armes non étatiques de fardeau, ne dissuadant plus les menaces extérieures. Ce débat interne influence la mise en œuvre du plan de l’armée, qui passe désormais à sa seconde phase, visant le désarmement national d’ici fin 2026.

Les implications immédiates des discussions

Les échanges du 23 janvier 2026 ont renforcé les engagements bilatéraux, avec une emphase sur le respect du cessez-le-feu et la poursuite des réformes. Nawaf Salam a réitéré l’engagement du Liban à monopoliser les armes, tandis qu’Emmanuel Macron a promis un soutien continu. Les préparatifs pour la conférence de mars avancent, avec des consultations en cours auprès des partenaires. Parallèlement, les débats parlementaires sur la loi d’écart financier se poursuivent, intégrant les retours du FMI pour une allocation précise des pertes bancaires, estimées à 70 milliards de dollars. L’armée libanaise maintient ses positions au sud du Litani, avec des patrouilles renforcées face aux violations persistantes, documentées à plus de 7 500 survols aériens depuis novembre 2024. Ces éléments soulignent les défis immédiats pour la stabilité, sans interruption dans les efforts de coordination via le mécanisme tripartite.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi