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Revue de presse – 2 septembre 2024: Entre la crise des réfugiés syriens au Liban et les tensions toujours croissantes à Gaza

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1. Actualité locale libanaise

L’actualité libanaise continue d’être dominée par le dossier épineux des réfugiés syriens, qui constitue un « danger réel » pour le Liban, exacerbant les tensions socio-économiques dans un pays déjà en crise. Ce sujet est revenu sur le devant de la scène après que Walid Joumblatt, ancien chef du Parti socialiste progressiste, a déclaré qu’il était nécessaire d’engager un dialogue avec le régime syrien pour trouver une solution à cette situation. Joumblatt a souligné que la question des réfugiés syriens ne pouvait plus être éludée et qu’il fallait un engagement politique pour résoudre ce problème complexe.

Selon Al-Sharq Al-Awsat, Bilal Abdullah, membre du bloc des députés socialistes, a expliqué que la position de son parti, le Parti socialiste progressiste, se base sur une approche équilibrée qui reconnaît les lourdes conséquences économiques et démographiques de cet afflux de réfugiés tout en évitant de tomber dans une rhétorique raciale. Abdullah a également souligné que la communauté internationale avait largement abandonné ses responsabilités en matière de soutien aux réfugiés au Liban, mettant ainsi une pression supplémentaire sur le pays.

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Abdullah a également exprimé la frustration croissante au Liban face à l’incapacité de la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour soulager le fardeau du pays. Selon lui, le régime syrien utilise la question des réfugiés comme un levier pour obtenir une reconnaissance internationale et des fonds pour la reconstruction, ce qui complique encore davantage les efforts pour faciliter le retour des réfugiés en Syrie. Abdullah a appelé à des négociations avec Damas pour établir un calendrier réaliste pour le retour des réfugiés, tout en assurant leur sécurité.

De son côté, le gouvernement libanais a confié au service de la Sûreté générale, dirigé par le général Elias al-Baysari, la responsabilité de coordonner la gestion des réfugiés syriens. Ce service est chargé de mettre en œuvre les mesures nécessaires à l’intérieur du Liban, ainsi que de maintenir un dialogue direct avec le régime syrien. Cette coordination a récemment été renforcée par une visite du général al-Baysari à Damas, où il a discuté des moyens de faciliter le retour des réfugiés.

Cependant, certains politiciens estiment que ces efforts arrivent trop tard. Jemy Jabbour, député du bloc Liban Fortaffilié au Courant patriotique libre (CPL), a déclaré à Al-Sharq Al-Awsat que le retour des réfugiés ne pourrait se faire sans un dialogue officiel et sérieux avec le gouvernement syrien. Il a également souligné la nécessité de convaincre la communauté internationale que le Liban ne peut plus supporter le poids de cette crise. Jabbour a critiqué ce qu’il considère comme une réponse tardive de la part du gouvernement, ajoutant que le manque de contrôle aux frontières entre le Liban et la Syrie était l’un des principaux problèmes.

Marc Daou, membre du bloc Tahaluf al-Taghyir (Alliance pour le Changement), a également exprimé son soutien à l’idée de négociations avec le régime syrien, mais il a insisté sur la nécessité d’une approche régionale conjointe. Daou a suggéré que les pourparlers devraient inclure d’autres pays comme la Jordanie et la Turquie pour trouver une solution globale à la question des réfugiés. Il a proposé que des zones sûres soient établies près de la frontière syrienne, où des camps de réfugiés pourraient être gérés par des organisations internationales comme les Nations Unies.

Cependant, ce point de vue est loin d’être partagé par tous. Le Parti des Forces Libanaises, dirigé par Samir Geagea, maintient fermement son opposition à toute forme de dialogue avec le régime syrien. Ghada Ayoub, députée du bloc des Forces Libanaises, a déclaré à Al-Sharq Al-Awsat que la solution résidait dans l’application des lois libanaises et des accords existants entre la Sûreté générale et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), en renvoyant immédiatement les réfugiés syriens dans leur pays ou en les réinstallant dans un autre pays.

Selon Ayoub, il est essentiel de mettre fin à la présence illégale des réfugiés syriens au Liban, une présence qu’elle considère comme une menace existentielle pour l’identité libanaise. Elle a également exhorté le gouvernement à poursuivre ses efforts pour réguler la situation, malgré le ralentissement des mesures en raison des tensions dans la région et de la guerre en cours. Ayoub a insisté sur le fait que le gouvernement devait publier des rapports réguliers pour suivre le nombre de réfugiés quittant le pays et les obstacles rencontrés dans leur retour en Syrie ou leur réinstallation ailleurs.

2. Actualité régionale

La situation à Gaza reste l’une des plus préoccupantes dans la région, avec des négociations de cessez-le-feu en cours qui peinent à aboutir à des résultats concrets. Al-Akhbar souligne que le pessimisme règne parmi les observateurs, notamment en raison des nouvelles menaces proférées par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l’encontre du Hamas après la mort de plusieurs otages israéliens.

Les pourparlers sont entravés par la réticence d’Israël à accepter les conditions proposées, malgré une pression croissante des États-Unis pour parvenir à une trêve. Toutefois, selon Al-Anba, cette pression américaine reste limitée et insuffisante pour forcer Netanyahu à céder. Les États-Unis continuent de fournir des armes à Israël, ce qui affaiblit leur position de médiateur dans ce conflit. Al-Akhbar note que si Washington avait vraiment voulu imposer un cessez-le-feu, il aurait pu suspendre les livraisons d’armes à Israël, ce qui n’a pas été le cas.

En parallèle, la situation au Sud-Liban reste tendue, bien que les affrontements se soient légèrement calmés après les récentes escalades. An-Nahar rapporte que le Hezbollah a mené des représailles contre Israël suite à l’assassinat du leader Fuad Shukr, ce qui a temporairement apaisé les tensions. Cependant, la situation demeure instable, et les deux parties se préparent à d’éventuelles nouvelles confrontations.

Le Sud-Liban a vu une diminution de l’intensité des combats, en partie parce que l’attention d’Israël est actuellement concentrée sur Gaza. Cependant, les observateurs s’attendent à ce que la situation reste volatile, en particulier si les négociations sur Gaza échouent et que les tensions régionales augmentent.

Al-Akhbar souligne également l’importance des récents discours des leaders politiques libanais, notamment Nabih Berri, président du Parlement, et Samir Geagea, leader des Forces Libanaises. Les deux hommes ont exprimé des positions divergentes sur la manière de sortir le Liban de l’impasse politique actuelle, mais ils se rejoignent sur le constat que la situation régionale influence directement la stabilité du Liban.

Nabih Berri a insisté sur la nécessité d’un dialogue pour résoudre la crise de la présidence, affirmant que c’est la seule voie pour éviter une aggravation des tensions. En revanche, Samir Geagea a réaffirmé son opposition à toute forme de compromis avec les forces pro-Hezbollah, insistant sur le fait que le prochain président doit être élu sans concession sur les principes fondamentaux de l’État libanais.

Le conflit à Gaza et ses répercussions sur le Liban illustrent la complexité de la situation régionale. Les analystes estiment que tant que le conflit à Gaza perdure, le Sud-Liban restera sous haute tension, avec un risque permanent de dérapage. An-Nahar souligne que l’incapacité à résoudre rapidement la crise de Gaza pourrait conduire à une extension du conflit au Liban, ce qui aggraverait encore la situation déjà précaire du pays.

3. Actualité internationale

Sur la scène internationale, le conflit israélo-palestinien continue de dominer l’attention. Al-Akhbar rapporte que la résistance palestinienne en Cisjordanie s’intensifie, notamment après une attaque contre une patrouille militaire israélienne à Hébron. L’attaque, qui a tué trois soldats israéliens, est l’une des opérations les plus marquantes de ces derniers mois. Selon Al-Akhbar, cette montée en puissance des actions de résistance est alimentée par la répression accrue des forces israéliennes, qui mènent des raids quotidiens dans les camps et les villes palestiniennes.

An-Nahar met également en avant les avertissements lancés par les services de sécurité israéliens, qui craignent une explosion de la violence en Cisjordanie. Ces services soulignent que les attaques de colons israéliens contre les Palestiniens et les provocations répétées ne font qu’exacerber la colère et le désespoir parmi la population palestinienne. Cette situation, combinée à l’approvisionnement en armes et en fonds par des acteurs régionaux comme l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, crée un environnement extrêmement volatile.

En Israël, la situation interne est de plus en plus tendue. Des manifestations massives ont eu lieu pour réclamer la fin de la guerre à Gaza et la libération des otages israéliens retenus par le Hamas. Al-Akhbar rapporte que des milliers d’Israéliens sont descendus dans les rues, accusant le gouvernement de Benjamin Netanyahu d’avoir échoué à protéger les citoyens et d’avoir conduit le pays dans une impasse militaire et diplomatique.

Les familles des otages, soutenues par des syndicats et des organisations civiles, ont intensifié leurs actions pour faire pression sur le gouvernement. Elles menacent de paralyser le pays avec des grèves générales si une solution n’est pas trouvée rapidement. An-Nahar rapporte que la situation est si tendue que certains manifestants ont bloqué des routes principales, notamment l’autoroute Ayalon à Tel Aviv, pour forcer le gouvernement à négocier un échange de prisonniers avec le Hamas.

En réponse, le président américain Joe Biden a exprimé sa colère face à la découverte des corps de six otages israéliens à Gaza, dont un citoyen américain. Biden a promis que les dirigeants du Hamas paieraient pour ces crimes, mais il a également réaffirmé l’engagement des États-Unis à travailler pour la libération des otages restants. Al-Akhbar souligne cependant que la pression américaine sur Israël reste modérée, et que le gouvernement de Netanyahu ne semble pas prêt à céder à ces demandes, préférant poursuivre sa stratégie militaire.

Cette crise a également révélé des divisions profondes au sein du gouvernement israélien. Al-Akhbar rapporte que plusieurs ministres, dont le ministre de la Défense Yoav Gallant, ont exprimé leurs doutes quant à la stratégie de Netanyahu, appelant à une réévaluation de la situation et à la possibilité de négocier une trêve. Ces divergences internes ne font qu’ajouter à l’incertitude et à l’instabilité, alors que la guerre à Gaza se prolonge sans fin en vue.

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