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Revue de presse du 05/06/25: tensions politiques, crise économique et violences routières au Liban

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Le paysage libanais du 5 juin 2025 est marqué par une combinaison de tensions politiques persistantes, d’une aggravation de la crise économique et de préoccupations croissantes en matière de sécurité routière, tels que rapportés par plusieurs titres de la presse nationale.

Blocage politique et retour des tensions entre gouvernement et Hezbollah

Le journal Al Akhbar (05/06/2025) évoque en Une la « tentative de construction de confiance » entre le Premier ministre Nawaf Salam et le Hezbollah. Cette rencontre, bien que qualifiée de cordiale, reste symbolique d’une volonté affichée mais non encore traduite par des engagements concrets. Nahar (05/06/2025) parle d’une « simple trêve » entre le chef du gouvernement et le parti chiite, mettant en lumière l’absence de perspectives d’une résolution durable de la rivalité politique. Cette situation nourrit un climat de méfiance alimenté par l’absence de consensus sur les grandes orientations du pouvoir, notamment sur la question de la souveraineté militaire et du monopole de la violence légitime par l’État.

Al Liwa’ (05/06/2025) titre aussi sur ce sujet en mettant en exergue une citation de Nawaf Salam : « Il n’y a pas de sécurité sans l’exclusivité des armes entre les mains de l’État et sans récupération de la décision de guerre et de paix ». Cette déclaration forte survient alors que les pressions occidentales pour désarmer les milices et pour normaliser la relation État-partis armés s’intensifient.

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Crise économique persistante et imposition fiscale douloureuse

La presse met aussi en lumière la gravité de la situation économique du pays. Ad Diyar (05/06/2025) souligne l’échec du gouvernement à formuler une feuille de route économique quatre mois après sa formation. L’article rapporte que de nouvelles mesures fiscales ont été imposées, provoquant l’indignation de la population déjà durement éprouvée. Un expert y affirme que l’exécutif semble agir « sous la direction directe du FMI », dans un climat où la légitimité populaire de telles décisions est en berne.

Dans un autre registre, Al Sharq (05/06/2025) critique sévèrement la situation du secteur de l’énergie. Il y est rappelé qu’aucune réforme structurelle n’a été entreprise depuis des décennies, tandis que l’État libanais continue de dépendre des générateurs privés. La chronique met en parallèle la rapidité de la mise en service de l’électricité 24h/24 à Zahle grâce à des initiatives locales avec la lenteur de l’État à agir à l’échelle nationale.

Al Akhbar (05/06/2025) ajoute un angle social à la question économique en mettant en avant l’inflation galopante sur les services essentiels. Les tarifs des générateurs ont augmenté de plus de 100 %, une hausse qui affecte directement le quotidien des ménages. Par ailleurs, les frais de scolarité dans les écoles privées auraient été majorés de 50 %, illustrant le recul de l’accès à l’éducation pour les classes moyennes et populaires.

Vague de violences routières et insécurité civile

Un sujet inattendu s’est imposé dans les Unes de plusieurs journaux : la hausse dramatique des accidents de la route. Al Akhbar (05/06/2025) rapporte un bilan effrayant : 39 morts en un mois sur les routes libanaises. Le journal y voit les conséquences d’un effondrement des normes de sécurité, d’un manque de contrôle policier et de la vétusté du réseau routier. L’analyse va plus loin en évoquant la faillite de l’État à faire respecter les lois les plus élémentaires de sécurité publique.

Cette situation est aussi soulignée dans Al Joumhouriyat (05/06/2025), qui consacre un encart à l’ampleur de l’anarchie dans la circulation, notamment à Beyrouth et Tripoli. Il est question de « chaos motorisé » où la loi du plus fort domine, avec une police de la circulation largement désarmée face à l’agressivité des conducteurs et à la corruption endémique dans les systèmes de contrôle.

Recrudescence des conflits régionaux et impact sur le Liban

Enfin, le contexte régional est également une toile de fond qui renforce les incertitudes locales. Al Akhbar (05/06/2025) met en avant la situation en Syrie, où la consolidation des lignes d’influence entre Israël, l’Iran et la Russie pourrait avoir des répercussions directes sur le Liban. Le journal cite un envoyé spécial américain à Damas, Tom Barak, qui évoque « une reconfiguration du Levant », laissant entendre que la frontière sud du Liban pourrait redevenir un théâtre d’opérations.

Dans un autre article, Al 3arabi Al Jadid (05/06/2025) analyse les ambitions militaires turques et les tensions internes à la Turquie. Ce contexte renforce le sentiment d’isolement stratégique du Liban et accroît l’urgence d’une position diplomatique unifiée, qui manque aujourd’hui cruellement.

Convergences critiques dans les éditoriaux

Plusieurs éditoriaux du jour s’accordent pour pointer un « moment de bascule ». Nahar (05/06/2025) évoque la « déconnexion croissante entre les élites politiques et la société civile », tandis que Ad Diyar (05/06/2025) appelle à « la formation d’un gouvernement d’union nationale véritablement apolitique ». Enfin, Al Akhbar (05/06/2025) prévient d’un risque d’explosion sociale si les réformes structurelles ne sont pas mises en œuvre dans les mois à venir.

Politique locale : crise de gouvernance, rivalités partisanes et fragilités institutionnelles

Le climat politique libanais reste tendu en ce début de mois de juin 2025, à en juger par les positions tranchées des partis, la confrontation croissante entre les figures de l’exécutif et le Hezbollah, ainsi que l’absence persistante de consensus sur les priorités nationales. La presse du 5 juin 2025 dévoile un paysage fragmenté, où les logiques partisanes dominent largement les préoccupations institutionnelles.

Friction gouvernementale : tensions entre Nawaf Salam et le Hezbollah

La rencontre entre le Premier ministre Nawaf Salam et une délégation de la « Loyalty to the Resistance Bloc » dirigée par Mohammad Raad a marqué un tournant symbolique mais fragile. Al Akhbar (05/06/2025) rapporte que cette réunion a été préparée en amont par le président du Parlement, Nabih Berri, et visait à désamorcer une escalade politique après plusieurs semaines de méfiance croissante. Selon le quotidien, cet échange a été interprété comme « une tentative sérieuse de refroidissement des tensions » malgré une conscience partagée de la précarité du climat politique.

Dans Nahar (05/06/2025), Nawaf Salam défend sa ligne en dénonçant ce qu’il qualifie d’« attaque populiste » menée par le Hezbollah. Il maintient que son gouvernement reste attaché à la mise en œuvre du principe d’exclusivité des armes sous l’autorité de l’État. Il précise que cette question, bien que rappelée dans le programme ministériel, n’a jamais fait l’objet d’un calendrier d’exécution. Selon Salam, cette ambiguïté profite à des partis qui cherchent à éviter un débat ouvert sur la démilitarisation.

Pressions croisées sur le gouvernement : entre FMI, blocages internes et coalitions défaillantes

Ad Diyar (05/06/2025) insiste sur l’asymétrie du soutien politique à l’action gouvernementale. Le journal cite plusieurs partis qui s’opposent vivement aux orientations économiques actuelles. Le Parti des Forces Libanaises, par la voix de Samir Geagea, critique « un retour aux politiques fiscales destructrices », soulignant que les nouvelles taxes frappent indistinctement riches et pauvres. De son côté, le Parti Kataeb accuse l’exécutif de chercher à bloquer les mécanismes gouvernementaux à travers un usage politisé du veto confessionnel et du tiers de blocage.

Le Courant Patriotique Libre (CPL) ne mâche pas ses mots non plus. Selon Ad Diyar (05/06/2025), il considère que le gouvernement manque d’une vision économique cohérente et aggrave la crise en imposant des mesures régressives. Ce jugement traduit l’érosion rapide du consensus initialement fragile autour du Premier ministre. Il est d’ailleurs fait mention dans Al Sharq (05/06/2025) d’un climat de plus en plus favorable à l’idée que cette équipe gouvernementale pourrait devenir « une simple administration intérimaire sans perspectives de renouvellement ».

Le discours présidentiel et les lignes rouges de Joseph Aoun

Le président de la République, Joseph Aoun, reste relativement en retrait mais ses interventions n’en sont pas moins fermes. Dans Al Sharq Al Awsat (05/06/2025), il affirme que « la stabilité ne peut être atteinte que si le droit de l’État à décider de la guerre et de la paix est reconnu comme exclusif ». Cette déclaration indirectement dirigée contre le Hezbollah s’inscrit dans la continuité des positions de Nawaf Salam.

Joseph Aoun est également revenu sur l’importance de protéger le Liban contre les divisions internes. Il insiste sur le fait que « la priorité nationale passe avant les intérêts partisans », tout en dénonçant les appels à la mobilisation populaire diffusés sur les réseaux sociaux qu’il qualifie de « tentatives d’intimidation ».

Opposition et société civile : des voix discordantes

Plusieurs figures politiques continuent de mettre en cause la légitimité de l’exécutif et d’alerter sur le risque d’un retour à la paralysie institutionnelle. Al Sharq (05/06/2025) rapporte des propos tenus par Samir Geagea, affirmant que la « question des armes n’a jamais été abordée avec clarté par le président ou par la majorité parlementaire ». Il y voit un signe de compromission durable avec des milices qui affaiblissent le rôle de l’État.

La société civile, bien que moins présente dans les médias du jour, est évoquée de manière implicite à travers les inquiétudes liées à l’inflation, aux coupures d’électricité et à la montée de l’insécurité. Ces thématiques alimentent un désaveu silencieux mais massif de l’ordre politique établi.

Réseaux de négociation parallèles et équilibre des forces

La presse fait également état d’initiatives diplomatiques en coulisses, notamment lors de la visite du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, au Liban. Al Sharq Al Awsat (05/06/2025) précise que cette venue a permis une forme de repositionnement diplomatique entre Beyrouth et Téhéran. Le dossier de la reconstruction et celui de la démilitarisation des frontières sud étaient au centre des discussions. Si le gouvernement n’a pas officiellement communiqué sur le contenu de ces échanges, plusieurs sources confirment que ces négociations cherchent à désamorcer des tensions entre les soutiens extérieurs des différentes composantes politiques libanaises.

Ad Diyar (05/06/2025) ajoute que le Hezbollah reste vigilant face aux pressions internationales croissantes. Un responsable anonyme du parti y affirme que tout recul serait interprété comme une défaite stratégique, notamment après les récentes offensives diplomatiques de Washington.

La carte Teymour Joumblatt et les équilibres communautaires

Un épisode noté dans Ad Diyar (05/06/2025) est la rencontre entre Teymour Joumblatt et le président du syndicat de la presse, Joseph El Qossifi. Dans cet échange à valeur symbolique, Joumblatt critique les clivages politiques et appelle à une « sortie du culte des alliances régionales ». Il affirme : « Nous prierons pour que l’Aïd ne soit pas sacrifié sur l’autel des stratégies internationales ». Cette formule poétique souligne l’attente d’une solution nationale au sein d’une population lasse des influences extérieures et des blocages internes.

Citation et discours des personnalités politiques : lignes rouges, dénonciations croisées et appels à la fermeté

Les prises de parole des responsables politiques libanais publiées le 5 juin 2025 reflètent un climat de polarisation extrême. Les déclarations publiques se concentrent principalement autour des thèmes de la souveraineté, de la sécurité, de la réforme étatique et de la crise de gouvernance. L’accent est mis sur la confrontation indirecte entre l’exécutif et le Hezbollah, avec en toile de fond la question sensible des armes hors de l’État.

Nawaf Salam : « Il n’y a pas d’État sans souveraineté exclusive »

Le Premier ministre Nawaf Salam a insisté à plusieurs reprises sur le fait que la réforme ne pouvait pas être uniquement un slogan. Dans Al Liwa’ (05/06/2025), il déclare : « La reconstruction de l’État juste et capable n’est pas un simple slogan que l’on brandit. C’est un engagement. » Il ajoute que ce projet requiert des institutions efficaces, un système judiciaire indépendant et une gestion administrative transparente.

Dans Al Sharq Al Awsat (05/06/2025), il insiste : « Nous pensons à l’intérêt du pays avant tout. Nous ne cèderons pas à la pression populaire ni à l’intimidation sur les réseaux sociaux. » Ces mots visent implicitement les critiques émanant du Hezbollah et de ses alliés. Al Akhbar (05/06/2025) confirme que Salam considère cette posture comme un gage de stabilité future et de souveraineté restaurée.

Joseph Aoun : « La paix et la guerre ne se décident qu’au sommet de l’État »

Le président de la République, Joseph Aoun, affirme dans Al Sharq Al Awsat (05/06/2025) que « la stabilité nationale ne peut être garantie que par la reconnaissance du monopole étatique sur les décisions stratégiques. » Il y voit une nécessité absolue, surtout à l’heure où les tensions régionales font peser une menace permanente sur le Liban.

Selon Ad Diyar (05/06/2025), Aoun appelle également les institutions à « ne pas retomber dans les erreurs passées, celles qui ont conduit à vingt années de stagnation. » Il prévient que l’inaction ou la complaisance compromettrait le retour du Liban sur la scène régionale et la possibilité d’accéder à une aide extérieure.

Samir Geagea : « La patience a des limites. L’arme du Hezbollah doit disparaître »

Samir Geagea livre dans Al Sharq (05/06/2025) un discours virulent. Il déclare : « Nous saluons Nawaf Salam pour sa clarté. Le Hezbollah panique. Il faut mettre la pression. » Il ajoute, dans une attaque directe contre le président : « Si Joseph Aoun avait dit dès le départ au Hezbollah que la partie était terminée, nous aurions déjà avancé. »

Il affirme que la seule ligne rouge acceptable doit être celle qui « fixe la fin de l’arme illégitime à la fin de cette année. » Ce propos est confirmé dans Ad Diyar (05/06/2025), où Geagea met en cause la prudence présidentielle, qu’il considère responsable du « blocage du mandat actuel. »

Teymour Joumblatt : « L’Aïd ne doit pas être sacrifié sur l’autel des stratégies »

Dans un ton plus poétique et conciliateur, Teymour Joumblatt s’est exprimé lors d’une rencontre avec Joseph El Qossifi, le président du syndicat de la presse. Ad Diyar (05/06/2025) rapporte sa phrase : « Nous prierons pour que l’Aïd ne soit pas sacrifié sur l’autel des stratégies internationales. »

Ce positionnement rappelle son attachement à un recentrage du débat politique sur les intérêts libanais, loin des influences extérieures. Il plaide pour « une réforme modeste mais durable, qui reconstruise les ponts entre les communautés sans dépendre des axes géopolitiques. »

Mohammad Raad : « Un grand accord avec Salam est en train d’émerger »

Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, est revenu sur sa rencontre avec Nawaf Salam. Dans Ad Diyar (05/06/2025), il affirme : « Un grand accord verra bientôt le jour avec le Premier ministre. Nous avons trouvé un terrain d’entente sur la reconstruction. »

Il ajoute que « rien n’empêche notre coopération avec ce gouvernement, car nous faisons partie de la majorité. » Toutefois, il avertit que « la sécurité du Liban ne saurait être sacrifiée à des considérations idéologiques » et que toute critique du rôle défensif du Hezbollah est une provocation inutile.

Diplomatie : intensification des échanges irano-libanais, équilibres régionaux sous tension

Les développements diplomatiques au Liban au 5 juin 2025 témoignent d’une activité soutenue autour des relations irano-libanaises, avec une forte implication de l’Iran et des signaux politiques à destination de Washington, Tel Aviv et des acteurs régionaux. L’accent est mis sur les rencontres officielles, les positions exprimées, ainsi que les lectures stratégiques faites par les journaux libanais.

Abbas Araghchi à Beyrouth : un message d’apaisement et de continuité stratégique

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a entamé une visite officielle à Beyrouth les 3 et 4 juin. Selon Al Sharq Al Awsat (05/06/2025), il a rencontré successivement le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri. Le journal rapporte que la diplomatie iranienne privilégie désormais une relation fondée sur « l’intérêt mutuel, le respect de la souveraineté et la non-ingérence », sans mention explicite du Hezbollah.

Toutefois, cette posture est nuancée dans Al Sharq (05/06/2025), qui indique qu’Araghchi a également rencontré le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem. Le communiqué conjoint évoque l’importance du « soutien à la résistance », un terme souvent associé à la légitimité des armes du Hezbollah. Selon Al Binaa’ (05/06/2025), le diplomate a affirmé « la présence continue de l’Iran au Liban malgré les efforts pour limiter son influence, notamment la suspension des vols iraniens décidée par le gouvernement libanais ».

Une tentative de tourner la page : la posture de Joseph Aoun

Dans Al Sharq Al Awsat (05/06/2025), Joseph Aoun accueille la visite iranienne comme « une opportunité de dialogue et de redéfinition des relations bilatérales ». Il salue « le rôle régional de l’Iran dans le soutien à la stabilité » tout en appelant à « une reconnaissance explicite de la souveraineté du Liban sur ses choix militaires et diplomatiques ». Cette déclaration, si elle se veut équilibrée, évite toutefois toute référence directe à l’arsenal du Hezbollah.

Al Joumhouriyat (05/06/2025) souligne que le président libanais a tenu à rappeler « l’importance des relations avec tous les pays amis », en particulier dans le contexte de la préparation à la conférence de Paris sur le soutien international au Liban.

Nawaf Salam entre pragmatisme et souveraineté

Le Premier ministre Nawaf Salam adopte une posture plus tranchée. Dans Al Binaa’ (05/06/2025), il affirme que « la souveraineté du Liban ne peut être négociée, même avec des partenaires historiques ». Il évite toutefois la confrontation directe, préférant parler d’« un ajustement des mécanismes de coopération pour renforcer les institutions nationales ».

Dans Al Sharq (05/06/2025), il confirme avoir reçu une invitation officielle à se rendre à Téhéran, mais pose comme condition préalable « un cadre bilatéral clair exempt d’implications sécuritaires non maîtrisées ». Cette déclaration est perçue comme une réponse indirecte aux critiques sur la dépendance du Liban vis-à-vis de l’axe iranien.

Messages iraniens à Washington à travers Beyrouth

Al Sharq Al Awsat (05/06/2025) note que la visite d’Araghchi intervient dans un contexte de reprise discrète des négociations sur le nucléaire iranien avec les États-Unis. Le diplomate s’est abstenu de tout commentaire sur les discussions en cours, mais Al Joumhouriyat (05/06/2025) suggère que la visite visait également à faire passer un message à l’administration Trump : « L’Iran est toujours capable de mobiliser ses alliances régionales, y compris au Liban. »

Ad Diyar (05/06/2025) va plus loin, estimant que la visite s’inscrit dans une stratégie iranienne visant à neutraliser les pressions américaines en montrant une capacité de négociation pragmatique avec un gouvernement libanais considéré comme modéré.

Préparatifs français et initiatives régionales

Al Binaa’ (05/06/2025) annonce la venue prochaine du diplomate français Jean-Yves Le Drian pour des consultations sur le renouvellement du mandat de la FINUL, les réformes économiques, et la question des armes illégales. Il est également question d’un sommet de soutien au Liban à Paris, pour lequel la France cherche à construire un consensus international.

Enfin, Al Sharq (05/06/2025) mentionne l’intention du président Aoun de participer au sommet russo-arabe prévu à Moscou en octobre. La Russie souhaite y discuter de coopération technologique, sécuritaire et énergétique, avec un focus sur les États fragiles de la Méditerranée orientale.

Politique internationale : la guerre en Ukraine s’intensifie, la diplomatie s’enlise

Les journaux libanais du 5 juin 2025 accordent une large couverture aux développements internationaux, en particulier à la guerre en Ukraine et à ses ramifications diplomatiques. Les propos des dirigeants russes, les analyses des médias et les positions américaines traduisent une escalade durable, marquée par une radicalisation du discours et un blocage des négociations.

Moscou accuse Kiev de sabotage et d’attentats terroristes

Al Sharq (05/06/2025) rapporte que Vladimir Poutine a qualifié le régime de Kiev d’« organisation terroriste ». Cette déclaration fait suite à des frappes ukrainiennes contre des infrastructures en Russie, notamment des bases aériennes à Briansk et Koursk. Poutine affirme : « Le régime de Kiev ne cherche pas la paix. Il craint de perdre le pouvoir en cas de trêve. »

Selon Al Akhbar (05/06/2025), ces propos interviennent alors que la Russie subit des pertes sur le front sud-est, tout en consolidant sa présence dans les régions qu’elle contrôle. Vladimir Medinsky, conseiller présidentiel, souligne que « les dernières attaques visent à saboter les discussions prévues à Istanbul ». Le journal indique que la Russie refuse toute concession sans retrait préalable de l’Ukraine des zones occupées par Moscou.

Ad Diyar (05/06/2025) mentionne une « diplomatie du scorpion » mise en œuvre par Donald Trump, accusée de chercher un désengagement progressif du front ukrainien pour recentrer les priorités américaines sur le Moyen-Orient et la Chine.

Les négociations enlisées malgré les efforts turcs

Al 3arabi Al Jadid (05/06/2025) cite des sources diplomatiques turques selon lesquelles Ankara tente d’organiser une nouvelle session de pourparlers. Cependant, la divergence des positions reste marquée. Le journal indique que l’Ukraine attend un soutien militaire accru, tandis que la Russie exige des garanties de neutralité et la fin de l’adhésion à l’OTAN.

Dans Al Akhbar (05/06/2025), le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, confirme que « tous les scénarios sont sur la table », y compris une offensive d’envergure pour imposer un rapport de force favorable avant toute reprise des négociations.

Washington : entre retrait stratégique et soutien conditionnel

La politique américaine est l’objet de commentaires critiques dans plusieurs journaux. Ad Diyar (05/06/2025) évoque une stratégie de désengagement progressif : « Trump veut éteindre les incendies en Europe de l’Est pour se concentrer sur la rivalité sino-américaine. »

Dans Al Sharq Al Awsat (05/06/2025), des propos attribués à Tom Barak, envoyé spécial américain en Syrie, illustrent cette posture. Il déclare que les États-Unis « ne peuvent parler de paix avec ceux qui dépendent du terrorisme. » Cette phrase est perçue comme un signe de soutien à la position russe contre Kiev.

Al Akhbar (05/06/2025) note que l’administration Trump veut « redéfinir le multilatéralisme », en s’affranchissant des contraintes européennes, tout en maintenant des leviers d’influence dans les zones critiques.

Impact régional : Israël, Syrie, et réalignements géopolitiques

La tension se répercute aussi au Proche-Orient. Al Akhbar (05/06/2025) évoque des frappes israéliennes en Syrie, interprétées comme un message à Téhéran dans le contexte de l’aggravation du conflit russo-ukrainien. Le journal souligne que la Russie, traditionnellement alliée de Damas, reste silencieuse, préférant concentrer ses ressources sur l’Europe.

Parallèlement, Al Sharq (05/06/2025) publie une tribune mentionnant que « les interventions occidentales sont devenues plus idéologiques qu’opérationnelles », dans une critique implicite du double standard américain vis-à-vis des conflits selon les zones géographiques.

Économie : austérité fiscale, pression sociale et dérive inflationniste

La presse libanaise du 5 juin 2025 révèle une économie en tension, dominée par une hausse brutale des prix, une fiscalité punitive et une gouvernance décriée. Les journaux insistent sur la spirale inflationniste qui touche les produits de première nécessité et les conséquences sociales d’une politique économique sous influence étrangère, notamment du FMI.

Inflation galopante et effondrement monétaire

Al Liwa’ (05/06/2025) présente un tableau alarmant de l’évolution des prix depuis 2019. Selon ses données, les prix des biens essentiels ont été multipliés par 260 dans certains cas. Le journal indique que le taux de change du dollar est passé de 1507,5 livres libanaises à plus de 89 500, soit une dévaluation de près de 58 fois. Cette flambée se répercute sur les secteurs de l’alimentation, des transports et de l’énergie. Les denrées alimentaires ont vu leurs prix tripler, tandis que les carburants ont été multipliés par 62.

Al Akhbar (05/06/2025) confirme que la crise du taux de change n’est plus uniquement liée aux réserves monétaires. Elle traduit une crise structurelle plus profonde, aggravée par l’inaction de la Banque centrale et les décisions politiques incohérentes.

Hausse de la fiscalité et impact social

Ad Diyar (05/06/2025) consacre plusieurs pages à la fiscalité appliquée par le gouvernement de Nawaf Salam. Selon des sources gouvernementales, l’État est incapable de financer les augmentations de salaires promises aux fonctionnaires, y compris les militaires retraités. Il s’appuie donc exclusivement sur l’augmentation des taxes.

Cette option, selon un expert interrogé, risque d’accentuer le clivage social et de conduire à « une impasse économique d’où il sera impossible de sortir sans effondrement fiscal ». Le journal dénonce une politique qui frappe exclusivement les plus vulnérables, sans protection sociale : « Le pauvre seul paie le prix des réformes. »

Al Sharq (05/06/2025) rapporte les propos du député Abdel Rahman Bizri, qui demande l’annulation immédiate des nouvelles taxes sur les carburants, estimant que leur impact sera désastreux sur l’ensemble de la population, notamment les travailleurs pauvres.

FMI : partenaire ou tuteur ?

Toujours selon Ad Diyar (05/06/2025), plusieurs économistes estiment que le gouvernement libanais ne dispose plus de marge de manœuvre. Il serait désormais piloté de fait par le Fonds monétaire international, qui impose des conditions drastiques sans prendre en compte la dimension sociale de la crise. Un expert, cité anonymement, rappelle le mot célèbre de l’ancien Premier ministre Salim Hoss : « Le FMI demande aux squelettes de serrer encore la ceinture. »

L’article souligne également que le FMI exige des engagements écrits sur la réduction des dépenses publiques et la fin des subventions, ce qui implique inévitablement une hausse des prix et une pression accrue sur les ménages.

Services publics : effondrement des infrastructures et hausse des tarifs

Al Akhbar (05/06/2025) documente les effets de l’augmentation des prix du mazout et de l’électricité. Dans certaines zones comme la banlieue sud de Beyrouth, les factures ont doublé. Un abonnement à 5 ampères coûte désormais 150 dollars par mois, contre 120 précédemment. L’article précise que la facture pour un abonnement à 10 ampères atteint 685 000 livres, soit près de 7,6 dollars, ce qui représente une charge insoutenable pour de nombreuses familles.

Le journal ajoute que le gouvernement justifie ces augmentations par la nécessité de rentabiliser le secteur énergétique, mais la population dénonce un « racket institutionnalisé », selon les termes d’un commerçant de Baabda.

Al Joumhouriyat (05/06/2025) évoque l’effondrement du service public, notant que le pays vit une situation de quasi-privation de services essentiels. L’administration reste bloquée, la collecte des ordures sporadique, et les coupures d’électricité atteignent 20 heures par jour dans certaines régions.

Appels à la réforme et méfiance populaire

Plusieurs éditoriaux soulignent que cette situation renforce le sentiment d’abandon chez les citoyens. Ad Diyar(05/06/2025) cite une série de réunions entre le ministre de l’Économie et les syndicats du secteur alimentaire, qui ont tenté de modérer la hausse des prix du pain. Le journal rapporte l’engagement de la Fédération des boulangers à ne pas augmenter le prix de la baguette. Cependant, les représentants syndicaux préviennent que « sans subvention, l’équilibre économique de la filière ne tiendra pas plus d’un mois. »

Enfin, Nahar (05/06/2025) fait état d’un ressentiment croissant envers la classe politique. Un ancien ministre, interrogé de manière informelle, affirme : « Le gouvernement gouverne pour le FMI, pas pour les Libanais. » Le journal note que les mouvements syndicaux restent faibles et sous influence politique, limitant leur capacité à structurer une opposition sociale efficace.

Justice : fraudes alimentaires, conflits fonciers et procédure judiciaire en mutation

Le 5 juin 2025, les journaux libanais font état d’une actualité judiciaire marquée par plusieurs affaires significatives, allant de la fraude alimentaire à des conflits fonciers en passant par les évolutions de la procédure pénale. Ces éléments mettent en lumière les dysfonctionnements structurels de l’appareil judiciaire et la complexité d’un État de droit en reconstruction.

Fraude alimentaire : saisies, arrestations et scandales à répétition

Al Liwa’ (05/06/2025) rapporte une série d’opérations menées par les forces de sécurité intérieure dans des entrepôts de denrées alimentaires dans la région de la Békaa. Des produits avariés et périmés y ont été retrouvés en quantité industrielle, notamment du fromage, de la viande et des conserves. Trois commerçants ont été arrêtés, accusés d’avoir falsifié les dates de péremption. Les autorités affirment que ces produits étaient redistribués dans les circuits de commerce de gros à Beyrouth.

Selon Al Joumhouriyat (05/06/2025), ces arrestations s’inscrivent dans une série de mesures de répression ordonnées par le parquet général. Des inspections sont également en cours à Tripoli, où plusieurs boucheries sont suspectées de vendre de la viande importée congelée comme viande fraîche, avec la complicité de vétérinaires agréés. Le ministère de la Santé publique est également critiqué pour son manque de vigilance.

Al Binaa’ (05/06/2025) évoque l’implication possible de fonctionnaires dans ces circuits de falsification. Des douaniers auraient été soudoyés pour laisser passer des cargaisons avariées en provenance de Syrie et de Turquie.

Affaires foncières : tension autour des biens publics et privés

Un litige foncier majeur est documenté dans Al Sharq (05/06/2025) à propos d’un terrain disputé entre une famille influente du Chouf et la municipalité locale. Le terrain, historiquement utilisé comme pâturage collectif, a été clôturé de manière illégale et présenté comme propriété privée. Le différend a conduit à plusieurs incidents violents, dont une bagarre qui a fait deux blessés.

L’affaire a été portée devant le tribunal de première instance de Baabda. Ad Diyar (05/06/2025) précise que l’audience a été ajournée en raison de la récusation du juge, accusé par la défense de liens avec la municipalité. Cette situation illustre les difficultés de l’appareil judiciaire à arbitrer des conflits impliquant des familles notables ou des figures politiques locales.

Al Akhbar (05/06/2025) ajoute que cette affaire pourrait en déclencher d’autres, dans la mesure où plusieurs territoires en montagne font l’objet de revendications similaires, souvent fondées sur des titres fonciers incomplets ou falsifiés.

Dérives dans les procédures pénales et appels à la réforme

La lenteur et les interférences dans le système judiciaire sont soulignées dans Al Sharq Al Awsat (05/06/2025), qui évoque une réforme à l’étude au ministère de la Justice concernant la procédure d’instruction. Il s’agit de limiter les pouvoirs discrétionnaires des juges d’instruction en instaurant des délais contraignants pour la clôture des dossiers.

Al Akhbar (05/06/2025) se fait l’écho des protestations du barreau de Beyrouth contre cette réforme, jugée « prématurée et technocratique ». Selon le bâtonnier, « le problème n’est pas la procédure, mais le manque de moyens humains, logistiques et techniques de l’appareil judiciaire ».

Al Binaa’ (05/06/2025) met aussi en lumière un cas emblématique d’abus de détention préventive : un jeune homme incarcéré depuis 18 mois sans jugement pour une affaire de vol mineur, alors que le plaignant s’est désisté. L’article cite un avocat affirmant que « les juges utilisent la prison comme outil de gestion de la charge de travail ».

Affaires de mœurs et meurtres en suspens

Al Joumhouriyat (05/06/2025) mentionne l’ouverture d’une enquête sur la mort suspecte d’une femme retrouvée dans un hôtel à Hamra. La victime, âgée de 37 ans, aurait été étranglée selon les premiers éléments de l’autopsie. L’identité du principal suspect, un ressortissant syrien, a été confirmée par les caméras de surveillance. La sûreté de l’État indique qu’il a quitté le territoire le jour même.

Al Liwa’ (05/06/2025) revient également sur l’affaire du meurtre d’un agent municipal dans la banlieue est de Beyrouth. Le suspect, arrêté, aurait agi par vengeance personnelle liée à une amende infligée. L’acte, considéré comme un assassinat prémédité, relance le débat sur la protection des agents publics.

Société : crise sociale généralisée, détresse populaire et alertes humanitaires

Les journaux libanais du 5 juin 2025 brossent le portrait d’un pays à bout de souffle, où les difficultés sociales affectent toutes les couches de la population. La situation des réfugiés syriens, la dégradation des services de santé, les conditions de logement précaires et la montée du découragement collectif forment un tableau particulièrement sombre. Le fossé entre les classes sociales s’élargit, tandis que les institutions paraissent déconnectées des urgences du quotidien.

La question des réfugiés syriens : durcissement du discours et tension humanitaire

Dans Al Akhbar (05/06/2025), plusieurs articles mettent en cause le discours politique libanais de plus en plus hostile envers les réfugiés syriens. Le journal dénonce une campagne orchestrée visant à les rendre responsables de la crise économique et de la dégradation des services publics. Il cite des propos tenus lors de réunions locales, où certains élus appellent à la fermeture des camps informels et à la suspension des aides internationales conditionnées à leur accueil.

Al Arabi Al Jadid (05/06/2025) donne la parole à des ONG actives dans la Békaa et à Akkar. Elles alertent sur la montée de la précarité dans les camps, aggravée par des coupures de fonds internationaux. Le Programme Alimentaire Mondial a réduit ses allocations, forçant de nombreuses familles à vendre leurs bons alimentaires pour acheter des médicaments ou payer des loyers.

Ad Diyar (05/06/2025) rapporte que certains maires réclament une « organisation militaire des déplacements », alors que les forces de sécurité ont récemment mené des descentes dans plusieurs zones d’habitat informel. Les ONG s’inquiètent d’un basculement sécuritaire de la question humanitaire.

Santé publique en déclin : pénurie de médicaments et privatisation des soins

Le système de santé est également en détresse. Al Liwa’ (05/06/2025) indique que de nombreux dispensaires ferment leurs portes, incapables de faire face à la pénurie de médicaments essentiels. Les patients sont contraints d’acheter leurs traitements à des prix exorbitants dans le privé. Le journal cite le cas d’une femme atteinte de diabète à Zahlé, hospitalisée d’urgence faute d’accès à l’insuline.

Dans Al Binaa’ (05/06/2025), le syndicat des pharmaciens alerte sur l’effondrement de la chaîne d’approvisionnement. Plusieurs laboratoires refusent désormais de livrer au Liban sans paiement en devises, faute de garanties bancaires.

Al Akhbar (05/06/2025) évoque un projet de privatisation implicite : les cliniques universitaires augmentent leurs tarifs, excluant les classes moyennes. Une responsable d’ONG déclare : « Le droit à la santé est en train de devenir un luxe. »

Pauvreté et logement : un quotidien sous pression

Ad Diyar (05/06/2025) publie une enquête sur les logements insalubres dans la banlieue nord de Beyrouth. De nombreuses familles vivent sans électricité, sans eau courante, et parfois sans portes. Des immeubles de six étages sont construits illégalement sur des terrains instables. Les autorités reconnaissent leur impuissance face aux mafias de la construction.

Al Joumhouriyat (05/06/2025) indique que le prix du loyer a été multiplié par 10 depuis 2019 dans certains quartiers, tandis que les aides au logement sont gelées. Un rapport interne du ministère des Affaires sociales reconnaît qu’aucun programme de logement social n’a été mis en œuvre depuis 2017.

Al Arabi Al Jadid (05/06/2025) donne la parole à des enseignants vivant dans des conditions précaires. L’un d’eux témoigne : « Nous dormons à quatre dans une seule pièce, et nous ne savons pas si nous pourrons payer le loyer ce mois-ci. »

Mobilisation silencieuse et désillusion collective

La presse note aussi une forme de résignation généralisée. Al Akhbar (05/06/2025) parle d’« une société anesthésiée par la fatigue ». Les mouvements de contestation restent sporadiques, éclatant uniquement sur des questions sectorielles (éducation, carburant). Aucun mouvement coordonné de grande ampleur ne semble émerger, malgré la profondeur de la crise.

Al Arabi Al Jadid (05/06/2025) indique que des réseaux d’entraide se sont créés dans certains quartiers populaires, notamment à Tripoli et Tyr, pour assurer l’approvisionnement en nourriture et médicaments. Ces initiatives fonctionnent sur des bases communautaires, sans soutien étatique.

Al Binaa’ (05/06/2025) consacre un reportage à la jeunesse libanaise. Interrogés dans la rue, plusieurs jeunes déclarent vouloir émigrer « à n’importe quel prix ». L’un d’eux dit : « Ce pays ne nous veut pas, pourquoi devrions-nous l’aimer encore ? »

Culture : mémoire collective, revitalisation artistique et mobilisation patrimoniale

La presse libanaise du 5 juin 2025 témoigne d’un paysage culturel actif malgré les difficultés économiques et institutionnelles. Les artistes, écrivains et institutions s’engagent dans des initiatives qui conjuguent mémoire, création contemporaine et transmission. Plusieurs expositions, festivals et parutions sont à l’honneur, tandis que les lieux de culture résistent à l’effondrement des infrastructures.

Littérature : réédition de Salah Stétié et voix poétiques de la jeunesse

Nahar (05/06/2025) consacre un long article à la réédition de plusieurs œuvres du poète et diplomate libanais Salah Stétié, à l’occasion du centenaire de sa naissance. La maison d’édition Dar An-Nahar republie notamment « Le livre du défunt » et « L’autre côté brûlé du très pur », deux recueils emblématiques de son œuvre. Un colloque sera organisé à l’Université Saint-Joseph, réunissant des chercheurs de France, du Liban et du Maroc. Le journal souligne l’intérêt renouvelé des jeunes lecteurs pour cette œuvre à la croisée des mondes.

Dans le même article, Nahar évoque la sortie de deux premiers recueils de jeunes poétesses libanaises, Hanine Farhat et Celine Baz, qui explorent les thèmes de la migration, du corps et de la mémoire familiale. Ces publications sont accompagnées de lectures publiques à Beyrouth et Saïda.

Arts visuels : l’héritage arménien à l’honneur et la renaissance des galeries

Al Sharq Al Awsat (05/06/2025) annonce l’ouverture d’une exposition intitulée « Couleurs d’exil » à la galerie Tanit (Mar Mikhaël, Beyrouth), consacrée à la production artistique de la diaspora arménienne au Liban entre 1920 et 1980. Peintures, photographies et objets d’art y sont exposés. Le vernissage a rassemblé artistes, historiens de l’art et membres de la communauté arménienne. L’exposition est soutenue par la Fondation Calouste Gulbenkian.

Al Binaa’ (05/06/2025) souligne le renouveau des galeries d’art dans le quartier de Gemmayzé, après plusieurs mois de fermeture. Trois nouvelles expositions ont été inaugurées, notamment celle du peintre libano-syrien Farouk Mahmoud, qui mêle art brut et critique sociale. Une galerie s’installe dans un ancien entrepôt reconverti, symbole d’une volonté de réappropriation urbaine.

Musique et arts vivants : festivals en lutte et concerts improvisés

Al Liwa’ (05/06/2025) signale la tenue du Festival de musique de Beyrouth (5-10 juin), organisé cette année en grande partie dans des lieux non conventionnels. L’absence de subventions publiques a contraint les organisateurs à s’adapter : concerts dans des écoles désaffectées, jardins publics et toits d’immeubles. Le programme comprend du jazz, du rap, des musiques traditionnelles et de l’électro. Le journal insiste sur l’énergie des collectifs de jeunes musiciens.

Al Akhbar (05/06/2025) se penche sur la situation critique du Conservatoire national supérieur de musique, toujours sans directeur nommé. Les enseignants alertent sur les conditions de travail dégradées, l’absence de budget et le non-paiement des salaires. Malgré cela, des étudiants en musique improvisent des concerts dans les rues de Hamra pour collecter des fonds.

Patrimoine et mémoire : restaurations et initiatives locales

Al Joumhouriyat (05/06/2025) rapporte la reprise de travaux de restauration de la maison de Gibran Khalil Gibran à Bécharré, en partenariat avec l’UNESCO et l’Ambassade de France. Le projet, interrompu en 2023 faute de fonds, a redémarré grâce à un financement privé de la diaspora libanaise au Canada. L’objectif est de créer un espace muséal interactif.

Al Arabi Al Jadid (05/06/2025) met en lumière une initiative de jeunes architectes bénévoles à Tripoli. Ils ont commencé à cartographier les bâtiments ottomans en danger d’effondrement dans le vieux centre-ville, en lien avec une ONG allemande. Le projet vise à préserver la mémoire architecturale locale et à sensibiliser les habitants.

People : personnalités en lumière, diaspora en action et vies exposées

La presse libanaise du 5 juin 2025 s’intéresse à plusieurs figures médiatiques issues du monde artistique, politique et culturel. Ces personnalités, souvent ancrées dans la diaspora, incarnent autant les espoirs d’un rayonnement international que les tensions liées à l’identité et à la représentation publique. De la scène artistique aux réseaux sociaux, elles occupent un espace symbolique important dans un Liban traversé par la crise.

Nadine Labaki : une nouvelle production tournée au Liban

Al Sharq Al Awsat (05/06/2025) annonce le lancement du tournage du nouveau film de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki, intitulé Barid al-Layl. Le tournage a débuté dans la région de Jbeil et se poursuivra à Baalbek. Le film s’intéresse à trois femmes vivant dans un village montagneux isolé, confrontées à des traditions patriarcales. Labaki a confié au journal : « Ce film est un cri intérieur, une lettre nocturne adressée à mon pays blessé. »

Le financement du film est en partie assuré par des institutions européennes et une plateforme de streaming internationale, ce qui confirme la visibilité internationale de la cinéaste. Al Joumhouriyat (05/06/2025) rappelle que Labaki reste l’une des rares Libanaises à avoir été sélectionnée à Cannes ces dix dernières années.

Ziad Doueiri contesté après une déclaration sur la guerre en Ukraine

Dans Al Akhbar (05/06/2025), le cinéaste Ziad Doueiri est critiqué pour ses déclarations tenues lors d’une conférence à Paris. Interrogé sur la guerre en Ukraine, il aurait déclaré : « Les Libanais devraient s’inspirer de la résilience ukrainienne au lieu de se lamenter. » Cette phrase a été jugée méprisante envers les souffrances libanaises, notamment par plusieurs associations d’anciens combattants de la guerre civile.

Des critiques émergent aussi sur les réseaux sociaux. Al Arabi Al Jadid (05/06/2025) note que la réception du dernier film de Doueiri s’en trouve affectée, et que certaines projections prévues à Beyrouth pourraient être annulées.

Mona Abou Hamze revient sur LBCI avec une nouvelle émission

Nahar (05/06/2025) confirme le retour médiatique de l’animatrice Mona Abou Hamze, qui lancera une émission hebdomadaire centrée sur les parcours de femmes influentes issues de la diaspora libanaise. Intitulée Rihlat Mar’a, l’émission donnera la parole à des entrepreneuses, artistes et intellectuelles vivant entre Montréal, Abidjan, Paris et Dubaï. Le programme a été prévendu à plusieurs chaînes du Golfe.

Abou Hamze déclare : « Il s’agit de raconter nos histoires autrement, de redonner de la voix à celles qui se battent en silence. » Elle n’avait pas animé de programme régulier depuis 2021.

La diaspora libanaise à l’honneur dans le classement Forbes Middle East

Ad Diyar (05/06/2025) salue la présence de plusieurs Libanais dans le classement Forbes Middle East des 100 personnalités les plus influentes de la région. Parmi eux figurent l’investisseur Carlos Ghosn, désormais actif dans la formation de jeunes entrepreneurs à Beyrouth, la chef cuisinière Barbara Massaad, promue pour son engagement humanitaire et culinaire, et l’entrepreneuse Dima Sadek, installée à Paris et active dans la tech féminine.

Le journal insiste sur la dimension transnationale de ces parcours, qui réconcilient parfois réussite individuelle et enracinement collectif. Plusieurs médias arabes évoquent une « école libanaise de la résilience entrepreneuriale ».

Influencers libanais : entre notoriété numérique et engagement social

Al Liwa’ (05/06/2025) s’intéresse au phénomène des influenceurs libanais, en particulier sur Instagram et TikTok. Parmi les figures émergentes, le compte de @RaniGourmet, un cuisinier autodidacte de Zahlé, atteint les 300 000 abonnés avec des vidéos de recettes traditionnelles tournées en dialecte local. D’autres profils, comme @YaraInParis, abordent des sujets de santé mentale, d’émigration et de mode durable.

Al Akhbar (05/06/2025) publie un éditorial sceptique sur ces figures du numérique, les accusant d’esthétiser la misère et de détourner l’attention des vrais débats sociaux. Le journal se demande si « la beauté d’un taboulé peut remplacer le coût du pain. »

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