es éditions du 11 juin 2025 des journaux libanais témoignent d’une intensification des tensions sécuritaires à la frontière sud du Liban, sur fond de désaccords croissants autour du mandat de la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban). Le quotidien Ad Diyar (11 juin 2025) souligne un climat de confrontation en aggravation entre Israël et les populations du Sud, avec des incidents quasi quotidiens opposant des civils libanais et les patrouilles de la FINUL. Un citoyen a exigé le retrait d’une patrouille à Bdeyas, sans obtenir de réponse, et un autre accrochage dans la région de Deir Qanoun al-Nahr s’est transformé en affrontement physique avant l’intervention de l’armée libanaise.
Al Joumhouriyat (11 juin 2025) ajoute que ces tensions surviennent à deux mois du renouvellement du mandat de la FINUL, prévu fin août. Selon des sources gouvernementales citées par le journal, le Liban mène une bataille diplomatique pour préserver les termes actuels de ce mandat, sans modifications. Cette position vise à contrer les pressions israélo-américaines qui souhaiteraient en restreindre le champ d’action.
Multiplication des tensions diplomatiques et divergences internationales
Selon Al Akhbar (11 juin 2025), l’administration Trump soutient fermement les propositions israéliennes de réduction du mandat de la FINUL, tout en renforçant la pression sur le gouvernement libanais. Cette stratégie viserait à restreindre la marge de manœuvre des forces onusiennes sur le terrain afin de permettre à l’armée israélienne une plus grande liberté d’action. L’article souligne également que le refus d’Israël d’appliquer les clauses du cessez-le-feu, notamment l’interdiction de survols aériens et l’arrêt des incursions terrestres, demeure une source majeure d’instabilité.
Face à cette pression, la « quintette de Paris » (France, États-Unis, Arabie Saoudite, Qatar et Égypte) a intensifié ses communications diplomatiques pour éviter une nouvelle guerre. Ad Diyar (11 juin 2025) mentionne des réunions tenues à Paris avec les ambassadeurs impliqués, visant à réactiver un accord de cessez-le-feu soutenu auparavant par Washington, dans une tentative d’apaiser la situation.
Interactions locales tendues : de l’hostilité civile à l’intervention militaire
La multiplication des incidents entre civils et patrouilles de la FINUL reflète une méfiance grandissante des habitants du Sud à l’égard de cette force internationale. Al Sharq (11 juin 2025) explique que ces altercations sont perçues comme le signe d’un désengagement progressif de la FINUL face aux violations israéliennes. Pour plusieurs observateurs cités, ces provocations viseraient à discréditer l’intervention de l’ONU, dont l’impartialité est régulièrement remise en question.
La question de la discipline au sein du Hezbollah a aussi été évoquée. Certaines sources suggèrent que le mouvement chiite tente de contenir les débordements de ses partisans, tout en maintenant la pression sur la présence étrangère perçue comme favorable à Israël.
Offensive israélienne, soutien américain et incertitudes stratégiques
Du côté israélien, la stratégie est assumée. Al Bina’ (11 juin 2025) rapporte une conversation tendue entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Selon les révélations de la radiodiffusion publique israélienne, Trump aurait exigé que Netanyahu cesse les bombardements sur Gaza, arguant que cela nuisait au processus de négociation nucléaire avec l’Iran. Malgré des tensions sur la forme, les deux dirigeants restent alignés sur une opposition ferme à l’influence iranienne dans la région, et en particulier à travers le Hezbollah.
Al 3arabi Al Jadid (11 juin 2025) précise que Donald Trump a explicitement refusé à Israël le feu vert pour une offensive directe contre l’Iran, tout en réaffirmant l’engagement militaire des États-Unis en cas d’échec des pourparlers. Ce contexte régional impacte directement le Liban Sud, devenu zone tampon entre les tensions israélo-iraniennes.
Risque d’embrasement régional : vers une nouvelle guerre ouverte ?
Le climat reste préoccupant. Al Quds (11 juin 2025) note que Netanyahu a évoqué publiquement un « progrès substantiel » dans les négociations sur Gaza, mais sans apporter de garanties sur une désescalade. En parallèle, Al Sharq Al Awsat (11 juin 2025) rapporte la poursuite des raids israéliens et l’incertitude persistante autour d’un cessez-le-feu durable. À cela s’ajoute une déclaration britannique annonçant des sanctions contre deux ministres israéliens, pour incitation à la violence contre les Palestiniens.
Les autorités libanaises, selon Al Joumhouriyat, réaffirment leur volonté de rejeter toute modification majeure du mandat de la FINUL. Elles insistent sur le fait que les violations du cessez-le-feu relèvent de la responsabilité d’Israël, non de la FINUL, qui reste perçue comme une garantie minimale de stabilité dans la région.
Manœuvres intérieures et préparation diplomatique
Le Premier ministre Nawaf Salam s’apprête à participer à une conférence internationale sur le Proche-Orient à Paris. Al Joumhouriyat indique qu’une lettre officielle a été transmise à l’ONU, demandant le renouvellement du mandat de la FINUL sans altérations. Par ailleurs, des contacts diplomatiques sont en cours avec la France et l’Italie, deux des principaux contributeurs à la mission onusienne.
Néanmoins, selon Al Akhbar, les institutions libanaises n’ont pas encore trouvé de consensus sur l’éventualité de nommer un médiateur international, capable de défendre la position libanaise face aux pressions croisées de Washington et de Tel Aviv.
Politique locale : rivalités institutionnelles et blocages autour des nominations financières
Conflits autour des postes-clés à la Banque du Liban
Les journaux du 11 juin 2025 révèlent une lutte politique intense entre les pôles du pouvoir libanais à propos des nominations à la Banque du Liban (BDL). Le quotidien Al Akhbar (11 juin 2025) rapporte que la réunion du Conseil des ministres initialement prévue cette semaine a été reportée au lundi suivant, en raison de désaccords majeurs concernant les remplacements à des postes sensibles, notamment les quatre vice-gouverneurs de la BDL et le président de la Commission de contrôle des banques.
Le président Joseph Aoun aurait exprimé son souhait de renouveler entièrement l’équipe actuelle, y compris le vice-gouverneur Wassim Mansouri. Toutefois, le président du Parlement Nabih Berri maintient son soutien à Mansouri, déclarant explicitement à un émissaire de la présidence : « Je suis encore en vie », selon les termes rapportés par Al Akhbar. Ce refus d’entériner un changement suggère une volonté du président du Parlement de préserver un équilibre communautaire et politique autour de ces nominations.
Le Premier ministre Nawaf Salam se positionne de manière nuancée. Il serait prêt à remplacer certains vice-gouverneurs, comme le druze Bachir Yaqzan par Makram Bonsar, tout en maintenant une certaine continuité dans d’autres dossiers. Cette ligne intermédiaire place Salam dans une position d’arbitre entre la présidence et le Parlement, sans réussir pour autant à surmonter l’impasse.
Enjeux communautaires et blocages croisés
Au-delà de la BDL, d’autres institutions financières et judiciaires sont au cœur de marchandages intenses. Al Akhbarindique que la présidence, en coordination avec le ministre de la Justice Adil Nassar, envisage de nommer le juge Zahir Hamadeh au poste de procureur financier. Cette proposition se heurte à une opposition catégorique de Nassar, qui menace de démissionner si cette nomination est imposée. Il affirme vouloir des nominations « à l’abri des pressions politiques », mais cette revendication a suscité des critiques, notamment du fait de ses propres choix controversés comme la désignation de Youssef El Gemayel à la tête du Conseil d’État.
La Commission de supervision des marchés financiers et les autres régulateurs font également l’objet de conflits. Les forces politiques cherchent à positionner des personnalités proches d’elles à des postes clés : la députée Tania Kellab, recommandée par l’Association des Banques du Liban, fait l’objet de critiques en raison de son passé à l’ambassade américaine à Beyrouth. D’autres noms circulent, comme Fadi Gemayel, Fouad Tarad et Ibrahim Salibi, révélant une compétition entre clans politiques pour renforcer leur influence dans le système financier.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de désintégration des institutions, aggravée par l’absence de consensus autour d’une stratégie économique nationale. Al Akhbar signale que les nominations ne sont plus l’objet de consultations apaisées mais de bras de fer publics et parfois humiliants, exposant la fragilité de l’édifice institutionnel.
Présidence affaiblie et gouvernement sous tension
Le rôle du président Joseph Aoun apparaît de plus en plus isolé. Al Akhbar note qu’il a dû envoyer un émissaire auprès de Nabih Berri pour tester sa position sur le renouvellement des vice-gouverneurs, ce qui témoigne d’un recul de son autorité. Les réponses sèches du président du Parlement laissent entrevoir une volonté de contenir les ambitions présidentielles. En parallèle, les milieux politiques critiquent l’absence d’un projet économique clair porté par la présidence, ce qui réduit sa capacité à peser dans les arbitrages budgétaires et financiers.
Nawaf Salam, quant à lui, cherche à préserver un équilibre entre les forces en présence. Il évite la confrontation directe tout en menant, selon Al Joumhouriyat (11 juin 2025), des consultations actives en vue de construire un compromis acceptable. Toutefois, cette stratégie semble montrer ses limites, tant les lignes de fracture sont profondes. La faiblesse de l’État dans l’application des réformes économiques ou dans la gestion de l’administration publique aggrave la défiance citoyenne.
Résistances au changement et menace de crise constitutionnelle
Le ministre de la Justice Adil Nassar est présenté comme un acteur central des tensions. Il conteste frontalement la nomination du juge Hamadeh, pourtant soutenue par les présidents Aoun et Salam. Nassar brandit l’argument de la nécessité de garantir une justice indépendante. Il affirme que la nomination d’un juge trop proche des partis politiques « ruinerait l’image de l’appareil judiciaire ». Il propose à la place la candidature de Rima Abou Khalil, issue de la famille politique des Kataëb, pour diriger le département de la législation au sein du ministère de la Justice.
Ce refus provoque des critiques, y compris au sein du camp présidentiel, qui soupçonne Nassar d’utiliser la question de l’indépendance judiciaire pour masquer un agenda partisan. Le spectre d’une crise constitutionnelle n’est pas à exclure si les nominations ne sont pas entérinées rapidement. Al Akhbar évoque même la possibilité d’une session parlementaire exceptionnelle pour trancher certains cas, ce qui serait sans précédent dans les équilibres institutionnels actuels.
Diplomatie : Paris et Washington maintiennent la pression sur Beyrouth
Mobilisation diplomatique autour de la FINUL et du Sud libanais
La question du mandat de la FINUL constitue, selon les éditions du 11 juin 2025, l’un des dossiers diplomatiques les plus urgents pour le Liban. Plusieurs sources concordantes rapportent l’intensification des démarches diplomatiques menées par le groupe dit de la « quintette de Paris », composé de la France, des États-Unis, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et du Qatar. Le quotidien Ad Diyar (11 juin 2025) mentionne que ces puissances mènent actuellement une série de contacts afin d’éviter une escalade armée entre le Liban et Israël, alors que les tensions se multiplient sur le terrain.
Dans ce cadre, Paris apparaît en première ligne. Al Joumhouriyat (11 juin 2025) indique que la France insiste sur la nécessité de maintenir le mandat de la FINUL dans son format actuel, tout en œuvrant à réduire les incidents sur le terrain entre les civils et les patrouilles onusiennes. Elle aurait aussi alerté les autorités libanaises sur l’éventualité d’un gel des aides multilatérales si des mesures concrètes n’étaient pas prises pour stabiliser la situation au sud.
De son côté, Washington semble tenir une position plus ambivalente. Al Akhbar (11 juin 2025) révèle que l’administration Trump pousse en faveur d’une réduction des capacités opérationnelles de la FINUL et d’une redéfinition de ses missions. Cette ligne s’accompagne de pressions sur le gouvernement libanais pour renforcer sa collaboration avec les forces internationales dans la zone tampon.
Rôle diplomatique de Nawaf Salam : entre posture multilatérale et realpolitik
Le Premier ministre Nawaf Salam, diplomate de formation et ancien représentant du Liban à l’ONU, tente d’utiliser ses réseaux internationaux pour construire une position de médiation. Selon Al Joumhouriyat, Salam aurait multiplié les appels avec ses homologues français et européens pour obtenir des garanties sur le renouvellement du mandat de la FINUL sans modifications substantielles. Il prévoit d’assister personnellement à une conférence internationale à Paris dans les jours à venir pour renforcer cette ligne.
Toutefois, son action reste entravée par les divisions internes. Al Akhbar souligne que Salam doit composer avec une présidence qui peine à imposer sa voix sur la scène internationale, et avec un Parlement dominé par des équilibres communautaires complexes. La marge de manœuvre du Premier ministre est ainsi fortement contrainte, bien qu’il bénéficie encore d’une crédibilité personnelle importante à l’extérieur.
La diplomatie présidentielle : posture discrète de Joseph Aoun
Le président Joseph Aoun adopte une stratégie plus silencieuse. Selon Al Bina’ (11 juin 2025), la présidence mise sur une diplomatie parallèle, s’appuyant sur des conseillers militaires et stratégiques pour défendre les intérêts libanais auprès des chancelleries occidentales. Cette approche discrète viserait à éviter une exposition directe sur un dossier politiquement inflammable, tout en maintenant des canaux d’échange ouverts avec Paris, Rome et Washington.
Le chef de l’État aurait également mandaté des contacts avec Moscou et Pékin, bien que ces derniers restent symboliques. Le but affiché serait de diversifier les appuis diplomatiques en cas de basculement des positions occidentales. Toutefois, aucune déclaration officielle ne permet de valider cette stratégie de manière tangible.
L’axe Beyrouth-Amman : coordination sécuritaire régionale
En parallèle des tensions avec Israël, le Liban cherche à renforcer ses alliances régionales. Al Joumhouriyat rapporte que Joseph Aoun et le roi Abdallah II de Jordanie ont réaffirmé leur volonté de coordonner leur action diplomatique et sécuritaire face aux menaces régionales. La rencontre entre les deux chefs d’État a été marquée par un appel à « intensifier les efforts communs pour préserver la stabilité de la région ». Cette initiative bilatérale vise aussi à positionner Amman comme partenaire clé dans le dossier des réfugiés et de la reconstruction.
La Jordanie, qui entretient des liens équilibrés avec les États-Unis, Israël et les pays du Golfe, pourrait ainsi servir de relais utile pour les demandes libanaises, notamment en matière de soutien économique ou de facilitation diplomatique au sein des institutions onusiennes.
Les limites du levier diplomatique libanais
Les journaux convergent sur un constat : la diplomatie libanaise peine à mobiliser des appuis décisifs. Al Akhbar et Ad Diyar insistent sur l’épuisement du « crédit diplomatique » de Beyrouth. Le manque de réformes concrètes, les blocages politiques internes et l’absence de ligne stratégique cohérente affaiblissent la capacité du Liban à obtenir des concessions. Même la France, historiquement bienveillante, conditionne désormais son aide à des résultats tangibles en matière de gouvernance.
De plus, les critiques croissantes à l’égard de la gestion du Hezbollah compliquent les démarches de Beyrouth. Plusieurs capitales occidentales attendent que le gouvernement libanais prenne ses distances avec l’organisation chiite, au moins sur le plan formel, avant de relancer une coopération pleine.
Politique internationale : repositionnements américains et intensification du conflit à Gaza
Offensive israélienne à Gaza : la guerre s’enlise
Le 11 juin 2025, la presse arabe rapporte une poursuite des hostilités dans la bande de Gaza, avec une intensité qui ne faiblit pas malgré les négociations en cours. Al Quds (11 juin 2025) signale la mort de 78 Palestiniens en une seule journée, dont 40 à Khan Younès et Rafah. L’armée israélienne continue ses raids, même dans des zones de distribution humanitaire, causant une indignation croissante.
Ce contexte est marqué par la tentative d’un retour à la table des négociations. Al 3arabi Al Jadid (11 juin 2025) et Al Sharq Al Awsat (11 juin 2025) évoquent des pourparlers en cours autour d’une trêve humanitaire, pilotés par les États-Unis et le Qatar. Toutefois, ces efforts restent fragiles, tant les positions des parties restent éloignées : Israël exige la restitution de tous ses otages, tandis que le Hamas réclame un cessez-le-feu total assorti de garanties internationales.
Trump et Netanyahu : divergences tactiques mais unité stratégique
Le président américain Donald Trump conserve une ligne dure contre l’Iran et ses alliés régionaux, mais adopte une posture plus pragmatique face à la guerre de Gaza. Al Bina’ (11 juin 2025) rapporte qu’une conversation téléphonique tendue a eu lieu entre Trump et Netanyahu. Le président américain aurait exhorté le Premier ministre israélien à mettre fin aux bombardements, estimant que la guerre nuisait aux négociations nucléaires avec l’Iran.
Malgré ce désaccord, les deux dirigeants partagent une hostilité commune envers Téhéran. Trump insiste sur la nécessité de parvenir à un accord nucléaire strict, tandis que Netanyahu considère toute négociation comme un jeu de dupes. Ces tensions ne remettent pas en cause leur alliance stratégique, mais elles dévoilent un écart croissant sur les moyens à utiliser.
Al Sharq Al Awsat précise que Trump n’a pas donné son feu vert à une opération israélienne contre l’Iran, bien qu’il se soit engagé à soutenir militairement Tel Aviv en cas de conflit ouvert. Ce positionnement renforce l’impression d’une diplomatie américaine oscillant entre dissuasion militaire et volonté de désescalade.
Vers une trêve ? Des négociations indirectes à haut risque
Les journaux indiquent que plusieurs sessions de négociations indirectes ont été organisées ces derniers jours entre Israël et le Hamas, avec la médiation de l’Égypte, du Qatar et des États-Unis. Al Quds cite des sources selon lesquelles une nouvelle version du plan du médiateur américain Steve Weitekoff a été discutée. Elle inclurait un arrêt temporaire des combats, un échange de prisonniers, ainsi que des garanties pour empêcher toute reprise immédiate des hostilités.
Al 3arabi Al Jadid note que le Hamas a montré des signes d’ouverture, mais qu’il reste prudent. Le mouvement islamiste insiste pour que la fin des combats soit totale et irréversible, et qu’Israël s’engage à lever certaines restrictions sur les convois humanitaires. De son côté, Tel Aviv multiplie les manœuvres militaires sur le terrain pour accentuer la pression sur les négociateurs.
Le cabinet israélien est divisé sur la ligne à suivre. Certains ministres, dont Gideon Saar, appellent à ne pas « exagérer l’optimisme » et réclament des garanties sur la sécurité des soldats et civils israéliens. Netanyahu, quant à lui, parle de « progrès significatifs », sans s’engager formellement sur un calendrier.
Une pression internationale croissante sur Israël
Les puissances occidentales commencent à exprimer des critiques plus franches à l’encontre de la politique israélienne. Al Sharq Al Awsat rapporte que cinq pays — Royaume-Uni, Australie, Canada, Norvège et Nouvelle-Zélande — ont imposé des sanctions individuelles à deux ministres israéliens d’extrême-droite, Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, pour incitation à la violence contre les Palestiniens. Ces mesures, bien que symboliques, traduisent une volonté croissante de certains alliés traditionnels d’Israël de se distancier politiquement.
Les États-Unis eux-mêmes semblent revoir leur position. Al 3arabi Al Jadid cite un discours du président Trump indiquant que Washington « ne soutient plus » la création d’un État palestinien indépendant, mais souhaite une stabilité durable dans la région. Ce recul sur la solution à deux États marque une rupture avec les administrations précédentes, et pourrait alimenter la radicalisation des deux camps.
Reconfiguration régionale et alignements mouvants
Au-delà de Gaza, la situation actuelle redessine les équilibres régionaux. Le Qatar, l’Égypte et la Jordanie intensifient leur coopération dans la gestion des conséquences humanitaires et diplomatiques du conflit. Al Quds et Al Joumhouriyat mentionnent que ces pays tentent aussi d’imposer leur rôle comme médiateurs incontournables, à la fois pour désamorcer le conflit et pour repositionner leur influence dans un contexte où les États-Unis apparaissent moins interventionnistes.
L’Iran, tout en soutenant le Hamas, se montre pour l’instant discret. La perspective d’un accord nucléaire semble freiner ses ardeurs militaires, mais plusieurs articles indiquent que Téhéran pourrait réactiver ses réseaux en cas d’échec du dialogue avec Washington. Cette ambivalence maintient une tension latente sur tout le front régional.
Économie : blocages institutionnels, nominations à la BDL et incertitudes monétaires
Les nominations à la Banque du Liban au cœur des crispations politiques
Le 11 juin 2025, l’économie libanaise reste paralysée par les blocages autour des postes-clés à la Banque du Liban. Les journaux soulignent que le Conseil des ministres a ajourné sa réunion, initialement prévue pour statuer sur les remplacements des quatre vice-gouverneurs de la BDL et du président de la Commission de contrôle des banques. Al Akhbar (11 juin 2025) rapporte que le président Joseph Aoun souhaite renouveler totalement l’équipe, y compris le vice-gouverneur Wassim Mansouri, ce qui rencontre une forte opposition du président du Parlement, Nabih Berri.
Ce dernier défend le maintien de Mansouri, soulignant qu’aucun vice-gouverneur actuel ne peut être remplacé sans consensus intercommunautaire. Il aurait déclaré à un émissaire présidentiel : « Je suis encore vivant », soulignant par cette formule son intention de maintenir son influence sur les choix financiers stratégiques. Cette posture renforce le blocage institutionnel, alors même que les enjeux sont cruciaux pour la stabilité monétaire.
Le Premier ministre Nawaf Salam tente de ménager les deux camps. Il envisage un compromis consistant à remplacer certains postes, comme celui du vice-gouverneur druze, sans toucher aux figures centrales comme Mansouri. Al Joumhouriyat (11 juin 2025) affirme que Salam consulte activement les partis politiques pour construire une majorité favorable à cette approche. Cependant, les désaccords profonds rendent peu probable une issue rapide.
Absence de stratégie économique nationale
Au-delà des questions de nomination, les journaux relèvent l’absence persistante d’une vision économique claire. Al Akhbar critique vertement l’absence de toute feuille de route de la part de la présidence et du gouvernement pour faire face aux crises structurelles du pays. Aucune réforme fiscale n’est en discussion, la dette publique reste hors de contrôle et l’inflation, bien que stabilisée depuis quelques mois, menace de reprendre.
La politique monétaire demeure suspendue aux décisions de la BDL, alors même que l’institution est fragilisée par les tensions internes. L’incertitude sur la composition de sa direction affaiblit sa crédibilité, en particulier vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux. Les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), bien qu’évoquées sporadiquement dans la presse, semblent à l’arrêt.
Al Bina’ (11 juin 2025) note que l’Association des Banques du Liban exerce une pression constante pour faire valider des nominations favorables à ses intérêts, notamment par la promotion de figures proches comme Tania Kellab. Cette politisation du secteur bancaire accroît la méfiance de la population envers le système financier et réduit les chances de redressement par des canaux classiques.
Marchés, monnaie et indicateurs en stagnation
L’absence de visibilité politique affecte directement les indicateurs économiques. Al Sharq (11 juin 2025) indique que la livre libanaise reste fluctuante sur le marché parallèle, oscillant entre 89 000 et 91 500 livres pour un dollar, malgré les interventions ponctuelles de la BDL pour stabiliser la devise. Les réserves en devises continuent de s’éroder, faute de transferts significatifs depuis l’étranger et en l’absence d’accords de soutien.
La consommation intérieure reste faible, pénalisée par des prix élevés et une confiance minimale des ménages. Les importations sont en baisse, mais cette contraction ne traduit pas un rééquilibrage structurel : elle est avant tout le signe d’un appauvrissement généralisé. Les chiffres du commerce extérieur ne sont pas publiés officiellement depuis plusieurs mois, ce qui alimente les soupçons de dissimulation ou d’incapacité technique.
Le secteur privé est également sous pression. Al Akhbar évoque une recrudescence des faillites dans le commerce et la petite industrie, faute de liquidités et d’accès au crédit. Le système bancaire, toujours sous le coup de restrictions informelles, ne permet pas une relance efficace. Même les prêts internationaux, pourtant essentiels à la reprise, sont suspendus dans l’attente de réformes institutionnelles.
Enjeux de gouvernance et pressions internationales
La communauté internationale conditionne toute forme d’aide à des avancées concrètes. Al Joumhouriyat cite des diplomates européens affirmant que « sans transparence sur les nominations financières, aucun décaissement ne sera validé ». La pression se fait aussi sentir sur les acteurs institutionnels libanais, qui reçoivent des mises en garde sur les risques d’effondrement complet du système bancaire si les blocages perdurent.
La France, l’Union européenne et la Banque mondiale ont suspendu plusieurs programmes d’aide en raison de la vacance des postes-clés au sein des régulateurs. La situation est d’autant plus critique que la dette extérieure atteint des niveaux record et que le Trésor public peine à honorer ses engagements. Le budget 2025, toujours non voté, reflète cette paralysie.
Dans ce contexte, les discours sur une possible dollarisation totale de l’économie refont surface, bien qu’ils soient rejetés par une majorité d’économistes locaux qui y voient une perte de souveraineté monétaire et un aveu d’échec. Aucun plan crédible ne semble émerger pour stabiliser durablement la monnaie nationale, rétablir la confiance bancaire ou attirer des investissements étrangers.
Justice : nominations bloquées, enquêtes sensibles et tensions au sein du système judiciaire
Crise ouverte entre le ministre de la Justice et l’exécutif
Le 11 juin 2025, la presse libanaise met en lumière un nouveau front de conflit institutionnel autour de la justice. Le ministre de la Justice, Adil Nassar, entre ouvertement en désaccord avec les orientations de l’exécutif sur plusieurs dossiers clés. Selon Al Akhbar (11 juin 2025), la principale pomme de discorde concerne la nomination du juge Zahir Hamadeh au poste de procureur financier, un choix soutenu par le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam.
Nassar, issu des rangs politiques des Kataëb, a exprimé un refus catégorique, allant jusqu’à menacer de démissionner si cette nomination est entérinée. Il avance comme justification la nécessité de préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire face aux ingérences politiques. Le ministre plaide pour un processus de sélection fondé sur les critères professionnels, et non sur les équilibres politiques. Toutefois, cette posture est perçue par une partie de la presse comme une stratégie d’obstruction déguisée en défense de principes.
Al Akhbar souligne que la position de Nassar est fragilisée par ses propres nominations controversées, notamment celle de Youssef El Gemayel à la tête du Conseil d’État. Cette incohérence nourrit les critiques sur un usage opportuniste du concept d’indépendance judiciaire.
Enjeux des nominations judiciaires et équilibre communautaire
Au-delà du cas du procureur financier, c’est l’ensemble des nominations dans le secteur judiciaire qui est paralysé. La présidence souhaite réformer les structures de la magistrature, notamment en renouvelant les présidences des principales chambres juridictionnelles. Cette initiative se heurte à des résistances communautaires. Al Joumhouriyat (11 juin 2025) rappelle que toute nomination dans les postes régaliens doit respecter un équilibre confessionnel tacite, qui complexifie davantage les arbitrages.
Le juge Zahir Hamadeh est considéré par ses détracteurs comme proche de certaines forces politiques chiites, ce qui alimente les soupçons sur sa capacité à mener des enquêtes financières en toute neutralité. À l’inverse, la candidature soutenue par Nassar — Rima Abou Khalil — est perçue comme alignée sur les intérêts des Kataëb, révélant l’impossibilité d’un consensus même sur des profils techniquement compétents.
Cette situation crée un climat d’instabilité au sein des institutions judiciaires. Al Akhbar indique que plusieurs juges de haut rang ont exprimé leur exaspération face à cette paralysie qui empêche le fonctionnement normal des instances de régulation, de poursuite et de recours. Certaines audiences sensibles sont reportées, d’autres instruites dans un contexte d’improvisation procédurale.
Pressions politiques et climat délétère
Le débat sur la justice dépasse le cadre des nominations. Plusieurs affaires en cours mettent en cause des personnalités proches de l’appareil d’État. Al Bina’ (11 juin 2025) évoque la relance d’une enquête sur des détournements de fonds publics dans le cadre du programme de subvention à l’importation de carburant. Ce dossier, ouvert depuis 2021, n’a jamais abouti à des poursuites concrètes. Les révélations sur l’ampleur de la fraude, relayées par des ONG, soulignent l’urgence de disposer d’un parquet financier fonctionnel.
Dans ce contexte, la population exprime un ras-le-bol croissant face à ce qu’elle perçoit comme une justice à deux vitesses. Al Akhbar publie des témoignages anonymes de magistrats affirmant que la pression politique est « omniprésente » et que « certains dossiers sensibles ne peuvent tout simplement pas être instruits tant que les rapports de force ne changent pas ». Ces déclarations illustrent un système où l’indépendance judiciaire n’est plus qu’un principe formel.
Inertie institutionnelle et appel à une réforme en profondeur
Les appels à la réforme du système judiciaire se multiplient. Al Joumhouriyat mentionne un rapport interne transmis au Conseil supérieur de la magistrature, recommandant la mise en place d’un organe indépendant de supervision des nominations. Cette proposition, inspirée des pratiques en vigueur dans d’autres systèmes de droit mixte, se heurte cependant à la réalité du système libanais : toute réforme nécessitant un consensus transcommunautaire s’inscrit dans une logique de blocage quasi automatique.
La mise en œuvre de la loi sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, adoptée en 2022 mais jamais appliquée, est également relancée dans les débats. Toutefois, comme le souligne Al Akhbar, les résistances sont nombreuses au sein même de la magistrature, où certains juges préfèrent conserver des marges de négociation avec les autorités politiques.
Dans ce contexte, la perspective d’une crise constitutionnelle autour de la justice semble de plus en plus plausible. Le ministre Nassar n’exclut pas une saisine du Conseil constitutionnel en cas de passage en force par le Conseil des ministres. De leur côté, les membres du gouvernement commencent à évoquer la possibilité d’une réforme institutionnelle imposée par décret, une solution risquée qui pourrait aggraver la crise de légitimité de l’exécutif.
Société : paupérisation croissante, services publics défaillants et tensions sociales
Accès inégal aux services publics et protestations silencieuses
Le 11 juin 2025, la presse libanaise révèle une société de plus en plus fragmentée par la pauvreté, les défaillances des institutions et l’inégalité d’accès aux services essentiels. Al Akhbar (11 juin 2025) consacre plusieurs pages à la situation dans les régions périphériques, notamment dans le Akkar, la Békaa et le Sud. L’accès à l’eau potable y devient intermittent, les réseaux d’assainissement sont obsolètes, et la scolarisation des enfants recule.
Les populations s’organisent dans des formes de protestation discrètes : refus de payer certaines taxes, rassemblements locaux, ou retrait des enfants des écoles privées trop onéreuses. À Beyrouth, Al Joumhouriyat (11 juin 2025) note un retour des files d’attente devant les dispensaires de quartier, où les soins primaires sont assurés par des ONG, en lieu et place des structures publiques désorganisées.
Les campagnes d’appel aux dons sur les réseaux sociaux pour financer des traitements médicaux urgents se multiplient, signalant une perte totale de confiance envers les mécanismes de solidarité institutionnelle. L’État semble absent, incapable de restaurer les filets sociaux de base.
Précarité énergétique et dégradation des infrastructures
Al Akhbar souligne également la gravité de la crise énergétique. La production électrique est limitée à 3 ou 4 heures par jour dans de nombreuses régions. Cette situation oblige les ménages à recourir à des générateurs privés, souvent coûteux et polluants. Le coût de l’électricité représente jusqu’à 40 % des dépenses mensuelles pour les foyers les plus modestes, aggravant leur vulnérabilité.
Le ministère de l’Énergie n’a fourni aucun calendrier pour l’augmentation de la production ou la signature de nouveaux contrats d’approvisionnement. Les habitants interrogés décrivent une « vie dans l’attente » : attendre l’eau, attendre l’électricité, attendre le carburant. Cette temporalité de la pénurie devient un mode de vie.
Les infrastructures routières, elles aussi, se détériorent rapidement. Al Joumhouriyat signale plusieurs accidents dus à l’absence d’entretien des routes principales entre Tripoli, Zahlé et Tyr. Des glissements de terrain non traités bloquent régulièrement les axes secondaires. Cette inaccessibilité alimente l’exode vers les centres urbains, accentuant la pression sur des villes déjà saturées.
Éducation et emploi : la génération perdue
L’école publique est en voie de désintégration. Al Bina’ (11 juin 2025) souligne que plus de 40 % des enseignants sont en grève intermittente depuis mars, sans qu’aucun plan de redressement n’ait été présenté. Les salaires versés en livres libanaises ne permettent plus de couvrir les besoins de base. De nombreux professeurs démissionnent pour travailler dans des ONG, plus stables et mieux rémunérées.
Les conséquences sont immédiates : des milliers d’élèves n’ont pas terminé leur programme scolaire, les examens officiels sont incertains et la fuite vers les écoles privées s’intensifie, creusant l’écart entre les enfants selon leur origine sociale.
Le marché du travail, quant à lui, reste figé. L’économie informelle progresse, notamment dans les services, la livraison, la construction et l’artisanat. Al Akhbar décrit un phénomène d’« auto-précarisation » où des diplômés de l’enseignement supérieur travaillent comme chauffeurs ou vendeurs ambulants. Les syndicats restent quasi-absents, affaiblis par des années de cooptation politique.
Montée de la violence sociale et communautaire
Les tensions sociales prennent parfois un tour plus agressif. Al Joumhouriyat recense une augmentation des actes de vandalisme ciblés contre des institutions publiques : coupures volontaires d’électricité, blocage de routes, destruction de distributeurs automatiques. À Tripoli, des affrontements entre jeunes issus de quartiers rivaux ont eu lieu au sujet de l’accès à un puits d’eau partagé.
Ces violences ne sont pas encore organisées mais traduisent une montée de la colère diffuse. Le discours communautaire reprend de la vigueur dans certains milieux religieux, où l’absence de l’État est interprétée comme une trahison. Dans ce vide, des structures alternatives se mettent en place, avec le retour des services sociaux assurés par des partis politiques ou des associations confessionnelles.
Selon Al Akhbar, plusieurs leaders locaux s’efforcent de canaliser ce mécontentement pour en faire un levier politique, notamment en vue des élections municipales prévues fin 2025. Le risque est grand de voir les tensions sociales dériver vers une réaffirmation identitaire communautaire, ce qui pourrait fragmenter davantage le tissu national.
Technologie : régulations numériques, percées internationales et absence de politique nationale
Déconnexion stratégique : le Liban à la traîne de l’innovation régionale
Le 11 juin 2025, les journaux libanais révèlent une stagnation inquiétante du secteur technologique national, contrastant avec les percées régionales, notamment aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite et au Qatar. Al Sharq Al Awsat (11 juin 2025) consacre plusieurs pages à l’essor des investissements dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et des smart cities dans le Golfe. Le Liban, quant à lui, peine à suivre, faute de politique publique claire.
Aucune stratégie nationale en matière de transition numérique ou de recherche appliquée n’a été annoncée depuis plus d’un an. Les ministères concernés, notamment celui de l’Économie numérique, sont paralysés par l’instabilité politique et le sous-financement chronique. Al Bina’ (11 juin 2025) rappelle que les budgets alloués à la recherche scientifique et à l’enseignement supérieur restent symboliques, représentant moins de 0,3 % du PIB, loin des standards internationaux.
Les partenariats public-privé, censés dynamiser l’écosystème tech, sont quasi inexistants. L’absence de gouvernance technologique cohérente place le Liban dans une position défensive sur le plan régional, alors même que les talents ne manquent pas.
Diaspora technologique et fuite des cerveaux
Malgré un contexte local difficile, les compétences libanaises continuent de s’illustrer à l’international. Al Quds (11 juin 2025) met en avant plusieurs ingénieurs libanais expatriés ayant intégré des pôles d’innovation en Europe et aux États-Unis. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’accélère : selon les données citées par Al 3arabi Al Jadid, plus de 800 professionnels des TIC auraient quitté le Liban au cours des 12 derniers mois, avec une accélération au premier trimestre 2025.
Les causes sont connues : faible rémunération, absence de perspectives de carrière locale, instabilité monétaire et isolement institutionnel. Cette fuite des talents réduit les chances de construction d’un écosystème technologique national durable. Certaines start-ups créées à Beyrouth en 2020 ont été relocalisées à Dubaï ou à Chypre, pour des raisons fiscales et structurelles.
Face à ce phénomène, aucun plan de rétention ou de valorisation des talents de la diaspora n’a été proposé. Le ministère des Affaires étrangères avait lancé en 2021 une plateforme de mise en relation, mais le projet a été suspendu faute de coordination avec les universités et les incubateurs.
Cybermenaces croissantes et vulnérabilités numériques
En parallèle, le pays reste vulnérable aux attaques informatiques. Al Joumhouriyat (11 juin 2025) fait état de plusieurs cyberattaques ciblant des institutions bancaires, des hôpitaux et des administrations locales. Le manque de coordination entre les différents services de l’État empêche une réponse centralisée. Le Centre libanais de cybersécurité, bien qu’officiellement actif, n’a émis aucun rapport public depuis 2023.
Les banques, déjà affaiblies par la crise financière, sont devenues des cibles récurrentes. Des incidents récents ont conduit à des interruptions temporaires de services en ligne, sans communication officielle. Les experts interrogés par Al Akhbar critiquent une culture du secret qui empêche la mutualisation des informations et la prévention efficace.
À cela s’ajoute l’absence de cadre légal clair. La loi sur la protection des données personnelles, votée en 2018, n’est toujours pas appliquée. Aucun organisme de régulation indépendant n’a été mis en place pour surveiller le traitement des données sensibles. Cette lacune institutionnelle crée une incertitude juridique, nuisible aux investissements.
Inégalités numériques et fracture technologique
La fracture numérique s’élargit entre les grandes villes et les zones rurales. L’accès à Internet reste inégal : certaines régions n’ont pas de couverture 4G stable, et les connexions filaires sont souvent défectueuses. Al Akhbar signale que des dizaines d’écoles publiques n’ont toujours pas d’accès Internet, ce qui handicape l’enseignement numérique et creuse les inégalités scolaires.
Le secteur privé tente d’y répondre à travers des initiatives ponctuelles. Des entreprises locales offrent des programmes de formation aux compétences numériques de base, mais leur portée reste limitée. Les universités, en particulier les établissements privés, se tournent vers l’international, avec des programmes de double diplôme ou de téléenseignement en partenariat avec l’Europe. Ces démarches bénéficient principalement aux classes moyennes urbaines, renforçant la dualisation du pays.



