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Revue de presse du 17/07/25: L’escalade syrienne, enjeux druzes et recomposition libanaise

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Les quotidiens du 17 juillet 2025 placent l’agression israélienne en Syrie et ses ramifications au cœur de leurs premières pages. Selon Nahar (17 juillet 2025), une série de frappes israéliennes a visé le ministère de la Défense et le palais présidentiel à Damas, marquant une nouvelle escalade dans les tensions régionales. L’opération, la plus importante depuis sept mois, a été menée sous prétexte de protection de la communauté druze, alors que le gouvernorat de Soueïda est en proie à des affrontements violents entre forces de sécurité syriennes et milices armées. La Syrie a dénoncé un acte de guerre à visée politique et territoriale, demandant la convocation urgente du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Recomposition des rapports de force autour de la communauté druze

Selon Al Quds (17 juillet 2025), le régime syrien affirme avoir signé un accord de cessez-le-feu avec les autorités locales druzes à Soueïda, validé par le cheikh Youssef Jarbouh. Cependant, ce cessez-le-feu est contesté par le cheikh Hikmat al-Hijri, qui appelle à la poursuite des combats contre le gouvernement, niant l’existence de tout mandat de négociation. La division au sein de la communauté druze elle-même, soulignée par Al Sharq Al Awsat (17 juillet 2025), rend le territoire encore plus vulnérable à une intervention étrangère. Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a menacé la Syrie de frappes supplémentaires si les forces gouvernementales ne se retiraient pas de Soueïda, affirmant que la sécurité de la minorité druze en Syrie représentait une ligne rouge pour Israël.

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La diplomatie américaine en position d’équilibriste

Face à ce climat explosif, les États-Unis ont tenté de s’imposer comme médiateurs. Al Sharq Al Awsat (17 juillet 2025) rapporte les déclarations de la porte-parole du Département d’État, Tami Bruce, appelant au retrait des troupes syriennes de Soueïda pour « permettre une désescalade ». En parallèle, le secrétaire d’État Marco Rubio a reconnu un « malentendu stratégique » entre Israël et la Syrie, tout en se déclarant confiant quant à la signature d’un accord de cessez-le-feu dans les prochaines heures. Toutefois, selon Ad Diyar (17 juillet 2025), le scepticisme demeure dans les milieux diplomatiques syriens, où l’on considère que la campagne israélienne vise moins à protéger les Druzes qu’à établir une zone d’influence militaire au sud du pays.

Résonances immédiates sur la scène libanaise

En écho aux tensions syriennes, les débats parlementaires libanais ont été fortement influencés par ces développements. Al Bina’ (17 juillet 2025) rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam a réaffirmé la nécessité de renforcer l’unité nationale et de consolider la souveraineté libanaise dans le contexte actuel. Le Parlement a renouvelé sa confiance au gouvernement par 69 voix contre 9. Salam a notamment insisté sur l’urgence de l’application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et sur le rôle de l’armée dans le contrôle de toutes les zones frontalières.

Climat parlementaire électrique et dissensions politiques

Les échanges à la Chambre des députés ont été marqués par des affrontements verbaux. Selon Al Liwa’ (17 juillet 2025), un incident a opposé le député de l’Accord National, Ahmad el-Kheir, au représentant du Courant patriotique libre, Salim Aoun. Ce dernier, après avoir été accusé d’entraver les réformes, a répliqué en lançant que le Courant n’était pas un « défouloir politique », provoquant une altercation qui a nécessité l’intervention d’autres parlementaires. Dans ce contexte, le député Georges Adwan, des Forces libanaises, a critiqué l’absence de coordination entre le gouvernement et le Parlement sur les questions de sécurité régionale.

Reprise en main des médias publics : une réponse à la crise de légitimité ?

Au-delà des considérations militaires et politiques, une initiative symbolique mais stratégique a été relevée par Al Bina’ (17 juillet 2025) : la nomination d’un nouveau conseil d’administration pour Télé Liban. Le gouvernement souhaite ainsi redonner de la crédibilité à l’audiovisuel public, souvent accusé d’instrumentalisation politique. Cette décision pourrait servir de catalyseur à un chantier plus vaste de réforme des institutions publiques, dans un pays où la désinformation et la fragmentation médiatique exacerbent les tensions communautaires.

Entre reconfiguration régionale et fragilité nationale

Les journaux convergent sur le fait que la crise syrienne agit comme révélateur d’un déséquilibre régional profond, dans lequel les minorités deviennent des leviers d’intervention. Pour Al Akhbar (17 juillet 2025), la posture israélienne n’est pas seulement militaire mais stratégique : en prétendant défendre les Druzes, elle cherche à créer une ceinture sécuritaire dans le sud de la Syrie, en synergie avec les ambitions américaines de redéfinition des zones d’influence. Le Liban, pris dans cette recomposition, est contraint de renforcer sa cohésion institutionnelle, tout en subissant la pression d’événements extérieurs qu’il ne contrôle pas.

Politique locale : tensions institutionnelles et rivalités de blocs à la Chambre

Le 16 juillet 2025, le Parlement libanais s’est réuni en séance plénière pour voter la confiance au gouvernement dirigé par Nawaf Salam. Cette session a exposé les lignes de fracture politiques qui persistent entre les principales formations. Selon Al Bina’ (17 juillet 2025), la séance a été marquée par des échanges tendus, notamment entre les députés du Courant patriotique libre et ceux des Forces libanaises, ainsi qu’au sein même des formations modérées. Malgré les frictions, le gouvernement a obtenu 69 voix favorables, contre 9 oppositions et 4 abstentions, issues majoritairement du Courant patriotique libre.

Le discours de Nawaf Salam a insisté sur la souveraineté, la réforme des institutions et la centralisation du pouvoir sécuritaire entre les mains de l’État. Il a affirmé que l’usage de la force devait rester strictement étatique, rejetant toute légitimité aux armes en dehors du cadre légal. Selon Al Akhbar (17 juillet 2025), cette déclaration a été saluée par les députés des Forces libanaises mais accueillie avec scepticisme par ceux du Courant patriotique libre.

Gebran Bassil a critiqué l’absence de réponses claires aux questions de son groupe. Il a estimé que le gouvernement manquait de lisibilité dans ses intentions et que la confiance devait être conditionnée à une transparence totale sur les politiques publiques à venir. Selon Al Quds (17 juillet 2025), Bassil a souligné que la confiance parlementaire n’était pas un chèque en blanc et que la posture ambiguë du gouvernement face aux réformes financières et fiscales appelait à la prudence.

Des échanges vifs ont eu lieu, notamment entre Firas Hamdan et Qabalan Qabalan, selon Ad Diyar (17 juillet 2025). Hamdan, issu des rangs des députés du changement, a accusé l’ancien régime de bloquer les réformes au nom d’un statu quo économique délétère. Qabalan a répliqué que les critiques ne sauraient se substituer à un programme constructif. Cette tension verbale a été interrompue par une intervention du président de la Chambre, Nabih Berri, qui a appelé à la retenue.

Parmi les critiques adressées au gouvernement figurait la gestion des finances publiques. Hussein Al-Hajj Hassan a évoqué la nécessité de régler la question des dépôts bancaires gelés et de mettre en place un plan de redressement économique concerté avec les partenaires arabes et internationaux. Selon Al Bina’ (17 juillet 2025), il a souligné l’importance de dissocier les politiques économiques des pressions étrangères, notamment en ce qui concerne les conditionnalités imposées par les institutions financières internationales.

Alain Aoun, député affilié au Courant patriotique libre mais critique de sa ligne dure, a mis en garde contre un effondrement du consensus national. Il a plaidé pour une équité dans le traitement des fonctionnaires, la réforme du secteur public et une clarification du rôle du gouvernement dans la politique énergétique. Selon Al Quds (17 juillet 2025), Aoun a insisté sur la nécessité d’une vision stratégique incluant la diaspora dans les efforts de reconstruction économique.

Neemat Frem, député indépendant, a pour sa part évoqué la question du modèle libanais. Il a estimé que l’incapacité à repenser le fonctionnement de l’État risquait de faire basculer le Liban dans une crise existentielle durable. Il a exhorté le gouvernement à présenter une feuille de route chiffrée sur les priorités économiques, éducatives et sociales, comme le rapporte Al Sharq (17 juillet 2025).

La taxation des produits pétroliers a été l’un des points de tension les plus évoqués. Selon Al Akhbar (17 juillet 2025), plusieurs députés ont critiqué la décision du gouvernement d’augmenter la taxe sur le mazout, perçue comme injuste envers les classes moyennes et les entreprises industrielles. Nawaf Salam a répondu que cette mesure était provisoire et liée aux exigences du FMI, tout en promettant des ajustements ciblés.

En matière de gouvernance, plusieurs députés ont évoqué le besoin de renforcer la décentralisation administrative, afin d’améliorer l’efficacité des services publics. D’autres ont appelé à la relance des conseils municipaux suspendus. Selon Al Bina’ (17 juillet 2025), ces revendications sont portées par des députés issus des régions périphériques comme l’Akkar ou la Békaa.

Enfin, la nomination du conseil d’administration de Télé Liban a fait l’objet d’une brève discussion. Certains députés ont salué cette initiative comme une première étape vers la revitalisation des médias publics, d’autres ont critiqué une nomination sans appel à candidatures, révélatrice d’une opacité administrative persistante.

La session s’est conclue par le vote de confiance, mais aussi par l’annonce d’un calendrier de concertation entre les ministères techniques et les commissions parlementaires, visant à accélérer les réformes sectorielles. Selon Al Quds (17 juillet 2025), ces groupes de travail devront remettre leurs conclusions avant la fin du mois d’août.

Citation et discours des personnalités politiques: tensions verbales, affirmations de souveraineté et critiques croisées

Débats parlementaires houleux et confrontations personnelles

Dans les échanges parlementaires du 16 juillet 2025, plusieurs députés libanais ont prononcé des discours fortement polarisés, reflétant les clivages persistants entre les formations politiques. Selon Ad Diyar (17 juillet 2025), le député Hussein Al-Hajj Hassan a abordé la question du respect de la souveraineté nationale, dénonçant les violations israéliennes et questionnant l’absence d’un plan économique solide pour la récupération des fonds des déposants. Il a également critiqué le silence sur l’application de la résolution 1701 par Israël et les États-Unis.

Au sein du même débat, une vive altercation a opposé les députés Hachem Haidar et Qabalan Qabalan. Ce dernier, en réponse à une défense enthousiaste de l’action gouvernementale par Haidar, a répliqué que rien n’avait été construit au Sud et que des civils continuaient de mourir sans que le gouvernement ne réagisse. Haidar a alors suggéré à Qabalan de démissionner, ce à quoi il a répondu sèchement : « nous ne démissionnons pas ».

Joseph Aoun : condamnation des attaques contre la Syrie

Le président de la République Joseph Aoun a tenu un discours particulièrement fort le 16 juillet 2025, condamnant « avec la plus grande fermeté » les frappes israéliennes contre Damas, notamment celles ayant visé le ministère de la Défense et les environs du palais présidentiel syrien. Il a qualifié ces actes de « violations flagrantes de la souveraineté syrienne » et d’infractions au droit international et à la Charte des Nations Unies, tout en exprimant la solidarité du Liban avec le peuple et l’État syriens. Aoun a également exhorté la communauté internationale à agir fermement pour stopper ces agressions.

Naim Kassem : mise en garde contre la fragmentation interne

Dans Al Bina’ (17 juillet 2025), le secrétaire général du Hezbollah Naim Kassem a appelé à la cohésion interne et au respect du pluralisme. Bien que sans critique directe du gouvernement, ses propos soulignaient l’importance de préserver la représentation équitable de toutes les composantes de la société libanaise, insistant sur la nécessité de défendre l’unité de la capitale et la réciprocité dans la répartition du pouvoir. Il a aussi rappelé que l’accord de cessez-le-feu devait être appliqué sans ambiguïté, notamment en ce qui concerne le retrait israélien et la libération des prisonniers.

Nawaf Salam : fermeté sur la souveraineté et les réformes

Le Premier ministre Nawaf Salam s’est exprimé à plusieurs reprises durant la même journée parlementaire. Dans une déclaration reprise par Al Sharq (17 juillet 2025), il a fermement dénoncé les frappes israéliennes sur la Syrie, affirmant que « nul ne peut accepter la logique de la violation continue » et appelant le monde à mettre fin aux agressions. D’un point de vue intérieur, il a renouvelé son engagement à « restaurer la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire », tout en prenant acte des critiques parlementaires comme un moteur de réforme.

Par ailleurs, dans Al Quds (17 juillet 2025), Salam a déclaré que le monopole de la détention d’armes par l’État ne représentait pas un simple vœu pieux, mais un engagement irréversible. Il a aussi indiqué que le gouvernement poursuivrait ses efforts pour reconstruire le pays et garantir le respect de l’unité nationale. Il a toutefois reconnu les difficultés rencontrées, sans renoncer à ses objectifs.

Autres prises de position notables

Le député Haqop Terzian a déploré, selon Nahar (17 juillet 2025), la marginalisation des Arméniens dans les nominations administratives, tandis que le député Firas Hamdan a dénoncé un système de « partage du fromage » en parlant de la répartition des postes. Ahmed El-Kheir, autre député, a critiqué l’absence de contrôle sur les armes non étatiques, mettant en cause l’efficacité du slogan gouvernemental sur la réforme. Ces tensions ont été exacerbées par une altercation directe avec le député Salim Aoun, culminant en une intervention de la sécurité parlementaire pour éviter une escalade physique.

Le président du Conseil, Nabih Berri, a été décrit comme tentant de gérer les débordements tout en conservant une posture de neutralité apparente.

Michel Aoun et Samir Geagea : interventions externes

L’ancien président Michel Aoun est resté en retrait des débats, bien que son courant ait été défendu par Salim Aoun dans les échanges parlementaires. De son côté, le président des Forces Libanaises, Samir Geagea, a critiqué l’augmentation des taxes sur les carburants par le gouvernement et s’est félicité d’une décision du Conseil d’État suspendant leur application, en appelant au respect immédiat de cette décision.

Positions de personnalités sur les réseaux

Enfin, certaines figures politiques se sont exprimées sur la plateforme X. Michel Pharaon a insisté sur l’urgence de retirer toutes les armes illégales pour éviter une crise de confiance. Le député Fadi Karam a, lui, exhorté l’État à désarmer rapidement les milices, évoquant la nécessité de rompre avec les répétitions tragiques de l’histoire libanaise.

Diplomatie : positions libanaises et recomposition régionale face à la crise syrienne

Joseph Aoun mobilise la diplomatie libanaise contre les frappes israéliennes

Le président de la République Joseph Aoun a dénoncé avec force les attaques israéliennes sur la Syrie lors d’un discours rapporté par Al Sharq (17 juillet 2025). Il a qualifié ces frappes de violations de la souveraineté d’un État arabe membre des Nations Unies, appelant à une action immédiate du Conseil de sécurité pour mettre fin à l’escalade. Selon Al Bina’ (17 juillet 2025), il a également donné instruction au ministère des Affaires étrangères de contacter les représentations diplomatiques à l’étranger afin de coordonner une réponse concertée avec les alliés du Liban, notamment la Russie et la Chine.

Nawaf Salam : diplomatie active sur deux fronts

Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi insisté sur la nécessité d’une réponse diplomatique multilatérale à l’agression israélienne. Dans un communiqué repris par Nahar (17 juillet 2025), il a affirmé que le Liban était en contact étroit avec ses partenaires européens et arabes pour tenter de freiner les violations du droit international commises par Israël. Il a aussi évoqué l’éventualité d’une conférence régionale sur la sécurité aux frontières, dont le Liban serait l’un des co-organisateurs. Selon Al Quds (17 juillet 2025), Salam a réitéré la position du Liban sur l’application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et le respect de la souveraineté syrienne.

Appel à l’action à l’ONU et coordination avec les États arabes

Toujours selon Al Quds, le Liban a officiellement soutenu la demande de réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies formulée par la Syrie à la suite des bombardements sur Damas et Soueïda. Le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib a mené plusieurs entretiens avec ses homologues d’Égypte, de Jordanie et du Qatar, en vue d’une résolution commune condamnant l’escalade israélienne et soutenant les communautés druzes affectées par les combats. Il a également réaffirmé que le Liban ne permettrait pas que son territoire soit utilisé comme base arrière de mouvements armés visant la Syrie ou Israël.

Ambiguïtés diplomatiques au sein de la Ligue arabe

Selon Ad Diyar (17 juillet 2025), les diplomates libanais présents au Caire pour une réunion extraordinaire de la Ligue arabe ont été confrontés à des réticences de certains États membres à condamner explicitement Israël. Des divergences ont émergé sur la formulation d’un communiqué final, notamment entre les représentants libanais et ceux des Émirats arabes unis. Le Liban a insisté pour que le texte évoque la « violation continue de l’espace aérien libanais par l’armée israélienne », ce qui a été atténué dans la version finale sous pression de Riyad.

Soutien de l’Iran et avertissement à Israël

Par ailleurs, Al Bina’ (17 juillet 2025) note que des représentants diplomatiques iraniens à Beyrouth ont exprimé leur soutien total à la position libanaise, assurant que toute agression israélienne sur un État souverain de la région serait traitée comme une menace globale. L’ambassadeur iranien a rencontré des responsables de la présidence libanaise et du ministère des Affaires étrangères pour leur garantir une coordination diplomatique dans les forums internationaux. Il a également évoqué la possibilité d’une médiation entre la Syrie et Israël, bien que cette initiative ait été accueillie avec prudence par le gouvernement libanais.

Tensions autour de la position américaine

D’après Al Quds (17 juillet 2025), les propos du secrétaire d’État américain Marco Rubio ont été diversement perçus à Beyrouth. Si sa déclaration évoquant la nécessité d’un cessez-le-feu a été accueillie positivement, son refus de condamner explicitement les frappes israéliennes a été critiqué par plusieurs responsables libanais. Nawaf Salam aurait exprimé en privé, selon des sources diplomatiques citées par le journal, sa frustration face à la « politique de deux poids, deux mesures » de Washington.

Initiatives parallèles avec les pays du Golfe

Enfin, Al Joumhouriyat (17 juillet 2025) indique que des contacts discrets ont été établis entre le ministère libanais des Affaires étrangères et ses homologues au Koweït et en Oman, en vue de former un groupe de contact régional destiné à désamorcer les tensions en Syrie et à éviter leur débordement au Liban. Ces démarches, qui s’inscrivent dans une logique de diplomatie préventive, visent à repositionner le Liban comme acteur de stabilisation régionale, malgré sa propre vulnérabilité stratégique.

Politique internationale: tensions régionales et repositionnements géopolitiques

Israël intensifie son offensive en Syrie

Les tensions militaires en Syrie ont pris une nouvelle ampleur selon Nahar (17 juillet 2025), avec des frappes aériennes israéliennes ayant visé des positions stratégiques dans la région de Soueïda et près du palais présidentiel à Damas. Cette escalade est interprétée comme la manifestation d’un changement d’orientation du gouvernement israélien, qui ne ferait plus de la négociation une priorité. Nahar souligne également que l’armée israélienne envisage un engagement terrestre en cas de non-retrait des forces de sécurité syriennes de Soueïda, marquant un tournant décisif dans les dynamiques du conflit.

Par ailleurs, le journal mentionne que ces frappes pourraient compromettre les efforts américains de médiation pour parvenir à un accord sécuritaire entre Damas et Tel-Aviv. La position d’Israël semble en contradiction avec les engagements de désescalade, et place les États-Unis dans une position délicate, d’autant plus que des enregistrements montrant des exécutions sommaires de civils ont alimenté la controverse sur l’implication directe ou indirecte des forces syriennes régulières.

Union européenne : inertie diplomatique face aux violations israéliennes

Al Sharq (17 juillet 2025) rapporte que malgré l’identification d’une violation de l’article 2 de l’accord de partenariat entre Israël et l’Union européenne, les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres, réunis à Bruxelles, ont décidé de ne pas imposer de sanctions. Cette décision intervient malgré la reconnaissance officielle que l’État israélien ne respecte pas ses engagements relatifs aux droits de l’homme. Cette position a suscité des critiques, notamment de la part de la Russie, qui a accusé l’Europe de duplicité et de pratiques militaires agressives, réitérant au passage des menaces implicites quant à l’usage de l’arme nucléaire dans certaines configurations stratégiques.

L’ombre du conflit à Gaza : une crise humanitaire aggravée

Selon Al Quds (17 juillet 2025), Israël a poursuivi ses opérations militaires à Gaza malgré les négociations indirectes en cours avec le Hamas. Le bilan est dramatique : 81 Palestiniens tués en une journée, 70 % des infrastructures du territoire détruites, et des organisations humanitaires signalent la disparition d’une génération entière. L’UNRWA, via son responsable Philippe Lazzarini, a alerté sur l’éradication systématique du tissu civil de Gaza. Ces informations s’inscrivent dans une logique d’intensification du conflit qui éloigne toute perspective de trêve à court terme. Les menaces explicites d’Israël de « poursuivre l’extermination » en l’absence d’un accord de cessez-le-feu accentuent le climat d’urgence.

L’Iran hausse le ton face à Washington et Tel-Aviv

Toujours selon Al Quds (17 juillet 2025), le guide suprême iranien Ali Khamenei a affirmé que son pays était prêt à frapper plus durement les États-Unis et Israël en cas d’attaque. Ce discours, prononcé lors d’une réunion avec des responsables judiciaires, met en lumière la posture combative de Téhéran et sa volonté de se positionner comme puissance régionale face à ce qu’il appelle « le chien enragé sioniste ». La déclaration laisse entrevoir une possibilité d’extension du conflit au-delà des frontières syriennes et palestiniennes, dans un contexte d’alliance stratégique entre l’Iran et certains groupes armés dans la région.

Un repositionnement des grandes puissances : la diplomatie au second plan

Le Sharq Al Awsat (17 juillet 2025) mentionne la relance d’un effort diplomatique européen et arabe pour favoriser la reconnaissance internationale de la Palestine. Cette tentative intervient à travers la conférence de Paris, qui ambitionne de remettre sur la table le processus de paix basé sur la solution à deux États. Toutefois, les initiatives se heurtent à l’instabilité persistante et à la radicalisation des positions, rendant tout compromis difficile. La conférence met également l’accent sur la réforme de l’Autorité palestinienne, considérée comme un préalable à tout soutien international accru.

Vers une redéfinition des rapports régionaux

La couverture politique du Liwa (17 juillet 2025) insiste sur la tentative des États arabes de jouer un rôle stabilisateur dans la région, notamment en soutenant une approche fondée sur la désescalade en Syrie. Le journal évoque un « modèle de traitement des crises » qui s’écarte des logiques d’alignement militaire et cherche à préserver l’unité du tissu social syrien. Ce positionnement marque un retour du pragmatisme diplomatique dans certaines capitales arabes, face à une prolifération de conflits régionaux devenus incontrôlables.

Économie : Pressions fiscales, industrie nationale et place des Libanais dans la hiérarchie régionale

L’économie libanaise montre des signes à la fois de résilience et de tension, à travers plusieurs angles couverts dans la presse du 17 juillet 2025. Les grands titres mettent en lumière les efforts industriels locaux, les contraintes fiscales renforcées par les autorités, et la reconnaissance croissante des dirigeants libanais dans les grandes entreprises mondiales.

Fiscalité : Nouvelles échéances et pression sur les petits propriétaires

Selon Al Akhbar du 17 juillet 2025, le ministère des Finances a publié un calendrier de recouvrement de la taxe sur les immeubles bâtis concernant les revenus de plusieurs années passées (2020, 2021, 2022), avec des échéances précises entre août et septembre 2025. Les autorités fiscales ont établi que tout retard entraînerait une pénalité mensuelle de 1 % du montant dû. Cette mesure touche particulièrement les propriétaires de biens générant des revenus inférieurs à 20 millions de livres libanaises, pour lesquels les délais de paiement sont strictement encadrés.

Dans le même document, L. Haj Shahadeh, directeur des recettes fiscales, précise que ces décisions visent à rétablir une discipline fiscale dans un contexte de déséquilibre budgétaire prolongé, bien que la capacité de paiement de certains contribuables, notamment ceux touchés par la crise monétaire, soit limitée.

Industrie et production nationale : ambitions et limites structurelles

Dans Ad Diyar du 17 juillet 2025, Ramzi Bou Nader, président du syndicat des industries alimentaires libanaises, souligne les efforts du secteur industriel pour devenir un pilier de l’économie nationale. Il insiste sur l’importance de l’exportation pour maintenir une croissance soutenue, notamment vers les marchés arabes et internationaux. Toutefois, il reconnaît que cette ambition nécessite une collaboration étroite entre secteurs public et privé, actuellement entravée par des rythmes irréguliers de coordination.

L’article souligne également que l’un des obstacles majeurs à l’essor industriel est la défaillance des infrastructures logistiques, notamment dans les ports et les douanes, qui ralentissent les échanges et augmentent les coûts. Malgré cela, une reprise modeste du secteur manufacturier est observée dans certaines zones industrielles du Mont-Liban, soutenue par des initiatives de relocalisation d’activités menées par des industriels expatriés.

Classement régional : les Libanais parmi les élites économiques du Moyen-Orient

An Nahar du 17 juillet 2025 rapporte que neuf dirigeants libanais figurent dans la liste Forbes Middle East des 104 plus puissants PDG d’entreprises mondiales opérant dans la région. Ce classement place le Liban au troisième rang, derrière l’Inde et le Royaume-Uni. Cette reconnaissance reflète non seulement le savoir-faire libanais, mais aussi la capacité d’adaptation de ses cadres dans des conjonctures économiques complexes.

Ronaldo Mchahour, vice-président pour la région Moyen-Orient, Afrique et Turquie chez Amazon, figure en tête du classement. Il est suivi par Khaled Habballah de J.P. Morgan et Andrew Tewari de Visa, démontrant la présence significative des Libanais à des postes clés de la stratégie régionale dans de grandes entreprises technologiques et financières.

Perspectives sociétales : reconfiguration de la classe moyenne et économie duale

Dans un autre article d’Ad Diyar, une analyse sociologique de la répartition des revenus en 2025 indique que la classe moyenne libanaise se fragmente. Une « classe moyenne haute » se compose désormais principalement de personnes recevant des revenus en dollars ou des transferts de l’étranger. En revanche, les salariés en livres libanaises sont de plus en plus exclus de cette catégorie, affectés par l’érosion continue de leur pouvoir d’achat. Ce phénomène est exacerbé par la spéculation immobilière, les coûts de l’éducation privée et l’inflation dans les produits de consommation courante.

Justice: affaires judiciaires et poursuites au Liban

Jugement contre un Syrien pour vols et séjour illégal

Ad Diyar, dans son édition du 17 juillet 2025, rapporte un jugement de la Cour criminelle des mineurs à Nabatieh, daté du 24 juin 2025, contre un ressortissant syrien, Mustafa Haitham Awadah. Ce dernier a été reconnu coupable de plusieurs infractions, notamment de cambriolage nocturne par effraction, d’entrée illégale sur le territoire libanais et de séjour irrégulier. Le jugement précise qu’Awadah avait été arrêté le 2 juin 2022 puis libéré sous caution en décembre de la même année. Le tribunal a prononcé une peine équivalente à la durée déjà purgée en détention préventive, tout en ordonnant la restitution des sommes excédant cette durée. Il a en outre été condamné à payer les frais de justice. Le tribunal a décidé de lui retirer ses droits civiques pour toute la durée de sa fuite et a désigné un administrateur pour la gestion de ses biens.

Affaires civiles et convocations judiciaires

Plusieurs journaux publient des annonces relatives à des procédures en cours. Al Akhbar, dans son édition du 17 juillet 2025, publie une convocation de la Cour de première instance de Saïda sous la présidence du juge Mohammad Al-Hajj Ali. Il s’agit d’une assignation collective concernant plusieurs personnes, dont les noms sont énumérés, à comparaître pour la notification d’un jugement numéroté 2025/110, daté du 10 avril 2025. L’avis est adressé aux intéressés via la presse en raison de l’incapacité à les localiser directement.

Dans la même édition, un autre avis judiciaire émanant du registre immobilier de Tripoli convoque plusieurs personnes, dont Fatima Al-Shaarani, Maqbul, et Munzir Al-Sawah, à se présenter au greffe pour être informés d’un jugement dans une affaire d’expulsion pour défaut de paiement de loyers. Cette affaire, enregistrée sous le numéro 2023/319, concerne un bien immobilier situé à Tripoli, quartier Zaytoun, numéro de lot 3374, section 13.

Ad Diyar mentionne également un litige civil à Beyrouth portant sur une demande de nullité de mariage entre Ghada Najib Abou Fayyad et Nassif Elias Makrouzal. L’affaire est portée devant le juge Johnny Tanouri, qui a fixé une audience au 9 juillet 2025. L’avis précise que les parties disposent d’un mois pour soumettre leurs observations à compter de la date de publication, soit le 14 juillet 2025.

Défense des institutions face aux menaces

Ad Diyar mentionne également dans la rubrique des affaires en justice que l’Union des boulangeries libanaises a décidé d’engager une action en justice contre un individu non identifié qui aurait proféré des menaces à l’encontre d’établissements du secteur. L’Union a annoncé sa décision de porter plainte officiellement, affirmant ne plus tolérer de tentatives d’intimidation ou de racket. Elle appelle les autorités civiles, militaires et de sécurité à intervenir rapidement. Faute d’action de leur part, elle envisage de recourir à une série de grèves et d’autres formes de protestation escaladée.

Société : revendications syndicales et pratiques communautaires

Mobilisation des restaurateurs du Sud

Al Bina’ du 17 juillet 2025 rapporte que le syndicat des propriétaires de restaurants et de parcs dans le Sud a convoqué une assemblée générale élective pour le 28 juillet 2025. Cette réunion se tiendra dans les locaux de l’Union des syndicats du Sud à Nabatiyeh. L’objectif est d’élire un nouveau comité exécutif. Toutefois, l’organisation a précisé que le déroulement du scrutin reste conditionné à l’atteinte du quorum légal. En cas de non-respect de ce seuil, une nouvelle séance est prévue la semaine suivante, au même lieu et à la même heure.

Cette convocation marque une tentative de structuration institutionnelle dans un secteur fortement touché par les crises économiques successives. Le choix de la ville de Nabatiyeh comme siège électoral traduit la centralité régionale de cette localité dans la répartition des forces syndicales. L’annonce d’une seconde date prévisionnelle illustre par ailleurs l’anticipation d’une éventuelle désaffection, symptôme de la fatigue des corps professionnels face à l’inefficacité perçue des mécanismes de représentation.

Commémoration d’une figure nationaliste à Akkar

Dans un autre article du même journal, une cérémonie a été organisée dans la région d’Akkar à l’occasion de l’anniversaire de la mort d’Antoun Saadeh, fondateur du Parti social national syrien. L’événement a rassemblé des membres et sympathisants autour d’un hommage politique et symbolique. Il s’est déroulé sous la supervision du chef régional du parti, qui a prononcé un discours insistant sur la persistance de l’engagement politique, la fidélité au combat idéologique d’origine et la défense de la cause palestinienne.

Le discours du responsable du parti, saluant la mémoire des martyrs et appelant à une réaffirmation des valeurs de justice sociale et d’unité nationale, inscrit cette initiative dans une continuité militante. L’ancrage territorial de cette cérémonie, dans une région périphérique comme Akkar, révèle également la dynamique des mobilisations communautaires à distance du centre décisionnel beyrouthin.

Le syndicalisme et la mémoire politique comme formes de participation

Les deux événements rapportés révèlent deux facettes complémentaires des pratiques sociales au Liban en juillet 2025. D’un côté, l’organisation d’élections syndicales dans le Sud montre la volonté de formaliser les structures professionnelles en période de crise. De l’autre, la cérémonie commémorative d’Akkar souligne l’ancrage régional des appartenances politiques et la persistance de formes d’expression idéologique à travers les rituels collectifs. Le lien entre ces deux registres réside dans leur capacité à maintenir une forme de cohésion et d’identité dans un contexte de morosité nationale, en l’absence de réponses politiques stables et inclusives.

Les formes de mobilisation évoquées dans les journaux traduisent ainsi une société qui, malgré la désagrégation de ses repères économiques et institutionnels, continue de recourir à des cadres traditionnels pour structurer le débat public. Le syndicat comme l’appareil partisan remplissent ici une fonction de canalisation des frustrations et de légitimation des attentes, qu’elles soient professionnelles ou historiques.

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