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Revue de presse du 19/08/25: intensification des négociations sur Gaza et repositionnement diplomatique au Liban

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Progrès dans les négociations autour d’un cessez-le-feu à Gaza

La journée du 19 août 2025 a été marquée par une avancée significative sur le front diplomatique concernant la situation à Gaza. Selon Al-Quds Al-Arabi (19 août 2025), le mouvement Hamas a officiellement accepté un nouveau plan de cessez-le-feu transmis par les médiateurs égyptiens et qataris. Ce plan, structuré en plusieurs phases, débute par une trêve de soixante jours incluant l’échange de prisonniers – 10 Israéliens contre environ 1200 Palestiniens, dont des détenus condamnés à de longues peines – et un afflux massif d’aide humanitaire.

La proposition, largement fondée sur l’initiative présentée par l’émissaire américain Steve Witkoff, prévoit également un retrait progressif de l’armée israélienne, surveillé par les médiateurs internationaux. Le texte inclut aussi la création d’un comité de gestion transitoire pour Gaza, composé de personnalités indépendantes en coordination avec l’Autorité palestinienne. Cette autorité temporaire serait soutenue par l’Égypte et des acteurs arabes durant une période de six mois, en prélude à une reprise totale du contrôle civil palestinien sur l’enclave.

Ce développement survient alors qu’Israël s’apprêtait à lancer une offensive majeure sur la ville de Gaza. Le même journal rapporte que l’armée israélienne s’était déployée à grande échelle, menaçant directement les populations civiles par des campagnes de communication intimidantes. Vingt-six morts ont été recensés dans la seule matinée du 18 août, selon les autorités sanitaires de Gaza, qui font aussi état d’un bilan aggravé de la malnutrition : 263 décès liés à la faim et au manque de soins sont désormais dénombrés.

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De son côté, Asharq Al-Awsat (19 août 2025) insiste sur la gravité de la crise humanitaire. Plus de 62 000 morts sont à déplorer selon la dernière évaluation du ministère de la Santé de Gaza, tandis que les infrastructures civiles continuent de s’effondrer. Le journal évoque aussi le retour d’une forme de « guerre des mots », Israël ayant durci son discours à l’encontre de l’Australie après sa reconnaissance officielle de l’État palestinien, allant jusqu’à retirer les visas des diplomates australiens, comme le souligne également Al-Quds Al-Arabi.

Mobilisation diplomatique américaine : Tournée de Barak et Ortagus au Liban

Parallèlement au dossier palestinien, la situation libanaise a suscité une attention particulière de la diplomatie américaine. Le conseiller spécial du président Trump pour le Moyen-Orient, Tom Barak, accompagné de sa collègue Morgan Ortagus, a entamé une série de rencontres avec les autorités libanaises. Selon Al-Quds Al-Arabi (19 août 2025), leur passage par le palais de Baabda a donné lieu à un échange de vues approfondi avec le président Joseph Aoun, lequel a réaffirmé l’adhésion du Liban à la déclaration conjointe précédemment validée sur la stabilisation régionale.

Barak a salué la « première étape » franchie par Beyrouth, appelant Israël à répondre « par une démarche équivalente ». Il a également affirmé que la dynamique actuelle n’était « pas dirigée contre les chiites », précisant que la question du Hezbollah relevait d’un « dossier intérieur libanais ».

Ces propos modérés ont été reçus comme un signal d’ouverture, contrastant avec les accusations habituelles de la diplomatie américaine. Le quotidien Al Liwaa (19 août 2025) note toutefois que le sujet du désarmement du Hezbollah reste sous-jacent à toutes les discussions, même s’il est abordé de manière moins frontale. L’accent mis par Barak sur le « respect de la souveraineté libanaise » vise manifestement à rassurer les partenaires locaux et à préserver l’unité des institutions.

Le Premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre Nabih Berri ont également reçu les émissaires américains. D’après Al Sharq (19 août 2025), Berri a réitéré l’exigence d’un engagement israélien clair au retrait de toutes les zones libanaises occupées, condition sine qua non à la relance des chantiers de reconstruction. Ces entretiens interviennent après une visite tout aussi remarquée du responsable iranien Ali Larijani à Beyrouth, révélant un jeu d’influence géopolitique en pleine mutation.

Le dossier « UNIFIL » entre tension et redéfinition stratégique

Dans ce contexte, le renouvellement du mandat de la force intérimaire des Nations unies au Liban-Sud (UNIFIL) constitue un autre point de crispation. Al-Akhbar (19 août 2025) souligne que les négociations en cours à New York sur les opérations de maintien de la paix diffèrent radicalement de celles des quarante-sept dernières années. L’administration Trump, via le secrétaire d’État Mike Rubio, envisage un retrait total ou partiel des contingents onusiens, jugés inefficaces et trop coûteux.

L’opposition européenne est manifeste, avec notamment la France – « porte-plume » au Conseil de sécurité – s’efforçant de maintenir une présence multilatérale sur le terrain. Des sources diplomatiques relayées par le journal font état de désaccords entre Washington, Paris, Berlin et Rome, ainsi que de tentatives israéliennes pour « déclasser » la mission UNIFIL en l’éloignant de toute surveillance réelle des opérations militaires dans le sud libanais. La pression américaine pourrait aboutir à un non-renouvellement pur et simple du mandat, ce qui serait perçu comme une rupture majeure du cadre sécuritaire établi après 2006.

Vers un repositionnement stratégique des puissances régionales

La situation au Liban comme à Gaza reflète un changement de paradigme diplomatique. Le journal Al Binaa (19 août 2025) interprète les efforts de médiation de Washington non seulement comme une tentative de « désamorçage » du front libanais, mais aussi comme une stratégie pour redéfinir les alliances dans la région. Le fait que Morgan Ortagus ait évoqué publiquement une extension du mandat de l’UNIFIL avec une clause de révision au bout de six mois indique une volonté de négociation progressive, plutôt qu’un affrontement direct.

En toile de fond, l’idée d’un « New Deal régional » se profile : retrait israélien conditionnel à la reconnaissance libanaise d’un statut neutre, retour de l’Autorité palestinienne à Gaza sous supervision égyptienne, désescalade contrôlée du rôle du Hezbollah, et maintien d’un parapluie humanitaire américain dans les zones sinistrées.

Il reste que ce repositionnement reste fragile. La tension entre ambitions israéliennes – réaffirmées par Benjamin Netanyahu autour du rêve d’ »Israël grande » dans une interview à i24 citée par Al Sharq – et les impératifs diplomatiques américains montre les limites de la cohérence stratégique. La déclaration du Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah à Asharq Al-Awsat (19 août 2025), rejetant toute idée de normalisation avec Israël et qualifiant de « mensonge » les rumeurs d’accueil de réfugiés palestiniens, vient souligner que le front arabe n’est pas aussi perméable qu’il n’y paraît aux nouvelles dynamiques.

Politique locale : relance institutionnelle et pressions sur le Hezbollah

Barak et Ortagus rencontrent les autorités : repositionnement diplomatique et équilibre interne

La visite du conseiller spécial américain Tom Barak, accompagné de Morgan Ortagus, a constitué l’axe central de la journée politique au Liban le 19 août 2025. Selon Al-Quds Al-Arabi (19 août 2025), les deux envoyés de l’administration Trump ont débuté leur mission par un entretien avec le président Joseph Aoun au palais de Baabda, suivis de visites à Nabih Berri, président du Parlement, et au Premier ministre Nawaf Salam.

Le chef de l’État libanais a réaffirmé son engagement en faveur de la déclaration conjointe précédemment négociée, insistant sur le besoin d’un respect mutuel entre les parties impliquées, et d’un soutien accru à l’armée libanaise. Barak a salué cette posture, estimant que « le Liban a fait sa part » et appelant Israël à adopter une démarche réciproque, selon les propos rapportés par Al-Liwaa (19 août 2025).

Ce climat d’ »apaisement diplomatique » est toutefois perçu avec prudence dans certains cercles. Al-Akhbar (19 août 2025) souligne que le sujet du désarmement du Hezbollah, bien que peu abordé publiquement, reste central dans les discussions américaines. Barak a lui-même reconnu que « toute négociation sur le Hezbollah relève avant tout d’un processus interne », tentant ainsi de désamorcer les tensions.

Selon Al Sharq (19 août 2025), les discussions avec le président de la Chambre Nabih Berri ont porté sur l’impératif du retrait israélien total des territoires libanais encore occupés. Berri a insisté sur cette condition préalable à toute avancée significative dans les projets de reconstruction et de normalisation sécuritaire. Il a également exprimé la nécessité de sécuriser le soutien à l’armée et aux institutions, affirmant que « la paix ne peut exister sans souveraineté nationale complète ».

Émergence d’un nouveau consensus politique sur la neutralité

Plusieurs voix politiques se sont fait entendre en faveur d’un repositionnement idéologique du Liban. Dans Al Sharq(19 août 2025), le chroniqueur Nadim Koteich plaide pour un renforcement de la neutralité active du Liban, citant l’idée que « la force du pays réside dans sa distance égale avec tous les conflits régionaux ». Ce positionnement est perçu comme une tentative de dépasser les clivages idéologiques autour de la doctrine du « peuple, armée, résistance », que certains considèrent dépassée.

L’éditorialiste du même journal, Anouni Kaaki, estime que la résistance a atteint son objectif en 2000 avec le retrait israélien du Sud Liban. Il critique sévèrement le fait que cet acquis ait ensuite servi de levier pour une prise de contrôle politique progressive, qui a, selon lui, « paralysé les institutions ». Le même auteur fustige l’incapacité de l’appareil étatique à produire une gouvernance fonctionnelle, pointant du doigt les retards chroniques dans l’élection présidentielle et la formation des gouvernements.

Cette remise en question du rôle politique du Hezbollah est partagée par d’autres journaux. Al Binaa (19 août 2025) relève que, malgré la modération apparente du discours américain, le déplacement de Barak visait aussi à tester la solidité du front gouvernemental libanais, alors que les pressions internationales sur le dossier du désarmement se poursuivent en sourdine.

Le Hezbollah en position défensive

Face à ces évolutions, le Hezbollah s’efforce de garder une posture de retenue. Naim Kassem, secrétaire général du mouvement depuis le départ de Hassan Nasrallah, n’a pas fait de déclaration publique majeure ce jour-là, mais selon Al Liwaa (19 août 2025), ses lieutenants ont laissé filtrer que toute discussion sur le désarmement devait se faire dans un cadre strictement libanais, sans interférence étrangère.

Cette prudence stratégique s’explique par un double contexte : d’une part, le renouvellement prochain du mandat de la FINUL, que Al-Akhbar qualifie de « test de souveraineté », et d’autre part, la crainte d’une rupture du consensus institutionnel naissant. L’administration Trump, à travers Barak, semble vouloir éviter une confrontation ouverte, optant pour une méthode dite de « l’étape par étape », appuyée sur des gages bilatéraux implicites.

Selon Al-Quds Al-Arabi, Barak a tenté de déminer les inquiétudes de la communauté chiite en affirmant que l’approche américaine « n’est pas dirigée contre les chiites en tant que tels, mais contre les logiques d’exception ». Cette distinction rhétorique pourrait s’avérer cruciale dans le maintien d’une stabilité relative au sein du gouvernement.

Retour des institutions au cœur des enjeux

La visite américaine intervient dans un contexte de relance institutionnelle modérée. Après plusieurs mois de paralysie, le gouvernement de Nawaf Salam semble reprendre une activité minimale, notamment dans le dossier de la reconstruction des zones affectées par les frappes israéliennes. Al Sharq (19 août 2025) rapporte que plusieurs réunions interministérielles se sont tenues autour de la planification de la réhabilitation du Sud et de la Békaa, sans qu’un calendrier précis ne soit encore publié.

La question budgétaire demeure un obstacle majeur. Al Binaa souligne l’absence de financement externe garanti, hormis quelques promesses conditionnelles émanant d’agences de coopération européennes. Le Liban peine toujours à convaincre les bailleurs de fonds en raison du manque de réformes structurelles.

Malgré tout, une forme de coordination interinstitutionnelle semble se dessiner. Al Akhbar évoque un projet de comité de liaison entre les ministères des Finances, des Travaux publics et de la Défense, afin de préparer une « feuille de route » pour la phase post-crise. L’armée libanaise, citée à plusieurs reprises dans les différentes sources, apparaît comme l’institution la plus crédible, ce qui justifie les appels répétés au soutien logistique et budgétaire la concernant.

Vers une stabilisation sous surveillance ?

En toile de fond, c’est l’ensemble du système politique libanais qui est à l’épreuve. La tension entre la volonté d’ouverture manifestée par Joseph Aoun et la réticence du Hezbollah à perdre ses leviers de pouvoir structurels crée une dynamique fragile. Al Sharq Al Awsat (19 août 2025) rapporte que Morgan Ortagus a évoqué « une lumière au bout du tunnel » lors de ses échanges, tout en soulignant que « le chemin serait long ».

Ce type de déclaration souligne que, malgré les apparences, la marge de manœuvre des autorités libanaises reste étroite. Entre exigences internationales, attentes internes et pressions sécuritaires, la stabilisation du Liban repose sur un équilibre difficile entre diplomatie régionale et réformes locales. Les semaines à venir pourraient être décisives.

Citation et discours des personnalités politiques : repositionnements, tensions et légitimités croisées

Joseph Aoun : réaffirmation du rôle présidentiel et appel à la souveraineté

Le président de la République libanaise Joseph Aoun a profité de sa rencontre avec les envoyés américains Tom Baraket Morgan Ortagus pour exprimer une série de positions diplomatiquement calibrées mais aux implications politiques nettes. Selon Al-Quds Al-Arabi (19 août 2025), Aoun a insisté sur la nécessité pour toutes les parties de « s’engager pleinement dans la mise en œuvre de la déclaration conjointe », tout en appelant à un renforcement rapide du soutien international à l’armée libanaise.

Ce passage, loin d’être anodin, marque un retour du discours présidentiel sur la centralité des forces régulières comme garant de la stabilité nationale. Le chef de l’État a également souligné l’urgence de lancer les chantiers de reconstruction dans les zones touchées par les attaques israéliennes, insistant sur le fait que « la reconstruction est un droit, non un levier de chantage », selon les mots rapportés par Al Akhbar (19 août 2025). Cette dernière phrase, prononcée à huis clos selon une source citée par le journal, résonne comme une critique implicite des conditionnalités posées par certains partenaires internationaux.

Ce discours présidentiel, tout en restant dans le cadre d’un consensus apparent, révèle une stratégie de repositionnement autour de la légitimité institutionnelle. Al Liwaa (19 août 2025) note que Joseph Aoun aurait, selon des indiscrétions diplomatiques, exprimé son « mécontentement discret » face à l’insistance de certains acteurs étrangers à poser le désarmement du Hezbollah comme préalable à toute aide substantielle.

Nabih Berri : souveraineté et conditions du retrait israélien

Le président de la Chambre des députés Nabih Berri s’est lui aussi exprimé dans un registre volontiers souverainiste lors de sa rencontre avec Tom Barak et Morgan Ortagus. Al Sharq (19 août 2025) rapporte que Berri a insisté sur l’obligation pour Israël de « se retirer de l’ensemble des territoires libanais encore occupés jusqu’aux frontières reconnues internationalement », ajoutant que ce retrait constituait « la seule voie sérieuse vers une stabilité durable ».

Dans la même veine, Berri a souligné l’urgence de débloquer les conditions de la reconstruction dans le Sud du Liban et de « fournir à l’armée libanaise les moyens d’assumer ses responsabilités », une déclaration reproduite également dans Al Sharq Al Awsat (19 août 2025). Cette posture, en apparence institutionnelle, vise aussi à réaffirmer le rôle du Parlement dans les grands arbitrages de politique nationale, alors que certaines critiques récentes ont visé la lenteur de l’instance dans les réformes.

Selon Al-Quds Al-Arabi, le président du Parlement aurait également mentionné que « tout accord durable suppose l’adhésion populaire », une phrase interprétée par plusieurs observateurs comme une mise en garde indirecte au gouvernement contre toute négociation bilatérale déséquilibrée.

Nawaf Salam : pragmatisme stratégique et gestion de crise

Le Premier ministre Nawaf Salam n’a pas tenu de conférence de presse officielle, mais son entourage a relayé plusieurs éléments issus des discussions avec les émissaires américains. Selon Al Binaa (19 août 2025), Salam aurait insisté sur « la responsabilité collective de l’État dans la conduite du dialogue interne », notamment en ce qui concerne la question sensible du désarmement.

Le même journal indique qu’il a évoqué « la primauté de l’agenda social et économique sur toute polarisation idéologique », position qu’il avait déjà formulée à plusieurs reprises depuis sa prise de fonction. Cette orientation a été confirmée par Al-Akhbar qui cite une déclaration officieuse : « le gouvernement ne peut être un terrain de confrontation, mais un espace d’organisation nationale, en fonction des priorités urgentes ».

Dans ce cadre, Salam aurait insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée entre ministères, particulièrement dans les domaines des finances, des infrastructures et de la défense, tout en appelant les partenaires étrangers à « ne pas conditionner leur aide à des objectifs politiques difficilement atteignables à court terme ».

Tom Barak : un discours conciliant sous tension stratégique

De son côté, l’envoyé spécial de Donald Trump, Tom Barak, a opté pour un ton apaisant mais sans renoncer à certaines lignes rouges. Dans ses échanges publics rapportés par Al-Quds Al-Arabi et Al Sharq, il a affirmé : « Le Liban a fait un pas important. Il revient désormais à Israël de faire de même, dans un esprit de réciprocité constructive. »

Il a également souligné : « Nous ne sommes pas ici pour imposer des choix, mais pour accompagner un processus dans lequel le Liban a toute sa place ». Cette phrase, largement reprise, vise à rassurer quant à l’absence de diktat américain, même si les arrière-pensées géopolitiques demeurent. À une question sur le Hezbollah, il a répondu : « C’est un sujet libanais. Nous ne poserons pas de conditions, mais nous souhaitons voir un État pleinement opérationnel, souverain, et respecté dans ses choix ».

En creux, Barak a néanmoins réaffirmé l’intérêt stratégique des États-Unis à voir se renforcer les institutions de défense et de sécurité libanaises, ce qui inclut une réorganisation progressive du paysage sécuritaire, sans le mentionner explicitement. Ce choix lexical, remarqué par Al Akhbar, illustre une diplomatie d’équilibre dans un contexte délicat.

Morgan Ortagus : diplomatie publique et message à la jeunesse

La diplomate américaine Morgan Ortagus, désormais cheffe adjointe de mission pour le Proche-Orient, a également joué un rôle visible dans cette séquence. Lors d’un point presse organisé en marge des rencontres officielles, elle a déclaré, selon Al Sharq Al Awsat : « Nous espérons que le Liban verra bientôt émerger une nouvelle génération de décideurs capables de penser l’État comme un espace commun. »

Cette déclaration, bien que brève, a été perçue comme une forme d’appel indirect aux acteurs de la société civile et aux jeunes générations à s’investir davantage dans les institutions. Ortagus a par ailleurs salué « l’engagement du gouvernement à respecter la feuille de route commune », tout en se disant « impressionnée par la résilience du peuple libanais ».

Elle a toutefois évité toute mention explicite du Hezbollah, préférant insister sur « la coopération multisectorielle entre Washington et Beyrouth ». Cette prudence verbale est commentée par Al Binaa, qui y voit une stratégie de communication visant à « dépolitiser » l’intervention américaine tout en maintenant une pression en arrière-plan.

Diplomatie : convergences tactiques et lignes de fracture régionales

Retour offensif de la diplomatie américaine au Liban

La visite de Tom Barak et Morgan Ortagus à Beyrouth a marqué un tournant dans l’engagement diplomatique américain sur le dossier libanais. Selon Al-Quds Al-Arabi (19 août 2025), ce déplacement vise à renforcer une dynamique d’apaisement tout en testant la solidité des alliances locales. Le tandem diplomatique a successivement rencontré le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri. L’objectif affiché : consolider les équilibres internes et réaffirmer le soutien américain à l’armée libanaise.

En toile de fond, Washington semble chercher à désamorcer les tensions croissantes entre Israël et le Hezbollah, sans pour autant renier son attachement à l’architecture sécuritaire régionale. Al-Akhbar (19 août 2025) souligne que cette tournée n’est pas sans lien avec les discussions en cours à l’ONU sur le renouvellement du mandat de la FINUL, dont les États-Unis souhaitent redéfinir les modalités. Barak aurait insisté à plusieurs reprises sur « la nécessité d’un mandat plus efficace, moins coûteux, et mieux aligné avec les réalités du terrain ».

La diplomatie américaine semble désormais orientée vers un compromis : soutien accru à l’État libanais en échange d’une modération progressive du rôle politico-militaire du Hezbollah. Ce cadrage implicite, perçu comme une nouvelle stratégie de containment, a été confirmé par les propos d’Ortagus rapportés par Al Sharq (19 août 2025), selon lesquels « la stabilité du Liban passe par un fonctionnement transparent et institutionnalisé ».

Les Émirats en ligne de front dans le dossier de Gaza

Sur le plan régional, Al Sharq Al Awsat (19 août 2025) révèle que les Émirats arabes unis jouent désormais un rôle moteur dans les discussions autour du cessez-le-feu à Gaza. L’émirat d’Abu Dhabi, déjà engagé dans les processus de normalisation avec Israël, chercherait à repositionner son image en acteur humanitaire neutre. Selon une source diplomatique citée par le journal, les Émirats auraient proposé un mécanisme de supervision conjointe avec le Qatar pour la distribution de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Cette initiative a été accueillie favorablement par les États-Unis, mais suscite une prudence marquée côté palestinien. Al-Quds Al-Arabi souligne que le Hamas, tout en acceptant la trêve, demeure méfiant à l’égard des intentions d’Abu Dhabi, soupçonné de vouloir peser politiquement dans la phase de transition. Le mouvement islamiste aurait exigé que toute présence émiratie sur le terrain soit « strictement technique et logistique », sans implication politique directe.

Ce rééquilibrage diplomatique est symptomatique d’une nouvelle donne régionale : les puissances du Golfe ne se contentent plus de financer, elles entendent désormais structurer les processus de sortie de crise, quitte à court-circuiter les acteurs historiques comme l’Égypte ou la Jordanie.

L’axe Le Caire-Doha-Téhéran sous pression

La médiation égypto-qatarie a néanmoins obtenu une avancée majeure : l’accord partiel sur un cessez-le-feu de soixante jours à Gaza, accepté par le Hamas. Al Binaa (19 août 2025) rapporte que les négociateurs du Caire ont fait pression sur les délégations en soulignant le risque d’une offensive terrestre israélienne imminente. Cette manœuvre, jugée habile, aurait permis de débloquer les discussions autour des échanges de prisonniers et de l’entrée de l’aide humanitaire.

En parallèle, l’Iran continue de jouer sa propre carte. Un déplacement discret d’Ali Larijani, ancien président du Parlement iranien, a eu lieu à Beyrouth selon Al-Quds Al-Arabi. Officiellement consacré à une « évaluation de la situation régionale », ce passage a été interprété comme un signal d’alignement de Téhéran sur les positions du Hezbollah libanais, alors que les pressions sur ce dernier s’intensifient.

La diplomatie iranienne continue de promouvoir une approche multipolaire, insistant sur le droit des peuples à la résistance armée. Selon Al Akhbar, Larijani aurait affirmé lors d’une réunion fermée : « Le Liban et la Palestine sont deux théâtres liés. Ce qui se négocie à Gaza a des implications immédiates au Sud Liban ». Cette déclaration, reproduite par plusieurs médias arabes, témoigne de la volonté de l’Iran de ne pas se laisser marginaliser dans le nouvel équilibre diplomatique qui se dessine.

L’Australie au cœur d’un nouvel affrontement verbal avec Israël

Dans un registre plus tendu, la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par l’Australie a déclenché une réaction virulente d’Israël. Al-Quds Al-Arabi rapporte que les autorités israéliennes ont retiré les visas de plusieurs diplomates australiens en poste à Tel-Aviv, en signe de protestation. Ce geste symbolique s’inscrit dans une série d’actions diplomatiques visant à isoler les États qui franchissent le pas de la reconnaissance bilatérale.

Cette situation illustre l’ampleur du clivage international autour de la question palestinienne. Si plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe de l’Est ont déjà reconnu l’État de Palestine, l’entrée en jeu d’un acteur occidental majeur comme l’Australie représente un tournant. Al Sharq (19 août 2025) signale que d’autres États anglo-saxons, dont le Canada et la Nouvelle-Zélande, pourraient suivre le même chemin dans les mois à venir.

L’impact sur la diplomatie régionale est immédiat. Israël tente de verrouiller ses alliances, en s’appuyant notamment sur les accords d’Abraham, tandis que les pays arabes hésitent à prendre position officiellement. Le Liban, quant à lui, observe ces évolutions avec intérêt mais reste dans une posture de neutralité officielle.

La France en quête d’un rôle dans la redéfinition du mandat de la FINUL

Sur la scène multilatérale, la France tente de préserver son rôle d’acteur pivot au Conseil de sécurité. Al-Akhbar (19 août 2025) indique que Paris, soutenu par Rome et Berlin, propose un renouvellement du mandat de la FINUL avec des ajustements limités, refusant tout affaiblissement de la mission. Cette position se heurte à la ligne dure de Washington, qui souhaiterait réduire le champ d’action de la force onusienne, voire repenser complètement son rôle.

Le journal cite une source diplomatique européenne affirmant que « toute réduction des capacités de la FINUL créerait un vide sécuritaire dans le Sud Liban, que ni l’armée libanaise ni les forces locales ne pourraient combler à court terme ». Cette inquiétude rejoint celle de plusieurs membres non permanents du Conseil, soucieux de préserver la stabilité de la ligne bleue.

Dans ce bras de fer, le Liban compte sur le soutien explicite de la France, qui a rappelé à plusieurs reprises son engagement en faveur de l’intégrité territoriale libanaise. Cette alliance traditionnelle pourrait toutefois se heurter à des limites budgétaires, la pression américaine sur le financement des opérations onusiennes étant constante.

Politique internationale : recompositions stratégiques et tensions géopolitiques

Gaza : un front diplomatique mondial en pleine ébullition

La situation dans la bande de Gaza continue de dominer l’agenda international, cristallisant les clivages entre grandes puissances et accentuant la polarisation diplomatique. Le 19 août 2025, plusieurs déclarations, positions officielles et manœuvres diplomatiques ont illustré la complexité du moment. Selon Al-Quds Al-Arabi (19 août 2025), l’approbation par le Hamas du plan de cessez-le-feu proposé par le Qatar et l’Égypte constitue une ouverture stratégique majeure. L’accord, qui prévoit une trêve de soixante jours, inclut notamment un échange de prisonniers (10 Israéliens contre 1200 Palestiniens), un déploiement d’aides humanitaires massives, ainsi qu’une réorganisation institutionnelle progressive de la gestion civile de Gaza.

Sur la scène diplomatique, les réactions sont contrastées. Al Sharq Al Awsat (19 août 2025) souligne que les États-Unis ont salué ce développement, considérant qu’il pourrait ouvrir la voie à un apaisement durable. L’émissaire américain Steve Witkoff, dont l’initiative a servi de base aux discussions, a qualifié l’acceptation du plan par le Hamas de « tournant sérieux dans la recherche d’une solution politique ».

Toutefois, cette lecture optimiste n’est pas partagée par tous les acteurs. Israël, selon Al-Quds Al-Arabi, envisage toujours une opération militaire de grande ampleur sur la ville de Gaza, ce qui jette un doute sur l’effectivité immédiate de l’accord. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu multiplie les signaux d’intention offensive, justifiant cette posture par la nécessité d’éradiquer les capacités de nuisance militaire du Hamas.

Reconnaissance de l’État palestinien : l’Australie défie les équilibres diplomatiques

L’une des annonces les plus remarquées de la journée est venue de l’Australie, qui a officiellement reconnu l’État de Palestine. Ce geste a déclenché une réaction immédiate d’Israël, qui a décidé de retirer les visas des diplomates australiens en poste, comme le rapporte Al-Quds Al-Arabi. Ce bras de fer symbolique illustre une fracture croissante au sein des pays occidentaux sur le traitement du dossier palestinien.

Al Sharq (19 août 2025) révèle que le Premier ministre australien a justifié cette décision en affirmant que « la reconnaissance de la Palestine est une étape nécessaire vers un règlement fondé sur deux États », tout en dénonçant les conséquences humanitaires de l’intervention israélienne à Gaza. Cette prise de position pourrait inciter d’autres pays à suivre le même chemin, notamment au sein du Commonwealth, même si aucune annonce formelle n’a encore été faite.

Cette reconnaissance, bien que diplomatiquement limitée dans ses effets concrets, pourrait toutefois rebattre les cartes dans les enceintes multilatérales, à commencer par les Nations unies, où des discussions autour d’un statut élargi de la Palestine sont relancées. Le vote australien pourrait renforcer la légitimité diplomatique de l’Autorité palestinienne dans les forums internationaux.

Washington-Tel-Aviv : divergences stratégiques autour de Gaza

Malgré leur alliance historique, les positions des États-Unis et d’Israël montrent des signes de divergence croissante. Selon Al Binaa (19 août 2025), l’administration Trump, bien qu’elle soutienne le droit d’Israël à la défense, exhorte désormais à la modération dans la bande de Gaza. L’envoi de Tom Barak et Morgan Ortagus au Liban s’inscrit aussi dans cette stratégie de désescalade régionale.

Les États-Unis souhaitent éviter une escalade qui pourrait faire imploser la fragile architecture de sécurité entre Israël et le Liban, voire relancer un conflit à grande échelle dans tout le Levant. Cette ligne prudente n’est pas sans susciter de l’irritation à Tel-Aviv. Des officiels israéliens cités anonymement par Al Sharq Al Awsat affirment que « Washington oublie qu’une trêve sans désarmement du Hamas n’est qu’un répit tactique pour nos ennemis ».

Cette dissension est accentuée par la pression américaine pour maintenir, voire renforcer, l’aide humanitaire à Gaza, perçue en Israël comme un encouragement indirect au maintien de la structure politique du Hamas. La coordination stratégique entre les deux alliés reste active, mais l’alignement idéologique sur la gestion du conflit s’effrite.

Libye : rejet de la normalisation avec Israël et renforcement du front anti-hégémonique

Dans un autre registre, Asharq Al-Awsat (19 août 2025) publie une déclaration remarquée du Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah, selon laquelle la Libye « ne normalisera pas ses relations avec Israël, quelle que soit la pression internationale ». Il qualifie également de « mensonge absolu » les rumeurs concernant l’accueil potentiel de réfugiés palestiniens sur le sol libyen dans le cadre d’un plan régional de relocalisation.

Ces propos s’inscrivent dans une volonté de réaffirmation du refus de toute normalisation, en dépit des tentatives de réintégration diplomatique de la Libye dans certains cercles occidentaux. Le rejet libyen s’aligne sur les positions de l’Algérie et de l’Irak, renforçant un axe diplomatique arabo-résistant au processus de normalisation accéléré engagé depuis les accords d’Abraham.

Cette posture permet aussi à Dbeibah de consolider sa légitimité intérieure, à un moment où son gouvernement est critiqué pour son manque de contrôle sur l’Est libyen, toujours sous l’influence du maréchal Haftar. La carte palestinienne, traditionnellement mobilisatrice, retrouve ainsi une fonction de levier politique dans plusieurs capitales arabes.

ONU : incertitudes sur l’avenir des missions de paix

À New York, les discussions autour du renouvellement des mandats des missions onusiennes prennent une tournure incertaine. Al-Akhbar (19 août 2025) signale que la mission de la FINUL n’est pas la seule concernée : plusieurs missions en Afrique subsaharienne et en Haïti pourraient être touchées par des coupes budgétaires, sur fond de désengagement américain.

Le nouveau secrétaire d’État américain Mike Rubio a fait savoir que « les missions de paix doivent être redimensionnées en fonction de leur efficacité réelle et de leur impact sur le terrain ». Ce positionnement inquiète plusieurs pays membres du Conseil de sécurité, notamment la France, qui défend une approche multilatérale renforcée.

La politisation croissante du financement des opérations de maintien de la paix risque de compromettre l’efficacité des interventions onusiennes dans les zones sensibles. Le cas libanais devient alors emblématique d’un bras de fer plus large entre ceux qui veulent préserver l’ordre multilatéral traditionnel, et ceux qui prônent une diplomatie transactionnelle, fondée sur les rapports de force bilatéraux.

Économie : vulnérabilités persistantes, leviers de relance et dépendances extérieures

Croissance atone et indicateurs en berne : un redémarrage incertain

Le paysage économique libanais au 19 août 2025 reste marqué par une stagnation des indicateurs de reprise, dans un contexte post-conflit encore instable. Selon Al Liwaa (19 août 2025), le gouvernement de Nawaf Salam peine à établir une trajectoire économique crédible, malgré l’afflux de missions internationales et les engagements verbaux de plusieurs donateurs. La croissance projetée reste inférieure à 1 %, en l’absence de relance de l’investissement productif et de réforme budgétaire significative.

La même source souligne que les revenus de l’État demeurent faibles, essentiellement dépendants des taxes indirectes, tandis que les investissements publics sont limités à des projets d’urgence. L’élaboration du budget 2026, attendue pour la rentrée parlementaire, suscite déjà des tensions entre les différentes composantes de la majorité gouvernementale, notamment sur les questions de fiscalité foncière et de rationalisation de la fonction publique.

Le journal met en avant les difficultés du ministère des Finances à faire approuver des lignes de crédit nécessaires à la réhabilitation des infrastructures, faute de garanties suffisantes. En parallèle, l’inflation, bien que moins fulgurante qu’en 2022-2023, reste élevée (autour de 30 % en rythme annuel), impactant lourdement le pouvoir d’achat des ménages.

Le rôle central de la Banque du Liban et l’ombre de la restructuration bancaire

Dans ce contexte, la Banque du Liban, sous la gouvernance de Karim Souaid, continue de jouer un rôle central dans la régulation monétaire et la gestion de la liquidité. Al Akhbar (19 août 2025) rapporte que Souaid s’oppose fermement à toute injection massive de liquidité non encadrée, insistant sur la nécessité de « restaurer une discipline budgétaire crédible avant toute expansion monétaire ».

Le gouverneur a aussi évoqué, lors d’un séminaire économique à Aley, la question de la restructuration du secteur bancaire, affirmant que « le système ne pourra pas survivre sans une forme de consolidation, qui passera par des fusions et une recapitalisation contrôlée ». Cette position fait écho aux recommandations du FMI, qui attend du Liban une loi bancaire révisée avant la fin de l’année.

La défiance de la population vis-à-vis du secteur bancaire reste profonde. Al Binaa (19 août 2025) rapporte que les dépôts bloqués depuis 2019 continuent de susciter une colère latente, en particulier chez les classes moyennes. Plusieurs ONG économiques appellent à la mise en place d’un fonds d’indemnisation financé par les avoirs offshore de certaines banques, mais cette idée ne fait pas consensus au sein de la majorité.

Reprise des exportations agricoles et risques structurels

Dans les secteurs de production, l’agriculture reste l’un des rares domaines à avoir montré des signes de reprise. Al-Quds Al-Arabi (19 août 2025) indique que les exportations de produits agricoles (pommes, agrumes, patates) vers l’Égypte et la Jordanie ont augmenté de 15 % sur le semestre écoulé, grâce à un effort de coordination logistique avec le ministère de l’Agriculture.

Cependant, le même journal nuance ces chiffres en rappelant que l’essentiel de la production reste informelle, avec des circuits de distribution peu contrôlés, ce qui favorise la volatilité des prix. Les syndicats agricoles interrogés évoquent un manque d’appui structurel, notamment en irrigation, engrais, et stockage frigorifique.

Par ailleurs, la faiblesse des exportations industrielles reste préoccupante. Al Sharq (19 août 2025) souligne que les coûts énergétiques dissuadent toute relance manufacturière, malgré des incitations fiscales annoncées par le gouvernement. Les coupures électriques persistantes et la dépendance aux générateurs privés continuent d’handicaper les zones industrielles de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth.

Tourisme : reprise partielle et défis d’image

Le secteur du tourisme, longtemps moteur de l’économie libanaise, connaît une reprise partielle mais hétérogène. Selon Al Sharq Al Awsat (19 août 2025), les arrivées en provenance de France, des Émirats et de Jordanie ont progressé de 20 % par rapport à 2024, notamment à la faveur d’une campagne de communication ciblée lancée par le ministère du Tourisme. Les hôtels du Mont-Liban, de Tyr et de Batroun affichent des taux d’occupation encourageants.

Cependant, cette dynamique reste fragile. Les voyagistes internationaux hésitent encore à référencer le Liban dans leurs catalogues, en raison de l’instabilité sécuritaire persistante et de la perception de risque. Le même journal précise que plusieurs événements culturels ont été annulés ou déplacés en raison d’alertes sécuritaires, ce qui affecte le tourisme événementiel.

Le ministre du Tourisme, dans un entretien à Al Liwaa, a reconnu que « l’image du Liban à l’étranger reste tributaire des tensions régionales », tout en appelant les médias à « mettre en avant les aspects positifs de la reprise ». Il a également annoncé le lancement d’un label de sécurité pour les établissements touristiques respectant les normes internationales.

Négociations multilatérales et conditionnalités de l’aide

La question de l’aide internationale reste centrale dans les équilibres économiques. Al Akhbar (19 août 2025) rapporte que la Banque mondiale et l’Union européenne ont conditionné le déblocage de plusieurs tranches de financement à des engagements formels sur la lutte contre la corruption. Une commission parlementaire ad hoc a été constituée, mais son action reste limitée, en l’absence de majorité claire sur les mécanismes d’application.

Les négociations avec le FMI sont, selon Al Sharq, dans une phase « d’attente technique », dans l’attente d’un audit consolidé des finances publiques, toujours non finalisé. Ce blocage freine le reste de l’aide multilatérale, dans un effet domino qui empêche tout plan de relance structuré.

En parallèle, le gouvernement cherche à mobiliser la diaspora pour des investissements ciblés dans les infrastructures et les énergies renouvelables. Al Binaa évoque un projet de plateforme numérique de financement participatif portée par le ministère de l’Économie, avec un focus initial sur les écoles, hôpitaux et réseaux d’eau dans les zones sinistrées. Le projet, encore embryonnaire, n’a pas encore séduit les grands investisseurs.

Justice : faits divers violents, affaires sensibles et climat d’impunité

Multiplication des homicides et tensions criminelles localisées

Le 19 août 2025, les journaux libanais rendent compte d’une série d’événements criminels illustrant la persistance d’un climat d’insécurité, marqué par l’impunité et la violence armée. Al Liwa’ (19 août 2025) signale un homicide survenu à Tripoli, dans le quartier de Bab El Tebbaneh. La victime, un jeune homme de vingt-six ans, a été tuée par balles à la suite d’une altercation dont les motifs restent inconnus. Le suspect, identifié mais en fuite, serait lié à un réseau local de trafic d’armes.

Dans le même journal, un autre cas est rapporté dans la banlieue sud de Beyrouth, à Borj El Barajneh. Une dispute familiale aurait dégénéré en fusillade, causant la mort d’un homme de cinquante-deux ans et blessant deux autres membres de la famille. Al Liwa’ précise que les forces de sécurité sont intervenues tardivement, alors que les habitants de l’immeuble avaient déjà évacué les lieux. L’auteur présumé des tirs s’est rendu aux autorités quelques heures plus tard.

Toujours selon Al Liwa’, à Zahlé, un corps calciné a été retrouvé dans un terrain vague à l’entrée de la ville. La victime n’a pas été identifiée au moment de la publication. La police judiciaire a ouvert une enquête, suspectant un règlement de compte lié à des litiges fonciers.

Ces faits, bien que dispersés géographiquement, témoignent d’un recours persistant à la violence pour régler des différends privés, et d’une absence de prévention ou de médiation sociale à l’échelle locale. L’insuffisance des patrouilles, la lenteur des interventions et le manque de coordination entre les services de sécurité sont souvent évoqués, bien que peu traités de manière systémique dans la presse du jour.

Réseau de contrefaçon pharmaceutique démantelé

Un article de Al-Quds Al Arabi (19 août 2025) rapporte que les services des douanes libanaises, en coopération avec l’unité de police économique, ont procédé à l’arrestation de trois individus soupçonnés d’être à la tête d’un réseau de contrefaçon de médicaments. Les perquisitions menées dans la région de Chtaura ont permis la saisie de plusieurs centaines de boîtes de médicaments falsifiés, principalement des traitements pour le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Le journal précise que les produits étaient importés illégalement via la frontière syrienne, puis reconditionnés localement dans des ateliers clandestins avant d’être écoulés dans des officines non agréées. Les suspects seraient également liés à des circuits de distribution informels dans la banlieue de Tripoli.

Cette affaire met en lumière une faille persistante dans la régulation du marché pharmaceutique libanais, déjà mis à mal par la crise économique. Les autorités sanitaires n’ont pas encore commenté cette arrestation, mais une enquête administrative aurait été ouverte pour déterminer d’éventuelles complicités dans l’appareil de régulation.

Arrestations dans le cadre de réseaux de vol de véhicules

Selon Al Liwa’, la gendarmerie a interpellé un groupe de quatre personnes impliquées dans une série de vols de voitures entre le Metn et le Kesrouan. L’enquête a permis de retrouver huit véhicules volés, dont trois avaient été démontés pour pièces détachées. Les autorités suspectent un lien avec des réseaux transfrontaliers spécialisés dans le trafic automobile entre le Liban et la Syrie.

Le journal indique que les arrestations ont eu lieu à Zouk Mosbeh, lors d’une opération de filature menée par la Sûreté générale. Les suspects, âgés de 20 à 35 ans, ont tous des antécédents judiciaires. L’un d’eux était en liberté conditionnelle depuis mai 2024, après avoir purgé une peine pour des faits similaires.

Cette affaire illustre l’efficacité relative des opérations ciblées menées par les forces de sécurité, mais aussi la récurrence des profils multirécidivistes, souvent relâchés faute de capacité carcérale ou en l’absence de procès rapides. Aucun commentaire n’a encore été publié par le ministère de la Justice.

Absence de traitement judiciaire des grands dossiers de corruption

En contraste avec les nombreux faits divers rapportés, aucun des journaux consultés ne mentionne l’évolution des grands dossiers de corruption ouverts depuis 2019. Al Akhbar et Al Binaa, dans leurs éditions du 19 août 2025, n’offrent aucune mise à jour sur les enquêtes en cours concernant le détournement de fonds publics dans les secteurs de l’électricité, des douanes ou de la gestion municipale.

Ce silence médiatique renforce la perception d’une justice à deux vitesses, où les petits délits et les affaires violentes font l’objet de poursuites actives, tandis que les crimes économiques et les détournements à grande échelle demeurent dans l’ombre. Plusieurs ONG, comme Legal Agenda ou Transparency Lebanon, ont récemment alerté sur l’inaction judiciaire dans les dossiers les plus sensibles, mais leurs communiqués n’ont pas été repris dans les éditions du jour.

Peu de visibilité sur les procédures judiciaires en cours

Les journaux n’évoquent aucun procès en cours ni décision judiciaire d’importance rendue récemment. Ce manque de visibilité sur l’activité des tribunaux suggère une baisse d’intensité dans le traitement médiatique des affaires judiciaires. Al Liwa’ se contente d’annoncer l’audience prochaine d’un homme accusé de violences conjugales à Nabatiyeh, sans en préciser les dates ni les chefs d’accusation.

La faiblesse de la couverture médiatique sur les affaires judiciaires limite la capacité d’analyse sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire et sur sa capacité à répondre aux attentes de justice de la population. Il en résulte une perception d’inertie structurelle, aggravée par les retards procéduraux et le manque d’effectifs dans les juridictions pénales.

Société : crise des services publics, précarités sociales et mobilisations citoyennes

Administration en crise : les fonctionnaires face à l’épuisement

Selon Al Akhbar (19 août 2025), la situation du personnel administratif dans plusieurs ministères et institutions publiques reste critique. Le journal met en lumière les conditions de travail particulièrement dégradées des fonctionnaires du ministère de la Santé, affectés à la distribution des médicaments subventionnés. Dans une note interne divulguée par des employés, il est question de « retards de paiement de plus de quatre mois », d’un « sous-effectif chronique » et d’un climat de travail « psychologiquement insoutenable ». L’article précise que certains employés refusent désormais de se rendre sur leur lieu de travail, invoquant à la fois l’insécurité et l’absence de transport assuré par l’État.

Cette crise affecte également les centres régionaux de la Sécurité sociale, notamment celui de Zahlé, où les files d’attente atteignent plusieurs heures, selon le témoignage d’un usager cité dans le même article. L’absence de connexion Internet, la vétusté du matériel informatique et le manque d’encadrement rendent toute procédure administrative fastidieuse, au point que certaines démarches doivent être effectuées manuellement, avec un retour au papier.

Dans ce contexte, les syndicats de la fonction publique préparent une série de mouvements de protestation. Selon Al Akhbar, une grève partielle pourrait être déclenchée dès le 25 août dans les ministères les plus touchés, avec un mot d’ordre centré sur l’ajustement des salaires à l’inflation et la garantie d’une couverture médicale pour les employés de l’État.

Accès aux soins : entre précarité et solidarité communautaire

Toujours dans Al Akhbar (19 août 2025), un reportage met en lumière les difficultés d’accès aux soins dans les régions rurales, notamment au Akkar. L’hôpital public de Halba fonctionne à capacité réduite, avec un manque de médicaments essentiels et de médecins spécialistes. L’article cite un cadre hospitalier selon lequel « la quasi-totalité des équipements de réanimation sont hors service », obligeant les malades à se tourner vers des cliniques privées inabordables.

Face à cette situation, des initiatives citoyennes émergent. Des associations locales, comme Shabakat Al-Nahda, organisent des collectes de médicaments dans les quartiers de Beyrouth pour les redistribuer dans les hôpitaux du Nord. Ces actions pallient temporairement les manquements de l’État mais ne permettent pas de répondre à l’ensemble des besoins. L’un des bénévoles interrogés précise que « les médicaments pour maladies chroniques sont quasi introuvables, même dans les circuits alternatifs ».

Le journal rapporte également que certains patients se tournent vers des traitements traditionnels, faute de pouvoir acheter les médicaments prescrits. Ce retour à la phytothérapie est documenté à Baalbek et dans la Békaa, où des herboristes assurent des consultations informelles dans les marchés hebdomadaires.

Éducation en souffrance : établissements publics désorganisés

Le système éducatif public continue de subir les contrecoups de la crise, selon Al Akhbar (19 août 2025). Plusieurs écoles publiques de la banlieue sud de Beyrouth n’ont pas encore confirmé leur rentrée en septembre, faute d’enseignants disponibles et de budget pour les fournitures. Le syndicat des enseignants a signalé que les salaires ne sont plus versés régulièrement et que les conditions matérielles dans les écoles ne sont pas réunies pour accueillir les élèves.

Le même article souligne que dans certaines zones comme Bourj Hammoud, des bâtiments scolaires restent endommagés depuis la tempête hivernale de janvier dernier. Des travaux de réparation, annoncés en juin par le ministère de l’Éducation, n’ont pas encore commencé. En parallèle, le nombre d’élèves inscrits dans le privé est en baisse, en raison de la hausse des frais de scolarité et de l’abandon progressif des bourses accordées par les ONG partenaires.

Un responsable du ministère, cité anonymement, admet que « le risque d’une rentrée scolaire partielle est réel », et que plusieurs directions régionales envisagent un enseignement hybride, combinant présentiel réduit et modules en ligne, une solution peu réaliste dans les zones rurales sans accès stable à Internet.

Migration et jeunesse : horizon bouché

La question de l’exode des jeunes diplômés reste présente dans les esprits. Al Liwa’ (19 août 2025) évoque les résultats d’un sondage effectué par l’Observatoire libanais des migrations, selon lequel 62 % des étudiants en fin de cycle universitaire déclarent envisager une migration dans les 12 prochains mois. Les destinations les plus citées sont l’Allemagne, le Canada et les Émirats arabes unis. Le journal ajoute que parmi ceux déjà partis entre 2021 et 2024, seuls 11 % déclarent vouloir revenir au Liban dans un avenir proche.

Le phénomène touche toutes les disciplines, mais il est particulièrement fort dans les filières médicales, d’ingénierie et d’informatique. Un professeur à l’Université libanaise, interrogé dans l’article, affirme que « le pays perd sa ressource humaine la plus précieuse, sans que cela ne provoque de réponse politique sérieuse ». Le même journal note que des écoles de langues étrangères sont en forte demande, signe que la migration est envisagée très tôt dans les trajectoires éducatives.

Le désengagement des jeunes se traduit aussi par une absence de participation aux processus électoraux. Al Akhbarindique que les inscriptions sur les listes électorales pour les prochaines municipales sont en forte baisse dans les zones urbaines. Une ONG citée évoque « une rupture de confiance totale dans les institutions et les partis traditionnels ».

Dégradation des services municipaux

Dans les zones rurales comme dans les périphéries urbaines, la dégradation des services municipaux est documentée par plusieurs sources. Al Liwa’ rapporte que dans la commune de Bar Elias, la collecte des déchets est interrompue depuis deux semaines, en raison d’un conflit entre la municipalité et l’entreprise de ramassage. Les images publiées par le journal montrent des amas d’ordures dans les rues principales, provoquant l’inquiétude des ha

bitants sur les risques sanitaires.

Le journal évoque également la panne prolongée de l’unique puits d’eau potable de la commune de Kfar Melki, privant plusieurs centaines de foyers d’accès régulier à l’eau. La municipalité, faute de budget, n’a pas été en mesure de mandater un prestataire pour réparer la pompe. En réaction, les habitants organisent un système de navette entre leur village et la ville voisine pour remplir des bidons.

Ces exemples ne sont pas isolés. Al Akhbar signale que dans le caza de Jezzine, plusieurs villages ne reçoivent plus d’électricité que deux heures par jour, ce qui affecte les réfrigérations, les équipements médicaux à domicile et la scolarité des enfants. Des groupes de citoyens se sont organisés pour distribuer des générateurs de secours et coordonner les heures d’utilisation dans les quartiers.

Culture : expositions vivantes, création littéraire engagée et patrimoine en péril

Festival patrimonial et célébration des arts populaires

Al Akhbar (19 août 2025) consacre une large couverture à l’ouverture du Festival des arts populaires du Mont-Liban, qui s’est tenu cette semaine dans la localité de Baabda. L’événement, organisé sous l’égide de la municipalité et en partenariat avec plusieurs associations culturelles locales, a mis à l’honneur les traditions rurales et artisanales du Liban central. Des spectacles de dabké, des lectures de poésie orale, et des démonstrations d’artisanat traditionnel (tissage, poterie, calligraphie) ont animé la place principale de la ville.

Le journal rapporte que plusieurs écoles de la région ont organisé des visites scolaires dans le cadre du festival. Une enseignante citée explique que « ces initiatives permettent aux jeunes générations de renouer avec une culture en voie de disparition », alors que la transmission familiale de ces pratiques devient de plus en plus rare. L’article souligne également la présence de nombreuses femmes artisanes qui perpétuent des savoir-faire transmis de mère en fille, notamment dans la confection de tapis et la broderie de vêtements traditionnels.

Le festival, qui se déroule sur cinq jours, attire également des visiteurs venus de Beyrouth, témoignant d’un intérêt renouvelé pour les formes culturelles enracinées. Une responsable municipale précise que « l’objectif est de faire du Mont-Liban un pôle de tourisme culturel durable ».

Photographie engagée et mémoire de la ville

À Beyrouth, le centre culturel Station Beirut accueille actuellement l’exposition photographique Traces, qui rassemble les travaux de quatre jeunes photographes libanais. Al-Quds Al Arabi (19 août 2025) consacre un article à cette exposition, qui documente les transformations de la capitale depuis l’explosion du port en 2020. Les artistes Yara Sfeir, Hassan Chamas, Lamis El Husseini et Karim Daher présentent une série d’images des quartiers de Mar Mikhael, Karantina et Gemmayzeh, marqués par la destruction, la réhabilitation partielle et la gentrification.

Les photographies, réalisées entre 2021 et 2025, témoignent à la fois du traumatisme collectif et des mutations silencieuses de la ville. L’exposition est accompagnée d’un livret de témoignages recueillis auprès de résidents et de commerçants, dont certains n’ont pas pu retourner dans leurs logements. L’un des clichés les plus commentés, intitulé Balcon suspendu, montre un immeuble éventré dont la façade intacte masque l’absence totale de structure intérieure.

Dans un entretien publié par le journal, Yara Sfeir déclare : « Ce que nous montrons, c’est la disparition lente. Pas seulement celle des murs, mais des liens sociaux, des habitudes, de l’ambiance d’un quartier. » L’exposition est ouverte jusqu’au 1er septembre, avec des visites guidées assurées par les photographes.

Littérature : poésie critique et mémoire du conflit

La scène littéraire libanaise connaît une rentrée dynamique. Toujours selon Al-Quds Al Arabi, le poète Issam Dakroub a présenté son dernier recueil intitulé Quand la terre parle lors d’une soirée de lancement au centre culturel arabe de Hamra. Le livre, publié aux éditions Dar Al Adab, rassemble des textes écrits entre 2021 et 2024, en lien avec la crise économique, l’explosion du port, et les bouleversements politiques récents.

Les poèmes adoptent un ton à la fois personnel et collectif, mêlant l’évocation intime des douleurs quotidiennes à une critique politique frontale. Lors de la présentation, l’auteur a lu plusieurs extraits devant un public composé d’écrivains, d’universitaires et d’étudiants. Une professeure de littérature arabe, présente à l’événement, a souligné « la capacité du poète à nommer l’indicible avec une économie de mots bouleversante ».

Le recueil a été salué par la critique pour sa densité expressive et sa musicalité sobre. L’article de Al-Quds Al Arabi note que cette publication s’inscrit dans une tendance plus large de la poésie libanaise contemporaine à traiter de la mémoire collective, dans une perspective de résistance civile et de lucidité désabusée.

Théâtre et initiatives citoyennes

Le théâtre occupe aussi une place dans l’actualité culturelle. Al Akhbar mentionne la reprise du spectacle Chambre 42, une pièce mise en scène par le collectif Masrah Beirut, inspirée de récits de détenus dans les prisons libanaises. Jouée dans une salle communautaire de Bourj Hammoud, la pièce mêle théâtre documentaire et fiction, avec des dialogues tirés de véritables témoignages.

La metteuse en scène, Rima Daher, déclare dans le journal : « Nous voulions que le théâtre serve de miroir à une société qui choisit souvent d’ignorer les réalités carcérales. » La pièce, jouée avec peu de moyens, a été financée par une campagne de financement participatif, et sa tournée est prévue dans les centres culturels des régions de Tyr, Tripoli et Zahlé.

En parallèle, une initiative originale de théâtre itinérant a été lancée par le collectif Sahra Beirut, qui propose des lectures dramatiques dans les cafés et les espaces publics. L’objectif est de « réconcilier le public avec le texte dramatique », selon les organisateurs. La prochaine représentation aura lieu dans le quartier de Badaro le 22 août, avec un extrait de L’Attentat d’Amine Maalouf.

Musique : retour des scènes indépendantes

Du côté de la musique, Al Liwa’ (19 août 2025) annonce le concert de la chanteuse Ghada Shbeir dans le cadre du Festival de Baalbek. Ce retour de la scène musicale dans les sites historiques du Liban est perçu comme un signe positif. Le journal rappelle que le festival avait été interrompu pendant plusieurs éditions pour raisons budgétaires et sécuritaires.

Shbeir, accompagnée d’un ensemble de musiciens arabes et européens, présentera un programme mêlant maqâm traditionnel et compositions contemporaines. Le directeur du festival souligne dans l’article que « l’objectif est de reconnecter la scène musicale libanaise avec sa profondeur historique, tout en s’ouvrant à l’expérimentation ».

Toujours selon Al Liwa’, d’autres concerts sont prévus dans les ruines de Tyr et dans le parc de Beiteddine, notamment avec la participation du groupe Adonis, connu pour son style pop-rock libanais. Ces concerts, dont les billets sont subventionnés par le ministère du Tourisme, attirent un public jeune, en quête de moments collectifs dans un contexte de fatigue sociale.

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