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Revue de presse du 2/09/25: entre désarmement au Liban et guerre à Gaza

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Les journaux libanais du 2 septembre 2025 placent au centre de leurs unes la progression militaire israélienne à Gaza, les réactions internes au Liban et les débats sur le désarmement du Hezbollah. La montée en intensité du conflit régional est évoquée dans ses dimensions diplomatiques, économiques et sécuritaires. L’ensemble des titres se focalise sur l’extension de la guerre et ses répercussions directes sur le Liban.

Opérations militaires israéliennes en cours à Gaza

D’après Al Sharq (2 septembre 2025), les pertes militaires israéliennes seraient particulièrement élevées depuis le début des nouvelles opérations à Gaza. Le journal rapporte que selon des estimations relayées par la presse israélienne, les pertes dépasseraient les 900 millions de dollars en trois jours. Ces pertes incluent les coûts liés aux missiles Patriot, aux munitions, à la logistique aérienne et terrestre, ainsi qu’à l’interruption de l’activité économique. Le même article mentionne également les dommages matériels causés par les tirs de roquettes palestiniens, touchant des bâtiments résidentiels et commerciaux.

Annahar (2 septembre 2025) revient également sur l’ampleur des frappes. Le journal parle de l’absence de toute perspective de compromis, avec une intensification des bombardements sur les quartiers nord de Gaza. Le Premier ministre israélien est décrit comme exécutant une vision militaire rigide, en lien avec les positions précédemment défendues par Donald Trump, désormais président des États-Unis. Le journal souligne que l’armée israélienne a reçu l’ordre de poursuivre les opérations sans condition préalable, et que le chef du gouvernement a rejeté toute médiation internationale.

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Al Liwa’ (2 septembre 2025) évoque quant à lui l’élargissement de l’opération militaire. Le quotidien rapporte que selon des responsables israéliens, plus de 60 000 soldats seraient désormais engagés autour de la bande de Gaza, avec la mobilisation de 15 brigades supplémentaires. Le même journal indique que les plans d’évacuation forcée des civils vers le sud de l’enclave se poursuivent, bien que contestés par plusieurs agences internationales.

Réactions politiques au Liban et climat institutionnel

Al Joumhouriyat (2 septembre 2025) titre sur la session du Conseil des ministres prévue pour la fin de la semaine, au cours de laquelle le gouvernement devrait examiner la proposition de l’armée concernant la régulation des armes détenues en dehors du cadre de l’État. Le journal indique que les ministres proches du Hezbollah pourraient participer à cette session, sans pour autant s’engager sur un soutien explicite au plan présenté. Le même journal précise que cette réunion se tient dans un climat de division politique marqué, notamment après l’abandon d’une médiation américaine sur ce dossier.

Ad Diyar (2 septembre 2025) rapporte les propos du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam à l’issue d’une rencontre institutionnelle tenue à Baabda. Selon le journal, aucun accord n’a été trouvé à ce stade sur la marche à suivre, mais les deux dirigeants auraient exprimé leur soutien à une solution par consensus, en concertation avec le président de la Chambre. Le journal ajoute que la ligne générale du gouvernement reste de privilégier la coordination avec l’armée et le respect des équilibres internes.

Al Akhbar (2 septembre 2025) met l’accent sur l’absence de consensus autour de la notion de désarmement. Dans un article consacré au cadre constitutionnel, le quotidien rappelle que la charte nationale insiste sur le droit à la défense du territoire, et que toute décision de désarmement doit être précédée d’une évaluation sécuritaire complète. Le journal cite également des voix au sein de l’armée qui soulignent les risques liés à une démarche unilatérale, en l’absence d’un plan de sécurisation des frontières sud.

Dimension économique et vulnérabilités civiles

Annahar (2 septembre 2025) consacre un article à la situation de l’électricité. Le journal signale que la société nationale reste dépendante des fournisseurs privés, et qu’aucune alternative n’est en cours d’élaboration. Cette dépendance fragilise la continuité des services essentiels dans les régions proches de la frontière sud, notamment en cas d’escalade militaire. Le journal rapporte également que plusieurs installations ont dû être sécurisées par précaution, après des alertes récentes.

Al Akhbar (2 septembre 2025) mentionne l’état des réseaux d’eau dans le sud du pays. Le quotidien indique que selon des données fournies par les autorités locales, plusieurs infrastructures sont à risque en raison du vieillissement des équipements et de l’absence de maintenance. Des experts interrogés par le journal estiment que la situation pourrait devenir critique en cas de bombardements ciblés ou de coupures prolongées d’énergie.

Al Diyar (2 septembre 2025) rapporte que des ONG locales ont formulé des demandes d’urgence auprès du ministère de l’Intérieur pour renforcer la logistique médicale dans les zones frontalières. Les stocks de médicaments de première nécessité seraient insuffisants dans certaines localités. Le journal mentionne également des mesures préventives mises en place dans les hôpitaux de Nabatiyeh et Marjayoun.

Informations régionales croisées et couverture médiatique

Al 3arabi Al Jadid (2 septembre 2025) met en avant l’attention internationale portée au conflit. Le journal publie une synthèse des réactions diplomatiques enregistrées après la dernière série de frappes. Plusieurs chefs d’État, dont ceux de la Chine et de la Russie, ont exprimé leur inquiétude lors d’un sommet multilatéral. Le quotidien souligne que malgré ces prises de position, aucune initiative concrète n’a encore été prise pour mettre fin aux hostilités.

Al Quds (2 septembre 2025) revient sur une campagne internationale de protestation lancée par plusieurs ONG en soutien aux journalistes tués à Gaza. Le journal indique que plus de 250 médias dans 70 pays ont suspendu leurs publications numériques ou ont noirci leurs unes. Cette mobilisation vise à dénoncer l’absence de protection pour les reporters en zone de guerre et à demander l’accès des médias étrangers au territoire.

Annahar (2 septembre 2025) mentionne la participation de certains médias libanais à cette campagne. Le journal ajoute que plusieurs associations de presse locales ont adressé une lettre au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme afin de réclamer une mission d’observation. Des rassemblements symboliques ont également eu lieu à Beyrouth et à Saïda, selon des images publiées dans la même édition.

Mobilisation de la société civile et initiatives symboliques

Al Diyar (2 septembre 2025) rapporte l’organisation d’une manifestation à la place des Martyrs à Beyrouth en soutien aux populations civiles à Gaza. Le journal précise que la mobilisation a été coordonnée par des associations étudiantes, en collaboration avec des organisations non gouvernementales. Les participants ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la protection des infrastructures sanitaires.

Al Akhbar (2 septembre 2025) revient sur l’émotion suscitée par les bombardements sur Rafah. Le journal cite des témoignages de familles ayant fui la région et trouvant refuge temporairement dans des localités du sud Liban. Les autorités locales auraient mis en place un dispositif d’accueil minimal, selon les informations relayées.

Al 3arabi Al Jadid (2 septembre 2025) indique que des diplomates européens ont rencontré des représentants de la société civile à Beyrouth pour discuter de la situation humanitaire. Le journal signale qu’aucun soutien financier immédiat n’a été annoncé, mais que plusieurs pistes sont en cours d’évaluation par l’Union européenne.

Politique locale : impasses institutionnelles et crispations autour du désarmement

Les journaux libanais du 2 septembre 2025 livrent une couverture centrée sur les tensions politiques internes, les désaccords autour du désarmement du Hezbollah, la tenue d’une session gouvernementale controversée, et les positionnements des principales figures institutionnelles. Les rapports entre les différents pôles du pouvoir sont scrutés à l’aune des pressions régionales et internationales.

Le Conseil des ministres sous tension

Al Joumhouriyat (2 septembre 2025) rapporte que la tenue de la session du Conseil des ministres prévue pour la fin de semaine suscite des divisions au sein du gouvernement. Le journal explique que cette session doit aborder une proposition de l’armée libanaise sur la régulation des armes détenues par des groupes non étatiques, proposition qui divise profondément les composantes politiques. Le Hezbollah, bien que représenté au gouvernement, n’aurait pas encore arrêté sa position finale mais verrait dans cette initiative une tentative de contournement de ses équilibres stratégiques.

Al Akhbar (2 septembre 2025) affirme que le Premier ministre Nawaf Salam maintient cette réunion malgré les réserves exprimées par plusieurs ministres issus du tandem chiite. Selon le quotidien, la démarche est perçue par ces derniers comme une violation de la charte nationale et un acte non consensuel. Le journal précise que Salam est soutenu par le président de la République Joseph Aoun, qui s’efforce d’éviter une confrontation directe tout en défendant l’autorité de l’exécutif.

Ad Diyar (2 septembre 2025) ajoute que la question du quorum risque d’être au cœur de cette session. Le journal cite des sources proches de la présidence qui considèrent que l’absence des ministres du tandem pourrait bloquer la réunion, même si le gouvernement assure disposer d’un nombre suffisant de participants. Le quotidien évoque également la médiation discrète menée par le président de la Chambre, visant à éviter un blocage institutionnel.

Convergences et divergences entre les trois présidences

Al Bina’ (2 septembre 2025) rapporte que le président Joseph Aoun aurait exprimé son insatisfaction face à l’évolution des relations entre le Liban et les États-Unis après la visite du dernier émissaire américain. Le journal affirme que cette déception provient de l’absence de garanties américaines concernant le respect de la souveraineté libanaise et le gel des pressions exercées sur le gouvernement.

Selon Al Liwa’ (2 septembre 2025), le président de la Chambre, Nabih Berri, a reçu le vice-président du Parlement Elias Bou Saab pour une réunion centrée sur la coordination interinstitutionnelle. Le journal précise que la rencontre s’est tenue à l’initiative du président Aoun, dans le but de rétablir un dialogue régulier entre les pôles exécutif et législatif, alors que les tensions se cristallisent autour du projet de régulation des armes.

Al Sharq (2 septembre 2025) évoque la volonté de Joseph Aoun de rétablir un équilibre politique à travers des consultations bilatérales. Le président aurait accueilli au palais de Baabda une délégation du parti « Lana », composée des députés Halima Kaakour, Pascal Abchi et Hassan Hijazi. Le journal souligne que cette rencontre visait à élargir le dialogue national à de nouvelles sensibilités politiques, notamment en dehors des partis traditionnels.

Positions contrastées sur le désarmement

Al Akhbar (2 septembre 2025) met en lumière les débats constitutionnels sur le désarmement. Le journal publie un article soulignant que, selon certains juristes, la Constitution libanaise n’interdit pas explicitement la détention d’armes par des groupes armés en période de conflit. Le même article rappelle que l’article 95 de la Constitution consacre le droit à la défense nationale, et que toute réforme structurelle de la sécurité nationale nécessite un consensus élargi, voire une révision constitutionnelle.

Al Joumhouriyat (2 septembre 2025) estime que les prises de position du président Berri restent ambivalentes. Le journal note que ses déclarations récentes ne tranchent pas clairement entre une posture institutionnelle et un soutien au Hezbollah. Des voix internes, selon le quotidien, espéraient une inflexion plus nette de sa part, ce qui ne s’est pas produit. L’article ajoute que cette ambiguïté rend difficile toute lecture stable des rapports de force actuels.

Ad Diyar (2 septembre 2025) rappelle que le général Mansour, commandant d’une unité de coordination interinstitutionnelle, a fourni aux membres du gouvernement une note de synthèse juridique sur la question du désarmement. Ce document insiste sur la nécessité de respecter les engagements pris dans le cadre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, sans pour autant compromettre les équilibres internes. Le journal souligne que cette note a été transmise aux ministres concernés, mais qu’aucune réaction officielle n’a été enregistrée.

Reconfigurations locales et dynamique partisane

Al Sharq (2 septembre 2025) couvre une série de visites politiques organisées dans le nord du Liban, notamment à Akkar. Le journal indique que le président du Centre d’études islamiques, le juge Khaldoun Arimout, a reçu plusieurs délégations de responsables municipaux. Dans ses déclarations, il a insisté sur la nécessité de renforcer l’autorité de l’État et de s’attaquer aux causes profondes de la marginalisation des régions périphériques. Le journal présente cette initiative comme une tentative de repositionnement politique à l’approche d’un remaniement administratif annoncé.

Al Liwa’ (2 septembre 2025) rapporte l’existence de contacts non officiels entre plusieurs figures politiques du camp souverainiste pour tenter de relancer une plateforme commune. Le journal précise que ces efforts se heurtent à des divergences profondes sur la stratégie à adopter vis-à-vis de l’axe de la résistance. Le même journal souligne que le contexte régional ne permet pas de repositionnement net sans risquer de rupture au sein même des alliances existantes.

Nida’ Al Watan (2 septembre 2025) évoque une série d’initiatives locales visant à faire pression sur les élus. Le journal rapporte qu’un groupe de citoyens a adressé une lettre ouverte aux députés de la région de Zahlé, leur demandant de clarifier leur position sur la réforme électorale. Ce mouvement citoyen revendique une plus grande transparence sur les modalités de désignation des juges électoraux et sur la supervision des opérations de vote.

Diplomatie intérieure et relais internationaux

Al Akhbar (2 septembre 2025) signale la réception par le Premier ministre Nawaf Salam d’une délégation officielle syrienne dirigée par l’ancien ministre des Affaires arabes. Cette visite aurait permis de relancer les discussions sur deux dossiers précis : un accord judiciaire bilatéral et un accord sur la délimitation des frontières. Le journal indique que les discussions ont eu lieu dans une atmosphère cordiale, bien que marquée par la prudence diplomatique.

Ad Diyar (2 septembre 2025) revient sur la visite du ministre Gazi Aridi à Nabih Berri, consacrée à l’évolution politique régionale et à l’impact des développements syriens sur la scène libanaise. Selon le journal, cette rencontre s’est conclue sur la nécessité de préserver l’unité institutionnelle libanaise et d’éviter toute escalade verbale entre les composantes politiques. La priorité serait désormais de maintenir le calme intérieur, sans pour autant reculer sur les revendications diplomatiques.

Al 3arabi Al Jadid (2 septembre 2025) publie un entretien avec un diplomate occidental ayant requis l’anonymat. Celui-ci indique que les chancelleries européennes observent avec attention les décisions attendues sur la scène politique libanaise, notamment en matière de gouvernance sécuritaire. L’Union européenne envisagerait de conditionner certains financements à des avancées concrètes sur la réforme judiciaire et l’intégrité électorale.

Citation et discours des personnalités politiques : positionnements sur l’armée, le Hezbollah et la souveraineté

Les déclarations publiques du 2 septembre 2025 publiées dans la presse libanaise révèlent une intense activité oratoire des figures politiques du pays. Ces discours, centrés sur les questions de souveraineté, de désarmement, du rôle de l’armée et de la situation régionale, reflètent à la fois la fragmentation des visions et les efforts de recomposition politique dans un contexte de grande volatilité.

Nabil Berri : ligne rouge autour de l’armée et refus des injonctions extérieures

Ad Diyar (2 septembre 2025) publie un long compte rendu du discours prononcé par le président de la Chambre des députés, Nabil Berri, à l’occasion de la commémoration de la disparition de l’imam Moussa Sadr. Dans cette intervention, Berri affirme que l’armée libanaise ne peut, en aucun cas, être livrée à une mission de désarmement sans couverture nationale et que toute tentative de lui imposer cette responsabilité de manière unilatérale constitue une menace pour sa cohésion.

Toujours selon Ad Diyar (2 septembre 2025), Berri déclare que « l’armée est l’une des dernières institutions républicaines encore debout » et qu’elle doit être « préservée de tout projet de confrontation interne ». Il prévient contre la tentation de transformer le désarmement en une opération sécuritaire et militaire, appelant à « un traitement politique global » de la question. Il insiste sur le fait que les villages bombardés du Sud représentent « le Liban dans toute sa diversité », et non une seule communauté.

Dans la suite de son discours, relayé dans le même journal, Berri appelle à un dialogue national et critique les tentatives de marginalisation de certains partis sous prétexte de respectabilité démocratique. Il qualifie les pressions occidentales sur le désarmement comme une tentative de « redessiner la scène libanaise selon des intérêts extérieurs », insistant sur la souveraineté comme « seul cadre de légitimité politique ».

Joseph Aoun : neutralité institutionnelle et défense du cadre républicain

Selon Al Sharq (2 septembre 2025), le président Joseph Aoun s’est exprimé à huis clos devant une délégation de diplomates étrangers. Le journal rapporte ses propos selon lesquels « le Liban reste attaché au monopole de la force publique par l’État », tout en reconnaissant que « les équilibres internes exigent une mise en œuvre graduelle de toute réforme sécuritaire ».

Le même journal précise qu’Aoun a confirmé sa présence à la session du Conseil des ministres du vendredi, qu’il considère comme « un test de responsabilité nationale ». Il se serait également entretenu avec l’ambassadeur de France, auquel il aurait réitéré l’attachement du Liban à la résolution 1701, « dans son intégralité et sans sélectivité ». Ces propos confirment, selon Al Sharq, une ligne présidentielle d’équilibre entre pressions internationales et réalités internes.

Dans un autre article d’Ad Diyar (2 septembre 2025), des sources proches de Baabda affirment que le chef de l’État « privilégie toujours la consultation et la médiation », et que son silence public est un « choix tactique » destiné à ménager les sensibilités opposées au sein du gouvernement.

Nawaf Salam : inflexion sécuritaire et primauté du droit

Al Akhbar (2 septembre 2025) indique que le Premier ministre Nawaf Salam maintient une position « juridico-politique » sur la question des armes. Selon le journal, Salam a déclaré lors d’une réunion préparatoire à la session gouvernementale que « nul n’est au-dessus de l’État » et que « le respect des engagements internationaux du Liban ne saurait être compromis par des considérations partisanes ».

Le quotidien souligne que Salam insiste sur « l’urgence d’agir dans le cadre de la légalité républicaine », même si cela devait provoquer des tensions. Il aurait affirmé que « les institutions ne doivent pas fonctionner par consensus permanent » et que « le rôle du gouvernement est d’assumer ses responsabilités quelles que soient les divergences ».

D’après le même article, Salam aurait reçu des avertissements diplomatiques concernant un éventuel blocage gouvernemental. Il aurait rétorqué que « le Liban n’est pas une démocratie de veto, mais une démocratie de responsabilité », insistant sur le rôle régulateur du pouvoir exécutif dans les périodes de crise.

Représentants religieux et figures communautaires : soutien conditionnel à l’unité nationale

Ad Diyar (2 septembre 2025) rapporte les propos du cheikh Ali Fadlallah prononcés lors d’une cérémonie à Tyr. Le religieux appelle à « la fin des doubles discours » et souligne que « la résistance n’est pas un monopole mais une responsabilité collective », mettant en garde contre les divisions internes qui affaibliraient la position du Liban face aux menaces extérieures.

Dans le même registre, Al Liwa’ (2 septembre 2025) cite un extrait d’une homélie du patriarche maronite Bechara Raï, selon lequel « toute réforme de l’appareil sécuritaire ne peut se faire sans l’adhésion pleine et entière de toutes les composantes nationales ». Le patriarche appelle à un « pacte d’équilibre renouvelé » pour éviter les confrontations confessionnelles.

Positionnements du Hezbollah et du tandem chiite : ambivalence assumée

Selon Nahar (2 septembre 2025), les prises de parole publiques du Hezbollah sont rares mais s’expriment à travers les relais du tandem chiite. Le journal rapporte que des sources proches du mouvement affirment que « le désarmement n’est pas une ligne rouge, mais un sujet qui ne peut être imposé dans un contexte de menaces extérieures ».

Dans un éditorial d’Al Akhbar (2 septembre 2025), on lit que « le silence apparent du Hezbollah est un outil tactique », et que ses dirigeants considèrent le débat en cours comme une « manœuvre de repositionnement » plus qu’un réel tournant politique. Le journal rapporte que le secrétaire général du mouvement, Naim Kassem, aurait indiqué à ses proches que « le dialogue est la voie, mais que les lignes rouges sont connues ».

Le même article souligne que cette posture vise à éviter une polarisation frontale avec l’exécutif tout en maintenant la pression sur le cadre des discussions. Le Hezbollah, toujours selon ces sources, « n’envisage pas de quitter le gouvernement, mais pourrait suspendre sa participation en cas de vote unilatéral sur des sujets de sécurité ».

Appels à la modération et à la dépolitisation des institutions

Dans Al 3arabi Al Jadid (2 septembre 2025), une tribune signée par l’ancien ministre Fayez Rasamni salue « le retour à la rationalité des discours politiques », et appelle à « laisser l’armée en dehors des polémiques ». Il soutient que « la légitimité de l’action militaire ne peut être définie par des logiques partisanes », et propose une réforme du Conseil supérieur de défense pour y inclure des représentants de la société civile.

Enfin, Al Bina’ (2 septembre 2025) rapporte les propos du député Elias Bou Saab, qui plaide pour « le plein respect de l’accord de Taëf dans toutes ses dimensions ». Il appelle à « l’application équilibrée des réformes prévues », et suggère que « la solution passe par un retour aux fondements du pacte national », loin des diktats extérieurs.

Diplomatie : entre souveraineté nationale, pressions internationales et coopération régionale

La presse libanaise du 2 septembre 2025 reflète une activité diplomatique dense, marquée par des échanges avec plusieurs partenaires étrangers. Ces interactions mettent en lumière des tensions autour de la souveraineté, des préoccupations sécuritaires et un engagement multilatéral renouvelé sur des dossiers économiques, humanitaires et frontaliers.

Visites et messages des diplomates occidentaux : pressions sur la souveraineté sécuritaire

Selon Al Akhbar (2 septembre 2025), le président de la République Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre des députés Nabil Berri ont reçu, en parallèle, deux envoyés américains mandatés par l’administration de Donald Trump. D’après le journal, ces rencontres ont abordé la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies et les mesures attendues de l’État libanais pour le désarmement du Hezbollah. Les sources rapportent que les diplomates américains ont lié la poursuite de l’aide économique et militaire au respect des engagements internationaux du Liban.

Toujours dans Al Akhbar (2 septembre 2025), des proches de Baabda dénoncent ces pressions comme étant « non conformes à l’esprit de la Constitution libanaise », en particulier l’article B qui impose la préservation de l’unité nationale. Le journal souligne que ces discussions se sont tenues dans un climat « tendu mais institutionnel », avec des réponses mesurées de la part du chef de l’État.

De son côté, Al Sharq (2 septembre 2025) rapporte la visite officielle du nouvel ambassadeur de France au Liban au palais de Baabda, où il a remis une lettre personnelle du président Emmanuel Macron. Le diplomate aurait insisté sur « l’urgence d’une stabilisation politique durable » et proposé la tenue d’une conférence internationale d’aide au Liban avant la fin de l’année. Il aurait également rencontré Nawaf Salam à la Maison du gouvernement pour discuter d’un partenariat franco-libanais sur les infrastructures et la gouvernance.

Dialogue syro-libanais : cadre bilatéral sur les frontières et les personnes disparues

Ad Diyar (2 septembre 2025) confirme qu’une délégation syrienne conduite par Mohammad Taha Al-Ahmad, directeur des affaires arabes au ministère syrien des Affaires étrangères, a été reçue par le vice-Premier ministre libanais Tarek Mitri. Le journal souligne que cette visite, tenue dans un cadre discret, a permis la création de deux commissions techniques conjointes. L’une est chargée d’élaborer un accord de coopération judiciaire, tandis que l’autre aura pour mission de statuer sur les contentieux liés à la démarcation des frontières.

Al Akhbar (2 septembre 2025) ajoute que cette reprise du dialogue bilatéral est interprétée par des sources diplomatiques comme « un signe d’apaisement progressif », même si certains membres du gouvernement auraient exprimé leurs réserves. Le journal cite un proche de Joseph Aoun selon lequel « les échanges sont ouverts, mais sans illusions sur les divergences persistantes ».

Par ailleurs, cette même édition note que le dossier des personnes disparues dans les deux pays figure à l’agenda de ces discussions, avec des échanges de listes en cours de validation.

Renforcement des partenariats arabes : Égypte, Irak et pays du Golfe

Dans son édition du 2 septembre 2025, Al Sharq rapporte que l’ambassadeur d’Égypte a remis au président Aoun et au Premier ministre Salam deux invitations à participer à l’inauguration du Grand Musée Égyptien du Caire. Ce geste est interprété comme une volonté du Caire de réaffirmer son rôle diplomatique dans le monde arabe et de manifester sa solidarité institutionnelle avec les autorités libanaises.

Le même journal évoque aussi une rencontre entre le chef spirituel chiite Ali Fadlallah et l’ambassadeur d’Irak à Beyrouth, Mohammad Reda Al-Husseini. Selon les déclarations rapportées, l’Irak reste « engagé aux côtés du Liban, dans toutes ses composantes, et au-delà des clivages internes ». Le diplomate a affirmé que son pays est « prêt à soutenir toute initiative de reconstruction ou de dialogue national », insistant sur « l’attachement de Bagdad à une diplomatie d’équilibre et de solidarité ».

Toujours dans Ad Diyar (2 septembre 2025), une source au sein du ministère des Affaires étrangères indique que plusieurs pays du Conseil de coopération du Golfe ont officiellement félicité le gouvernement pour son approche mesurée dans la gestion de la crise avec Israël, et réaffirmé leur volonté de coopération en matière d’énergie, d’investissement et de lutte contre le financement du terrorisme.

Appui multilatéral : Nations Unies et agences spécialisées

Selon Ad Diyar (2 septembre 2025), le Premier ministre Nawaf Salam a reçu un haut responsable de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Maurizio Martina, ainsi que le représentant régional de l’agence, Abdelhakim El Waer. Les discussions ont porté sur des projets d’assistance technique dans les domaines de l’agriculture durable et de la sécurité alimentaire.

Les responsables onusiens ont rappelé que l’aide à court terme ne peut se substituer à une stratégie de résilience structurelle, et ont encouragé le gouvernement à engager des réformes permettant une gestion plus efficace des ressources naturelles. Nawaf Salam aurait salué « le rôle de la FAO comme partenaire clé du Liban rural » et annoncé la création d’un groupe de travail interministériel pour coordonner les projets agricoles appuyés par les institutions internationales.

En parallèle, Al Sharq (2 septembre 2025) mentionne la visite de Lisa Clements, représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), au Grand Sérail. Elle a fait état de la réduction du nombre de réfugiés syriens au Liban, avec 200 000 retours enregistrés selon les chiffres présentés. Toutefois, elle souligne que « la situation reste fragile » et appelle à une coordination plus efficace entre le HCR, les municipalités et les ministères concernés.

Réactions libanaises : lignes rouges et volonté de coopération

Dans Al Liwa’ (2 septembre 2025), le député Elias Bou Saab déclare à l’issue de sa rencontre avec Nabil Berri que « le dialogue diplomatique est une nécessité, mais pas une soumission ». Il affirme que « la souveraineté ne peut être fragmentée par des logiques d’aide conditionnelle », et appelle à un retour à une diplomatie fondée sur l’accord de Taëf.

Le journal rapporte également que le président de la commission des affaires étrangères du Parlement aurait plaidé pour une réforme du service diplomatique libanais, « trop dépendant des affiliations partisanes », selon ses termes.

Enfin, Nahar (2 septembre 2025) fait état d’une réunion informelle entre plusieurs anciens ambassadeurs libanais, qui appellent à la mise en place d’un Conseil stratégique pour la politique étrangère du Liban, rassemblant diplomates en poste, anciens ministres et représentants du secteur académique.

Économie : indicateurs contrastés, initiatives de relance et pressions monétaires

La presse libanaise et les publications bancaires du début septembre 2025 dressent un tableau économique fragmenté. D’un côté, certaines données sur le tourisme, l’activité portuaire ou la consommation intérieure montrent des signes de résistance. De l’autre, la stagnation des investissements, les incertitudes politiques persistantes et les tensions monétaires limitent toute dynamique de relance durable. Les banques publient quant à elles des indicateurs prudents, confirmant une reprise inégale et des risques macroéconomiques persistants.

Hausse saisonnière de la consommation et rôle de la diaspora

Selon Ad Diyar (2 septembre 2025), l’économie a profité temporairement de l’afflux des expatriés pendant la saison estivale. Le journal rapporte que les dépenses des Libanais de la diaspora dans les commerces, les restaurants et les stations balnéaires ont constitué l’un des rares moteurs de la demande intérieure. Le retour massif durant l’été aurait permis d’alimenter la trésorerie de nombreuses PME, en particulier dans les secteurs de la restauration, du transport privé et de l’événementiel.

La même édition indique que les commerçants estiment avoir enregistré une augmentation de 20 à 25 % de leur chiffre d’affaires par rapport à la même période de 2024, mais que ce niveau reste inférieur de 35 % à celui de l’été 2018. Le journal souligne que cette dynamique reste saisonnière et ne reflète pas une tendance structurelle. Plusieurs professionnels cités rappellent que la consommation intérieure reste très dépendante des transferts des expatriés, sans création d’emploi durable en contrepartie.

Données touristiques et portuaires : signaux positifs mais partiels

Al Sharq (2 septembre 2025) rapporte que le port de Beyrouth a enregistré une hausse de 14 % du volume des conteneurs en août par rapport au mois précédent. Le journal précise que cette augmentation concerne principalement les importations de biens de consommation à destination des supermarchés et des enseignes de vêtements. Ce rebond est interprété comme une réponse aux besoins saisonniers, mais les responsables portuaires indiquent que les volumes restent bien en deçà des niveaux d’avant-crise.

Al 3arabi Al Jadid (2 septembre 2025) consacre une page à l’évolution du tourisme. Le journal note que le Liban a accueilli environ 980 000 visiteurs en juillet et août, dont une majorité issue de la diaspora. Le secteur hôtelier, selon les propos d’un représentant de l’union des hôteliers, a connu un taux d’occupation de 75 % dans les établissements haut de gamme de Beyrouth, de Byblos et de Batroun. Les hôtels de moyenne gamme ont en revanche peiné à remplir leurs chambres en dehors des week-ends. Les professionnels estiment que la relance du secteur nécessite des garanties de sécurité et une stabilité politique durable.

Activité bancaire : ajustements monétaires et prudence sur le crédit

Le rapport hebdomadaire de Bank Audi (Week 35 / 2025) indique que la Banque centrale poursuit sa politique d’intervention sur le marché secondaire pour stabiliser le taux de change. Le document précise que la parité livre-dollar se maintient autour de 89 000 livres pour un dollar, avec des pointes à 91 500 en début de semaine en raison de la spéculation autour de la session gouvernementale.

Le rapport souligne que le volume des réserves en devises reste stable à 9,6 milliards de dollars, un niveau considéré comme critique compte tenu des besoins en importations. L’institution note également une légère augmentation de la masse monétaire en livre libanaise, ce qui pourrait accroître les pressions inflationnistes à court terme. Le crédit au secteur privé reste bloqué, avec une baisse de 1,2 % sur un mois, reflétant la prudence des banques et l’absence de mécanismes de garantie souveraine.

Le même document précise que les dépôts bancaires ont enregistré une croissance marginale de 0,3 %, principalement en devises, traduisant une préférence des déposants pour la liquidité en dollar. La reconversion des comptes en livre reste limitée malgré les incitations proposées par certaines banques commerciales.

Perspectives sectorielles : agriculture, industrie et énergie

Le bulletin de Byblos Bank (“Lebanon This Week – Issue 878”) met en avant l’importance croissante des secteurs agricoles et industriels dans les programmes de relance. Selon ce rapport, les autorités étudient plusieurs initiatives destinées à soutenir l’agriculture de montagne, l’irrigation et la transformation agroalimentaire, avec un soutien attendu de la Banque mondiale et du Programme alimentaire mondial.

Byblos Bank relève que les exportations agricoles ont progressé de 18 % au premier semestre, portées par une demande régionale accrue. Les tomates, pommes de terre et pommes du Akkar et de la Békaa figurent parmi les produits les plus exportés vers la Jordanie, la Syrie et l’Irak. Toutefois, le rapport note que l’absence d’une politique énergétique stable rend difficile la pérennisation de ces performances, notamment pour les unités de transformation.

Sur le plan industriel, le rapport souligne que les usines de produits ménagers, de peinture et de matériaux de construction ont repris une activité partielle, grâce à l’importation d’équipements solaires et au développement de microgrids dans les zones industrielles du Nord et du Sud.

Secteur de l’électricité : vulnérabilités persistantes

Selon Annahar (2 septembre 2025), le gouvernement examine un projet de contrat d’exploitation temporaire avec une entreprise turque pour l’approvisionnement en électricité de la zone du Grand Beyrouth. Le journal indique que cette solution serait limitée à six mois, le temps de remettre en état deux turbines du site de Zahrani.

Le même article précise que le Liban reste dépendant du fioul irakien, dont les livraisons ont été suspendues durant deux semaines en raison d’un différend technique. Cette interruption a entraîné une réduction de la production de 30 %, plongeant de nombreuses régions dans des coupures prolongées. Le ministère de l’Énergie aurait demandé l’autorisation d’utiliser des fonds d’urgence pour l’achat de diesel local, selon les informations relayées.

Al Akhbar (2 septembre 2025) consacre une brève à l’état du réseau hydraulique. Le journal cite un rapport de l’Institut libanais de développement durable selon lequel 42 % des réseaux d’eau souffrent de fuites majeures. Le document estime que les pertes quotidiennes atteignent 110 000 mètres cubes dans le Grand Liban. Le journal note que cette inefficacité compromet les efforts de relance agricole et les objectifs de souveraineté alimentaire.

Prêts internationaux et conditions de décaissement

Al 3arabi Al Jadid (2 septembre 2025) signale l’approbation d’un prêt de 150 millions de dollars par la Banque mondiale, destiné à soutenir les municipalités dans l’amélioration des services de base. Ce prêt est conditionné à l’adoption d’une réforme de la gouvernance locale, notamment la digitalisation des registres fonciers et des systèmes de gestion budgétaire. Le journal précise que le Parlement devra ratifier ce prêt d’ici à la fin du mois, faute de quoi le décaissement pourrait être suspendu.

Le journal ajoute que plusieurs maires ont exprimé leurs craintes concernant la répartition des fonds, notamment en raison des tensions confessionnelles qui influencent souvent l’attribution des subventions. Les experts interrogés estiment que l’efficacité de ce financement dépendra d’une supervision rigoureuse, probablement via un comité conjoint entre le ministère de l’Intérieur et la Banque mondiale.

Société : vulnérabilités sociales, tensions communautaires et engagements civils

Les journaux libanais du 2 septembre 2025 mettent en lumière les réalités sociales quotidiennes d’un pays confronté à une triple pression : économique, infrastructurelle et communautaire. La question des réfugiés, les coupures d’eau et d’électricité, les fragilités sanitaires et la solidarité civique sont les quatre principaux fils rouges de cette couverture.

Tensions sociales liées à la présence syrienne

Al Akhbar (2 septembre 2025) rapporte une recrudescence de tensions entre résidents libanais et réfugiés syriens dans certaines localités du Metn et de la Békaa. Le journal cite des témoignages de maires et de responsables de municipalités signalant des altercations autour de l’accès aux services de base. Ces tensions, selon le quotidien, seraient alimentées par une pénurie d’eau et d’électricité, perçue comme aggravée par la surcharge démographique.

Toujours selon Al Akhbar, plusieurs conseils municipaux ont adressé des lettres au ministère de l’Intérieur pour réclamer un recensement précis des déplacés syriens installés dans leur circonscription, afin de pouvoir adapter les services sociaux. Le journal évoque également la volonté de certains responsables locaux de restreindre l’accès à des aides municipales aux seuls détenteurs de papiers libanais, une orientation jugée préoccupante par des ONG locales.

Al 3arabi Al Jadid (2 septembre 2025) revient sur une manifestation organisée à Chtaura par des groupes de jeunes libanais réclamant une « gestion transparente et humaine du dossier des réfugiés ». Les slogans brandis mettaient en cause à la fois le manque de soutien de l’État et les lenteurs administratives du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Le journal note que cette mobilisation a été encadrée pacifiquement par les forces de sécurité.

Crise des services publics : l’eau et l’électricité sous pression

Annahar (2 septembre 2025) alerte sur la dégradation continue du réseau d’eau potable dans plusieurs régions, notamment au Akkar, à Baalbek et dans certains quartiers périphériques de Beyrouth. Selon le quotidien, des interruptions prolongées de l’alimentation en eau ont été signalées dans au moins 18 villages, avec des conséquences sanitaires inquiétantes. Le journal évoque la présence de foyers de gastro-entérite signalés dans des dispensaires du nord du pays.

Le même article indique que le ministère de l’Énergie impute cette situation à l’incapacité de plusieurs stations de pompage à fonctionner sans alimentation électrique continue. Les groupes électrogènes des établissements publics seraient tombés en panne, faute de maintenance ou de carburant. La coordination avec le ministère de la Santé reste limitée, en l’absence de plan d’urgence global.

Dans sa rubrique régionale, Al Akhbar (2 septembre 2025) signale que dans la ville de Tyr, plusieurs quartiers sont restés sans électricité pendant 36 heures consécutives, forçant les habitants à recourir à des générateurs de quartier surchargés. Le journal précise que la pénurie de diesel sur le marché local a provoqué une flambée des prix, atteignant jusqu’à 65 000 livres le litre dans certaines stations. Des commerçants cités affirment qu’ils ont dû jeter une partie de leurs stocks réfrigérés, faute d’alternative.

Santé et vulnérabilités hospitalières

Al Sharq (2 septembre 2025) rapporte que les hôpitaux publics de Nabatiyeh, Baalbek et Hermel font face à une pénurie de médicaments essentiels. Le journal cite un responsable du Syndicat des pharmaciens affirmant que « plus de 40 % des établissements n’ont plus de morphine injectable ni d’antibiotiques de troisième génération ». Les retards de paiement du ministère de la Santé aux fournisseurs seraient à l’origine de cette situation.

Le journal note également que le personnel soignant dans ces établissements est en sous-effectif chronique. Plusieurs infirmiers auraient démissionné au cours du mois d’août, ne recevant plus que 35 % de leur ancien salaire indexé. Les directions hospitalières alertent sur le risque de devoir suspendre certaines activités chirurgicales ou les consultations spécialisées dans les semaines à venir.

Al Akhbar (2 septembre 2025) mentionne qu’un plan de coordination a été proposé par une ONG médicale internationale pour organiser un circuit logistique alternatif via le port de Tyr. Ce plan prévoit l’acheminement direct de médicaments essentiels à certains établissements publics, en coordination avec le Croissant-Rouge libanais. Le ministère de la Santé n’aurait pas encore validé cette initiative.

Mobilisation citoyenne et solidarité locale

Ad Diyar (2 septembre 2025) couvre une manifestation organisée à Beyrouth en solidarité avec la population de Gaza, qui a aussi permis de mettre en lumière les fractures sociales libanaises. Plusieurs associations locales ont distribué des tracts dénonçant « l’hypocrisie du pouvoir politique, prompt à dénoncer l’oppression extérieure mais incapable de protéger ses propres citoyens des abus économiques et sociaux ». Le journal cite la présence de groupes d’étudiants, d’activistes et de travailleurs précaires.

Le même article rapporte que les manifestants ont également réclamé l’accès universel à l’électricité et à l’eau potable, en brandissant des pancartes où figuraient des slogans tels que « Pas de souveraineté sans dignité » ou « L’État nous oublie, on ne l’oubliera pas ». La manifestation s’est déroulée sans heurts, encadrée par les Forces de sécurité intérieure.

Al 3arabi Al Jadid (2 septembre 2025) revient sur des initiatives locales dans la région de Chouf, où des comités citoyens ont lancé une opération de réhabilitation des réservoirs d’eau et des canalisations avec l’aide d’ingénieurs bénévoles. Ces actions, coordonnées via des réseaux sociaux, ont permis de sécuriser provisoirement l’approvisionnement pour plus de 3 000 habitants. Le journal met en avant ces « solidarités locales actives », qui compensent en partie le retrait de l’État.

Enfin, Al Akhbar (2 septembre 2025) décrit la mise en place d’une cantine solidaire dans un quartier de Tripoli, soutenue par un réseau d’associations sunnites et chiites. Selon les organisateurs, plus de 400 repas y sont servis chaque jour à des familles sans revenu fixe. L’initiative repose sur des dons de commerçants locaux et le travail bénévole d’une vingtaine de personnes.

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