Dans son édition du 23 août 2025, Al Akhbar met en une une déclaration alarmante : pour la première fois depuis le début du conflit israélo-palestinien actuel, la bande de Gaza est officiellement classée en « phase 4 de famine », selon les critères internationaux d’évaluation humanitaire. Le journal s’appuie sur un rapport conjoint publié par les agences internationales opérant sur le terrain, qui mentionnent un effondrement quasi total des capacités de distribution alimentaire, un accès médical minimal, ainsi qu’un manque d’eau potable aggravé par les restrictions imposées par les forces israéliennes.
Al Akhbar souligne que cette reconnaissance formelle de la famine n’est pas seulement symbolique : elle marque un tournant politique et humanitaire. Le journal affirme que Gaza devient, selon les experts cités, « la première région au monde à être classée officiellement en famine en 2025 ». Cette situation est décrite comme une conséquence directe des actions militaires menées par Israël, des blocus prolongés, et de la destruction des infrastructures civiles essentielles, notamment les entrepôts alimentaires et les hôpitaux.
Le journal met en avant les propos d’un analyste international qui accuse l’armée israélienne de pratiquer une politique de siège prolongé à des fins de punition collective. Il rapporte que les Nations unies ont alerté sur le fait que « des enfants meurent quotidiennement de causes évitables », tandis que les organisations humanitaires se retrouvent dans l’incapacité d’acheminer de l’aide.
Al Akhbar indique aussi que cette reconnaissance a déclenché des discussions au sein de la Ligue arabe et de l’Union africaine, qui demandent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Le journal souligne que des manifestations de soutien à Gaza se multiplient dans plusieurs villes arabes, y compris à Beyrouth et Saïda, où des ONG locales appellent le gouvernement libanais à renforcer l’aide humanitaire à destination des camps de réfugiés palestiniens.
Pressions politiques croissantes sur la liberté de la presse, selon Ad Diyar
Parallèlement aux évolutions régionales, Ad Diyar concentre sa une sur une problématique intérieure : l’intensification des pressions politiques et judiciaires sur les journalistes libanais. Le journal rapporte les déclarations du président du syndicat des journalistes, Joseph Qassifi, qui s’alarme de la multiplication des procédures légales contre des professionnels des médias accusés de « dépassements » dans leurs enquêtes ou leurs éditoriaux.
Qassifi dénonce une « instrumentalisation des lois sur les publications » et appelle à une mobilisation urgente pour défendre la liberté d’expression. Selon ses propos rapportés par le journal, « la justice est utilisée pour museler les critiques, tandis que les vraies affaires de corruption restent impunies ». Il déplore aussi l’absence de cadre légal clair pour protéger les sources des journalistes, ce qui rend ces derniers vulnérables aux pressions politiques et aux représailles judiciaires.
Ad Diyar indique que plusieurs journalistes ont récemment été convoqués par les services de sécurité pour leurs publications critiques à l’égard de certains ministres. Cette tendance, selon le syndicat, reflète une tentative plus large de contrôle de l’espace médiatique, dans un contexte de tensions croissantes au sein de l’appareil d’État. Le journal évoque un climat de peur s’installant progressivement dans les salles de rédaction, certains journalistes choisissant l’autocensure pour éviter des poursuites.
Le journal rappelle que cette crise intervient alors que le gouvernement affirme vouloir engager des réformes structurelles. Joseph Qassifi affirme que « la liberté de la presse ne peut être la variable d’ajustement d’un pouvoir politique en mal de légitimité ». Il demande l’abrogation immédiate de certaines lois jugées liberticides et propose l’élaboration d’un code de protection des journalistes en concertation avec les ONG et les instances judiciaires.
Frem appelle à reconstruire un “État juste” au Liban
Toujours dans Ad Diyar, une autre actualité importante de la journée est mise en avant : l’appel lancé par Neemat Frem, ancien député et chef d’entreprise, à un rassemblement national autour d’un projet de « rétablissement de l’État juste ». Frem, connu pour ses positions critiques à l’égard de la classe politique traditionnelle, propose une feuille de route destinée à restaurer la confiance des Libanais dans leurs institutions.
Selon le journal, ce projet se fonde sur trois piliers : la reconstruction des institutions publiques, l’instauration de la justice sociale, et l’engagement dans un nouveau pacte de transparence entre les citoyens et l’État. Frem alerte sur le fait que « le système actuel a atteint sa limite », et que seul un sursaut national peut éviter une désintégration plus profonde du tissu institutionnel. Il appelle les acteurs politiques à dépasser les logiques confessionnelles et à privilégier l’intérêt général.
Ad Diyar souligne que cette initiative rencontre un écho modéré mais croissant dans les milieux économiques et associatifs. Le journal rapporte que des intellectuels et des responsables syndicaux ont exprimé leur soutien à une telle démarche, à condition qu’elle reste indépendante des logiques partisanes. Frem, de son côté, insiste sur la nécessité d’une gouvernance fondée sur la compétence, et plaide pour l’introduction de mécanismes d’évaluation publique de l’action gouvernementale.
Al Liwa’ défend l’unité nationale et fustige les discours de division
De son côté, Al Liwa’ publie un éditorial très critique sur les discours politiques actuels qu’il juge responsables d’une polarisation dangereuse de la société libanaise. Le journal accuse certaines figures publiques, sans les nommer explicitement, de « trahir le consensus national » par des déclarations jugées clivantes et irresponsables. Il appelle au retour aux principes de la Charte nationale et à la défense des institutions, que le journal considère comme les derniers remparts contre la fragmentation totale de l’État.
L’éditorial évoque aussi des campagnes médiatiques qu’il estime inspirées par des agendas étrangers, et met en garde contre une instrumentalisation de la crise économique à des fins politiques. Al Liwa’ exhorte les citoyens à faire preuve de vigilance face aux discours populistes et aux tentatives de manipulation. Il appelle également les médias à adopter une ligne éthique rigoureuse, afin de ne pas exacerber les tensions existantes.
Le journal appelle enfin les autorités religieuses et les partis traditionnels à faire un pas vers un compromis national, en réaffirmant leur attachement au dialogue intercommunautaire. Il insiste sur la nécessité de protéger la coexistence confessionnelle comme socle de la stabilité intérieure, dans une période où les tensions géopolitiques peuvent facilement se répercuter sur le Liban.
Climat de mobilisation et initiatives en gestation
Les unes du 23 août 2025 témoignent d’un climat politique et social en pleine ébullition. Les annonces dramatiques sur Gaza résonnent fortement dans une société libanaise historiquement solidaire de la cause palestinienne. En parallèle, les débats sur la liberté de la presse et la recomposition de l’État révèlent les fractures internes persistantes, mais aussi l’émergence de voix appelant à une refondation.
Si les appels à la mobilisation citoyenne se multiplient, leur traduction concrète reste incertaine. Les initiatives comme celle de Neemat Frem montrent qu’une partie de la société cherche des alternatives, sans pour autant disposer encore d’un relais institutionnel solide. Le rôle des médias, à la fois objet et acteur des tensions actuelles, semble déterminant dans l’orientation que prendra le débat public au cours des prochains mois.
Politique locale : contestations autour de la résistance, rencontres politiques à Baabda et appels à la réforme parlementaire
Le Hezbollah s’insurge contre une décision gouvernementale jugée dictée par l’étranger
Dans son édition du 23 août 2025, Ad Diyar consacre un article aux propos du cheikh Ali Daamouch, membre du Conseil exécutif du Hezbollah, qui a vivement dénoncé une décision gouvernementale en lien avec la résistance. Selon Daamouch, cette décision résulte de « pressions extérieures » et constitue une tentative de division nationale. Intervenant lors d’un événement politique à Nabatiyé, il a déclaré que « cette décision n’a d’autre objectif que d’attiser les dissensions, de cibler la résistance et de déstabiliser le pays ». Le journal précise que le responsable du Hezbollah y voit un acte « dangereux et provocateur », étranger aux intérêts du peuple libanais, lequel attend au contraire des réponses concrètes aux crises économiques et sociales que traverse le pays.
Ad Diyar ajoute que Daamouch a appelé à l’annulation immédiate de cette mesure qu’il considère comme une manœuvre de certains acteurs politiques cherchant à satisfaire les exigences de puissances étrangères. Il a également critiqué l’attitude de formations politiques libanaises « qui obéissent à des agendas extérieurs » et qui, selon lui, encouragent les divisions confessionnelles et politiques.
Le journal rapporte que ces déclarations s’inscrivent dans un climat de tension politique marqué par des accusations mutuelles entre blocs parlementaires. Le Hezbollah, à travers la voix de Daamouch, a insisté sur le fait que les décisions stratégiques, notamment celles touchant à la défense, doivent résulter d’un consensus national et non être imposées unilatéralement par le gouvernement.
Mobilisation institutionnelle et dialogue sécuritaire à Baabda
Dans ses colonnes du 23 août 2025, Al Liwa’ rend compte de plusieurs rencontres officielles tenues au Palais de Baabda. Le journal mentionne une réunion entre Sleiman Frangié et le directeur général de la Sûreté générale, le général Elias al-Baysari. Cette entrevue, qualifiée d’importante par le quotidien, a porté sur la situation sécuritaire dans le pays et sur les mesures à prendre pour améliorer l’efficacité des services publics et administratifs. Frangié, selon le journal, a souligné l’importance de renforcer les institutions de l’État, de rétablir la confiance du citoyen et d’adopter une gouvernance fondée sur la compétence et l’équité.
Al Liwa’ indique également que Frangié a plaidé en faveur d’un dispositif sécuritaire intégré, qui garantisse la stabilité intérieure tout en respectant les équilibres politiques. Il aurait évoqué la nécessité d’une coordination renforcée entre les services de sécurité, notamment dans les zones périphériques où l’emprise de l’État reste limitée.
Le journal mentionne par ailleurs que cette rencontre s’inscrit dans une série d’entretiens tenus à Baabda, suggérant une volonté d’ancrer davantage le dialogue sécuritaire au niveau institutionnel. Le quotidien note toutefois qu’aucune initiative législative n’a pour l’heure été engagée pour traduire ces discussions en mesures concrètes.
Al Bina’ dénonce un climat de provocation politique et appelle à l’unité nationale
Dans un article publié à la une de son édition du 23 août 2025, Al Bina’ dénonce une campagne politique et médiatique dirigée contre la résistance. Le journal rapporte des déclarations de membres du bloc parlementaire « Loyalty to the Resistance » affirmant que certains partis cherchent à créer une confrontation avec la résistance, à la demande de puissances étrangères. Selon eux, cette stratégie vise à affaiblir l’unité nationale et à détourner l’attention des priorités sociales.
Le journal cite un député de ce bloc, affirmant que « les armes de la résistance ne doivent pas être l’objet de surenchères politiciennes » et que « toute tentative de division sur ce dossier est vouée à l’échec ». Al Bina’ met en avant l’importance de préserver le « triptyque armée-peuple-résistance » comme base de la défense nationale, et appelle à éviter toute mesure susceptible de menacer cet équilibre.
Toujours selon le journal, ces prises de position interviennent alors que des manœuvres diplomatiques seraient en cours pour faire pression sur le gouvernement afin d’adopter des résolutions contraires à la politique de défense conjointe. Al Bina’ prévient que toute décision précipitée dans ce domaine pourrait provoquer une escalade politique et compromettre les efforts de stabilité.
Intervention du député Neemat Frem sur la réforme politique et l’éthique publique
Dans ses pages politiques du 23 août 2025, Al Liwa’ rapporte un discours du député Neemat Frem dans lequel ce dernier appelle à un changement profond de la culture politique libanaise. Frem y affirme que le pays « a besoin d’une révolution éthique » et plaide pour la formation d’un courant national réformateur capable de proposer des solutions aux crises multiples qui paralysent l’État.
Le député souligne que le Liban est victime d’un système politique fondé sur le confessionnalisme, la corruption et les compromis stériles. Il propose de dépasser cette logique en créant un front réformateur large, rassemblant les compétences issues de la société civile, du monde économique et du secteur académique. Il déclare que « ce n’est qu’à travers une refondation du contrat social que le Liban pourra se reconstruire sur des bases saines ».
Selon Al Liwa’, Frem a également mis en garde contre les divisions politiques qui empêchent toute réforme significative. Il appelle ses collègues députés à prendre leurs responsabilités et à initier une dynamique parlementaire axée sur la transparence, l’efficacité et l’intérêt général. Il préconise la mise en place de commissions parlementaires spéciales chargées de superviser les dossiers de l’énergie, de la justice et de la sécurité, afin de sortir du statu quo.
Absence de consensus sur l’échéance présidentielle et paralysie parlementaire
Les différents journaux consultés pour le 23 août 2025, notamment Ad Diyar et Al Bina’, soulignent l’impasse persistante autour de l’élection présidentielle. Aucun consensus n’émerge entre les blocs parlementaires sur un nom ou une feuille de route. L’absence d’une présidence fonctionnelle empêche l’adoption de nombreuses réformes, y compris celles qui concernent les secteurs prioritaires comme l’électricité ou la magistrature.
Ad Diyar rapporte que les discussions sur une éventuelle session électorale restent bloquées par les vetos croisés. Certains partis exigent des garanties sur la composition du futur gouvernement, tandis que d’autres refusent tout compromis sans engagement clair sur la neutralité du président à venir. Le journal note que cette situation prolonge la paralysie institutionnelle, dans un contexte de méfiance généralisée entre les forces politiques.
Mobilisation régionale et initiatives locales face à l’inaction étatique
Enfin, Ad Diyar mentionne dans ses pages intérieures plusieurs initiatives lancées par des maires et des représentants locaux dans différentes régions du Liban. À Zahlé, Tripoli et Tyr, des rassemblements citoyens ont été organisés pour réclamer une meilleure gestion des déchets, une sécurisation des réseaux d’eau potable et une réponse à la crise de l’électricité.
Ces mobilisations, selon les organisateurs, visent à interpeller directement les autorités centrales sur leur inaction et à rappeler que les municipalités disposent de compétences qu’elles peuvent exercer malgré le blocage du pouvoir central. Le journal souligne que ces dynamiques locales, bien qu’encore limitées, pourraient jouer un rôle croissant dans la reconfiguration du paysage politique si la paralysie persistait.
Citations et discours des personnalités politiques : positionnements clivants autour de la résistance, appels à la réforme institutionnelle et tensions gouvernementales
Nawaf Salam défend l’accord de Taëf et le monopole étatique des armes
Dans son édition du 23 août 2025, Al Liwa’ rapporte que le président du Conseil des ministres, Nawaf Salam, a profité d’une série de réunions officielles pour réaffirmer son attachement à l’accord de Taëf et à l’autorité exclusive de l’État sur l’usage de la force. Selon le quotidien, Salam a exprimé sa conviction que seule une centralisation du pouvoir sécuritaire dans les mains de l’État permettrait de restaurer la confiance du peuple dans les institutions. Il a souligné que les armes doivent rester sous la légitimité de l’État, sans qu’aucune entité parallèle ne puisse en revendiquer le monopole.
Ce discours, bien qu’empreint de principes constitutionnels, intervient dans un contexte marqué par une profonde division sur la question de l’armement du Hezbollah. Nawaf Salam, tout en évitant les confrontations directes, s’est aligné sur les appels au respect du rôle des institutions, évoquant « l’impératif de respecter le texte et l’esprit de la Constitution, dans l’intérêt de tous les Libanais, quelles que soient leurs appartenances politiques ou communautaires ».
Le chef du gouvernement a également évoqué l’importance d’accélérer les réformes structurelles, rappelant que la communauté internationale conditionne toute aide à des avancées concrètes sur le plan institutionnel. Son discours a été perçu comme une tentative de reprendre l’initiative politique face à la paralysie qui touche l’ensemble des institutions.
Ali Daamouch met en garde contre les ingérences étrangères et les décisions provocatrices
Le même jour, Ad Diyar publie les déclarations du cheikh Ali Daamouch, membre du Conseil exécutif du Hezbollah, qui a vivement critiqué une décision gouvernementale jugée contraire à l’intérêt national. Lors d’un événement tenu à Nabatiyé, Daamouch a accusé certaines forces politiques d’obéir à des injonctions extérieures et de vouloir affaiblir la résistance par des décisions unilatérales. Il a estimé que ces démarches risquaient de provoquer une « discorde nationale » et de faire le jeu d’agendas étrangers hostiles au Liban.
Selon lui, la résistance est « un droit légitime et une nécessité » pour protéger le Liban face aux menaces israéliennes. Il a rejeté toute tentative de marginaliser ou de remettre en cause l’existence d’une force armée autonome au sein du pays, affirmant que celle-ci constitue « une ligne rouge que personne ne peut franchir ». Daamouch a également critiqué les responsables politiques qui, selon lui, « alimentent des polémiques destructrices au lieu de se concentrer sur les véritables priorités sociales et économiques ».
Son discours traduit la volonté du Hezbollah de conserver son autonomie stratégique, tout en dénonçant les pressions exercées par certains acteurs locaux et internationaux sur la question du désarmement.
Mohammad Raad reçoit André Rahal : contacts entre institutions et partis alliés
Dans le cadre des consultations politiques en cours, Ad Diyar rapporte également une rencontre entre le chef du bloc parlementaire « Loyalty to the Resistance », Mohammad Raad, et le conseiller du président de la République, le général André Rahal. La réunion, tenue dans un climat de coordination institutionnelle, a porté sur les derniers développements politiques et les tensions autour de l’agenda gouvernemental.
Raad aurait souligné l’importance d’un dialogue franc entre les institutions et les forces politiques représentées au Parlement, tout en rappelant la ligne de son bloc sur la question de la résistance et de l’unité nationale. Selon le journal, les deux parties auraient convenu de poursuivre les échanges afin de désamorcer les tensions.
Ce type de rencontre illustre la volonté du Hezbollah de maintenir une relation fonctionnelle avec la présidence de la République, tout en affirmant ses positions fondamentales. La présence d’André Rahal, conseiller militaire, témoigne également de la dimension sécuritaire que prend ce dialogue, dans un contexte de forte polarisation.
Ali Al-Khatib réaffirme le soutien du Conseil islamique chiite à la résistance
Dans ses colonnes politiques, Al Bina’ publie le discours du vice-président du Conseil islamique chiite supérieur, le cheikh Ali Al-Khatib, prononcé lors d’un prêche du vendredi. Le religieux a défendu avec force la légitimité de la résistance, qu’il considère comme « le seul véritable garant de la sécurité des Libanais ». Selon lui, ceux qui appellent à son désarmement ne représentent pas le peuple, mais « des courants politiques minoritaires au service d’intérêts étrangers ».
Al-Khatib a également insisté sur le fait que la souveraineté nationale ne peut être assurée tant que les menaces extérieures persistent. Il a critiqué les « discours de haine » à l’encontre du Hezbollah et a appelé à une prise de conscience collective sur les enjeux géopolitiques auxquels le Liban est confronté.
Son intervention s’inscrit dans une série de déclarations de responsables religieux proches de l’axe de la résistance, qui cherchent à mobiliser leur base sociale dans un contexte de pressions politiques croissantes. Le Conseil islamique chiite, dans cette perspective, apparaît comme un appui idéologique et institutionnel au Hezbollah.
Mise en garde contre les manœuvres parlementaires et appels à la vigilance
Toujours selon Al Bina’, des membres du bloc parlementaire pro-résistance ont mis en garde contre les tentatives de faire adopter des lois visant implicitement le désarmement du Hezbollah. Certains députés ont accusé les Forces libanaises et leurs alliés de vouloir instrumentaliser le Parlement pour contourner le dialogue politique.
Un communiqué du bloc affirme que « toute initiative législative qui ne respecte pas les équilibres nationaux sera rejetée », et que le bloc utilisera tous les moyens institutionnels pour en empêcher l’adoption. Cette position reflète une stratégie d’obstruction, fondée sur la défense d’un rapport de force favorable à la résistance.
Par ailleurs, Al Liwa’ évoque des menaces de démission de certains ministres si une décision du gouvernement venait à ignorer les accords de Taëf. Ces menaces seraient notamment portées par des ministres chrétiens issus du camp opposé à la résistance, ce qui alimente les spéculations sur un éventuel remaniement ministériel ou une crise de confiance au sein du cabinet.
Diplomatie : intensification des échanges bilatéraux et repositionnements régionaux autour du Liban
Rencontre d’adieu à Baabda : continuité diplomatique avec le Vatican
Dans son édition du 23 août 2025, Al Liwa’ consacre une brève à une rencontre entre le président de la République et l’ambassadeur du Liban au Vatican. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des visites protocolaires de fin de mission. Selon le journal, le diplomate a salué les efforts des autorités libanaises pour maintenir une coopération active avec le Saint-Siège, et a souligné l’importance du rôle du Liban dans le dialogue interreligieux et la préservation du pluralisme au sein de la région. Le président a pour sa part insisté sur la continuité de la mission diplomatique dans un esprit de transparence et de fidélité aux orientations de l’État, rappelant la nécessité de défendre l’image du Liban à l’étranger, en particulier sur les questions culturelles et humanitaires.
Cette interaction met en lumière la place particulière du Vatican dans la diplomatie libanaise. Elle s’inscrit dans une tradition de relations marquées par une proximité religieuse et une volonté politique de préserver les équilibres confessionnels libanais. À travers ce geste, les autorités soulignent leur attachement à un dialogue constant avec les capitales ecclésiastiques et les représentations religieuses étrangères.
Arrivée d’un diplomate saoudien à Beyrouth : signaux d’un dialogue en cours
Toujours selon Al Liwa’ (édition du 23 août 2025), un diplomate saoudien a atterri à l’aéroport de Beyrouth dans la journée du 22 août. L’information a été relayée sans commentaires officiels des autorités libanaises ni du royaume saoudien. Aucun agenda n’a été communiqué à ce sujet, mais cette visite a aussitôt suscité des commentaires au sein de la presse et des cercles politiques, certains y voyant un indicateur d’une reprise des discussions politiques à un niveau bilatéral. D’autres évoquent un possible rôle de médiation saoudien dans les affaires internes du Liban, à l’image de son implication antérieure dans le processus de nomination présidentielle et dans les concertations économiques régionales.
Le contexte dans lequel survient cette visite est marqué par une tension persistante entre plusieurs axes régionaux. Le royaume d’Arabie saoudite semble vouloir maintenir une posture d’observateur impliqué, en particulier dans les enjeux liés à la souveraineté libanaise, à la réforme du système politique, et à l’évolution des alliances internes. Bien que les détails restent inconnus, cette présence diplomatique est perçue comme une indication d’un intérêt renouvelé pour le dossier libanais.
Réactions face aux pressions internationales sur les équilibres régionaux
Dans une autre analyse parue le même jour, Al Liwa’ rapporte que plusieurs responsables politiques et éditorialistes dénoncent une recrudescence des pressions exercées sur le Liban par certains acteurs internationaux, notamment les États-Unis. Ces critiques visent en particulier les tentatives d’imposer une nouvelle configuration sécuritaire au Sud du Liban, dans le cadre des discussions autour de l’application du cessez-le-feu du 6 novembre 2024.
Selon ces sources, l’objectif de ces pressions serait d’obliger le Liban à désarmer certaines forces armées non-étatiques, ce qui serait perçu comme une atteinte à l’équilibre interne du pays. Des voix au sein de la classe politique insistent sur le fait que toute évolution dans le dispositif sécuritaire doit passer par un consensus national, et non par des injonctions externes. Cette posture traduit un rejet de toute interférence dans les affaires souveraines du pays, et un rappel du rôle de la diplomatie multilatérale comme seul cadre légitime de négociation.
Cette dynamique s’inscrit dans un climat régional tendu, où la diplomatie libanaise se voit contrainte de jongler entre la préservation de sa souveraineté et la nécessité de maintenir des canaux de communication ouverts avec ses partenaires stratégiques. Le positionnement du Liban dans les forums internationaux reste tributaire de la stabilité interne, mais aussi de l’évolution des rapports de force régionaux.
Convergence diplomatique sur la question palestinienne
Un autre thème abordé dans les tribunes diplomatiques de Al Liwa’ concerne la coordination entre le Liban et plusieurs capitales arabes sur la question palestinienne. Des diplomates ont évoqué, en coulisses, une volonté commune de soutenir les droits des réfugiés palestiniens, notamment à travers des résolutions équilibrées aux Nations unies. Bien que peu de détails soient fournis, ces informations laissent entrevoir une forme de convergence diplomatique régionale sur certains enjeux sensibles.
Selon l’article, les diplomates libanais auraient insisté sur la nécessité de préserver le droit au retour et de rejeter toute tentative de naturalisation forcée. Ce positionnement a été réitéré dans plusieurs forums bilatéraux récents, en marge des conférences de coordination régionale. Cette ligne diplomatique est conforme aux positions officielles exprimées par les gouvernements successifs.
Limites de l’activation diplomatique et inertie des structures
Malgré les signaux positifs observés dans certains dossiers, Al Liwa’ souligne également que la diplomatie libanaise souffre de blocages structurels. Le manque de moyens, l’absence de coordination systématique entre les ministères concernés, et les divergences de ligne au sein du gouvernement entravent la mise en œuvre d’une stratégie extérieure cohérente.
Plusieurs analystes interrogés par le journal estiment que la diplomatie libanaise fonctionne souvent par réaction, au lieu d’anticiper les évolutions régionales. L’absence de concertation entre les acteurs institutionnels freine la définition d’une politique étrangère lisible, capable de défendre efficacement les intérêts du pays sur la scène internationale.
Certains diplomates anonymes, cités par Al Liwa’, soulignent que le Liban n’a toujours pas mis en place de mécanisme permanent de suivi des dossiers stratégiques, notamment ceux liés aux frontières, aux réfugiés ou aux investissements. Ce déficit de coordination nuit à la crédibilité du Liban dans les instances multilatérales et affaiblit sa capacité à mobiliser un soutien international.
Rappel des fondamentaux de la politique étrangère libanaise
Enfin, un éditorial paru dans Al Liwa’ revient sur les principes fondateurs de la politique étrangère du Liban. L’auteur insiste sur le triptyque traditionnel : neutralité active, respect des résolutions internationales et défense de la souveraineté. Il appelle à une réactivation de ces principes dans le cadre des tensions actuelles et des incertitudes régionales. L’éditorialiste regrette l’absence de doctrine diplomatique claire dans les dernières prises de position du ministère des Affaires étrangères, et propose la convocation d’un conseil consultatif stratégique pour redéfinir les priorités.
Le texte rappelle également que la politique étrangère du Liban ne peut être efficace que si elle repose sur une assise nationale solide et un front intérieur uni. En l’absence de vision partagée, les représentations diplomatiques à l’étranger peinent à porter un message cohérent. L’auteur conclut que la reconstruction de l’image internationale du Liban passe nécessairement par une réforme interne de ses structures diplomatiques.
Politique internationale : repositionnements diplomatiques et équilibres géopolitiques à l’épreuve
Reprise des contacts libano-syriens sur fond de dossiers sensibles
L’édition du 23 août 2025 du quotidien Al Sharq Al Awsat consacre une large place à la dynamique diplomatique en cours entre le Liban et la Syrie. Selon le journal, un canal de communication continue d’opérer entre les deux États malgré l’absence d’un ambassadeur syrien nommé à Beyrouth. Ce vide diplomatique n’empêche pas des échanges réguliers à travers des interlocuteurs sécuritaires et militaires. Al Sharq Al Awsat révèle notamment que la Syrie s’apprête à dépêcher une délégation de haut niveau dans la capitale libanaise dans les jours à venir, afin d’aborder plusieurs dossiers prioritaires. Au cœur de ces discussions figurent notamment la question de la démarcation des frontières entre les deux pays, les flux de drogue transfrontaliers, le sort des prisonniers syriens détenus au Liban ainsi que la problématique des déplacés syriens.
Le quotidien précise que cette démarche s’inscrit dans un contexte de pressions internationales croissantes sur le Liban, qui cherche à se repositionner sur l’échiquier régional tout en contenir les tensions internes sur les questions migratoires. L’absence d’ambassadeur, selon Al Sharq Al Awsat, traduit à la fois la complexité de la relation bilatérale et l’équilibre fragile que cherchent à maintenir les deux gouvernements. L’initiative diplomatique s’accompagne également d’un intérêt renouvelé du Liban à réguler les relations économiques avec Damas, sans toutefois franchir les lignes rouges imposées par les sanctions internationales contre le régime syrien.
Gestion des tensions frontalières avec Israël : initiatives présidentielles
Dans le même numéro, Al Sharq Al Awsat évoque les efforts du président de la République Joseph Aoun pour apaiser les tensions sur la frontière sud. Le quotidien rapporte que le chef de l’État intensifie ses échanges avec les dirigeants du Hezbollah afin d’explorer une issue concertée à la crise déclenchée par les derniers affrontements de juillet 2025. Ces consultations ont pour objectif d’assurer une forme de désescalade maîtrisée et d’éviter un élargissement du conflit, tout en préservant les équilibres internes. Le président chercherait à réaffirmer le principe du monopole étatique de la décision militaire, sans pour autant provoquer une rupture ouverte avec le Hezbollah.
Toujours selon Al Sharq Al Awsat, aucune réponse officielle d’Israël n’a encore été communiquée concernant les propositions libanaises transmises par l’intermédiaire de la FINUL. Le président Aoun espère obtenir un retour avant la fin du mois d’août. Dans cette attente, le Liban continue de déployer ses efforts diplomatiques auprès des chancelleries européennes et des Nations unies pour renforcer la légitimité de ses positions sur les questions de souveraineté et de sécurité nationale.
Le dossier des déplacés syriens : point de friction régional
Dans son analyse de la diplomatie libanaise, Nida’ Al Watan revient sur la dimension humanitaire de la relation entre Beyrouth et Damas. Le quotidien indique que la présence continue de plus d’un million de déplacés syriens constitue un sujet de crispation à l’intérieur du Liban et un enjeu de politique étrangère structurant. Le journal souligne que les autorités libanaises intensifient les appels à un retour progressif, sécurisé et organisé des déplacés, notamment par le biais d’accords bilatéraux avec Damas et d’appels aux institutions internationales.
Nida’ Al Watan précise que la communauté internationale, tout en exprimant sa compréhension des contraintes économiques du Liban, continue de conditionner toute évolution du dossier à des garanties politiques et sécuritaires du côté syrien. Le journal mentionne par ailleurs une tension diplomatique latente entre les positions du Liban et celles de plusieurs États européens, qui privilégient une approche plus prudente sur les retours, en raison de l’absence de mécanismes de surveillance en Syrie.
Rôle du Vatican et diplomatie religieuse : continuité dans la tradition
Du côté de Al Sharq, un article met en lumière la réception à Baabda de l’ambassadeur du Liban auprès du Saint-Siège, venu présenter ses adieux en fin de mission. Le président de la République a souligné, selon le journal, l’importance de préserver une diplomatie fondée sur les valeurs du vivre-ensemble, dans un monde en pleine fragmentation. Il a salué le rôle joué par la diplomatie vaticane dans la défense des minorités au Moyen-Orient et a affirmé la volonté du Liban de maintenir un partenariat spirituel et diplomatique fort avec le Saint-Siège.
Le journal précise que le diplomate libanais a remercié le président pour son soutien constant à la mission diplomatique, en soulignant que le Vatican reste un acteur respecté et écouté sur les scènes diplomatiques internationales, notamment dans les dossiers relatifs au Liban et aux chrétiens d’Orient.
Évolution du positionnement régional du Liban : ambivalences et équilibres
Enfin, dans ses colonnes du 23 août, Al Quds évoque l’ambivalence de la position libanaise sur la scène régionale, oscillant entre affirmation souveraine et nécessité de préserver des alliances diversifiées. Le journal observe que le Liban tente de maintenir une ligne d’équilibre entre l’axe iranien, incarné par ses relations avec le Hezbollah, et ses partenaires arabes, notamment l’Égypte, la Jordanie et les pays du Golfe.
Selon les observateurs cités par Al Quds, cette posture complexe pourrait se révéler difficilement tenable à moyen terme, dans un contexte de durcissement des polarités régionales. Le Liban est ainsi appelé à renforcer sa diplomatie préventive pour éviter toute instrumentalisation externe de ses faiblesses internes. Le journal évoque la possibilité d’un sommet tripartite à l’automne entre Beyrouth, Damas et Amman, destiné à coordonner les politiques frontalières et migratoires, mais précise qu’aucune confirmation officielle n’a encore été donnée.
Justice : procédures, corruption et dossiers judiciaires en cours
Multiplication des affaires en justice : lutte contre la corruption et règlements de comptes
Dans son édition du 23 août 2025, Al Liwa’ signale une série d’initiatives portées par des associations juridiques et des mouvements citoyens visant à réactiver les procédures judiciaires contre des responsables soupçonnés de corruption administrative. L’article évoque des pressions exercées sur les autorités judiciaires pour réexaminer certains dossiers clos sans jugement. La rédaction souligne que « les dénonciations s’intensifient dans les cercles politiques concernant les ingérences dans les décisions judiciaires, alors que des activistes appellent à la transparence dans le traitement de plusieurs affaires liées aux marchés publics et aux nominations dans les institutions publiques » (Al Liwa’, 23 août 2025).
Selon le même journal, ces démarches se concentrent particulièrement sur le rôle de certains juges réputés proches de figures politiques majeures, notamment dans les régions du Mont-Liban et de Beyrouth. Une enquête interne serait en cours pour déterminer l’ampleur des interventions politiques dans le ralentissement ou le blocage de certaines instructions judiciaires. L’article rappelle que plusieurs dossiers, classés comme sensibles, n’ont connu aucune évolution depuis des mois malgré les signalements répétés.
Enjeux sécuritaires et justice militaire : les limites de l’indépendance judiciaire
Dans un autre article paru le 23 août 2025, Al Joumhouriyat revient sur les tensions entre l’armée libanaise et les autorités judiciaires concernant une affaire de coopération supposée entre des officiers de l’armée et le Hezbollah. Le journal cite une source sécuritaire anonyme affirmant que « l’armée refuse de transférer le dossier à la justice civile, estimant que le traitement relève strictement de la justice militaire ». Cette affaire suscite l’inquiétude de plusieurs magistrats et associations, qui y voient un exemple de double standard dans la mise en œuvre de la justice.
Le quotidien précise que cette résistance institutionnelle nourrit les doutes sur la capacité de l’appareil judiciaire à instruire librement des dossiers sensibles impliquant des corps sécuritaires. La situation est d’autant plus préoccupante que certains juges auraient déjà exprimé leur volonté de se dessaisir par crainte de représailles ou de pressions hiérarchiques. L’indépendance de la justice militaire, en particulier dans les affaires touchant à la sécurité nationale, fait débat depuis plusieurs années au Liban.
Poursuites administratives et actions foncières : justice de proximité en action
Al Liwa’ publie par ailleurs une série d’annonces judiciaires concernant la convocation de citoyens dans des litiges fonciers liés à des parcelles situées à Tripoli, Zgharta et Batroun. Ces convocations émanent des tribunaux immobiliers, appelant les parties concernées à se présenter pour statuer sur les revendications de propriété. La multiplication de ces affaires reflète une activité soutenue dans les juridictions civiles de province, où les questions de cadastre et de titres fonciers demeurent une source majeure de litiges.
Le journal rappelle également que plusieurs appels d’offres liés à la rénovation de bâtiments publics dans ces régions font l’objet de vérifications pour prévenir toute forme d’irrégularité. Ces affaires, bien que locales, sont suivies de près en raison de leur lien avec les fonds alloués par les institutions internationales pour la reconstruction de certaines infrastructures publiques endommagées par les intempéries de l’hiver dernier.
Lenteurs judiciaires et archives non traitées : le système judiciaire à la peine
Un autre aspect évoqué par Al Liwa’ dans son édition du 23 août concerne l’accumulation de dossiers non traités dans les tribunaux de première instance à Beyrouth et Zahlé. Le journal rapporte qu’« environ 450 dossiers civils et pénaux n’ont pas été examinés depuis plus de deux ans, certains en attente de reprogrammation d’audience, d’autres sans juge attribué ». Cette situation serait liée à un manque chronique de magistrats et à une répartition inégale des charges de travail.
Un juge cité par Al Liwa’ déplore l’absence de mécanisme de régulation des affectations : « Certains collègues ont plus de cent dossiers actifs quand d’autres en ont moins d’une dizaine. Le Conseil supérieur de la magistrature doit intervenir. » Ces propos soulignent la nécessité d’une réforme structurelle et logistique du système judiciaire, au-delà des débats purement politiques.
Réactions des syndicats judiciaires : appels à la transparence et à la protection des juges
Face à cette situation, les syndicats judiciaires et les associations de magistrats ont exprimé leur mécontentement dans une déclaration relayée par Al Joumhouriyat. Ils dénoncent les tentatives de museler certains juges en initiant contre eux des procédures disciplinaires sans fondement : « Nous sommes confrontés à une volonté de contrôle politique du judiciaire. Les juges doivent pouvoir statuer librement, sans être menacés de suspension ou de mutation. »
La déclaration appelle également à une protection accrue pour les juges en charge des affaires sensibles, notamment ceux travaillant sur des dossiers de corruption impliquant des personnalités politiques de premier plan. Cette protection devrait, selon eux, inclure des garanties de non-ingérence, un soutien administratif et une reconnaissance publique du caractère stratégique de leur mission.
Perspectives de réforme : projets de loi en attente et pressions internationales
Enfin, Al Liwa’ consacre une partie de sa couverture à l’état des projets de loi sur l’indépendance de la justice, en attente de validation au Parlement depuis plus d’un an. Le quotidien indique que plusieurs textes, dont une réforme du Conseil supérieur de la magistrature et une révision des statuts des magistrats, restent bloqués à la commission des lois. Des députés, notamment du bloc de Neemat Frem, ont appelé à une mise à l’agenda urgente, invoquant les engagements du Liban auprès de la communauté internationale.
Ces retards législatifs alimentent la frustration des ONG et des bailleurs de fonds internationaux, qui conditionnent leur soutien à une refonte profonde du système judiciaire. Al Liwa’ rappelle que la Banque mondiale a déjà évoqué la possibilité de revoir son soutien au secteur public si les réformes ne sont pas enclenchées rapidement.
Société: éducation, logement et survie sociale sous tension
L’éducation privée en roue libre
Les frais de scolarité dans les établissements privés continuent leur ascension fulgurante, provoquant une vague d’indignation parmi les familles libanaises. Le quotidien Ad Diyar du 23 août 2025 révèle que certaines écoles comme Brummana High School ou les établissements Makassed ont franchi la barre des 6000 dollars par an, soit une hausse d’environ 30 % depuis la période précédant la crise économique de 2019. L’école évangélique de Rabieh illustre cette tendance, avec un passage brutal de 3000 à 5200 dollars. Cette flambée est dénoncée comme étant permise par un système éducatif protégé par des « références politiques, religieuses et financières ». Lama Toueil, présidente de l’Union des comités de parents, qualifie cette situation d’ »anarchie tarifaire » et reproche au ministère de l’Éducation son inaction. Elle dénonce également l’absence de mécanismes de contrôle efficaces comme les conseils arbitraux régionaux, ainsi que le silence du Conseil des ministres face aux protestations des familles.
Un corps enseignant en déclin
Le président du syndicat des enseignants du privé, Nehme Mahfoud, souligne que de nombreuses écoles augmentent les frais sans répercussion positive sur les salaires des enseignants. Cela pousse nombre d’entre eux à quitter le pays ou à changer de métier. Il critique par ailleurs l’échec de la ministre de l’Éducation à imposer une semaine scolaire de cinq jours dans le secteur public, faute de ressources suffisantes pour financer les salaires des enseignants dans ce format. Le maintien d’un enseignement sur quatre jours traduit un affaiblissement structurel de l’école publique.
Un accès inégal à l’enseignement
Le ministère de la Défense a été contraint d’intervenir pour défendre le droit à l’éducation des enfants de militaires, dans un contexte où certains établissements menacent d’exclure les élèves en cas de non-paiement. Le ministre Michel Mansa a plaidé pour une solution équilibrée qui tienne compte de la détérioration du pouvoir d’achat des militaires face aux hausses prévues pour la prochaine rentrée. Parallèlement, une mère de famille témoigne dans Ad Diyar que l’école de ses enfants à Jdeideh refuse de fournir les attestations nécessaires à leur transfert vers le public. Elle affirme que même les écoles publiques deviennent inaccessibles sans interventions ou appuis personnels. Ce phénomène témoigne d’une privatisation rampante de l’accès à l’éducation, y compris dans le secteur censé être gratuit.
Décrochage scolaire et rupture sociale
Ad Diyar évoque une véritable « hémorragie » éducative. La désaffection des élèves pour le système scolaire, qu’il soit public ou privé, se poursuit. À cela s’ajoutent des pratiques clientélistes, où certains établissements, comme l’école antonienne de Ghazir, reviennent sur leurs décisions d’augmenter les frais uniquement après intervention politique ou médiatique. Le tissu éducatif est ainsi devenu un espace de négociation permanente, au détriment de la cohésion sociale et de l’égalité des chances.
Un système de logement sous pression
Face à l’explosion des prix de l’immobilier et à l’absence de politique nationale de logement, la Banque de l’Habitat a lancé un nouveau programme de prêts de rénovation. Selon Al Liwa’ du 23 août 2025, ces prêts peuvent atteindre 2 milliards de livres libanaises sur dix ans, avec un délai de grâce de trois mois et un taux d’intérêt de 7 %. Le directeur Antoine Habib reconnaît toutefois que cet effort, bien qu’utile, ne peut répondre à l’ampleur de la crise. Les familles vulnérables, les personnes handicapées et les fonctionnaires à bas revenus restent les plus touchés.
Écoles vendues, bâtiments vacants
Al Akhbar révèle que certains établissements éducatifs privés préfèrent fermer ou être vendus à des investisseurs plutôt que de continuer à fonctionner à perte. Ce phénomène accentue le problème du logement mais reflète aussi une logique marchande qui touche tous les pans de la société : éducation, habitat, santé. L’école devient une marchandise comme une autre, soumise à la logique du profit.
Un Sud laissé à lui-même
Dans un reportage de Al Binaa’, le tableau social du Sud est alarmant. La population vit dans une pauvreté extrême, avec un État totalement absent et incapable d’assurer les services de base. La population y dépend exclusivement des initiatives communautaires ou d’organisations religieuses pour survivre. Cette situation met en évidence la fragmentation du territoire libanais, où certains secteurs sont abandonnés à leur sort, en dehors de toute couverture institutionnelle.
Des réponses institutionnelles morcelées
Face à cette réalité, les rares initiatives ministérielles, comme celle de la Défense pour les enfants de militaires ou de la Banque de l’Habitat pour les prêts, apparaissent comme des rustines sur un navire en perdition. L’absence de vision globale, de coordination entre les ministères, et la prévalence d’intérêts clientélistes empêchent toute réforme systémique. Le rôle des syndicats, associations de parents, et collectifs d’enseignants reste important, mais leur capacité à infléchir les décisions politiques est limitée.
Une société entre survie et résignation
L’ensemble des sources consultées dresse un portrait sombre de la société libanaise : écoles fermées ou inaccessibles, logements précaires, absence de soins, services publics réduits à leur plus simple expression. Un enseignant interrogé dans Ad Diyar résume cet état d’esprit : « Nous avons tout essayé, sauf l’unité nationale véritable ». Ce constat, à la fois lucide et fataliste, illustre la profondeur de la crise sociale que traverse le Liban.



