Au lendemain des élections municipales, le Liban demeure le théâtre de profondes recompositions politiques et d’interrogations institutionnelles. L’actualité du 27 mai 2025 illustre avec acuité les tensions entre aspirations démocratiques, conflits d’intérêts partisans, et enjeux de pouvoir.
Résultats électoraux et redistribution locale
Selon Al Akhbar (27 mai 2025), les élections municipales ont mis en lumière une série de victoires symboliques pour plusieurs forces politiques, notamment le Courant Patriotique Libre qui, à travers ses alliances, a pu battre les candidats du parti des Forces Libanaises à Jezzine et dans l’Union des municipalités du Metn. Ce succès contraste fortement avec les revers subis par le parti des Kataeb, qui selon Al Joumhouriyat (27 mai 2025), a enregistré des pertes importantes à Beyrouth, Zahlé, Zgharta, et surtout dans le Metn où Mirna El Murr a remporté la présidence de l’union municipale avec une large avance sur la candidate Nicole Gemayel.
Al Liwa’ (27 mai 2025) rapporte que cette dynamique électorale a été accompagnée par une mobilisation de l’électorat, y compris dans des zones historiquement marquées par une abstention élevée. Néanmoins, une part significative des résultats reste à analyser en raison de tensions locales, notamment à Saïda où la légitimité des représentants élus reste contestée, selon Al Akhbar.
Implications nationales des résultats municipaux
Les résultats des élections, bien qu’à portée locale, ont des répercussions nationales. D’après Nahar (27 mai 2025), plusieurs responsables politiques voient dans ce scrutin un indicateur de la recomposition des rapports de force à l’échelle nationale. L’éditorial du journal souligne que les équilibres communautaires et politiques sont profondément affectés, rendant nécessaire une relecture stratégique des alliances traditionnelles. Dans les zones chrétiennes, les pertes successives du camp Forces Libanaises-Kataeb semblent signaler un affaiblissement durable.
Dans le même temps, des voix politiques s’élèvent pour appeler à une réforme urgente de la loi électorale municipale, jugée « obsolète » par Al Joumhouriyat. Des appels réitérés à une législation plus moderne et plus inclusive ont été exprimés, dans le but de renforcer la transparence du processus et la représentativité des résultats.
Enjeux liés à la gouvernance locale
Outre les résultats électoraux, l’attention des médias s’est portée sur les limites structurelles du système de gouvernance locale. Al Liwa’ (27 mai 2025) évoque l’inefficacité administrative et la faible capacité d’action des municipalités, minées par une gestion centralisée et un manque de ressources. Les récentes élections ont mis en lumière l’écart entre la volonté populaire exprimée dans les urnes et les moyens réels des élus pour répondre aux besoins locaux.
Des tensions sont également apparues quant à la gestion de l’après-scrutin. Des critiques ont été formulées à l’encontre de la lenteur de l’État à accompagner les élus dans la transition administrative. Cette situation nourrit un climat de défiance, exacerbé par la crise économique persistante.
Une politisation croissante de la gouvernance locale
Al Bina’ (27 mai 2025) souligne que les enjeux municipaux sont de plus en plus influencés par les luttes d’influence nationales. Le journal évoque une “nationalisation” des élections locales, où les leaders communautaires cherchent à utiliser les mairies comme relais de pouvoir politique. Cela engendre une dynamique où les enjeux d’aménagement, de services ou de sécurité civile sont relégués au second plan, au profit de logiques partisanes.
Dans le Metn, Al Joumhouriyat observe que la victoire de Mirna El Murr n’a pas seulement une portée locale, mais qu’elle constitue un revers personnel pour Samy Gemayel, chef des Kataeb, et pour le député Elias Bou Saab. Ce revers traduit, selon plusieurs observateurs, un repositionnement stratégique du bloc centriste autour du CPL et de ses alliés.
Contexte sécuritaire et défi institutionnel
Les élections ont également eu lieu dans un contexte sécuritaire sous tension. Al Akhbar (27 mai 2025) met en garde contre les tentatives d’instrumentalisation du dossier des camps palestiniens pour justifier des interventions militaires, notamment dans un climat où la gestion des armes dans les camps reste un sujet sensible. Le journal critique également le rôle de certaines puissances étrangères dans les nominations à venir à la Banque du Liban, les accusant de vouloir tirer profit de la fragilité institutionnelle actuelle.
Cette interférence étrangère, combinée à l’instabilité politique, a ravivé les débats sur la souveraineté nationale. Plusieurs éditoriaux, comme celui d’Ibrahim Al-Amine dans Al Akhbar, dénoncent un projet de “tutelle douce” imposée à travers les aides financières et les pressions diplomatiques.
Perspectives post-électorales
Al Nahar (27 mai 2025) s’interroge sur les prochaines étapes du processus de reconstruction de l’État. Le journal insiste sur la nécessité pour le gouvernement de Joseph Aoun de sortir du rôle d’arbitre passif pour devenir un acteur proactif dans la relance des services publics et la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions. Le rôle du Premier ministre Nawaf Salam, encore en retrait dans les débats électoraux, est également scruté dans la perspective de réformes structurelles à venir.
Politique locale : recomposition des forces et tensions post-électorales
Effondrement électoral du camp chrétien traditionnel
Le scrutin municipal du 26 mai 2025 a mis en évidence des bouleversements significatifs dans le paysage politique local. Selon Al Joumhouriyat (27 mai 2025), le parti Kataeb a essuyé une défaite considérable à travers l’ensemble du territoire, en particulier à Beyrouth, Zahlé, Zgharta et Jezzine. Le revers le plus marquant reste cependant celui enregistré dans le Metn, lors de la bataille pour la présidence de l’Union des municipalités. Mirna El Murr a été élue avec 22 voix contre 11 pour Nicole Gemayel, malgré le soutien de figures politiques majeures comme Elias Bou Saab et Ibrahim Kanaan, ainsi que des Forces Libanaises et du parti Kataeb.
Cette défaite, largement commentée par Al Akhbar (27 mai 2025), est interprétée comme un affaiblissement de la stratégie politique de Samy Gemayel, chef des Kataeb, qui comptait sur cette victoire pour affirmer son leadership local et poser les jalons d’une influence nationale renouvelée.
Conséquences dans le Sud et à Jezzine : affirmation du CPL
Parallèlement, le Courant Patriotique Libre (CPL), allié à d’autres formations politiques, a consolidé sa présence dans plusieurs municipalités du Sud, notamment à Jezzine. D’après Al Akhbar (27 mai 2025), cette victoire marque une rupture avec la domination passée du camp des Forces Libanaises, en particulier du député Georges Adwan, qualifié de “Sorcier de Maarab”. Le quotidien évoque un “retour de bâton” électoral et une recomposition des alliances à venir.
Résilience locale de Saad Hariri à Saïda
Dans le registre sunnite, Al Akhbar (27 mai 2025) souligne que l’ancien Premier ministre Saad Hariri a confirmé son rôle de référence politique à Saïda, face à des candidatures concurrentes telles que celle d’Abdel Rahman Bizri. Cette “mêlée électorale”, selon les termes du journal, a mis en relief la capacité d’Hariri à fédérer un électorat fragmenté autour d’un discours de stabilité locale et d’influence traditionnelle.
Tensions communautaires et lecture sécuritaire
Certaines municipalités ont été le théâtre de tensions communautaires. Al Joumhouriyat (27 mai 2025) évoque des accusations de pressions politiques, notamment dans des zones à majorité chrétienne, où le “vote de fidélité” a été invoqué contre les tentatives de pénétration de nouvelles coalitions. Le vote dans le Metn, qui a provoqué la défaite du camp Gemayel, a été présenté comme une réaction contre les logiques d’hégémonie traditionnelle.
Dans ce contexte, la question du maintien de l’ordre a été posée. D’après Al Akhbar (27 mai 2025), des incidents limités ont été signalés, mais les forces de sécurité sont restées vigilantes, notamment autour de Tripoli et Saïda, où les résultats électoraux étaient contestés.
Rejet de la loi électorale actuelle
Un consensus transpartisan semble émerger quant à l’obsolescence de la législation électorale municipale. Comme le rapporte Al Joumhouriyat (27 mai 2025), plusieurs responsables politiques et éditorialistes dénoncent le caractère archaïque du cadre législatif en vigueur, appelant à une réforme structurelle du processus électoral local pour l’adapter aux réalités politiques actuelles et permettre une meilleure représentativité des forces citoyennes émergentes.
Déclarations institutionnelles et perspectives
Dans ce climat tendu, les déclarations du président de la République Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam ont souligné l’importance du dialogue et du respect du jeu démocratique. Al Bina’ (27 mai 2025) rapporte les propos du chef du Hezbollah, Naim Qassem, qui, dans une déclaration post-électorale, a affirmé que “la résistance est une garantie pour le maintien de la souveraineté nationale” et a appelé à “un partenariat élargi dans la gestion des affaires locales”.
Renforcement des dynamiques locales et attentes populaires
Les attentes des populations vis-à-vis des élus municipaux sont élevées. Nahar (27 mai 2025) évoque une demande croissante pour une gouvernance de proximité, une gestion plus transparente et des solutions rapides aux problèmes urbains, notamment en matière de voirie, d’assainissement et d’éducation. Plusieurs candidats indépendants, bien qu’en minorité, ont réussi à faire campagne sur des thématiques sociales en rupture avec les discours identitaires traditionnels.
Citation et discours des personnalités politiques : entre affirmation de souveraineté et tensions partisanes
Naim Kassem : continuité de la ligne résistante et critique envers Israël
À l’occasion de la Journée de la résistance et de la libération, Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah, a livré un discours structurant qui marque un retour à un ton de confrontation. Dans une allocution télévisée, rapportée par Al Bina’ (27 mai 2025), Kassem a rappelé que « la résistance a changé le cours de la région sur les plans politique, culturel et jihadiste », soulignant que cette dernière a « permis au Liban d’obtenir un nouvel acte d’indépendance ». Il a également déclaré que « l’État est responsable et doit agir de manière plus efficace », appelant implicitement à un sursaut de souveraineté nationale.
Il a réaffirmé que la création de la résistance a été « une réaction naturelle d’un peuple libre qui refuse l’humiliation et l’occupation ». Il a fait référence à la résolution 425 de 1978 qui appelait Israël à se retirer du Liban et dénoncé les tentatives passées de l’entité sioniste d’imposer une « république alternative » à travers Saad Haddad.
Renforcement du discours de confrontation après la visite de Donald Trump
Dans Nahar (27 mai 2025), les propos de Kassem ont été analysés comme une montée en intensité après une période de modération. Il a ainsi déclaré que « la guerre n’est pas terminée », tout en rappelant la sacro-sainte « trilogie du peuple, de l’armée et de la résistance ». Ce positionnement est interprété par Nahar comme une réponse directe aux évolutions géopolitiques récentes, notamment la normalisation en cours entre la Syrie et les pays du Golfe sous l’égide du président américain Donald Trump. Le journal y voit une tentative de redéfinir les équilibres régionaux tout en adressant un message aux adversaires internes et aux puissances extérieures.
Joseph Aoun : un président en retrait mais vigilant
Le président de la République, Joseph Aoun, n’a pas fait de déclaration publique formelle le 27 mai 2025 selon les sources analysées. Toutefois, plusieurs éditoriaux font état d’échanges politiques menés dans la discrétion, notamment avec les représentants des principales formations chrétiennes et chiites. Al Bina’ mentionne que des concertations sont en cours autour d’un « cadre de coopération et de dialogue élargi » entre le président et les diverses forces politiques, une formule évoquée également par Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah.
Nawaf Salam : appel à la rationalité et à la stabilité
Le Premier ministre Nawaf Salam est resté discret dans les médias, mais des sources proches de la présidence du Conseil, citées indirectement par Al Liwa’ (27 mai 2025), soulignent son attachement à la « mise en œuvre des engagements constitutionnels et à une gouvernance rationnelle, à l’abri des surenchères populistes ».
Le silence médiatique apparent du chef du gouvernement pourrait s’expliquer par sa volonté de préserver une posture d’arbitre dans un contexte de polarisation post-électorale. Cela n’a pas empêché plusieurs éditorialistes, notamment dans Al Akhbar, de critiquer son attentisme jugé excessif dans une phase politique critique.
Échos et interprétations divergentes
La polarisation des discours politiques s’est reflétée dans la manière dont les journaux ont couvert ces prises de position. Al Bina’ insiste sur la légitimité de la résistance comme outil de souveraineté, tandis que Nahar met en garde contre une rhétorique pouvant nuire à la stabilité interne. Le positionnement de Naim Kassem a été largement analysé comme un indicateur du durcissement à venir de la ligne du Hezbollah, notamment en cas de blocage dans les négociations sur les nominations administratives et la politique énergétique.
Politique internationale : repositionnements stratégiques et tensions géopolitiques
Trump et l’Iran : diplomatie sous haute tension
Le président américain Donald Trump a déclaré, selon Al Quds (27 mai 2025), que son pays pourrait annoncer prochainement des “nouvelles importantes” concernant les négociations avec l’Iran. Il a affirmé que les discussions nucléaires avec Téhéran progressaient et qu’il espérait “éviter tout recours à la violence” en exprimant son souhait de “ne pas voir tomber de bombes”.
En réponse, le président iranien Massoud Bezhkian a affirmé que “l’Iran ne mourra pas de faim si les négociations échouent” et que son pays saura faire face aux sanctions. Ces déclarations sont venues renforcer une dynamique de confrontation verbale, dans un climat où les États-Unis envisagent des sanctions supplémentaires. Bezhkian a également rejeté la possibilité d’un accord nucléaire provisoire, comme rapporté par Al Quds.
Conflit israélo-palestinien : massacres à Gaza et pressions internationales
La situation à Gaza a pris une tournure dramatique avec la mort de 36 civils, dont dix enfants, dans un bombardement israélien sur une école, selon Al Quds (27 mai 2025). Cette attaque est survenue dans un contexte où une médiation américaine menée par Steve Weitecoff proposait une trêve entre Israël et le Hamas. L’accord aurait inclus la libération de prisonniers et le retrait partiel de l’armée israélienne, mais a été fragilisé par le recul de Benjamin Netanyahu, qui a nié avoir promis un accord immédiat.
Al Bina’ (27 mai 2025) confirme que le Hamas aurait accepté le projet américain de cessez-le-feu, tout en restant en attente d’une confirmation définitive de la part du gouvernement israélien. Cette incertitude alimente les spéculations sur une possible intensification du conflit si les pourparlers échouent.
Russie, Ukraine et la diplomatie parallèle
Sur le front russo-ukrainien, les tensions persistent. Al Bina’ (27 mai 2025) rapporte que la Russie s’apprête à soumettre une proposition de paix à l’Ukraine. Cette proposition inclurait la reconnaissance de l’annexion de quatre régions ukrainiennes, l’engagement d’une Ukraine neutre sans alliances militaires, et l’interdiction de bases étrangères sur son sol. Les États-Unis ont qualifié ces demandes de “non recevables” tandis que des discussions parallèles seraient en cours à Istanbul sous l’égide turque.
Donald Trump, dans une déclaration distincte, a qualifié Vladimir Poutine de “fou”, tout en affirmant que de nouvelles sanctions contre la Russie étaient envisagées en réponse aux attaques sur le complexe militaro-industriel ukrainien, selon Al Sharq Al Awsat (27 mai 2025).
Syrie : transition institutionnelle et crimes du passé
Dans le contexte post-régime Assad, Al Quds (27 mai 2025) rapporte que le président intérimaire syrien Ahmed al-Shara a signé un décret établissant une “Commission nationale des disparus”. Cette structure vise à enquêter sur les disparitions forcées sous le régime déchu. Plus de 111 prisons clandestines ont été découvertes, où des milliers de Syriens auraient été détenus. La commission, dirigée par Mohammed Reda Jalakh, cherche à rassembler des données auprès des familles des victimes.
Irak et le Kurdistan : tensions autour des contrats pétroliers
Bagdad a décidé de poursuivre le gouvernement régional du Kurdistan pour des contrats énergétiques signés avec des sociétés américaines, lors de la visite de Masrour Barzani à Washington. Ces accords, estimés à plusieurs milliards de dollars, sont jugés inconstitutionnels par le gouvernement central, qui y voit une menace à la souveraineté énergétique nationale. Al Quds précise que cette action judiciaire pourrait compliquer les tentatives de relance du pipeline Irak-Turquie suspendu depuis mars 2023.
Économie : indicateurs contrastés et stratégies de relance hésitantes
Tentatives de réassurance financière
Dans un climat économique toujours incertain, les publications du 27 mai 2025 font état d’une série d’initiatives visant à relancer la dynamique financière au Liban. Le quotidien Ad Diyar souligne en une que “Lebanon is back in business”, une formule utilisée lors de la présentation d’un nouveau programme d’investissement public-privé soutenu par des partenaires internationaux. Plusieurs projets dans les secteurs de l’agriculture, de la transformation alimentaire et des technologies vertes sont mentionnés, avec un objectif affiché de création de plus de 20 000 emplois d’ici 2026.
Parallèlement, le ministère des Finances a publié une série d’indicateurs sur les paiements de la dette, indiquant un respect relatif des échéances à court terme malgré la persistance d’un déficit structurel. Le même journal évoque aussi l’introduction d’un “guichet unique” pour faciliter les investissements étrangers, particulièrement dans les zones industrielles reconverties.
Le secteur bancaire entre défiance et restructuration
Dans une interview accordée à Nahar (27 mai 2025), le nouveau gouverneur de la Banque du Liban affirme ne pas être “l’ennemi des banques, ni leur allié”. Cette formule résume la complexité des rapports entre la Banque centrale et les établissements bancaires, dont certains continuent de résister à la réforme des taux d’intérêts et à l’instauration de règles plus transparentes sur les dépôts à l’étranger.
Le journal précise que les négociations avec le FMI sont actuellement à l’arrêt, en raison de désaccords sur les modalités de restructuration du secteur public, condition préalable à toute aide. Le ministre des Finances, interviewé par Nahar, indique que “la restructuration du secteur public doit précéder toute embauche”, signalant que les marges de manœuvre budgétaires restent très étroites.
Bilan d’entreprises : signes de reprise prudente
Selon Al Sharq (27 mai 2025), plusieurs entreprises cotées ont publié leurs résultats pour le premier trimestre 2025. Parmi elles, des sociétés du secteur agroalimentaire et de la distribution affichent une croissance du chiffre d’affaires de 10 à 15 %, bien que les marges restent affectées par la volatilité des coûts logistiques et les fluctuations du taux de change.
Le rapport souligne notamment un chiffre d’affaires combiné des plus grandes entreprises libanaises qui atteint 1,491,526,332 livres pour le premier trimestre, contre 1,311,298,009 livres sur la même période de l’année précédente, soit une progression de près de 13,7 %. Toutefois, les pertes nettes restent significatives pour certains groupes, en raison de charges financières encore élevées.
Infrastructures et énergies : chantiers en attente
L’un des principaux freins à la relance économique reste l’état des infrastructures. Al Bina’ (27 mai 2025) fait état de retards persistants dans la réhabilitation du réseau électrique. Le prêt de la Banque mondiale destiné à la réforme du secteur de l’électricité, bien qu’approuvé par la Commission des finances du Parlement, n’a pas encore été débloqué par le gouvernement, faute de consensus sur les garanties exigées par les bailleurs internationaux.
Le quotidien mentionne également les difficultés liées à l’accès à l’énergie dans les zones rurales, malgré les projets pilotes de panneaux solaires communautaires lancés avec l’aide de la coopération allemande.
Confiance des consommateurs et inflation
Les données recueillies par l’observatoire économique de Al Liwa’ montrent un indice de confiance des consommateurs en légère hausse pour le mois de mai, stimulée par la stabilité des prix de certains produits alimentaires subventionnés. Toutefois, l’inflation globale reste élevée, avec une hausse annuelle de 30 % des prix de l’immobilier et des services essentiels.
Les importations ont légèrement diminué, reflétant une baisse de la consommation intérieure et une adaptation aux nouvelles règles de change. La balance commerciale reste déficitaire, bien que des efforts aient été consentis pour relancer les exportations agricoles vers les marchés du Golfe.
Justice : faillites d’entreprises, litiges fonciers et tensions liées aux nominations
Faillites et recours collectifs : le cas de CMC Ravina
Le 27 mai 2025, Nahar annonce que la présidente du tribunal des faillites de Mont-Liban, la juge Hala Al-Hajjar, a acté le dépôt de la liste des dettes liées à la faillite de l’entreprise CMC Ravina – Liban. Cette décision, datée du 17 septembre 2024, ouvre une période de huit jours pour permettre aux créanciers de contester les montants enregistrés. Le recours peut être exercé soit directement par les créanciers, soit par l’intermédiaire d’un représentant légal. Cette affaire illustre les difficultés persistantes du tissu économique libanais, où plusieurs entreprises confrontées aux dettes cumulées déposent le bilan, avec des conséquences notables sur l’emploi et le tissu industriel local.
Litiges fonciers devant les juridictions civiles
Al Akhbar (27 mai 2025) fait état d’un procès en appel introduit par deux citoyens, Ismat et Bahaa Seif Eddine, devant le tribunal de première instance de Baabda. Ils réclament la correction de deux actes fonciers remontant à 1922, en lien avec les biens immobiliers situés à Qarnayel. Ils souhaitent obtenir un titre de propriété mis à jour, en affirmant que le document original est perdu. Ce type d’affaire, bien que localisé, reflète la complexité du registre foncier libanais et les retards considérables dans la régularisation des titres, souvent transmis oralement ou sans preuve formelle durant plusieurs générations.
Pressions politiques sur la magistrature
Dans ses colonnes du même jour, Al Akhbar critique vivement l’implication de puissances étrangères dans le processus de nomination à la Banque du Liban. Selon le journal, les candidatures aux postes stratégiques dans l’institution sont désormais soumises à un “quota” officieux réparti entre chancelleries occidentales et ambassades régionales. Cette situation, bien qu’économique en apparence, soulève une problématique judiciaire : la conformité des nominations avec les critères d’indépendance requis par la Constitution et les lois libanaises. Cette tension pourrait donner lieu à des recours contentieux dans les semaines à venir.
Infractions électorales et recours en contentieux municipal
Al Joumhouriyat (27 mai 2025) rapporte que plusieurs recours en annulation sont en cours de préparation à l’issue des élections municipales. Des candidats battus dénoncent des fraudes massives dans des communes comme Saïda, Tripoli et certains secteurs de la Bekaa. Les recours portent sur des pratiques présumées d’achat de voix, d’irrégularités dans les listes électorales, et de pressions exercées par des notables. À ce jour, aucun jugement n’a été rendu, mais le Conseil constitutionnel pourrait être saisi pour statuer en urgence dans les cas les plus sensibles.
Poursuites pénales et avis de recherche
Toujours selon Al Akhbar, plusieurs annonces judiciaires publiées par le tribunal de Zahleh et de la région du Metn concernent des convocations pénales visant des personnes introuvables. Ces avis incluent des affaires de droit commun, comme des détournements de fonds, des agressions et des non-paiements de créances. Ils témoignent du volume élevé d’affaires pendantes devant les juridictions de première instance, aggravé par le sous-effectif chronique des greffes et les retards dans la signification des convocations judiciaires.
Société : pénurie d’emplois publics, syndicalisme en mouvement et défis sociaux persistants
Administration publique : crise de recrutement chronique
Dans un dossier publié par Nahar (27 mai 2025), le journaliste Abbas Sabbagh revient sur l’état de la fonction publique libanaise, en soulignant le grave déficit en personnel depuis 2019. Ce manque est attribué au gel des embauches imposé par la loi budgétaire consécutive à l’adoption de la nouvelle grille des salaires en 2017. Plusieurs centaines de postes dans les catégories A et B restent vacants, rendant les administrations publiques incapables de suivre les exigences croissantes, notamment en matière de transition numérique et de services citoyens.
Le Conseil du service civil publie régulièrement des appels d’offres pour pourvoir certains postes spécifiques, mais le décalage entre les annonces et les besoins réels est manifeste. Le journal critique aussi l’existence persistante de “postes fantômes” et de pratiques de contournement qui affaiblissent la transparence administrative.
Mobilisation syndicale : élections au sein de la CNSS et du transport aérien
Deux échéances électorales syndicales importantes ont été annoncées. Al Bina’ (27 mai 2025) rapporte que les élections du conseil exécutif du Fonds national de la sécurité sociale (CNSS) auront lieu le 19 juin 2025. Cette échéance est perçue comme stratégique dans un contexte de réforme potentielle de la gouvernance de la CNSS et de ses prestations.
Par ailleurs, le syndicat du transport aérien a convoqué ses membres à voter le 16 juin pour élire un nouveau bureau exécutif. Cette initiative s’inscrit dans un effort de relance de l’activité syndicale, en particulier après les difficultés traversées par le secteur durant la crise sanitaire et les restrictions aéroportuaires des années précédentes.
Conditions sociales au Sud : les oubliés du développement
Dans Al Liwa’ (27 mai 2025), un reportage consacré à la situation des habitants du Sud met en lumière une marginalisation persistante. Plusieurs villages souffrent d’un accès insuffisant aux services de base : écoles dégradées, absence d’infrastructures sportives, réseau d’eau défectueux. Les journalistes évoquent le sentiment d’abandon ressenti par les populations, malgré les promesses faites par les représentants locaux lors des campagnes électorales.
Ce constat est confirmé par Al Akhbar (27 mai 2025), qui ajoute que la faible mobilisation de certaines collectivités locales résulte de l’absence de financement de la part de l’État central et du gel de nombreux projets d’aménagement approuvés mais non exécutés depuis 2021.
Scolarité et accès à l’université : la barrière des coûts
Dans une chronique culturelle de Nahar (27 mai 2025), l’université libanaise américaine (LAU) a organisé une conférence sur les perspectives d’insertion professionnelle et l’avenir des jeunes diplômés. Le ministre d’État aux Technologies et à l’Intelligence Artificielle, Kamel Chahade, a insisté sur la nécessité d’investir dans des filières innovantes pour offrir aux jeunes des débouchés en dehors du secteur public saturé. Néanmoins, le coût croissant des frais universitaires constitue un frein pour une majorité d’étudiants, surtout dans les universités privées, dont les bourses sont devenues plus sélectives depuis la crise monétaire de 2019.
Culture : renaissance artistique et agenda culturel foisonnant
Théâtre et introspection : la scène libanaise à l’épreuve du réel
Dans Nahar (27 mai 2025), un portrait est consacré à la metteuse en scène libanaise Aïcha Ayach, qui poursuit la tournée de sa pièce “طرف خيط” dans divers centres culturels de Beyrouth. Issue du programme d’accompagnement “كواليس زقاق” lancé en 2024, cette œuvre est décrite par Ayach comme une tentative de “théâtre-thérapie”, qui mêle introspection personnelle et mémoire collective. L’artiste y explore le traumatisme générationnel en contexte post-crise, soulignant que “le théâtre est devenu un chemin de guérison autant individuel que communautaire”.
Le spectacle, salué pour son approche hybride entre monologue et narration fragmentée, reflète les tendances actuelles du théâtre libanais : moins institutionnel, plus expérimental, et résolument ancré dans le vécu social.
L’art visuel engagé : “Palestriniennes” et le retour de l’affiche politique
Al Bina’ (27 mai 2025) évoque l’ouverture du festival “فلسطينيات” au centre culturel Al-Madina. Ce programme regroupe une exposition d’affiches de cinéma palestinien et une série de lectures poétiques. Parmi les pièces phares, on trouve une reproduction de la fameuse affiche de “Return to Haifa”, et des créations originales évoquant la Nakba, les luttes diasporiques et la symbolique du keffieh. L’événement est présenté comme une réponse artistique à la montée des tensions à Gaza, mettant en avant la figure de la femme résistante dans la culture visuelle palestinienne.
Université et culture : engagement académique
La Lebanese American University (LAU) a accueilli, selon Nahar (27 mai 2025), une conférence de Kamel Chahade, ministre d’État à la Technologie et à l’Intelligence Artificielle. Ce dernier y a abordé l’intersection entre culture, innovation et insertion professionnelle. L’événement, intitulé “Youth & AI”, a souligné la nécessité de rapprocher les humanités numériques des filières techniques, dans un contexte où l’employabilité des jeunes diplômés reste précaire. Le ministre a rappelé que “la culture, dans sa forme la plus large, doit irriguer la stratégie nationale d’intelligence artificielle”.
Agenda culturel : expositions, musique et festivals
Pour cette semaine du 27 mai, plusieurs événements notables sont signalés par les journaux :
- Une série de concerts de musique expérimentale au Théâtre Monnot, avec la participation de compositeurs de la diaspora libanaise (source Nahar).
- Le lancement de la Biennale de l’Art Numérique au Musée de Sursock, avec un focus sur les artistes du bassin méditerranéen.
- Une résidence artistique ouverte au public à Hammana Artist House, incluant performances, ateliers d’écriture et débats.
- Le vernissage de l’exposition photographique “Ligne verte” de Leila Tarazi, documentant les cicatrices urbaines de la guerre civile à travers des vues aériennes de Beyrouth.
- Des projections itinérantes organisées par Metropolis Cinema dans les écoles publiques de Tripoli, en partenariat avec l’UNESCO.



