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Revue de presse du 3/09/25: tensions autour de la mise en œuvre du plan de l’armée sur la souveraineté de l’État

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Le débat sur la souveraineté de l’État et le rôle des armes en dehors des institutions officielles continue d’alimenter l’agenda politique libanais. En ce début de septembre 2025, la principale actualité relayée par la presse nationale se concentre sur la session gouvernementale prévue vendredi, consacrée à l’examen du plan de l’armée libanaise visant à centraliser l’usage de la force armée dans les mains de l’État.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par de fortes pressions internationales et régionales, des tensions internes croissantes et une polarisation persistante entre les principales formations politiques du pays. Plusieurs quotidiens insistent sur l’enjeu politique de cette session, tandis que d’autres se penchent sur les réactions du Hezbollah et du tandem chiite, sur la position du président Joseph Aoun, ou encore sur la posture du Premier ministre Nawaf Salam.

Un agenda politique miné par les dissensions

Selon Al Akhbar (3 septembre 2025), la réunion ministérielle autour du plan de l’armée s’inscrit dans un climat de tensions non dissimulées entre le pouvoir exécutif et le tandem chiite. Le quotidien souligne que cette session est perçue par une partie de la classe politique comme une tentative de Washington, avec l’appui de Riyad, d’imposer un rééquilibrage du jeu politique libanais à travers l’affaiblissement symbolique du Hezbollah.

Al Joumhouriyat (3 septembre 2025) rapporte quant à lui que le Premier ministre Nawaf Salam mène une série de consultations en coulisses pour garantir la tenue de la session et éviter toute escalade. Le journal cite des sources gouvernementales indiquant que Salam tente d’assurer un équilibre entre les partisans de la mise en œuvre stricte du plan et ceux qui souhaitent son report ou sa modification.

Ad Diyar (3 septembre 2025) met l’accent sur la symbolique de la session, en soulignant qu’elle représente un tournant potentiel dans la redéfinition du rapport entre l’État libanais et les forces armées non étatiques. Selon le journal, cette dynamique suscite de vives inquiétudes au sein du tandem chiite, lequel craint une marginalisation progressive dans les discussions sécuritaires nationales.

Le rôle central de l’armée libanaise

Plusieurs journaux, dont Nahar (3 septembre 2025), mettent en lumière la posture de l’armée libanaise. L’institution militaire, dirigée par le président Joseph Aoun, cherche à éviter la confrontation directe avec les formations politiques tout en affirmant sa légitimité à proposer un plan de sécurisation du territoire national.

Le plan proposé se veut, selon les termes d’Ad Diyar, « réaliste » et progressif. Il ne s’agit pas d’un désarmement direct, mais d’une réaffirmation de la primauté de l’État en matière d’usage légitime de la force. La session de vendredi, au cours de laquelle ce plan doit être présenté, est dès lors perçue comme une épreuve de vérité pour la capacité de l’État à assumer pleinement ses fonctions régaliennes.

Al Joumhouriyat indique que l’armée a pris soin de consulter plusieurs parties prenantes afin de construire un consensus minimal. L’objectif affiché serait d’obtenir un accord de principe sur la souveraineté de l’État, tout en laissant les modalités concrètes de mise en œuvre à des discussions futures.

Des lignes de fracture toujours vives

L’opposition du tandem chiite à une décision unilatérale du gouvernement sur cette question reste une constante. Selon Al Bina’ (3 septembre 2025), les responsables du Hezbollah insistent sur le fait qu’une telle décision, sans consultation préalable et sans prise en compte des considérations sécuritaires régionales, serait interprétée comme un acte hostile.

Al Liwa’ (3 septembre 2025) note que le président de la Chambre, Nabih Berri, continue de jouer un rôle d’intermédiaire en vue de désamorcer les tensions. Il chercherait à promouvoir une approche fondée sur la négociation différée : reconnaissance de principe de la souveraineté de l’État, mais report de la mise en œuvre concrète à une phase ultérieure.

Pour sa part, Al Sharq (3 septembre 2025) relève une évolution importante dans la posture présidentielle. Le président Joseph Aoun aurait affirmé, lors d’une réunion avec des conseillers, que le Liban ne pouvait plus se permettre de maintenir une situation de dualité sécuritaire. Il aurait insisté sur la nécessité d’afficher un engagement clair envers les partenaires internationaux du pays.

Un consensus difficile mais stratégique

Les journaux Nida’ Al Watan (3 septembre 2025) et Al Sharq Al Awsat (3 septembre 2025) soulignent les pressions diplomatiques exercées sur Beyrouth. Les chancelleries occidentales, en particulier les ambassades des États-Unis, de la France et de l’Allemagne, auraient multiplié les contacts avec les autorités libanaises pour encourager la tenue d’un débat « structurant » sur le monopole de la violence légitime.

Dans ce contexte, le rôle de médiation joué par les émissaires étrangers, notamment l’envoyée américaine Morgan Ortagus et le diplomate français Jean-Yves Le Drian, semble déterminant. Leurs initiatives visent à éviter une rupture du consensus politique minimal qui permet aujourd’hui au Liban de maintenir une fragile stabilité.

Enfin, Al 3arabi Al Jadid (3 septembre 2025) évoque les risques d’embrasement si la session gouvernementale débouche sur une décision imposée sans consensus. Le journal parle d’une situation « inflammable » où la moindre erreur pourrait précipiter une crise politique majeure.

Politique locale : crispations autour de la gouvernance et de la question sécuritaire

La scène politique libanaise demeure profondément polarisée à l’approche de la session cruciale du Conseil des ministres prévue vendredi 5 septembre 2025. Le principal point à l’ordre du jour, à savoir l’examen du plan de l’armée libanaise visant à encadrer l’usage des armes en dehors du giron étatique, ravive les divisions internes et met à nu les tensions entre les principales forces politiques du pays.

Le plan de l’armée au cœur d’un bras de fer institutionnel

Selon Al Joumhouriyat (3 septembre 2025), l’initiative présentée par le président de la République, Joseph Aoun, en étroite coordination avec le Premier ministre Nawaf Salam, vise à formaliser le principe de la souveraineté exclusive de l’État sur les armes. Le plan doit être débattu en Conseil des ministres dans un climat d’extrême tension, exacerbé par les réactions virulentes du tandem chiite et des formations alliées.

Le journal souligne que des contacts ont été établis entre la présidence, le président du Parlement Nabih Berri, et la direction du Hezbollah, en vue d’apaiser les tensions et éviter que la session ne se transforme en crise gouvernementale. Cependant, les négociations semblent achopper sur le refus du tandem chiite de discuter du désarmement sans engagement préalable d’Israël à respecter ses obligations sur le front sud.

Nawaf Salam dans une position d’équilibriste

Al Sharq (3 septembre 2025) décrit la posture du Premier ministre Nawaf Salam comme délicate. Ce dernier chercherait à maintenir une forme d’équilibre entre les exigences internationales de souveraineté et la nécessité de préserver la stabilité politique intérieure. Son insistance sur l’examen du plan en Conseil des ministres, sans vouloir différer la discussion, a été interprétée par certains partis comme un alignement sur les pressions occidentales.

D’après Ad Diyar (3 septembre 2025), Salam s’appuie sur un soutien discret mais ferme du président Aoun, qui considère que le moment est venu pour l’État libanais d’affirmer son autorité. Cette dynamique a été alimentée par les récentes visites de diplomates européens et américains à Beyrouth, qui ont encouragé les autorités à prendre des mesures symboliques fortes pour renforcer la légitimité de l’État.

Un front politique fragmenté

La question du plan de l’armée divise profondément les partis politiques. Al Liwa’ (3 septembre 2025) note que le Courant patriotique libre (CPL) a exprimé des réserves quant à la temporalité de la discussion, appelant à un consensus élargi avant toute décision. Le Parti socialiste progressiste (PSP), pour sa part, a salué l’initiative, tout en mettant en garde contre une instrumentalisation politique de l’institution militaire.

Du côté des Forces libanaises, la position est plus tranchée. Selon Al Akhbar (3 septembre 2025), le parti de Samir Geagea a publiquement soutenu la démarche du président et du gouvernement, estimant que « l’heure est venue de mettre un terme à la dualité des armes au Liban ».

En revanche, les formations proches du Hezbollah dénoncent ce qu’elles perçoivent comme une tentative d’isolement et de marginalisation. Al Bina’ (3 septembre 2025) relaie la position officielle du parti chiite, selon laquelle « la priorité doit rester la résistance à l’ennemi israélien » et toute discussion sur le désarmement ne peut avoir lieu « que dans le cadre d’un dialogue national global ».

La stratégie présidentielle en question

Le positionnement du président Joseph Aoun est particulièrement scruté. Al Sharq Al Awsat (3 septembre 2025) indique que ce dernier considère cette séquence politique comme une opportunité de consolider son autorité institutionnelle. En assumant l’initiative sur un dossier aussi sensible, il entend marquer son empreinte sur le mandat, quelques mois après son élection.

Nahar (3 septembre 2025) ajoute que l’Élysée suit de près l’évolution de la situation, et que le président Aoun aurait informé l’envoyé français Jean-Yves Le Drian de sa détermination à maintenir le cap, tout en restant ouvert à des ajustements tactiques visant à éviter une explosion politique.

Un risque de blocage institutionnel ?

L’impasse reste néanmoins possible. Nida’ Al Watan (3 septembre 2025) rapporte que les ministres proches du tandem chiite menacent de boycotter la session si celle-ci ne prévoit pas l’ajout d’autres points à l’ordre du jour, permettant de « diluer » le dossier de la souveraineté sécuritaire. En retour, le camp présidentiel envisage de convoquer une session restreinte, en se fondant sur la majorité simple du quorum gouvernemental.

Al 3arabi Al Jadid (3 septembre 2025) évoque une « polarisation sans précédent » depuis les événements d’octobre 2022. Le journal parle d’un retour du spectre du blocage politique, avec en toile de fond une possible reconfiguration des alliances parlementaires si la crise s’enlise.

Citation et discours des personnalités politiques : entre légitimation institutionnelle et tensions partisanes

En ce début septembre 2025, les principales figures politiques libanaises multiplient les déclarations publiques autour de la session gouvernementale imminente, qui doit aborder le plan proposé par l’armée sur la centralisation du port d’armes. Le débat sécuritaire devient ainsi le vecteur privilégié d’un affrontement discursif où chaque acteur tente de consolider sa légitimité auprès de son électorat tout en influençant l’issue des tractations gouvernementales.

Joseph Aoun : cap sur la souveraineté de l’État

Dans les articles d’Al Akhbar (3 septembre 2025) et Al Joumhouriyat (3 septembre 2025), le président de la République Joseph Aoun affirme avec constance la nécessité de faire prévaloir le rôle de l’État. Il déclare que « l’État ne peut plus fonctionner sous la contrainte de structures armées parallèles » et insiste sur l’importance d’un consensus national pour légitimer l’action sécuritaire.

Selon Nahar (3 septembre 2025), Joseph Aoun aurait également affirmé, dans un cadre restreint, que « la communauté internationale attend un signal fort de la souveraineté libanaise », laissant entendre que la crédibilité de Beyrouth sur la scène diplomatique est en jeu.

Nawaf Salam : une posture technocratique et constitutionnelle

Le Premier ministre Nawaf Salam, tel que cité par Al Sharq (3 septembre 2025), rappelle que « le Conseil des ministres est le lieu légitime de toutes les décisions d’État » et rejette toute tentative de boycott ou de blocage institutionnel. Il souligne qu’« il ne s’agit pas de confronter, mais de débattre d’un principe fondamental : celui du monopole étatique de la force ».

Ad Diyar (3 septembre 2025) rapporte que Salam aurait refusé de retirer la question de l’ordre du jour malgré les demandes pressantes de certains ministres, affirmant : « Il n’y a pas de souveraineté partagée. Il y a un État ou il n’y en a pas. »

Naim Kassem : la continuité dans la rhétorique de la résistance

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, dans une déclaration relayée par Al Bina’ (3 septembre 2025), insiste sur le fait que « la résistance reste un pilier de la souveraineté libanaise face à l’agression israélienne permanente ». Il ajoute que « ceux qui veulent retirer les armes de la résistance servent un agenda étranger au détriment de la sécurité du pays ».

Selon ce même journal, Kassem accuse certaines forces politiques de « céder aux diktats des ambassades » et de vouloir « instrumentaliser l’armée à des fins politiques », tout en affirmant que le Hezbollah est prêt à discuter dans un cadre de dialogue national, mais pas sous pression.

Nabih Berri : l’appel à l’équilibre et au report

Le président du Parlement Nabih Berri joue, selon Al Liwa’ (3 septembre 2025), le rôle du médiateur. Il aurait déclaré que « toute décision sur un sujet aussi fondamental que le port d’armes doit résulter d’un consensus et non d’un vote à majorité », ajoutant que « la précipitation ne peut qu’aggraver les fractures nationales ».

Dans Al Sharq Al Awsat (3 septembre 2025), Berri précise qu’il soutient « toute mesure qui renforce l’État », mais refuse que cela se fasse « au détriment des équilibres communautaires et sans un dialogue sérieux ».

Les figures secondaires en ordre dispersé

Plusieurs personnalités politiques interviennent également dans le débat. Selon Al 3arabi Al Jadid (3 septembre 2025), le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, s’est dit « favorable au principe de la souveraineté armée de l’État », mais a exigé « des garanties politiques » quant à l’absence de représailles contre la communauté chiite.

De son côté, Samir Geagea, leader des Forces libanaises, a réitéré que « le Hezbollah doit rendre les armes pour permettre au Liban de redevenir un État normal ». Al Akhbar cite Geagea affirmant que « tant que le Liban aura deux armées, il n’aura pas de pays ».

Walid Joumblatt, cité dans Nida’ Al Watan (3 septembre 2025), appelle à « éviter les postures idéologiques » et préconise « un dialogue réaliste pour préserver l’unité nationale tout en réaffirmant le rôle central de l’État ».

Diplomatie : pressions internationales croissantes sur le Liban autour de la souveraineté sécuritaire

La question de la souveraineté sécuritaire au Liban, portée par le plan de l’armée visant à encadrer le port d’armes, dépasse désormais les cercles nationaux pour s’inscrire au cœur de l’agenda diplomatique. Depuis plusieurs semaines, la communauté internationale, en particulier les chancelleries occidentales, accentue ses pressions sur Beyrouth afin que le gouvernement affirme clairement son autorité sur l’usage de la force armée.

Cette pression, si elle se fait parfois discrète, n’en est pas moins structurée et multilatérale, comme en témoignent les récents déplacements et interventions des diplomates étrangers à Beyrouth, et les déclarations relayées par la presse nationale.

Les ambassadeurs occidentaux en action

Selon Nahar (3 septembre 2025), l’ambassadrice des États-Unis à Beyrouth aurait rencontré séparément le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam pour réaffirmer le soutien de Washington à un Liban « souverain, pacifié et respectueux de l’État de droit ». Elle aurait insisté sur la nécessité pour le gouvernement libanais de « prendre des décisions claires sur la question du monopole de la violence légitime », tout en assurant que les États-Unis continueront à appuyer l’armée libanaise.

Al Sharq (3 septembre 2025) rapporte que les ambassadeurs de France, d’Allemagne et de Grande-Bretagne ont également effectué des visites diplomatiques concertées auprès des plus hauts responsables de l’État libanais. Les diplomates européens auraient souligné que la mise en œuvre du plan de l’armée représenterait un signal fort en faveur de la stabilité du pays, notamment dans la perspective du soutien économique promis au Liban par le Fonds monétaire international et l’Union européenne.

Le rôle actif de la France

Al 3arabi Al Jadid (3 septembre 2025) consacre une analyse détaillée à l’activisme diplomatique français. Le journal indique que l’envoyé spécial de l’Élysée, Jean-Yves Le Drian, serait en contact téléphonique régulier avec le président Aoun. Il aurait salué, lors de leur dernier échange, l’initiative de l’armée libanaise, la considérant comme « une étape indispensable dans la reconstruction d’un État fort ».

Selon Al Joumhouriyat (3 septembre 2025), l’ambassade de France aurait également multiplié les réunions avec les partis politiques influents, y compris ceux opposés à la centralisation des armes. L’objectif serait d’encourager un compromis autour d’une déclaration gouvernementale symbolique, sans imposer de mesures coercitives immédiates.

L’Arabie saoudite et la ligne dure

Nida’ Al Watan (3 septembre 2025) évoque la position plus tranchée de l’Arabie saoudite. Selon le journal, l’ambassadeur saoudien aurait clairement indiqué que Riyad attendait du gouvernement libanais un engagement public contre la prolifération des armes en dehors des structures étatiques. Cette condition serait jugée essentielle pour toute reprise significative de l’aide saoudienne, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Ad Diyar (3 septembre 2025) affirme que l’ambassade saoudienne est en contact régulier avec les Forces libanaises et le Parti Kataëb, deux formations qui soutiennent pleinement l’application du plan de l’armée. Cette proximité pourrait renforcer le pôle politique favorable à une ligne dure vis-à-vis du Hezbollah.

Les réactions de l’Iran et de ses alliés

Face à cette mobilisation diplomatique occidentale, l’Iran adopte une posture attentiste mais ferme. Al Bina’ (3 septembre 2025) rapporte les propos du chargé d’affaires iranien à Beyrouth, selon lesquels « les tentatives de certains pays d’imposer des solutions au peuple libanais sont vouées à l’échec ». Il aurait rappelé que « la résistance est un choix libanais, pas une injonction extérieure », réaffirmant ainsi la légitimité du Hezbollah aux yeux de Téhéran.

Le journal souligne également que l’ambassade iranienne a intensifié ses échanges avec le bloc parlementaire du tandem chiite, en vue de coordonner une riposte diplomatique si le gouvernement libanais adoptait une décision contraire aux intérêts du Hezbollah.

Les Nations unies en appui discret

Enfin, Al Sharq Al Awsat (3 septembre 2025) fait état d’un soutien discret mais réel des Nations unies à la démarche du président Aoun. La coordinatrice spéciale du Secrétaire général pour le Liban aurait salué l’initiative de l’armée comme « un pas important vers l’application de la résolution 1701 », tout en appelant à éviter toute escalade.

Le journal rapporte qu’un groupe de travail conjoint entre l’armée libanaise et le département des affaires politiques de l’ONU a été mis en place pour suivre l’évolution de la situation. Il aurait pour mandat d’évaluer l’impact sécuritaire d’un éventuel changement d’équilibre interne au Liban.

Politique internationale : tensions géopolitiques et reconfigurations régionales

La presse libanaise datée du 3 septembre 2025 relaie une actualité internationale dominée par l’intensification des rivalités géopolitiques entre puissances mondiales, les développements sécuritaires au Moyen-Orient, et les efforts diplomatiques à l’échelle des Nations unies. Ces dynamiques externes, bien que souvent analysées depuis une perspective régionale, dessinent les contours d’un ordre mondial en mutation, marqué par des tensions croissantes et des alliances mouvantes.

Washington face à Pékin et Moscou : la rivalité stratégique s’intensifie

Selon Al Sharq Al Awsat (3 septembre 2025), les tensions entre les États-Unis et la Chine s’accentuent autour de la question de Taïwan et du renforcement militaire de Pékin en mer de Chine méridionale. Le quotidien cite des sources diplomatiques américaines affirmant que l’administration Trump, réélue en 2024, envisage de déployer de nouvelles capacités navales dans la région, en coordination avec le Japon et l’Australie.

Parallèlement, les relations russo-américaines demeurent tendues. Al Bina’ (3 septembre 2025) rapporte que Moscou a qualifié de « provocation majeure » la dernière série de sanctions américaines visant des entreprises du complexe militaro-industriel russe. Le Kremlin accuse Washington de chercher à relancer une nouvelle guerre froide en Europe de l’Est, notamment à travers le soutien accru à l’Ukraine et à la Moldavie.

Le même journal note également un rapprochement tactique entre la Russie et la Chine, illustré par des exercices militaires conjoints en Asie centrale. Ce front stratégique sino-russe serait, selon plusieurs analystes cités, une réponse directe à la doctrine d’« encerclement stratégique » mise en œuvre par les États-Unis depuis le retour de Trump au pouvoir.

Moyen-Orient : conflits persistants et diplomatie régionale active

Le contexte régional du Moyen-Orient reste fortement instable. Al 3arabi Al Jadid (3 septembre 2025) consacre une large couverture à la situation sécuritaire en Syrie, où des affrontements intenses ont repris dans la région d’Idleb entre les forces gouvernementales et des groupes armés soutenus par Ankara. Le quotidien évoque une possible escalade entre la Turquie et la Russie, dont les positions divergent sur la gestion du nord syrien.

En Irak, la presse rapporte une recrudescence des attaques contre les bases américaines dans la région d’Erbil. Nahar (3 septembre 2025) cite des sources militaires indiquant que les États-Unis envisagent de revoir leur posture sécuritaire en Irak, sans pour autant annoncer un retrait total. Cette situation renforce les inquiétudes sur la pérennité de la présence occidentale dans la région.

Al Joumhouriyat (3 septembre 2025) évoque par ailleurs les efforts diplomatiques de l’Égypte pour relancer un dialogue interpalestinien. Le Caire chercherait à réconcilier le Hamas et le Fatah en vue d’une nouvelle feuille de route électorale, soutenue discrètement par la Ligue arabe et plusieurs chancelleries européennes.

Nations unies : sécurité, multilatéralisme et réformes

Sur le plan multilatéral, plusieurs sources dont Al Akhbar (3 septembre 2025) rapportent que l’Assemblée générale des Nations unies discute actuellement d’une réforme du Conseil de sécurité. L’objectif serait d’élargir la représentation régionale, notamment à l’Afrique et à l’Amérique latine, dans un contexte où le multilatéralisme est en perte de vitesse face aux logiques de blocs.

Le projet de résolution présenté par le Brésil et l’Afrique du Sud, avec l’appui de l’Inde, propose l’ajout de six sièges permanents sans droit de veto. Les États-Unis et la Chine se montrent sceptiques, tandis que la France s’est déclarée « ouverte à une réforme équilibrée du système onusien », selon Al Sharq (3 septembre 2025).

D’autres discussions à New York portent sur la situation au Yémen, où l’ONU tente de réactiver les négociations de paix entre les Houthis et le gouvernement soutenu par Riyad. Nida’ Al Watan (3 septembre 2025) signale que les envoyés onusiens rencontrent des obstacles majeurs liés à la fragmentation du terrain militaire et à l’ingérence croissante de groupes armés transnationaux.

Économie : instabilité monétaire persistante et attentes autour des réformes structurelles

Au 3 septembre 2025, l’économie libanaise continue de naviguer dans une zone de grande turbulence. Malgré quelques annonces gouvernementales sur des réformes à venir, la situation reste dominée par une volatilité monétaire persistante, un ralentissement des investissements et des inquiétudes croissantes liées à l’absence de mise en œuvre effective du plan de redressement. La presse nationale met en lumière les tensions autour de la politique de change, les limites de l’action de la Banque du Liban, et les attentes vis-à-vis du gouvernement et de ses partenaires internationaux.

Taux de change et politique monétaire : la livre toujours instable

Selon Al Liwa’ (3 septembre 2025), la livre libanaise connaît de nouvelles fluctuations sur le marché parallèle, oscillant entre 91 000 et 94 000 livres pour un dollar. Cette instabilité est attribuée à l’absence de décisions structurelles du gouvernement et au ralentissement des transferts des expatriés depuis la mi-août. Le journal note que ces variations aggravent l’incertitude des acteurs économiques et compromettent les opérations commerciales de base, notamment dans les secteurs de l’importation de matières premières.

Ad Diyar (3 septembre 2025) évoque les interventions limitées de la Banque du Liban. Sous la direction de Karim Souaid, l’institution a choisi de réduire ses injections de dollars sur le marché pour préserver ses réserves restantes. Cette stratégie, jugée nécessaire, accroît néanmoins la pression sur les acteurs économiques les plus fragiles. Le journal souligne que le gouverneur mise sur une stabilisation à moyen terme si des réformes budgétaires sont enclenchées rapidement.

Pression sur les prix et absence de régulation efficace

Al Sharq (3 septembre 2025) se fait l’écho des difficultés rencontrées par les ménages face à la flambée des prix. Les hausses les plus marquées sont relevées dans les secteurs de l’alimentation, du carburant et des fournitures scolaires à l’approche de la rentrée. Le journal note que les mécanismes de contrôle des prix restent largement inefficaces, faute de moyens logistiques et humains, mais aussi en raison de la corruption qui persiste dans certains circuits de distribution.

Selon Nahar (3 septembre 2025), des représentants du ministère de l’Économie reconnaissent l’incapacité actuelle à mettre en œuvre un encadrement réel des marges de profit. Ils plaident pour une loi d’urgence autorisant des contrôles renforcés, mais celle-ci est toujours bloquée au Parlement en raison de divergences partisanes sur son application.

Réformes en suspens et attentes du FMI

Al Akhbar (3 septembre 2025) revient sur les engagements pris par le gouvernement de Nawaf Salam vis-à-vis du Fonds monétaire international. Parmi les réformes exigées figurent la restructuration bancaire, l’audit des comptes publics, et la révision du système fiscal. Or, aucune de ces mesures n’a été mise en œuvre de façon concrète à ce jour. Le journal rapporte que le FMI a récemment adressé une note de rappel au gouvernement libanais, conditionnant toute reprise des discussions à des actes tangibles.

D’après Al Joumhouriyat (3 septembre 2025), l’exécutif envisage d’inscrire à l’ordre du jour de la session gouvernementale de la semaine prochaine une première lecture du projet de loi sur la levée du secret bancaire. Mais plusieurs ministres émettent des réserves, jugeant la loi prématurée en l’absence d’accord global sur la restructuration du secteur financier.

Secteurs productifs en souffrance

Le tissu productif libanais continue de se contracter. Al Sharq Al Awsat (3 septembre 2025) décrit une situation critique dans le secteur industriel, notamment celui du textile et de la mécanique légère. Le coût élevé des importations de pièces détachées, combiné à la rareté des financements, freine toute relance. L’article cite plusieurs entrepreneurs expliquant qu’ils n’ont plus accès aux lignes de crédit nécessaires pour couvrir leurs besoins de production.

Dans le domaine agricole, Nida’ Al Watan (3 septembre 2025) évoque une baisse significative des récoltes en raison du coût élevé des engrais importés. Le journal rapporte les propos d’un syndicat d’agriculteurs selon lesquels « la survie de l’agriculture familiale est menacée » sans mécanisme d’aide publique rapide.

Budget public, dette et déficit

Enfin, plusieurs journaux, dont Al Bina’ (3 septembre 2025), rappellent que le budget 2025 n’a toujours pas été voté. Les discussions butent sur la question de la répartition des charges fiscales, notamment entre les secteurs public et privé. En l’absence d’un budget voté, l’État fonctionne par douzièmes provisoires, ce qui limite fortement les capacités d’action des ministères, y compris dans des secteurs clés comme la santé et l’éducation.

L’endettement public reste quant à lui élevé, avec un ratio dette/PIB estimé à plus de 170 % selon des sources proches du ministère des Finances. Les tentatives de restructuration de la dette extérieure sont suspendues, dans l’attente de la reprise des négociations avec les bailleurs internationaux.

Justice : inertie institutionnelle et résurgence de dossiers sensibles

Le fonctionnement du système judiciaire libanais reste marqué par une profonde inertie institutionnelle, alimentée par des interférences politiques constantes, un sous-financement chronique, et l’absence de volonté politique pour faire avancer les grandes affaires en cours. Au 3 septembre 2025, la presse libanaise aborde, en filigrane, plusieurs dossiers sensibles, en particulier ceux liés à la lutte contre la corruption, aux crimes financiers, et aux blocages des nominations judiciaires. Les faits divers violents occupent également une place notable, traduisant un climat d’impunité préoccupant.

Paralysie de la hiérarchie judiciaire

Selon Al Liwa’ (3 septembre 2025), la situation administrative au sein du Conseil supérieur de la magistrature reste bloquée. Plusieurs nominations clés, notamment à la tête de la Cour de cassation et des chambres pénales, sont gelées depuis des mois en raison de désaccords politiques. Le journal souligne que cette paralysie empêche l’avancement de nombreux dossiers, y compris ceux liés à des crimes économiques de grande ampleur.

Al Sharq Al Awsat (3 septembre 2025) rapporte que le ministère de la Justice travaille sur une proposition de réforme visant à instaurer un mécanisme de nomination indépendant du pouvoir politique. Cependant, le texte, soutenu par une partie des magistrats, rencontre une vive opposition au sein du Parlement, notamment du bloc loyaliste qui refuse toute modification du système actuel sans contreparties.

Affaires de corruption : l’enlisement judiciaire

Plusieurs dossiers liés à la corruption n’ont pas connu d’évolution significative. Al Joumhouriyat (3 septembre 2025) fait état du blocage de l’affaire des détournements de fonds publics au sein du ministère des Travaux publics, impliquant des entreprises liées à des figures politiques connues. Les procédures engagées depuis fin 2023 sont suspendues depuis plus de six mois, faute de coopération interinstitutionnelle.

D’après Nahar (3 septembre 2025), le juge d’instruction chargé du dossier a exprimé dans un rapport interne son « impuissance à poursuivre le travail judiciaire en l’absence de garanties de protection », laissant entendre des pressions politiques exercées à son encontre. Cette situation relance le débat sur la nécessité d’un statut protecteur pour les juges impliqués dans les affaires sensibles.

Crimes économiques et laxisme procédural

Al Akhbar (3 septembre 2025) revient sur l’enquête portant sur un réseau de fraude bancaire actif entre 2020 et 2023. Malgré des éléments tangibles fournis par la Commission spéciale d’enquête financière, les procédures restent en phase préliminaire. Le journal dénonce le « laxisme délibéré » du parquet général, soupçonné de temporiser pour éviter des répercussions politiques, certains accusés étant liés à des responsables gouvernementaux.

Nida’ Al Watan (3 septembre 2025) signale que les autorités monétaires et judiciaires ne se sont toujours pas coordonnées pour permettre un audit croisé des comptes bancaires visés, pourtant exigé par le Fonds monétaire international. Ce retard compromet l’un des engagements du Liban dans le cadre des réformes exigées par les bailleurs internationaux.

Faits divers et montée de la violence

La couverture médiatique fait également état d’une série de faits divers violents. Al Bina’ (3 septembre 2025) évoque une recrudescence des agressions dans plusieurs régions, notamment au Akkar et dans la banlieue sud de Beyrouth. Le journal cite les chiffres du ministère de l’Intérieur, qui relèvent une hausse de 15 % des homicides depuis le début de l’année, dont une grande partie liée à des règlements de comptes ou des conflits familiaux.

Ad Diyar (3 septembre 2025) rapporte un double meurtre perpétré dans la région de Zahlé, lié à un différend foncier. L’enquête, confiée à la police judiciaire de la Békaa, aurait été freinée par l’intervention de personnalités locales influentes, illustrant une nouvelle fois les entraves systémiques au travail des forces de l’ordre et de la justice.

Société : crise sociale aiguë sur fond d’effondrement des services publics

La rentrée sociale au Liban s’effectue dans un contexte de précarité généralisée, marqué par une dégradation continue des services publics essentiels, des inégalités croissantes, et une absence de réponse structurelle des autorités. Les médias libanais du 3 septembre 2025 dressent un tableau alarmant de la situation sociale du pays, où l’éducation, la santé et la vie quotidienne sont dominées par l’urgence et la débrouille.

Rentrée scolaire sous haute tension

Selon Al Joumhouriyat (3 septembre 2025), la rentrée scolaire, prévue pour la semaine suivante, s’annonce extrêmement difficile pour les familles. Le coût des fournitures a bondi de plus de 30 % en un an, et plusieurs établissements privés augmentent leurs frais d’inscription sans encadrement officiel. Le ministère de l’Éducation a reconnu son incapacité à réguler les tarifs, invoquant « une autonomie financière des écoles » qui limite son champ d’action.

Nida’ Al Watan (3 septembre 2025) signale que plus de 40 % des élèves du privé auraient migré vers le public depuis 2021, accentuant la surcharge des établissements publics. Certains établissements, notamment dans les régions rurales, manquent encore de bancs, de cahiers et même de professeurs. Les syndicats enseignants, selon le journal, envisagent une grève si le gouvernement ne débloque pas d’urgence une enveloppe pour couvrir les frais de fonctionnement de base.

Santé : hôpitaux publics au bord de la rupture

La situation dans les hôpitaux publics fait également l’objet de plusieurs alertes. Al Liwa’ (3 septembre 2025) rapporte que plusieurs établissements médicaux publics refusent désormais d’admettre des patients faute de matériel médical. Les directeurs d’hôpitaux dénoncent le non-versement des subventions de fonctionnement depuis plus de cinq mois.

Ad Diyar (3 septembre 2025) évoque un cas précis : l’hôpital public de Baalbeck n’est plus en mesure de fournir certains traitements de base, y compris la dialyse. Le personnel médical travaille sans contrat clair ni assurance, et une vague de démissions touche les services de chirurgie et de pédiatrie. Le journal note que les syndicats médicaux exigent une intervention immédiate du ministère de la Santé, sans quoi un arrêt de travail général pourrait être envisagé.

Précarité et inégalités : un pays à plusieurs vitesses

Selon Al Sharq (3 septembre 2025), les inégalités se creusent à un rythme accéléré. Le journal cite une étude de l’Observatoire libanais des inégalités selon laquelle 62 % des ménages vivent avec moins de 4 millions de livres par mois, soit environ 45 dollars au taux du marché parallèle. Les aides sociales, notamment le programme « Aman » financé par des bailleurs internationaux, peinent à couvrir les besoins fondamentaux, en particulier dans les zones périphériques.

Nahar (3 septembre 2025) relate que de nombreuses familles dépendent désormais exclusivement des réseaux d’entraide communautaires ou religieux. L’absence de système de sécurité sociale structuré pousse une partie croissante de la population vers l’économie informelle ou l’émigration.

Mouvements sociaux et fatigue collective

Les mouvements de protestation restent épars mais réguliers. Al Akhbar (3 septembre 2025) décrit des sit-in spontanés organisés par les parents d’élèves devant plusieurs écoles publiques, réclamant des solutions immédiates pour la rentrée. Le journal observe que ces mobilisations sont moins politisées que par le passé, traduisant une fatigue générale et une perte de confiance dans les institutions.

Al 3arabi Al Jadid (3 septembre 2025) signale également des rassemblements de personnels hospitaliers à Tyr et Saïda, réclamant le paiement de salaires en retard depuis juillet. Ces mouvements demeurent pacifiques mais traduisent une exaspération croissante. Le journal souligne que l’absence de coordination entre les syndicats limite leur impact politique global.

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