Le 12 juin 2025, Israël lance l’opération « Rising Lion », ciblant des sites nucléaires et militaires iraniens à Natanz, Téhéran, Ispahan, Fordo, Arak, Kermanshah, Hamadan, Tabriz et Karaj. Environ 200 avions de combat, dont des F-15, F-16 et F-35, parcourent 1 000 à 2 000 km. Les trajectoires empruntées et le matériel mobilisé révèlent une opération complexe, marquée par des défis logistiques et géopolitiques.
Routes aériennes probables
Atteindre l’Iran depuis Israël nécessite de naviguer à travers des espaces aériens sensibles, avec des distances variant selon les cibles. Trois routes principales sont possibles, chacune présentant des contraintes spécifiques.
Route via la Syrie et l’Irak
La trajectoire la plus directe traverse la Syrie, puis l’Irak, pour atteindre l’Iran, couvrant 1 000 à 1 500 km. Des missiles israéliens survolent le Liban, notamment Tyr et la Bekaa, en direction de la Syrie, indiquant un possible transit aérien. Des frappes préliminaires neutralisent des radars syriens et irakiens, réduisant les risques de détection par les systèmes iraniens. La Syrie, affaiblie depuis 2024, offre peu de résistance, et les défenses irakiennes sont limitées. Des radars russes en Syrie et des milices pro-iraniennes en Irak constituent cependant des obstacles potentiels. L’Irak dénonce des violations de son espace aérien, confirmant l’utilisation probable de cette route.
Route via la Jordanie et l’Arabie saoudite
Une trajectoire alternative passe par la Jordanie, puis l’Arabie saoudite, pour atteindre l’Iran par le golfe Persique, sur plus de 2 000 km. La Jordanie, alliée discrète, pourrait tolérer un survol limité, mais l’Arabie saoudite s’oppose à l’utilisation de son espace aérien, craignant des représailles iraniennes sur ses infrastructures pétrolières. Cette route exige plusieurs ravitaillements en vol, augmentant la complexité logistique et l’exposition des avions. Elle évite toutefois les radars russes en Syrie.
Route via la mer Rouge et la mer d’Arabie
Une troisième option contourne le Proche-Orient par la mer Rouge et la mer d’Arabie, entrant en Iran par le sud-est, près de Bandar Abbas, sur plus de 2 500 km. Cette route évite les espaces aériens hostiles, mais nécessite quatre à cinq ravitaillements en vol, rendant les avions vulnérables à une détection prolongée. La capacité israélienne à frapper le Yémen en 2024 montre une aptitude aux longues distances, mais cette trajectoire reste improbable pour juin 2025.
Matériel militaire mobilisé
L’opération mobilise une flotte avancée et des équipements spécialisés, combinant furtivité, précision et capacités logistiques pour surmonter les défenses iraniennes et les distances importantes.
Avions de combat
- F-35I Adir :
- Nombre : Environ 50 unités, selon des estimations basées sur la flotte israélienne (39 F-35I livrés en 2024, avec des livraisons supplémentaires possibles).
- Caractéristiques : Avion furtif de 5e génération, équipé d’un radar AESA (AN/APG-81) et de systèmes de guerre électronique. Portée de 2 200 km (non ravitaillé), vitesse maximale de Mach 1,6.
- Armement : Bombes GBU-31 JDAM (2 000 livres), GBU-39 SDB (250 livres), missiles air-sol AGM-158 JASSM pour des frappes à distance. Capacité à transporter jusqu’à 8 000 kg de munitions en configuration non furtive.
- Rôle : Pénétration de l’espace aérien iranien pour frapper des sites nucléaires comme Natanz et Fordo. Les F-35I utilisent leur furtivité pour éviter les systèmes S-300 iraniens, jugés vulnérables aux technologies modernes.
- F-15I Ra’am :
- Nombre : Environ 25 unités, constituant le fer de lance des frappes lourdes.
- Caractéristiques : Avion de supériorité aérienne, portée de 3 900 km (avec réservoirs conformes), vitesse maximale de Mach 2,5. Équipé de systèmes de navigation avancés et de contre-mesures électroniques.
- Armement : Bombes pénétrantes GBU-28 (5 000 livres), conçues pour détruire des bunkers souterrains comme à Fordo. Missiles air-air AIM-120 AMRAAM pour la protection contre les chasseurs iraniens.
- Rôle : Frappes sur des installations militaires, comme les bases de missiles à Kermanshah, et escorte des F-35I.
- F-16I Sufa :
- Nombre : Environ 100 unités, formant le gros de la flotte.
- Caractéristiques : Avion multirôle, portée de 3 200 km (avec réservoirs externes), vitesse maximale de Mach 2. Équipé de systèmes de ciblage LANTIRN pour des frappes de précision nocturnes.
- Armement : Bombes guidées laser GBU-10/12, missiles air-sol AGM-65 Maverick, et kits JDAM pour des cibles durcies.
- Rôle : Attaques secondaires sur des bases radar (Karaj) et des installations d’entraînement (Nazarabad). Soutien aux F-35I et F-15I.
Avions de soutien
- Boeing 707 (reconvertis en tankers) :
- Nombre : 7 à 9 unités, selon les estimations de la flotte israélienne.
- Caractéristiques : Portée de ravitaillement de 7 400 km, capacité à transporter 90 000 kg de carburant. Équipés de perches de ravitaillement pour les F-15I, F-16I, et F-35I.
- Rôle : Ravitaillements en vol, probablement près de la Syrie ou en espace aérien international. Chaque avion de combat nécessite au moins un à deux ravitaillements pour atteindre l’Iran et revenir.
- Gulfstream G550 Eitam (AEW&C) :
- Nombre : 3 à 4 unités.
- Caractéristiques : Équipés de radars EL/W-2085 pour la détection à longue portée (jusqu’à 400 km). Fournissent une surveillance en temps réel des menaces aériennes et terrestres.
- Rôle : Coordination des frappes, détection des chasseurs iraniens (comme les MiG-29 ou F-14) et des systèmes de défense aérienne. Positionnés probablement près de la frontière syrienne.
- Drones :
- Modèles : Hermes 900, Heron TP, ou drones suicides Harop.
- Caractéristiques : Portée de 1 000 à 7 000 km (selon le modèle), équipés de capteurs électro-optiques ou de charges explosives.
- Rôle : Reconnaissance des cibles avant les frappes, attaques sur des radars secondaires, et diversion pour saturer les défenses iraniennes.
Missiles et munitions
- Missiles balistiques à longue portée :
- Type : Jericho III (estimé), portée de 4 000 à 6 500 km.
- Rôle : Lancements à distance (70-100 km de la frontière) contre des cibles fixes, comme l’installation radar de Karaj ou le site de stockage de missiles à Kermanshah.
- Caractéristiques : Précision CEP (Circular Error Probable) de 10-50 m, capacité à transporter des ogives conventionnelles ou pénétrantes.
- Bombes pénétrantes :
- Type : GBU-28 (5 000 livres), conçue pour détruire des installations souterraines.
- Rôle : Ciblage des bunkers nucléaires de Fordo, enfouis sous des montagnes. Les GBU-28 nécessitent un largage à basse altitude, souvent par des F-15I.
- Missiles air-sol :
- Type : AGM-158 JASSM, portée de 370 à 1 000 km.
- Rôle : Frappes à distance pour minimiser l’exposition des avions aux défenses aériennes iraniennes.
Contre-mesures électroniques
- Systèmes de brouillage :
- Type : Pods EL/L-8251 pour les F-16I, systèmes intégrés sur les F-35I.
- Rôle : Neutralisation des radars iraniens, comme les systèmes S-300 ou Bavar-373, en brouillant leurs fréquences.
- Leurres :
- Type : Flares et chaff largués par les avions pour tromper les missiles à guidage infrarouge ou radar.
- Rôle : Protection contre les défenses aériennes iraniennes lors de la pénétration de l’espace aérien.
Aspects opérationnels
Ravitaillement en vol
Les Boeing 707 tankers ont joué un rôle crucial, chaque avion de combat nécessitant un à deux ravitaillements pour couvrir la distance aller-retour. Les opérations se sont probablement déroulées près de la Syrie ou en espace aérien international, minimisant les risques d’interception. Les tankers, vulnérables aux missiles sol-air, étaient protégés par des F-15I équipés de missiles AIM-120.
Attaques préliminaires
Des frappes initiales ont visé des radars syriens et irakiens pour créer un corridor sûr. Les drones Harop, utilisés comme leurres ou armes suicides, ont saturé les systèmes de défense, tandis que les F-35I ont ciblé des installations radar à Karaj et Nazarabad. Ces attaques ont réduit la capacité iranienne à détecter les vagues principales d’avions.
Furtivité et pénétration
Les F-35I, avec leur faible signature radar, ont pénétré l’espace aérien iranien pour des frappes précises sur Natanz et Fordo. Les F-15I et F-16I, moins furtifs, ont opéré à distance, lançant des missiles JASSM ou des bombes GBU-28. Cette combinaison a permis de contourner les systèmes S-300, vulnérables aux technologies furtives et aux contre-mesures électroniques.
Contraintes géopolitiques
Le survol du Liban, signalé à Tyr, intensifie les tensions régionales. L’Irak proteste contre les violations de son espace aérien, tandis que la Jordanie, neutre, ferme son espace aérien après les frappes. L’Arabie saoudite, craignant des représailles, s’oppose à l’utilisation de son territoire. Les États-Unis, informés, soutiennent l’interception des missiles iraniens en représailles, sans participation directe.
Approche multidirectionnelle
La route Syrie-Irak est privilégiée pour sa proximité, mais une combinaison de trajectoires est probable. Des F-35I auraient pu transiter par la Jordanie pour des diversions, tandis que des missiles ou drones survolaient le Liban. L’opération, impliquant 200 avions, suggère une stratégie coordonnée pour saturer les défenses iraniennes.
Note : Les détails précis des trajectoires et des équipements restent partiellement spéculatifs, les informations militaires étant classifiées.



