À l’approche de la haute saison touristique, les autorités libanaises multiplient les mesures de précaution visibles sur l’ensemble du territoire. Alors que le pays mise sur l’afflux attendu des expatriés et des visiteurs du Golfe et d’Europe, le renforcement sécuritaire s’intensifie, notamment autour de l’aéroport international de Beyrouth. Cette posture s’inscrit dans une stratégie plus large, mêlant volonté de relance économique et gestion anticipée des tensions potentielles.
Dispositifs renforcés : état des lieux du déploiement
Depuis plusieurs jours, une présence accrue des forces de sécurité est observable aux abords de l’aéroport. Des patrouilles sont mobilisées à toutes les heures du jour et de la nuit. Les points d’entrée et de sortie du périmètre aéroportuaire sont surveillés avec davantage de rigueur. Des dispositifs de contrôle mobiles ont également été installés sur les principales voies d’accès, de Khaldé à Hazmieh.
Ce déploiement ne se limite pas à la capitale. Des mesures similaires ont été observées sur les axes reliant Tripoli à Akkar, ainsi qu’aux points stratégiques de la Békaa. Dans le Sud, des postes fixes ont été réactivés à Tyr et à Nabatieh. Cette mobilisation, assurée par les Forces de sécurité intérieure et l’armée, vise à prévenir tout acte susceptible de perturber la saison touristique.
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Un haut responsable sécuritaire confie que ces mesures ne répondent pas à une menace immédiate, mais à un impératif de dissuasion. Il affirme que tout incident, même mineur, aurait des conséquences graves pour l’image du pays.
Transparence, sécurité, stabilité : les trois piliers du discours officiel
Le ministère de l’Intérieur a justifié ce renforcement par le triptyque transparence, sécurité et stabilité. Derrière cette déclaration, se profile une volonté d’assurer aux visiteurs comme aux citoyens que l’État anticipe les risques. Cette communication vise également à renforcer la légitimité d’un exécutif souvent accusé d’immobilisme.
Cette posture s’inscrit dans une dynamique plus large, visant à montrer que le pays reste sous contrôle malgré les tensions géopolitiques régionales. Des messages rassurants ont été adressés aux ambassades étrangères et aux agences de voyage, invitant à ne pas modifier leurs plans de déplacement.
En interne, des réunions de coordination sont tenues régulièrement entre les services de renseignement, les directions de la Sûreté Générale et les autorités régionales. Les aéroports, ports et hôtels ont été intégrés à une veille partagée, avec des cellules d’alerte activables en cas de besoin.
L’enjeu touristique : levier économique sous contrainte
La saison estivale reste l’un des rares moteurs économiques encore fonctionnels. L’an passé, les retours d’expatriés avaient permis une injection de devises estimée à plusieurs centaines de millions de dollars, selon des estimations officieuses. Les prévisions pour l’été 2025 sont optimistes : les réservations dans les hôtels de Beyrouth, Byblos et Batroun affichent des taux d’occupation de 70 % pour juillet.



