Le 20 janvier 2026, Donald Trump a franchi un nouveau cap dans sa diplomatie offensive en menaçant la France de sanctions douanières massives, suite au refus d’Emmanuel Macron de rejoindre le « Conseil de la paix ». Lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, le président américain a déclaré sans ambages : « Personne ne veut de lui de toute façon, parce qu’il va quitter ses fonctions bientôt. S’il se comporte mal, je peux imposer une taxe de 200 % sur ses vins et champagnes, et alors il rejoindra. » Cette sortie, en réponse à une question d’un journaliste sur les relations transatlantiques, met en lumière les ambitions de Washington pour imposer un nouvel ordre mondial, au détriment des structures onusiennes établies. Le « Conseil de la paix », présenté initialement comme un outil pour la reconstruction de Gaza, apparaît désormais comme un mécanisme parallèle qui érode l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU et les principes fondamentaux du droit international.
Cette menace n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une série d’initiatives américaines qui, depuis la réélection de Trump en novembre 2024, visent à remodeler les institutions internationales. Le refus français, annoncé par l’Élysée le 19 janvier 2026 via un communiqué laconique, invoque des préoccupations sur l’indépendance de ce Conseil vis-à-vis de l’ONU. Macron, dont le mandat s’achève en mai 2027, a souligné lors d’un entretien avec des conseillers, rapporté par des sources diplomatiques, que « toute nouvelle entité doit respecter la Charte des Nations unies et non la supplanter ». La riposte de Trump, qualifiée de « chantage économique » par un haut fonctionnaire européen cité anonymement, illustre une stratégie de coercition qui contourne les voies diplomatiques traditionnelles, remettant en cause les normes multilatérales ancrées depuis 1945.
Les racines d’un projet ambitieux ancré dans le plan pour Gaza
Le « Conseil de la paix », ou « Board of Peace » en anglais, émane directement du plan en 20 points pour Gaza, dévoilé par Trump en septembre 2025. Ce cadre, endossé par la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU le 17 novembre 2025, prévoyait un cessez-le-feu immédiat, une démilitarisation progressive et une reconstruction massive de l’enclave. Steve Witkoff, envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, a détaillé le 14 janvier 2026 sur les réseaux sociaux : « Nous entrons dans la phase deux, où le Conseil supervisera la transition vers une gouvernance stable, en mobilisant des ressources globales pour assurer la sécurité et le développement. »
La résolution 2803, rédigée sous impulsion américaine, mandate explicitement ce Conseil pour une durée limitée à novembre 2027, avec un focus sur Gaza. Pourtant, la charte du Conseil, révélée par le Times of Israel le 18 janvier 2026, élargit drastiquement son champ d’action. Sans mentionner Gaza, elle définit l’entité comme « une organisation internationale promouvant la stabilité, la gouvernance légitime et une paix durable dans les régions conflictuelles ou menacées ». Cette formulation vague critique implicitement l’ONU, en appelant à « un organisme plus agile et efficace que les structures actuelles, souvent paralysées par des vétos ». Des diplomates onusiens, interrogés sous couvert d’anonymat, y voient une attaque frontale contre le Conseil de sécurité, dont les vétos – notamment américains sur les questions israéliennes – ont justement bloqué des résolutions sur Gaza.
Un pouvoir centralisé qui ébranle les équilibres internationaux
La structure du Conseil accorde à Trump un contrôle sans précédent, incompatible avec les principes d’égalité souveraine énoncés dans la Charte de l’ONU. En tant que président inaugural, il dispose d’un veto absolu sur toutes les décisions, peut inviter ou exclure des membres à sa discrétion – sauf opposition des deux tiers des participants – et désigne son successeur unilatéralement. Son mandat ne s’interrompt que par démission ou incapacité validée à l’unanimité par un conseil exécutif qu’il nomme lui-même. Cette concentration de pouvoirs évoque moins une instance multilatérale qu’un directoire personnel, défiant l’article 24 de la Charte de l’ONU, qui confie la maintien de la paix au Conseil de sécurité.
Le système d’adhésion renforce cette dérive : un siège permanent requiert une contribution minimale d’un milliard de dollars en espèces la première année, destinée officiellement à la reconstruction de Gaza. Un responsable du Département d’État américain, cité par le Washington Post le 18 janvier 2026, a précisé : « Ces fonds iront directement aux projets sur le terrain, garantissant une efficacité immédiate. » Les membres temporaires, pour trois ans, échappent à cette exigence financière. Nickolay Mladenov, ancien coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a été nommé directeur général le 15 janvier 2026. Le conseil exécutif inclut Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, et Marco Rubio, secrétaire d’État américain, formant un noyau aligné sur les priorités de Washington.
Cette architecture financière transforme la diplomatie en transaction marchande, contredisant l’article 2 de la Charte de l’ONU sur l’égalité des États. Des juristes internationaux, comme ceux consultés par l’International Crisis Group, avertissent que cela pourrait créer un forum où l’influence s’achète, sapant les fondements du droit international public.
Réactions mondiales face à une initiative disruptive
Les invitations lancées le 17 janvier 2026 à plus de 60 pays, dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, ont suscité un tollé. La Russie, via Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a indiqué le 18 janvier 2026 : « Moscou examine les détails et contactera Washington pour des clarifications. » Vladimir Poutine a personnellement reçu l’invitation, selon des sources russes. La Chine, après une confirmation de son ministère des Affaires étrangères le 20 janvier 2026, étudie la proposition avec prudence, notant que « toute initiative doit respecter les principes multilatéraux ».
En Europe, les refus s’accumulent. Outre la France, l’Allemagne a exprimé des réserves le 19 janvier 2026, son ministre des Affaires étrangères déclarant : « Nous évaluerons si cela renforce ou affaiblit l’ONU. » Le Canada suit une ligne similaire. L’Union européenne, par son haut représentant, a mis en garde : « Toute nouvelle structure doit s’inscrire dans le droit international existant. » En revanche, la Hongrie et le Vietnam ont accepté, comme rapporté par PBS News le 18 janvier 2026, devenant des pionniers dans cette alliance hétéroclite.
Le Brésil et Israël n’ont pas encore répondu officiellement, mais des fuites diplomatiques suggèrent des discussions internes intenses. L’Arménie, l’Ouzbékistan et le Maroc ont manifesté un intérêt, avec des déclarations publiques le 20 janvier 2026 soulignant les opportunités économiques liées aux contributions.
Une remise en cause profonde du Conseil de sécurité
Le mandat élargi du Conseil de la paix constitue une remise en cause directe du Conseil de sécurité de l’ONU. Alors que la résolution 2803 le limite à Gaza, la charte ignore cette contrainte, ouvrant la porte à une application globale. Maya Ungar, de l’International Crisis Group, a analysé pour ABC News le 20 janvier 2026 : « C’est perçu comme un substitut au Conseil de sécurité, permettant à Trump de contourner les vétos des autres puissances. » Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réagi le 19 janvier 2026 : « Nous accueillons les efforts pour la paix, mais ils doivent adhérer à la Charte et promouvoir la coopération. »
Historiquement, le Conseil de sécurité a été critiqué pour son immobilisme, avec 12 vétos américains sur Gaza depuis octobre 2023. Mais le nouveau Conseil, sans référence à la Charte de l’ONU, risque de fragmenter l’ordre international, favorisant des coalitions ad hoc dominées par les États-Unis. Des experts en droit international, cités dans un rapport de l’Atlantic Council du 12 décembre 2025, notent que cela viole potentiellement l’article 103 de la Charte, qui prime les obligations onusiennes sur tout autre accord.
Implications économiques et géopolitiques d’une diplomatie transactionnelle
Le modèle financier du Conseil introduit une dimension mercantile inédite. Les contributions d’un milliard de dollars pour un siège permanent visent à financer Gaza, mais des analystes y voient un levier pour aligner les pays sur les intérêts américains. Un responsable anonyme du Département d’État a confié à PBS News le 18 janvier 2026 : « C’est une façon pragmatique de mobiliser des ressources pour des résultats concrets. » Pourtant, cela exclut de facto les nations moins fortunées, contredisant l’universalité du droit international.
Géopolitiquement, l’inclusion de la Russie et de la Chine pourrait recomposer les alliances. Pékin, renforçant ses liens au Moyen-Orient via la Belt and Road Initiative, voit potentiellement une opportunité de contrebalancer l’influence américaine. Le porte-parole chinois a répété le 20 janvier 2026 : « Nous étudions attentivement l’invitation. » Moscou, engagée en Ukraine, pourrait utiliser ce forum pour négocier des concessions.
Aux États-Unis, des critiques internes émergent. John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale, a tweeté le 19 janvier 2026 sur des sujets connexes, illustrant les divisions : « Les méthodes de la Maison-Blanche prouvent que c’est une question personnelle pour Trump. » Cela reflète un débat plus large sur la diplomatie unilatérale.
Avancées à Gaza au milieu des tensions persistantes
À Gaza, la phase deux du plan Trump a débuté le 14 janvier 2026 avec la nomination d’Abdel Hamid Shaath à la tête d’un comité de gouvernance de 15 membres. Taher al-Nunu, du Hamas, a déclaré au Washington Post le 15 janvier 2026 : « Nous transférerons toutes les fonctions gouvernementales, y compris la sécurité, au nouveau comité. » Israël, via le bureau de Benjamin Netanyahu, a qualifié cela de « geste déclaratif » le même jour, exigeant le retour des otages restants.
Malgré le cessez-le-feu du 10 octobre 2025, des incidents sporadiques persistent. Witkoff a réclamé le 15 janvier 2026 la restitution immédiate du dernier corps d’otage. Le déploiement d’une force internationale de sécurité reste incertain, avec peu de volontaires déclarés.
Perspectives d’extension et défis logistiques
Le Conseil pourrait s’étendre à d’autres crises, comme l’Ukraine ou le Venezuela. Des sources du Département d’État, citées par Al Jazeera le 18 janvier 2026, indiquent : « Gaza est un test ; un succès ouvrirait la voie à d’autres applications. » Cela accentue les craintes d’une érosion du droit international, où les résolutions onusiennes seraient supplantées par des arrangements bilatéraux.
La première réunion est prévue en marge du Forum de Davos fin janvier 2026. Sur les 60 invitations, les acceptations sont limitées : Hongrie, Vietnam, Ouzbékistan (le 20 janvier 2026) et Arménie. Des obstacles persistent, comme le scepticisme sur l’indépendance du Conseil.
Débats sur la légitimité et les financements
La légitimité repose sur la résolution 2803, mais la charte outrepasse ce cadre. L’International Crisis Group, le 20 janvier 2026, avertit d’une violation de l’article 24 de la Charte : « Trump s’octroie un veto illimité, marginalisant les autres membres permanents. »
Les financements posent question. La Banque mondiale n’a pas confirmé son rôle le 20 janvier 2026. Le FMI estime la reconstruction de Gaza à plus de 50 milliards de dollars (septembre 2025), rendant les contributions cruciales mais controversées.



