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Un nouveau gouverneur pour la Banque centrale du Liban avant la fin du mois?

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Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a confirmé qu’un nouveau gouverneur sera nommé à la tête de la Banque centrale du Liban (BDL) avant la fin du mois de mars 2025, dans le but d’ »assurer la continuité du travail à la banque ». Cette annonce intervient dans un contexte où le Liban cherche à stabiliser son système financier, ravagé par une crise économique débutée en 2019. « Le nouveau gouverneur doit jouir d’une bonne réputation et d’une longue expérience, être connu et avoir un historique dans le domaine financier et monétaire », a déclaré le ministre lors d’une interview. Il a également abordé la question des dépôts bancaires gelés et des créanciers, soulignant les priorités pour le futur dirigeant de la BDL.

Une nomination imminente pour la continuité

Yassine Jaber a insisté sur l’urgence de nommer un nouveau gouverneur avant la fin mars 2025, une décision visant à garantir la « continuité du travail » à la Banque centrale. Cette institution clé, qui régule la politique monétaire et supervise le secteur bancaire, fonctionne sous la direction intérimaire de Wassim Mansouri depuis le départ de Riad Salamé le 31 juillet 2023. Salamé, en poste pendant 30 ans, a quitté ses fonctions sous le poids d’accusations de corruption et d’une crise financière ayant paralysé le pays. Mansouri, premier vice-gouverneur à l’époque, a assumé l’intérim, mais la nomination d’un gouverneur permanent est restée en suspens en raison de désaccords politiques.

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Le ministre a détaillé les critères exigés pour le nouveau gouverneur : « Il doit jouir d’une bonne réputation et d’une longue expérience, être connu et avoir un historique dans le domaine financier et monétaire. » Ces qualités sont jugées essentielles dans un pays où la BDL doit restaurer la confiance après des années de politiques controversées, notamment le maintien d’un taux de change fixe jusqu’en 2019, suivi d’une dévaluation massive de la livre libanaise, qui a perdu plus de 98 % de sa valeur. Avec 80 % de la population sous le seuil de pauvreté, selon l’ONU, et 170 milliards de dollars de dépôts bancaires gelés depuis 2019, le prochain gouverneur héritera d’une institution sous pression.

Les dépôts bancaires : une priorité sans effacement

Yassine Jaber a abordé la question sensible des dépôts bancaires, un sujet brûlant depuis le début de la crise. « L’effacement des dépôts est hors de question », a-t-il affirmé, écartant toute possibilité d’une annulation pure et simple des fonds bloqués dans les banques depuis 2019. Cette position répond aux craintes des déposants, dont beaucoup ont perdu l’accès à leurs économies, alors que le système bancaire s’est effondré sous le poids d’une dette publique estimée à plus de 100 milliards de dollars en 2020.

Le ministre a souligné que « l’accent est mis sur la nomination d’un nouveau gouverneur qui présenterait un plan monétaire et traiterait la question des dépôts ». Ce plan, bien que non détaillé dans ses déclarations, devra s’attaquer à un problème structurel : les pertes massives du secteur financier, estimées à plus de 70 milliards de dollars par le gouvernement en 2022. Ces pertes découlent de décennies de dépenses excessives et de prêts accordés par la BDL à l’État, une pratique stoppée par Wassim Mansouri dès son arrivée en intérim en 2023.

Les créanciers en attente jusqu’à 2028

En ce qui concerne les créanciers des banques, Yassine Jaber a révélé que « les banques ont été instruites de reporter la question des créanciers jusqu’à près de 2028 ». Cette décision suggère une stratégie de différer la résolution des dettes extérieures, notamment les eurobonds en défaut depuis mars 2020, pour donner la priorité à la stabilisation interne. « Après avoir résolu la question des dépôts, le problème des créanciers serait réglé », a-t-il ajouté, indiquant une séquence claire dans les priorités financières du Liban.

Ce report reflète les difficultés persistantes du pays à restructurer sa dette extérieure et à négocier avec les créanciers internationaux. Un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), conclu au niveau technique en avril 2022 pour un prêt de 3 milliards de dollars, reste bloqué faute de réformes, notamment sur la restructuration bancaire et les contrôles de capitaux. Le futur gouverneur devra naviguer dans ce paysage complexe pour proposer un plan monétaire viable.

Un contexte de crise et de transition

La nomination du nouveau gouverneur intervient dans un Liban marqué par une transition politique et une crise multidimensionnelle. Joseph Aoun, élu président le 9 janvier 2025, a mis fin à plus de deux ans de vacance à la tête de l’État, tandis que Nawaf Salam dirige le gouvernement. Ces deux figures ont insisté sur le renforcement de l’autorité étatique, notamment face à Hezbollah, qui a vu son influence militaire diminuer après la guerre de 2024 contre Israël, conclue par un cessez-le-feu le 27 novembre 2024. Les États-Unis ont débloqué 95 millions de dollars pour l’armée libanaise en février 2025, signalant un soutien à la stabilisation, mais les réformes financières restent en attente.

La BDL, sous Riad Salamé, avait été critiquée pour ses politiques de « financial engineering », qui ont maintenu un taux de change artificiel jusqu’à l’effondrement de 2019. Salamé, arrêté en septembre 2024 pour des accusations d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent, a nié les faits, mais son départ a laissé un vide que Mansouri a tenté de combler en limitant les prêts à l’État. Le prochain gouverneur devra s’appuyer sur cet héritage pour élaborer un plan monétaire répondant aux attentes des déposants et des créanciers.

Une mission cruciale pour le futur gouverneur

La désignation d’un gouverneur avant la fin mars 2025 est une étape clé pour le Liban, confronté à une économie dollarisée de facto et à une inflation persistante. Yassine Jaber a fixé des exigences claires : une réputation solide et une expertise financière reconnue. Le futur dirigeant devra présenter un plan monétaire pour traiter les dépôts gelés, tout en préparant une résolution différée pour les créanciers d’ici 2028. Dans un pays où la confiance dans les institutions financières est au plus bas, cette nomination pourrait marquer le début d’une tentative de redressement, à condition que les réformes promises suivent.

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Newsdesk Libnanews
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