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Un responsable autrichien met en garde les États-Unis contre une annexion du Groenland

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Les tensions transatlantiques ont pris une tournure inattendue avec la diffusion, le 5 janvier 2026, d’une vidéo dans laquelle Günther Fehlinger-Jahn, président du Comité autrichien pour l’élargissement de l’Otan, adresse un avertissement direct aux États-Unis. Dans ce message, posté sur les réseaux sociaux et largement relayé, il affirme que toute tentative américaine d’annexer le Groenland entraînerait la confiscation de l’ensemble des bases militaires américaines en Europe. Cette déclaration intervient alors que la Maison Blanche a récemment évoqué l’utilisation possible de moyens militaires pour acquérir ce territoire arctique, ravivant des débats sur la souveraineté et les équilibres stratégiques au sein de l’Alliance atlantique.

Fehlinger-Jahn, figure connue pour ses positions fermes en faveur d’une expansion de l’Otan, réagit spécifiquement à un post de Katie Miller, podcasteuse influente et épouse de Stephen Miller, conseiller clé de l’administration Trump. Dans son intervention, il détaille les conséquences potentielles d’une telle action américaine, soulignant que l’Europe disposerait de leviers pour répondre avec fermeté. « Si vous le prenez, nous prendrons chaque base américaine, d’Aviano à Ramstein, de la Roumanie à toutes les autres bases militaires, qui seront confisquées, et vous le perdrez », déclare-t-il, en référence au Groenland. Il ajoute que l’Europe pourrait se défendre sans le bouclier nucléaire américain, sans troupes américaines sur son sol et sans les bases actuelles, qu’elle gérerait elle-même. Cette rhétorique, qualifiée d’extrême par certains observateurs, reflète une inquiétude croissante face aux déclarations de Washington sur ce territoire autonome du Royaume du Danemark.

Cette sortie n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un climat de crispations qui ont marqué les relations entre les États-Unis et leurs alliés européens depuis la réélection de Donald Trump en novembre 2024. Le président américain a réitéré à plusieurs reprises son intérêt pour le Groenland, le présentant comme une priorité de sécurité nationale pour contrer les influences adverses dans l’Arctique. Des sources officielles de la Maison Blanche ont confirmé, le 6 janvier 2026, que des discussions internes explorent diverses options, y compris l’emploi de la force militaire si nécessaire. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a précisé dans un communiqué : « Le président Trump a clairement indiqué que l’acquisition du Groenland est une priorité de sécurité nationale pour les États-Unis, vitale pour dissuader nos adversaires dans la région arctique. Le président et son équipe examinent une gamme d’options pour poursuivre cet objectif de politique étrangère important, et bien sûr, l’utilisation des forces armées américaines est toujours une option à la disposition du commandant en chef. »

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Le Groenland, avec sa superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés et sa population d’environ 56 000 habitants, majoritairement inuits, représente un enjeu géostratégique majeur. Riche en ressources minérales rares, essentielles pour les technologies vertes et les industries de défense, il abrite déjà la base aérienne américaine de Thule, établie depuis la Guerre froide. Cette présence militaire, couverte par un accord datant de 1951 entre les États-Unis et le Danemark, permet à Washington de surveiller les routes arctiques et de déployer des systèmes de détection précoce de missiles. Cependant, l’autonomie accrue du Groenland depuis 2009, avec des compétences en matière de ressources naturelles et de politique étrangère, complique toute tentative d’annexion unilatérale.

Les origines de ce différend

Les racines de cette controverse remontent à 2019, lorsque Donald Trump, lors de son premier mandat, avait publiquement exprimé son désir d’acheter le Groenland au Danemark, une proposition rejetée avec fermeté par Copenhague et Nuuk, la capitale groenlandaise. À l’époque, le Premier ministre danois Mette Frederiksen avait qualifié l’idée d’« absurde », soulignant que le territoire n’était pas à vendre. Trump avait annulé une visite d’État au Danemark en représailles, marquant un premier refroidissement des relations. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, l’administration Trump a intensifié son discours, liant l’acquisition du Groenland à la deterrence face à la Russie et à la Chine, qui étendent leur influence dans l’Arctique.

En 2025, plusieurs événements ont exacerbé les tensions. En février, des rapports du Pentagone ont mis en lumière l’importance croissante des routes maritimes arctiques, libérées par la fonte des glaces due au changement climatique, pour le commerce mondial et les opérations militaires. La Chine, via son initiative « Route de la soie polaire », a investi dans des projets d’exploration minière au Groenland, signant des accords avec des entreprises locales pour l’extraction de terres rares. La Russie, de son côté, a renforcé sa présence militaire avec des bases modernisées et des exercices navals dans la région. Face à ces développements, les États-Unis ont accru leurs investissements à Thule, incluant des mises à niveau des radars et des infrastructures pour accueillir des sous-marins nucléaires.

Le 3 janvier 2026, le post de Katie Miller, montrant une carte du Groenland recouverte du drapeau américain avec la légende « Bientôt », a servi de catalyseur. Ce message, vu par des millions d’utilisateurs sur les réseaux sociaux, a été perçu en Europe comme une provocation officielle, bien que Miller ne soit pas une porte-parole gouvernementale. Stephen Miller, son époux et deputy chief of staff for policy, a déclaré lors d’une interview sur CNN le 5 janvier que « personne ne combattrait militairement les États-Unis pour l’avenir du Groenland », ajoutant que l’intervention armée ne serait pas nécessaire en raison de la petite population de l’île. Ces propos ont été interprétés comme une minimisation des résistances potentielles, renforçant les craintes d’une approche unilatérale.

La position autrichienne et ses implications

Günther Fehlinger-Jahn, en tant que président du Comité autrichien pour l’élargissement de l’Otan, occupe une position influente dans les cercles pro-atlantiques, bien que l’Autriche maintienne sa neutralité constitutionnelle depuis 1955 et ne soit pas membre de l’Alliance. Son comité, fondé pour promouvoir l’intégration des pays des Balkans et de l’Europe de l’Est dans l’Otan, reflète une vision expansionniste de la sécurité européenne. Dans sa vidéo du 5 janvier, Fehlinger-Jahn adresse directement les Miller, riant avant d’exposer ce qu’il décrit comme le « levier » européen : « C’est très simple, madame Miller, c’est le levier que nous avons. Vous avez besoin des espaces pour la projection de puissance globale, vous ne l’aurez pas. Et nous pouvons nous défendre très bien, et nous le ferons sans le bouclier nucléaire américain, sans les troupes américaines en Europe, sans les bases américaines. Nous gérerons simplement les espaces nous-mêmes, et nous renverrons vos garçons à Chicago et en Ohio. Et au revoir. »

Il conclut en avertissant : « Vous allez à l’extrême, nous allons à l’extrême aussi. Soyez-en sûr. » Cette déclaration, filmée de manière informelle mais diffusée largement, a été partagée sur X et Reddit, atteignant des centaines de milliers de vues en quelques heures. Fehlinger-Jahn, ancien lieutenant de réserve dans l’armée autrichienne, se positionne comme un défenseur de l’unité européenne face aux menaces extérieures, y compris celles provenant d’alliés traditionnels. Ses propos soulignent une fracture potentielle au sein de l’Otan, où les bases américaines – comme Ramstein en Allemagne, qui abrite le quartier général des forces aériennes américaines en Europe, ou Aviano en Italie, base pour des escadrons de chasse – sont essentielles à la projection de puissance de Washington.

L’Autriche, bien que neutre, participe au Partenariat pour la paix de l’Otan depuis 1995 et contribue à des missions de maintien de la paix. La déclaration de Fehlinger-Jahn n’engage pas officiellement Vienne, mais elle reflète un sentiment croissant en Europe centrale, où les pays comme l’Autriche, la Hongrie ou la Slovaquie naviguent entre loyauté atlantique et intérêts nationaux. En 2025, l’Autriche a renforcé ses liens avec l’Union européenne en matière de défense, participant à des projets comme le Fonds européen de défense pour développer des capacités autonomes.

Réactions diplomatiques en Europe

Les capitales européennes ont rapidement réagi à ces échanges, cherchant à désamorcer la crise tout en affirmant leur solidarité avec le Danemark et le Groenland. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré le 7 janvier lors d’une interview sur France Inter : « J’ai moi-même été au téléphone hier avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui a confirmé que ce n’était pas l’approche adoptée. » Barrot a insisté sur la nécessité d’une action concertée : « Nous voulons agir, mais nous voulons le faire avec nos partenaires européens. » Cette conversation, tenue le 6 janvier, vise à rassurer sur l’absence de plans d’invasion imminents, bien que Rubio n’ait pas exclu d’autres formes de pression.

Du côté danois, le ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a appelé à un dialogue urgent. Dans un post sur les réseaux sociaux le 7 janvier, il écrit : « Nous aimerions ajouter de la nuance à la conversation. Le match des cris doit être remplacé par un dialogue plus sensé. Maintenant. » Rasmussen et Vivian Motzfeldt, ministre des Affaires étrangères du Groenland, ont demandé une réunion immédiate avec Rubio pour discuter de la question. Motzfeldt, représentant un gouvernement groenlandais axé sur l’autonomie et les droits inuits, a souligné l’importance de respecter la volonté des habitants, qui ont rejeté par référendum en 1982 l’adhésion à la Communauté économique européenne, tout en maintenant des liens étroits avec l’UE via le Danemark.

D’autres voix européennes se sont élevées. Le ministre des Affaires étrangères allemand a exprimé son soutien au Danemark, rappelant que toute action unilatérale contre un allié de l’Otan constituerait une violation grave de l’article 5 du traité, qui engage la défense collective. En Italie, des parlementaires ont évoqué les implications pour les bases comme Sigonella en Sicile, cruciales pour les opérations en Méditerranée. Ces réactions illustrent une unité européenne naissante face à ce qui est perçu comme une remise en cause des fondements de l’Alliance.

Les enjeux stratégiques dans l’Arctique

L’Arctique, avec le Groenland comme pivot, est devenu un théâtre de rivalités géopolitiques intenses. La fonte accélérée de la banquise, accélérée par le réchauffement climatique – avec une perte estimée à 280 milliards de tonnes de glace par an au Groenland – ouvre de nouvelles routes maritimes, réduisant les distances entre l’Europe et l’Asie de 40 %. Ces voies, comme la Route maritime du Nord, attirent les investissements chinois et russes, qui voient dans l’Arctique une opportunité pour contourner les détroits contrôlés par les États-Unis.

Les ressources minérales du Groenland, incluant le néodyme, le praséodyme et d’autres terres rares utilisées dans les batteries électriques et les aimants permanents, représentent un marché mondial de plusieurs centaines de milliards de dollars. En 2025, le gouvernement groenlandais a octroyé des licences à des consortiums européens et canadiens pour explorer ces gisements, tout en imposant des normes environnementales strictes pour protéger les écosystèmes fragiles. La base de Thule, opérée par les États-Unis, inclut des installations pour le système de défense antimissile, essentielles pour détecter les lancements depuis la Russie ou la Corée du Nord.

L’intérêt américain s’explique aussi par la concurrence avec Pékin. En 2024, la Chine a inauguré une station de recherche au Groenland, perçue par Washington comme une couverture pour des activités militaires. La Russie, quant à elle, a déployé des systèmes hypersoniques dans sa flotte du Nord, basée à Mourmansk. Dans ce contexte, l’annexion du Groenland permettrait aux États-Unis de sécuriser un monopole sur les approches arctiques occidentales, mais au prix d’une rupture avec l’Europe.

Positions officielles et efforts de désescalade

Malgré les tensions, des efforts diplomatiques sont en cours. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a, selon Barrot, exclu l’option d’une invasion, se concentrant sur des négociations bilatérales avec le Danemark. Stephen Miller a réitéré que la petite taille de la population groenlandaise – moins de 60 000 personnes – rendrait inutile une intervention armée, suggérant des pressions économiques ou diplomatiques comme alternatives.

À Bruxelles, la Commission européenne a rappelé que le Groenland bénéficie d’un statut spécial au sein de l’UE, avec des accords sur la pêche et les aides financières totalisant plus de 200 millions d’euros par an. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a souligné lors d’une conférence de presse le 6 janvier l’importance de préserver l’unité transatlantique face aux menaces communes. Des discussions informelles entre l’Otan et l’UE visent à coordonner une réponse collective, incluant potentiellement des sanctions économiques si les tensions persistent.

Au Groenland même, les autorités locales ont renforcé leurs consultations avec la population. Vivian Motzfeldt a déclaré que toute décision sur l’avenir du territoire doit émaner des Groenlandais, citant le référendum de 2008 qui a accru l’autonomie. Des manifestations pacifiques ont eu lieu à Nuuk le 6 janvier, avec des pancartes affirmant « Le Groenland n’est pas à vendre », reflétant un attachement à l’identité inuit et aux liens avec le Danemark.

Les implications immédiates pour la sécurité européenne

Les bases américaines en Europe, qui hébergent environ 60 000 soldats et des milliers de civils, sont vitales pour les opérations de l’Otan. Ramstein, par exemple, coordonne les missions aériennes en Europe et au Moyen-Orient, tandis qu’Aviano abrite des F-16 équipés pour des missions nucléaires. Une confiscation, même hypothétique, perturberait les chaînes de commandement et exposerait l’Europe à des vulnérabilités face à la Russie, qui maintient des forces massives le long de ses frontières orientales.

En réponse, plusieurs pays européens ont accéléré leurs investissements en défense. L’Allemagne a annoncé en décembre 2025 un budget militaire record de 100 milliards d’euros, incluant l’achat de systèmes Patriot supplémentaires. La France et le Royaume-Uni, puissances nucléaires, ont renforcé leurs patrouilles sous-marines dans l’Atlantique Nord. Le 7 janvier, une réunion virtuelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE a examiné des scénarios pour une défense autonome, incluant l’activation du Fonds européen de la paix pour soutenir le Danemark.

Au Groenland, les autorités ont augmenté la vigilance autour des sites sensibles, avec des survols accrus par l’armée danoise. Des exercices militaires conjoints avec le Canada, autre acteur arctique, sont prévus pour février 2026, visant à démontrer une solidarité nord-américaine alternative. Ces mesures, tout en restant défensives, illustrent les répercussions immédiates d’une crise qui pourrait redéfinir les alliances mondiales sans pour autant aboutir à un conflit ouvert.

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