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UNICEF alerte : les enfants libanais brisés par la guerre

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La guerre au Liban en 2024 a infligé des dommages dévastateurs aux enfants, un impact qui persiste bien après le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, selon un rapport de l’UNICEF publié ce 28 février 2025 à 12h40 CET. Ce conflit a forcé des enfants à fuir leurs foyers, détruit des infrastructures essentielles et laissé des blessures physiques et émotionnelles profondes. Plus de la moitié des enfants de moins de deux ans dans l’est du pays souffrent d’insécurité alimentaire sévère, et les programmes de nutrition ont été suspendus après des coupes dans l’aide étrangère américaine. « La guerre a pris un tribut choquant sur les enfants, affectant presque tous les aspects de leur vie – leur santé, leur éducation et, en fin de compte, leur avenir », a déclaré Akhil Iyer, représentant de l’UNICEF au Liban. Avec des statistiques alarmantes sur la santé mentale, la nutrition et l’éducation, ce rapport met en lumière une crise humanitaire sans précédent pour les enfants libanais.

Une santé mentale gravement affectée

Le rapport de l’UNICEF, basé sur une enquête menée en janvier 2025, révèle une détérioration dramatique de la santé mentale des enfants après la guerre. Parmi les soignants interrogés, 72 % ont signalé que leurs enfants étaient anxieux ou nerveux pendant le conflit, et 62 % ont indiqué qu’ils étaient déprimés ou tristes. Ces chiffres marquent une forte hausse par rapport aux données de 2023, où l’anxiété touchait environ un quart des enfants et la dépression était moins répandue. La guerre, avec ses bombardements incessants, ses déplacements massifs – 1,3 million de personnes déplacées – et la perte de proches (au moins 248 enfants tués et plus de 1 400 blessés), a amplifié ces troubles.

Bien que huit soignants sur dix aient noté une certaine amélioration depuis le cessez-le-feu, les effets du stress traumatique prolongé restent préoccupants. Les enfants qui ont enduré des mois de violence, souvent coincés dans des abris surpeuplés ou témoins de la destruction de leurs foyers, risquent des conséquences sanitaires et psychologiques à vie. Dans les zones les plus touchées, comme le sud et l’est, les taux d’anxiété et de dépression atteignent des niveaux critiques, exacerbés par l’insécurité persistante due aux violations du cessez-le-feu et aux ordonnances non explosées. « Les enfants ont besoin d’un soutien urgent pour guérir », a insisté Akhil Iyer, soulignant que l’absence de services psychosociaux accessibles aggrave cette crise silencieuse.

Une crise nutritionnelle sans précédent

L’enquête révèle une situation nutritionnelle alarmante, particulièrement dans les gouvernorats de Baalbeck-Hermel et de la Bekaa, durement frappés par les frappes aériennes de 2024. Plus de la moitié des enfants de moins de 2 ans (51 %) à Baalbeck-Hermel souffrent de pauvreté alimentaire sévère, définie par une consommation de deux groupes alimentaires ou moins sur les huit essentiels. Dans la Bekaa, ce taux atteint 45 %, contre 28 % en 2023. À l’échelle nationale, 30 % des enfants de moins de 18 ans n’avaient mangé qu’un repas ou rien du tout la veille de l’enquête, avec des pics à 49 % dans la Bekaa et 34 % à Baalbeck-Hermel.

Cette insécurité alimentaire sévère menace la survie et le développement des enfants. Avant la guerre, trois enfants sur quatre de moins de cinq ans consommaient des régimes à faible diversité, une situation déjà préoccupante qui s’est aggravée avec les destructions des terres agricoles et des chaînes d’approvisionnement. Les coupes dans l’aide étrangère américaine, effectives début 2025, ont conduit à la suspension des programmes de nutrition, privant des centaines de milliers d’enfants de suppléments essentiels comme la vitamine A et de rations d’urgence. Ces carences augmentent les risques de retard de croissance, de malnutrition chronique et de maladies potentiellement mortelles, compromettant irréversiblement le développement cognitif et physique des plus jeunes.

Une éducation en ruine

L’éducation, déjà fragilisée avant la guerre, a subi un coup dévastateur en 2024. Le rapport indique que 65 % des enfants étaient hors de l’école pendant le conflit, un chiffre qui, bien que réduit à 25 % en janvier 2025, reste alarmant. Plus de 500 000 enfants étaient déjà exclus de l’éducation avant 2024, un problème amplifié par les destructions de la guerre : 83 écoles endommagées dans le sud, la Bekaa et Beyrouth, et des centaines d’autres transformées en abris pour les 1,3 million de déplacés. Après le cessez-le-feu, seules 350 écoles publiques ont rouvert partiellement, laissant des dizaines de milliers d’enfants sans accès à l’apprentissage.

Les obstacles financiers sont un frein majeur. Deux tiers des familles avec des enfants non scolarisés citent les coûts élevés des frais scolaires, du transport et des fournitures, une proportion qui a doublé depuis 2023. La guerre a encore appauvri les ménages, forçant 45 % d’entre eux à réduire les dépenses de santé et 30 % celles d’éducation pour couvrir les besoins de base. Cette exclusion scolaire prive les enfants d’un espace sûr pour surmonter leurs traumatismes, aggravant les troubles mentaux signalés par 72 % des soignants. « L’éducation est essentielle pour leur avenir », a déclaré Akhil Iyer, mettant en garde contre une génération perdue si les efforts de reconstruction scolaire ne s’intensifient pas.

Conditions de vie critiques

Les conditions de vie des enfants, détaillées dans le rapport, reflètent une crise humanitaire aiguë. En janvier 2025, 31 % des ménages manquaient d’eau potable suffisante, une situation aggravée par la destruction des réseaux hydriques dans les zones bombardées. De plus, 33 % n’avaient pas accès aux médicaments nécessaires pour leurs enfants, et 22 % n’avaient aucun moyen de chauffage pour l’hiver, exposant les plus vulnérables à des conditions rigoureuses. Ces privations, combinées à la malnutrition touchant 51 % des moins de 2 ans à Baalbeck-Hermel, créent un environnement où la survie quotidienne est un défi pour les familles.

Les déplacements massifs de 2024 ont amplifié ces difficultés. Avec 1,3 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays, les enfants ont été arrachés à leurs foyers, souvent sans accès à des abris adéquats ou à des services essentiels. Même après le cessez-le-feu, le retour dans des villages dévastés reste limité, les familles hésitant face à des écoles et des cliniques en ruines, ce qui prolonge leur dépendance à une aide humanitaire désormais compromise par les coupes dans le financement américain.

Une urgence humanitaire reconnue

Le rapport de l’UNICEF met en lumière une crise multidimensionnelle qui menace l’avenir des enfants libanais. « Les données fournissent une preuve irréfutable de la nécessité d’agir maintenant », a affirmé Akhil Iyer, appelant à un soutien urgent pour restaurer les infrastructures vitales – écoles, cliniques, réseaux d’eau – et répondre aux besoins immédiats des enfants. Plus de 2,4 millions de personnes, dont une majorité d’enfants, nécessitent une assistance vitale, un effort estimé à 658,2 millions de dollars pour 2025. Cette aide vise à contrer les impacts de la guerre sur la santé mentale (72 % des enfants anxieux), la nutrition (51 % en pauvreté alimentaire sévère à Baalbeck-Hermel), et l’éducation (25 % hors école), tout en soutenant les familles dans leurs efforts de reconstruction.

Le cessez-le-feu, bien que fragile avec des violations persistantes, offre une fenêtre pour agir, mais les défis restent immenses. Les écoles détruites, les cliniques hors service et les familles incapables de subvenir à leurs besoins de base maintiennent les enfants dans une spirale de précarité. « À ce moment fragile et décisif, nous ne pouvons pas attendre », a insisté Iyer, exhortant à une mobilisation internationale pour garantir un avenir aux enfants libanais.

Un appel à la responsabilité collective

Le gouvernement de Nawaf Salam, formé le 8 février 2025, hérite d’une crise humanitaire où les enfants sont les premières victimes. Avec une économie en ruine – PIB à 18 milliards de dollars en 2023, dépôts bancaires gelés – et des ressources limitées, la reconstruction des services essentiels pour les enfants est une priorité que Salam doit relever sous pression. Le rapport appelle toutes les parties à respecter le cessez-le-feu et à collaborer avec la communauté internationale pour soutenir la paix et répondre aux besoins des enfants, tout en pressant le nouveau gouvernement de placer leurs droits au sommet de son agenda de réforme.

Sans cet effort collectif, les enfants libanais risquent des conséquences durables : troubles mentaux persistants, malnutrition irréversible, et exclusion éducative. Le rapport de l’UNICEF, avec ses chiffres accablants – 72 % des enfants anxieux, 51 % en insécurité alimentaire sévère, 25 % hors école – est un cri d’alarme pour une génération au bord du précipice, dans un pays où la guerre de 2024 a amplifié des années de souffrance.

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Newsdesk Libnanews
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