Le leader druze Walid Jumblat, ancien chef du Parti socialiste progressiste, exprime un pessimisme prononcé quant à une résolution rapide de la guerre entre Israël et le Liban, qu’il considère comme une extension du conflit entre l’Iran et Israël. Dans une interview au journal al-Akhbar, Jumblat explique qu’il n’a perçu aucun signe concret d’une fin imminente à ce qu’il qualifie de « guerre ouverte », alimentée par les tensions régionales.
Pas d’espoir de trêve
Jumblat se montre sceptique face aux rumeurs de négociations et déclare : « Qui a dit que la guerre allait s’arrêter, hormis quelques rumeurs que l’on entend ici et là ? Je n’ai rien entendu de sérieux à ce sujet, et je n’ai aucune information sur une fin prochaine de cette guerre. » Ce conflit s’est, selon lui, intensifié après l’assassinat de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, laissant place à une guerre totale entre les forces régionales présentes au Liban.
L’Iran comme interlocuteur, mais un refus de rencontre
Bien que Jumblat souligne que l’Iran pourrait être un interlocuteur de choix, il avoue avoir refusé une demande de rencontre émanant d’un officiel de la République islamique il y a environ trois semaines. « Je ne suis pas prêt pour cela tant que l’Iran considère le Liban comme un champ de bataille pour ses conflits avec les États-Unis et Israël. Il est temps de dire stop aux guerres par procuration – depuis les jours des Palestiniens jusqu’à ceux du régime syrien, » a déclaré Jumblat, soulignant sa réticence à dialoguer tant que le Liban est traité comme un « terrain de conflits ».
Alternatives à la « résistance » et vision pour le sud du Liban
Pour Jumblat, l’option de la « résistance » n’est pas la seule voie pour protéger le Liban des ambitions israéliennes. Il fait valoir que « peut-être la moitié du Liban » souhaite voir le sud consolidé par la mise en œuvre des résolutions de l’ONU et le déploiement de l’armée libanaise pour éviter que le pays ne serve de champ de bataille. Jumblat défend l’idée d’un renforcement de la souveraineté libanaise et d’un respect accru de la volonté des citoyens, affirmant que le Liban ne doit pas être utilisé comme une arène de conflit par des forces étrangères.
Divergence avec Samir Geagea sur l’élection présidentielle
Interrogé sur les propos de Samir Geagea, chef des Forces libanaises, qui a évoqué l’idée d’élire un président sans la participation des députés chiites au Parlement, Jumblat a exprimé son désaccord. « Je suis prêt à en parler avec lui et même à le rencontrer. C’est une question politique majeure qui touche au Pacte national, et non à des calculs de nombres, » a-t-il déclaré. Jumblat a averti que l’élimination du rôle de n’importe quelle secte au Liban serait dangereuse et irait à l’encontre des principes fondateurs du pays.



