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Affrontement tendu entre soldats américains et libanais après l’abattage d’un drone mystérieux à Hamat

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Dans un Liban encore marqué par les séquelles d’un cessez-le-feu précaire avec Israël, un incident survenu à l’aube du 17 février 2026 a révélé les fissures profondes au sein des partenariats militaires internationaux. Un engin volant non identifié, présumé être un drone, a été intercepté et abattu au-dessus de la base aérienne de Hamat, dans le district de Batroun, au nord du pays. Des soldats américains stationnés sur place ont neutralisé l’appareil, qui s’est écrasé dans une zone boisée adjacente. Cet événement a aussitôt dégénéré en une confrontation armée avec les autorités libanaises, mettant en lumière les défis posés par la présence étrangère sur un territoire où la souveraineté nationale reste un enjeu sensible.

La base de Hamat, infrastructure clé pour les opérations aériennes de l’armée libanaise, abrite également des contingents américains dans le cadre d’un partenariat bilatéral de longue date. Washington, principal contributeur à l’armée libanaise, alloue une aide annuelle estimée à plusieurs centaines de millions de dollars en équipements et formations. L’incident a débuté lorsque les systèmes de défense de la base ont détecté l’engin, perçu comme une menace potentielle, et l’ont abattu. Des patrouilles de la police municipale de Hamat et des unités de l’armée libanaise se sont alors dirigées vers le site du crash pour examiner les débris.

Le blocage armé qui a envenimé la situation

Les forces libanaises ont été confrontées à une intervention ferme des soldats américains. Selon une source sécuritaire libanaise, ces militaires ont brandi leurs armes pour empêcher les officiels libanais, y compris le maire de Hamat, Nicolas Ayoub, d’approcher du lieu de l’accident. Ils ont justifié cette mesure en invoquant un risque d’explosifs piégés sur l’appareil. Cette obstruction a créé une tension immédiate, tenant à distance les soldats libanais et les habitants locaux, et interdisant toute inspection directe des restes du drone.

Nicolas Ayoub, présent sur les lieux, a décrit la scène comme un affrontement inédit entre alliés présumés. Deux soldats américains l’ont tenu en joue avec des fusils automatiques vers midi ce lundi 17 février, alors qu’il tentait d’accéder au site avec des représentants locaux. Cette posture défensive agressive a marqué les esprits, illustrant les dissonances au sein d’une alliance où les États-Unis apportent un soutien vital à l’armée libanaise tout en maintenant une présence parfois perçue comme intrusive.

Un général américain basé à Hamat a par la suite tenté de contacter le maire pour présenter des excuses, mais ce dernier a refusé, arguant du comportement inapproprié des forces étrangères sur le sol libanais. Cet épisode met en exergue les défis posés par la cohabitation militaire, où les protocoles de sécurité américains peuvent entrer en conflit avec les prérogatives des autorités locales.

Les autorités libanaises n’ont finalement pas pu prendre possession de l’appareil abattu. Des responsables américains ont indiqué que le drone avait été évacué du site, sans fournir de détails supplémentaires sur son transfert ou son analyse. Cette opacité alimente les interrogations sur l’origine de l’engin, bien que aucune confirmation officielle n’ait identifié sa provenance. Des experts en sécurité régionale estiment qu’il pourrait s’agir d’un appareil de reconnaissance, potentiellement lié aux activités de surveillance dans la zone frontalière, mais ces spéculations restent non vérifiées.

La présence américaine à Hamat sous haute tension

La base aérienne de Hamat joue un rôle central dans les opérations de l’armée libanaise, servant à des entraînements et à des missions aériennes. Elle accueille des forces américaines dans le cadre d’un accord bilatéral qui remonte à plusieurs années, avec Washington comme principal donateur de l’armée libanaise. Cette aide inclut des équipements comme des hélicoptères et des drones, fournis entre 2014 et 2020, renforçant les capacités de défense du pays face aux menaces régionales.

Cependant, cet incident révèle les tensions sous-jacentes à cette présence. Des sources sécuritaires indiquent que les soldats américains ont cordonné la zone du crash, située à plusieurs kilomètres de la base, et ont utilisé la menace d’armes pour bloquer l’accès. Le maire Ayoub a rapporté que les militaires américains, accompagnés d’une patrouille libanaise, ont pointé leurs fusils sur lui et sur d’autres officiels, les tenant responsables potentiels du survol. Cette attitude a suscité le mécontentement au sein des unités libanaises présentes, qui ont exprimé leur frustration face à ce qu’elles perçoivent comme une ingérence.

Dans un contexte plus large, la base de Hamat a vu une augmentation des activités américaines ces derniers mois, avec des atterrissages d’avions de transport en provenance de diverses régions, y compris via Chypre. Ces mouvements coïncident avec une surveillance accrue dans le nord du Liban, alors que les tensions avec Israël persistent au sud.

Un cessez-le-feu miné par les incursions persistantes

Cet incident à Hamat s’inscrit dans un paysage géopolitique marqué par l’instabilité au sud du Liban, où les violations israéliennes du cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024, se multiplient. Selon des rapports de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), Israël a commis plus de 10 000 violations aériennes et terrestres depuis cette date, incluant plus de 7 500 survols de l’espace aérien libanais et près de 2 500 incursions au sol au nord de la Ligne bleue. Ces actions ont entraîné la mort de plus de 330 Libanais, dont 127 civils, et blessé environ 945 personnes, selon les données du ministère libanais de la Santé et des Nations unies.

Les forces israéliennes maintiennent une présence dans cinq localités libanaises et ont imposé deux zones tampons, empêchant le déploiement complet de l’armée libanaise et le retour de milliers de déplacés. La Finul a documenté près de 7 800 violations aériennes, plus de 1 000 trajectoires franchissant la Ligne bleue – presque toutes originaires du côté israélien –, plus de 100 attaques aériennes et plus de 2 500 activités des Forces de défense israéliennes au nord de cette ligne. Ces infractions violent la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2006, qui exige le retrait israélien au-delà de la Ligne bleue, la démilitarisation au sud du Litani et le renforcement de la Finul.

Des experts onusiens ont averti contre ces violations persistantes, notant que l’armée israélienne a continué des incursions quotidiennes, y compris des missions de drones armés, comme près de Kfar Kila récemment. Le Liban a déposé une plainte auprès des Nations unies le 26 janvier 2026, documentant 2 036 violations israéliennes de sa souveraineté entre octobre et décembre 2025, dont 542 en octobre, 691 en novembre et 803 en décembre. Ces chiffres incluent des frappes aériennes causant des victimes civiles.

Les réactions officielles face à l’escalade à Hamat

Le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis le 8 février 2025, a exprimé sa préoccupation quant à cet événement. Le ministère des Affaires étrangères, sous la direction de Youssef Rajji, a appelé à une enquête conjointe pour élucider les circonstances de l’abattage et du blocage subséquent. “Le Liban valorise le soutien américain à ses forces armées, mais toute action unilatérale sur notre territoire doit respecter notre souveraineté”, a déclaré un porte-parole du ministère, insistant sur la nécessité de coordination.

Le ministre de la Défense, Michel Mnassah, a rappelé que l’armée libanaise demeure l’autorité suprême en matière de sécurité nationale, notant que la base de Hamat reste un actif libanais malgré la présence américaine. Le cabinet de Nawaf Salam, formé après l’élection du président Joseph Aoun, inclut des ministres issus de diverses composantes, comme Tarek Mitri en tant que vice-Premier ministre, et s’efforce de stabiliser le pays dans un contexte de reconstruction économique et sécuritaire. Salam a réaffirmé son engagement à ne pas laisser le Liban être entraîné dans de nouveaux conflits, tout en cherchant à attirer des investissements internationaux pour renforcer la souveraineté.

À l’échelle internationale, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, via son porte-parole Stéphane Dujarric, a condamné les violations récurrentes de la résolution 1701, appelant à un respect total du cessez-le-feu pour assurer une paix durable le long de la Ligne bleue. La Finul a réitéré l’importance d’une adhésion stricte à cette résolution pour assurer une paix durable le long de la Ligne bleue.

Les implications immédiates d’un partenariat sous pression

Cet épisode à Hamat intervient alors que les violations israéliennes persistent, avec des frappes contre des infrastructures présumées liées au Hezbollah en réponse à des infractions au cessez-le-feu. Le 15 février 2026, Israël a lancé des attaques aériennes intensives sur le sud du Liban, visant des dépôts d’armes supposés, causant la panique dans les villages frontaliers. Des éliminations ciblées de commandants du Hezbollah, comme celle d’Ali Dawoud Amich le 1er février, illustrent la poursuite des opérations militaires.

Le Liban, confronté à ces défis, voit son gouvernement insister sur les réformes et la souveraineté. Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice, dirige un cabinet incluant cinq ministres chiites nommés par le tandem Hezbollah-Amal, dont Yassin Jaber aux Finances et Rakan Nasreddine à la Santé. Malgré ces dynamiques confessionnelles, l’accent reste sur la stabilisation, avec des appels répétés à une enquête conjointe sur l’incident de Hamat.

Les Nations unies ont enregistré plus de 10 000 violations israéliennes depuis novembre 2024, soulignant un défi persistant à l’accord de cessez-le-feu. Des incidents comme la mort d’un homme de 62 ans suite à un appel menaçant israélien avant une frappe de drone le 19 février illustrent les impacts humains immédiats. La Finul continue de faciliter le retrait israélien et le déploiement libanais, mais les zones tampons persistent, bloquant le retour des déplacés.

Les dynamiques internes au partenariat américano-libanais

Le partenariat entre les États-Unis et l’armée libanaise remonte à plusieurs décennies, avec un accent sur la formation et l’équipement pour renforcer les capacités face aux menaces régionales. Washington a fourni plus de 2,5 milliards de dollars d’aide militaire depuis 2006, incluant des véhicules blindés, des armes légères et des systèmes de surveillance. Cette assistance vise à soutenir l’armée libanaise dans son rôle de garante de la stabilité interne, particulièrement au sud du pays où la résolution 1701 prévoit un déploiement exclusif des forces armées libanaises.

Cependant, l’incident de Hamat révèle des frictions opérationnelles. Les soldats américains, en bloquant l’accès au site du crash, ont agi en invoquant des protocoles de sécurité, mais cette décision a été interprétée comme une remise en question de l’autorité libanaise sur son propre territoire. Des sources sécuritaires libanaises ont rapporté que les forces américaines ont maintenu une zone de cordon plusieurs heures après l’abattage, empêchant même des unités libanaises d’approcher.

Cet événement soulève des questions sur la coordination entre les deux armées. L’armée libanaise, forte de 80 000 hommes actifs, dépend en partie de cette aide américaine pour moderniser ses capacités, mais elle doit naviguer dans un environnement politique complexe où la présence étrangère peut alimenter des suspicions internes.

Les violations israéliennes en chiffres et en impacts

Les rapports de la Finul détaillent un pattern systématique de violations par Israël. Entre novembre 2024 et février 2026, plus de 10 000 infractions ont été recensées, incluant 8 100 violations aériennes, plus de 2 600 activités des forces israéliennes au nord de la Ligne bleue, et plus de 1 000 tirs traversant cette ligne. Ces actions comprennent des survols quotidiens par des drones de reconnaissance, des incursions terrestres pour détruire des infrastructures et des frappes ciblées contre des positions présumées du Hezbollah.

Les conséquences humaines sont significatives. Plus de 350 Libanais ont été tués par des tirs ou des frappes israéliennes depuis le début du cessez-le-feu jusqu’à fin janvier 2026, dont au moins 136 civils. Des villages frontaliers comme Kfar Kila ont été particulièrement touchés, avec des drones survolant à basse altitude des civils, y compris lors de funérailles, créant un climat d’intimidation.

Le gouvernement libanais a multiplié les plaintes auprès du Conseil de sécurité, appelant à une pression internationale pour forcer Israël à respecter ses obligations. Le 27 janvier 2026, le représentant permanent du Liban à l’ONU a transmis une lettre détaillant ces violations, soulignant qu’elles constituent une menace directe à la paix régionale.

Les défis du déploiement libanais au sud

L’armée libanaise, sous le commandement du général Joseph Aoun depuis 2017, s’efforce de renforcer sa présence au sud du Litani conformément à la résolution 1701. Cependant, les zones tampons imposées par Israël limitent ce déploiement, laissant des poches de territoire inaccessibles. La Finul, avec ses 10 500 Casques bleus, joue un rôle de médiation, mais elle a elle-même été cible d’attaques, avec des véhicules endommagés et des positions bombardées.

Des incidents récents, comme l’utilisation rapportée d’herbicides toxiques par Israël le long de la Ligne bleue le 1er février 2026, posent des risques humanitaires pour les agriculteurs libanais et compliquent le retour des déplacés. L’ONU a exprimé des préoccupations sur les effets à long terme sur les terres agricoles, soulignant que toute activité israélienne au nord de la Ligne bleue viole la résolution 1701.

Les perspectives immédiates de l’incident de Hamat

L’abattage du drone et le blocage subséquent ont ravivé les débats sur la souveraineté libanaise. Des officiels libanais ont indiqué que l’armée nationale reste l’entité responsable de la défense aérienne, mais la présence américaine à Hamat complique cette prérogative. Des discussions bilatérales sont en cours pour clarifier les protocoles en cas d’incidents similaires, avec un accent sur la transparence.

Parallèlement, les violations israéliennes continues, incluant une incursion de soldats israéliens au-delà de la Ligne bleue le 15 février 2026 près de Mays al-Jabal, maintiennent une pression constante sur les forces libanaises. Ces événements soulignent les défis pour l’armée libanaise, qui doit équilibrer sa coopération internationale avec la protection de la souveraineté nationale.

Les échos de l’incident sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux ont amplifié les questions sur le rôle exact des forces américaines, avec des rapports indiquant que l’événement a été perçu comme un symbole d’ingérence. Des patrouilles américaines ont bloqué la route près de la base de Hamat il y a quelques jours, empêchant les résidents d’accéder à leurs domiciles et barrant le passage au maire et à une unité de l’armée libanaise, sous prétexte de suspicion d’un drone piégé. Cette mesure a renforcé le sentiment d’intrusion parmi la population locale.

Au sud, une frappe israélienne dans la vallée de la Bekaa le 15 février 2026 a tué quatre personnes près de la frontière syrienne, marquant une extension des attaques au-delà des zones frontalières habituelles. Cet épisode, survenu malgré le cessez-le-feu, a été condamné par des porte-parole onusiens, qui ont noté que de telles actions mettent en péril la stabilité fragile construite depuis novembre 2024.

Les forces israéliennes ont également été accusées d’avoir largué un objet non identifié près de positions de Casques bleus, violant les termes du cessez-le-feu selon la Finul. Ces infractions, cumulées à plus de 500 frappes aériennes depuis le début de la trêve, ont causé la mort d’au moins 108 civils, dont 16 enfants, d’après des bilans officiels.

Dans ce climat, l’armée libanaise a intensifié ses patrouilles au sud, avec des déploiements supplémentaires dans les zones frontalières pour contrer les incursions. Le ministre de la Défense Michel Mnassah a déclaré lors d’une réunion du cabinet le 18 février 2026 que toute violation de la souveraineté serait documentée et rapportée à l’ONU, soulignant l’engagement du Liban à respecter la résolution 1701 tout en exigeant la réciprocité.

Les Nations unies, par la voix de leur porte-parole, ont réaffirmé le 19 février 2026 que les violations persistantes, incluant des survols quotidiens et des destructions systématiques, risquent de torpiller les efforts de paix. La Finul a enregistré plus de 6 000 infractions pour les trois derniers mois de 2025 seuls, incluant 1 542 violations terrestres, 3 911 aériennes et 803 maritimes. Ces données, croisées avec les rapports du ministère libanais de la Santé, indiquent une hausse des victimes civiles, avec des villages comme Yanouh touchés par des frappes sur des véhicules civils, tuant trois personnes dont un enfant de trois ans le 9 février 2026.

L’incident de Hamat, quant à lui, a provoqué des discussions internes au sein du gouvernement libanais sur la révision des accords avec les États-Unis, avec des appels à une plus grande transparence dans les opérations conjointes. Des sources sécuritaires ont rapporté que l’armée libanaise a envoyé des renforts vers la base pour assurer un accès futur en cas d’événements similaires.

Au sud, les forces israéliennes ont continué leurs opérations, avec une frappe le 19 février 2026 qui a tué un homme de 62 ans après un appel téléphonique menaçant de l’armée israélienne, illustrant les tactiques d’intimidation employées. Cet événement, survenu dans un village frontalier, a été suivi d’incursions terrestres près de Khiam, où des structures civiles ont été démantelées par des engins militaires israéliens.

La Finul a noté dans son rapport du 20 février 2026 que les violations aériennes ont atteint un pic, avec plus de 50 survols enregistrés en une seule journée, incluant des drones armés survolant des zones résidentielles. Ces actions ont entravé le retour de plus de 100 000 déplacés internes, qui attendent toujours la sécurisation des villages frontaliers.

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