dimanche, février 8, 2026

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Arrestation rapide de deux suspects après le cambriolage d’un bureau de change à Ghobeiry

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Moins de 48 heures après un vol par effraction dans un établissement de transfert d’argent à Ghobeiry, au sud de Beyrouth, les forces de la Sûreté de l’État libanais ont interpellé deux individus suspectés d’avoir emporté 12 000 dollars américains. Cette opération, menée par une patrouille de la direction régionale du Bekaa à Zahlé, met en lumière la vigilance accrue des autorités face à une criminalité opportuniste qui prospère dans un pays encore marqué par les stigmates d’une crise économique prolongée.

Une opération menée avec célérité

Selon le communiqué officiel de la Direction générale de la Sûreté de l’État, daté du 6 février 2026, les suspects, désignés par les initiales Y.S. (nom tenu secret) et H.Y., de nationalité syrienne, ont été arrêtés à la suite d’une surveillance minutieuse. Le cambriolage, survenu le 4 février 2026 chez Whish Money, a été perpétré par bris et extraction forcée, une technique récurrente dans les attaques contre les commerces financiers. Les autorités ont transmis les détenus au parquet compétent pour les suites judiciaires, illustrant une coordination renforcée entre renseignement et unités sur le terrain. Cette arrestation intervient dans un contexte où les vols ciblant les bureaux de change se multiplient, alimentés par la circulation accrue de liquidités en dollars dans une économie partiellement dollarisée.

Ghobeiry, un quartier aux multiples défis sécuritaires

Situé dans la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry est un secteur densément peuplé, caractérisé par une mixité sociale et une économie informelle prédominante. Ce quartier, souvent associé à la communauté chiite, fait face à des tensions sécuritaires persistantes, exacerbées par la présence de groupes armés historiques et une porosité aux trafics transfrontaliers. En janvier 2026, des opérations de fouilles y ont révélé des caches d’armes et de produits contrefaits, soulignant les liens entre petite délinquance et réseaux organisés. Les autorités canadiennes, dans leurs avis aux voyageurs, recommandent d’éviter les déplacements non essentiels dans cette zone en raison des risques d’enlèvements et de violences liées au crime. Malgré ces défis, Ghobeiry demeure un pôle commercial vital, où des établissements comme Whish Money jouent un rôle essentiel dans les transferts financiers, particulièrement pour les familles dépendantes des remises de la diaspora.

Whish Money, un opérateur clé dans les transferts financiers

Whish Money, l’établissement visé par ce vol, est un opérateur agréé par la Banque du Liban depuis 2019, initialement connu sous le nom de Woo Cash avant un rebranding en 2021. Spécialisé dans les transferts d’argent locaux et internationaux, il dispose d’un réseau étendu de plus de 1 200 agents à travers le Liban, incluant une quarantaine de branches principales. L’entreprise propose des services via des partenaires comme Ria, Mastercard, Taptap Send, Sendwave, GCC Remit, Uremit, Terrapay, Visa, Million Bridges, Shift, Transfast, KanaCash et PayOnline, avec des frais modérés pour les envois locaux en dollars ou en livres libanaises. En août 2025, Whish Money a renforcé sa collaboration avec Mastercard pour faciliter les transferts transfrontaliers en temps quasi réel vers plus de 50 pays, permettant aux utilisateurs de financer leurs portefeuilles via cartes de crédit ou débit, en plus des paiements en espèces. Ces bureaux, manipulant d’importantes sommes en liquide, sont devenus des cibles vulnérables dans un pays où l’économie informelle représente une part significative des transactions, aidant les résidents à contourner les restrictions bancaires imposées depuis la crise de 2019. Le vol de 12 000 dollars, une somme équivalente à plusieurs mois de revenus pour un ménage libanais moyen, met en exergue la fragilité de ces infrastructures face à la délinquance.

La crise économique, un terreau fertile pour l’insécurité

Cette affaire s’inscrit dans une vague plus large de délits économiques au Liban, nourrie par une crise persistante qui a contracté le PIB réel de près de 40 % depuis 2019. Selon les estimations de la Banque mondiale, la pauvreté monétaire touche environ 44 % de la population en 2022, avec des projections indiquant une aggravation dans les régions marginalisées comme le Bekaa ou le Nord, où les taux dépassent souvent 70 %. L’inflation, qui a culminé à des niveaux hyperboliques en 2023, s’est stabilisée à 12,2 % en décembre 2025, marquant son plus bas depuis février 2020, avec une moyenne annuelle de 14,6 % pour 2025. Les projections pour 2026 tablent sur une descente vers 8-9 %, soutenue par une dollarisation accrue et une relative stabilité du taux de change autour de 89 500 livres libanaises par dollar. Le chômage, particulièrement élevé parmi les jeunes et les migrants syriens – estimés à 1,1-1,2 million au Liban –, pousse une partie de la population vers des actes de survie. Des rapports indiquent une hausse générale des vols et des homicides depuis 2019, avec une pointe en 2021 où les vols ont augmenté de plus de 268 % par rapport à 2019, avant une légère baisse en 2023 à environ 3 152 incidents signalés. Le gouvernement, sous la houlette du Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, a reconnu en janvier 2026 que la pauvreté alimente directement l’insécurité, appelant à un renforcement des mesures sociales.

Les efforts soutenus de la Sûreté de l’État contre la criminalité

Fondée en 1945 et placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, la Direction générale de la Sûreté de l’État joue un rôle central dans la lutte contre la délinquance. Ses missions englobent la collecte de renseignements politiques, économiques et sociaux, ainsi que la poursuite des actes de sabotage. En 2025, elle a enregistré plus de 700 arrestations pour des infractions variées, incluant drogue, terrorisme et vols, restituant des biens aux victimes. Cette dynamique se poursuit en 2026 : le 5 février, la trésorière de la municipalité de Saïda a été arrêtée pour la disparition d’un milliard de livres libanaises (environ 11 000 dollars), impliquant sept employés dans une affaire de corruption supervisée par le parquet financier. La direction régionale du Bekaa, impliquée dans l’arrestation de Ghobeiry, cible particulièrement les réseaux transfrontaliers, profitant de la proximité avec la Syrie.

Opérations en série dans la Bekaa

La Bekaa, région frontalière poreuse, est un foyer d’activités illicites où la Sûreté et l’armée opèrent de concert. Le 2 février 2026, une patrouille de la Sûreté a arrêté un individu à Baalbek pour trafic de drogue, saisissant des stupéfiants, un pistolet et des téléphones volés après un échange de tirs. Quelques jours plus tôt, le 30 janvier, l’armée a démantelé un réseau de vols de voitures et de narcotrafic à Brital et Taybeh, arrêtant cinq suspects – dont quatre Syriens – et confisquant six véhicules volés, du haschich et des équipements militaires. Le 3 février, une opération à Wadi Al-Rayhan a conduit à l’arrestation de N.T., recherché pour neuf mandats d’arrêt liés à meurtre, tentative de meurtre et vol. Le même jour, W.H. a été interpellé pour un cambriolage à Khreibet al-Jundi. Ces actions, sous supervision judiciaire, illustrent une approche intégrée essentielle dans une zone où le narcotrafic finance souvent d’autres délits.

L’implication des migrants syriens dans la délinquance

Le suspect syrien H.Y. reflète une tendance documentée : avec plus d’un million de réfugiés syriens au Liban, souvent sans statut légal stable, une portion est impliquée dans des délits mineurs pour survivre. Selon l’UNHCR, environ 88 % des réfugiés syriens nécessitent une aide pour leurs besoins de base, avec 88 % endettés et seulement 5 % disposant d’une alimentation adéquate. En janvier 2026, un Syrien lié à de multiples vols a été arrêté dans la banlieue sud de Beyrouth. Le gouvernement libanais, en coordination avec l’ONU, a lancé en juillet 2025 un plan de retour volontaire des réfugiés, offrant des exonérations de frais et des aides financières. Cependant, les tensions persistent : bien que constituant 20 % de la population, les Syriens représentent plus de 40 % des crimes commis selon certains rapports. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme note en 2025 que les conditions économiques poussent certains à la criminalité, plaidant pour une meilleure intégration.

Le rôle pivot de l’armée libanaise dans la sécurité

L’armée libanaise, pilier de la stabilité, complète les efforts de la Sûreté. En février 2026, elle a mené un raid à Kamid El Loz, saisissant des munitions et des grenades suite à des interrogatoires de suspects arrêtés le 2 février. Ces opérations s’inscrivent dans une campagne lancée en 2025 contre le narcotrafic et les réseaux criminels dans la Bekaa. Le commandant en chef, le général Joseph Aoun, a déclaré en janvier 2026 que l’armée est essentielle pour la stabilité du pays, appelant à une aide internationale accrue. Avec le retrait progressif de la Finul d’ici 2027, conformément à la résolution 2790 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en août 2025, l’armée assume de plus en plus de responsabilités au sud, où les tensions frontalières avec Israël ajoutent une complexité sécuritaire.

Défis persistants dans le système judiciaire

Les procédures contre les suspects de Ghobeiry soulignent les lenteurs du système judiciaire libanais. En 2025, la cour militaire a condamné le narcotrafiquant Nouh Zaiter à seulement quatre mois pour quatre chefs d’accusation mineurs, malgré des implications dans près de 1 000 dossiers, illustrant les faiblesses institutionnelles. Zaiter, arrêté en novembre 2025 après trois décennies de cavale, fait face à des accusations plus graves comme meurtre de soldats et trafic de drogue, pendantes devant les tribunaux criminels. Le parquet financier, actif dans les cas de corruption comme celui de Saïda, tente de restaurer la confiance, mais la crise limite les ressources. La Banque mondiale estime que les hostilités récentes ont causé 11 milliards de dollars de pertes, aggravant la dette publique et freinant les réformes.

Vers une coordination internationale renforcée

Le Liban, en discussions avec l’ONU et des partenaires comme l’Espagne, envisage le maintien d’unités étrangères au sud post-Finul pour combler les vides sécuritaires. La résolution 2790 étend le mandat de la Finul jusqu’au 31 décembre 2026, suivi d’un retrait ordonné en 2027, appelant à la pleine mise en œuvre de la résolution 1701, incluant le respect de la Ligne bleue et la cessation des hostilités. Le coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban a exhorté en janvier 2026 à accélérer les réformes, notant que sans restructuration, le pays risque une décennie perdue. Le président Aoun a remercié le Conseil de sécurité pour cette prolongation, affirmant que le peuple libanais a déjà assez souffert des conflits.

Implications immédiates des opérations récentes

Les arrestations de février 2026, dont celle à Ghobeiry, ont permis la saisie de biens volés et de drogue dans plusieurs régions, avec des enquêtes en cours sous supervision judiciaire. À Beyrouth, 18 interpellations en janvier pour vols et possession d’armes indiquent une intensification des patrouilles. Dans la Bekaa, les raids à Baalbek et Kamid El Loz ont démantelé des réseaux interconnectés impliquant vols, trafic et armes, avec au moins sept arrestations en une semaine. Ces actions contribuent à stabiliser des zones vulnérables, où la présence syrienne et la pauvreté créent des foyers de tension. Le ministre de la Défense, Michel Mansi, a noté en décembre 2025 que l’aide internationale doit prioriser l’armée pour maintenir l’ordre, alors que les frontières avec la Syrie restent poreuses, facilitant les trafics.

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