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Au lendemain du discours du cheikh Naim Qassem, les agressions israéliennes se poursuivent au Liban et les frappes américano-israéliennes contre l’Iran entrent dans leur sixième jour

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Beyrouth, 5 mars 2026. Ce jeudi matin à 9 h 18 heure libanaise, le Moyen-Orient traverse une phase d’escalade militaire marquée par des opérations en cours sur plusieurs fronts. Au Liban, les agressions israéliennes entamées lundi continuent de provoquer des pertes humaines et des mouvements de population importants. En Iran, les frappes se poursuivent au sixième jour du conflit. Israël maintient une pression militaire sur les deux théâtres libanais et iranien. La région du Golfe demeure marquée par les conséquences des attaques iraniennes du 28 février dernier. Sur la scène internationale, les contacts diplomatiques se multiplient entre les principales capitales.

La situation humanitaire au Liban

Les agressions israéliennes menées sur le territoire libanais depuis lundi ont fait 72 morts et 437 blessés, selon le bilan publié par le ministère de la Santé. La ministre des Affaires sociales, Hanine Sayyed, a indiqué que 83 847 personnes étaient inscrites dans les centres d’accueil officiels. Ces chiffres concernent principalement les populations déplacées des régions du Sud, de la Bekaa et de la banlieue sud de Beyrouth. Les centres d’hébergement, installés dans des écoles publiques et des installations temporaires, fonctionnent en coordination avec la Haute Commission de secours et l’Unité de gestion des catastrophes du Grand Sérail.

Le Premier ministre Nawaf Salam s’est adressé directement aux déplacés mercredi soir depuis le Grand Sérail. « À chaque mère qui a porté ses enfants dans la précipitation, à chaque famille qui a dû fermer la porte de sa maison, je dis : vous n’êtes pas seuls. Tout le Liban est votre maison », a-t-il déclaré. Il a demandé aux ministres concernés d’écouter les besoins des déplacés et de les satisfaire dans les délais les plus brefs possibles dans la limite des moyens disponibles. Le chef du gouvernement a également remercié les régions d’accueil, les municipalités et les familles qui ont ouvert leurs portes.

Les décisions gouvernementales et la réaction du Hezbollah

Le Conseil des ministres, présidé par Nawaf Salam, a adopté le 3 mars des décisions réaffirmant le monopole exclusif de l’État libanais sur les questions de paix et de guerre et interdisant toute activité militaire ou sécuritaire échappant au cadre légal. Ces mesures ont été au centre des échanges diplomatiques de la journée du 4 mars.

Mercredi soir, le cheikh Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, a prononcé une allocution dans laquelle il a affirmé que le parti n’avait pas répondu aux agressions israéliennes répétées afin de ne pas être accusé d’entraver le processus diplomatique. « Nous avons accepté la voie diplomatique et nous l’avons considérée comme une opportunité pour l’État libanais d’assumer ses responsabilités », a-t-il déclaré, ajoutant toutefois que « la patience a des limites ». Il a estimé que les décisions gouvernementales prises les 5 et 7 août avaient affaibli la position de l’État et donné une légitimité à l’agression. « Le problème réside dans l’occupation, et non dans le monopole des armes », a-t-il souligné. Le cheikh Naim Qassem a rappelé que la poursuite de l’occupation consacrait le droit à la résistance et que l’agression israélienne avait été préparée à l’avance.

Il a appelé à l’unité des rangs et demandé aux opposants d’ouvrir une nouvelle page sans « poignarder la résistance dans le dos ». Le secrétaire général du Hezbollah a également souligné que le déplacement forcé visait à créer une fracture entre la résistance et la population, mais que les citoyens savaient que la cause en était l’agression.

La position israélienne et les opérations en cours

Israël poursuit ses opérations militaires au Liban avec des frappes aériennes et des mouvements de troupes dans plusieurs localités du Sud, notamment autour de Khiam et de Marjeyoun. Les autorités israéliennes ont signalé des tirs de roquettes en provenance du territoire libanais. Sur le front iranien, les frappes israéliennes se sont poursuivies, avec des explosions rapportées à Téhéran et dans d’autres zones.

L’Iran au sixième jour des frappes

L’Iran fait face à une campagne de frappes israéliennes et américaines entrée dans son sixième jour. Le pays avait lancé le 28 février des attaques par missiles et drones contre plusieurs États du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, provoquant plusieurs morts et plus d’une centaine de blessés selon les premières évaluations des autorités concernées. Des installations portuaires aux Émirats arabes unis, des raffineries en Arabie saoudite et des sites en Jordanie avaient été touchés.

Les contacts diplomatiques internationaux

Le président français Emmanuel Macron a joint par téléphone le Premier ministre Nawaf Salam mercredi soir pour lui exprimer le soutien de la France au gouvernement libanais et sa solidarité avec le peuple libanais. L’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, a été reçu au Grand Sérail pour un entretien sur les développements en cours. L’administration américaine avait transmis un message indiquant que les forces israéliennes n’avaient aucune intention d’intensifier leurs agressions contre le Liban tant qu’aucun acte hostile ne serait commis depuis le territoire libanais.

Le ministre des Affaires étrangères Youssef Rjji a poursuivi ses contacts avec ses homologues du Golfe, des Pays-Bas et d’Autriche pour exposer la position du gouvernement sur le monopole des armes et obtenir un soutien régional.

La situation dans la région du Golfe

Les États du Golfe restent en état de vigilance après les agressions iraniennes du 28 février. Les capitales de la région avaient condamné ces opérations et affirmé leur droit à la légitime défense. Des consultations se sont poursuivies au sein du Conseil de coopération du Golfe pour coordonner les positions face aux développements au Liban et en Iran.

Les réactions sur la scène internationale

Plusieurs capitales européennes et arabes ont exprimé leur préoccupation face à l’escalade. La Russie a réaffirmé son soutien aux décisions souveraines du gouvernement libanais. L’Union européenne, par la voix de son ambassadrice à Beyrouth, a salué les décisions du gouvernement libanais comme conformes à sa propre approche vis-à-vis du Hezbollah. L’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Chine et l’Allemagne ont également été contactés par les autorités libanaises dans le cadre de la mobilisation diplomatique.

La situation sur le terrain ce jeudi 5 mars à 9 h 18

À 9 h 18 heure libanaise ce jeudi 5 mars, les équipes du ministère de la Santé poursuivent la compilation des données à partir des hôpitaux de référence. La ministre Hanine Sayyed supervise l’enregistrement continu des arrivées dans les centres d’accueil officiels. Les unités de l’armée libanaise maintiennent leur déploiement le long de la ligne bleue et coordonnent avec la FINUL les patrouilles destinées à documenter les mouvements. Les services de la Haute Commission de secours acheminent des équipements supplémentaires vers les sites d’hébergement les plus sollicités. Les échanges d’informations entre les services de renseignement libanais et leurs partenaires internationaux se poursuivent en temps réel. Les missions diplomatiques accréditées à Beyrouth restent en contact permanent avec le palais de Baabda et le Grand Sérail. Les équipes médicales mobiles opèrent dans les zones affectées et les municipalités des régions d’accueil coordonnent les distributions d’aide. Le ministère des Affaires étrangères continue de transmettre les éléments factuels sur les violations enregistrées depuis le début de la semaine. Les autorités suivent heure par heure l’évolution des positions dans le Sud-Liban et les besoins humanitaires immédiats des populations déplacées.

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