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Baisse des prix des carburants au Liban : l’essence 95 octane à 1,308 millions de livres libanaises

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Les tarifs des carburants au Liban ont enregistré une nouvelle diminution ce 7 janvier 2026, marquant une tendance à la détente qui offre un répit bienvenu aux ménages et aux entreprises dans un contexte économique toujours marqué par l’instabilité. Le ministère de l’Énergie et de l’Eau a publié la grille tarifaire actualisée, indiquant une réduction de 12 000 livres libanaises pour la plaque d’essence 95 octane, qui s’établit désormais à 1 308 000 livres. L’essence 98 octane suit avec une baisse de 11 000 livres, à 1 348 000 livres, tandis que le mazout recule de 5 000 livres, pour atteindre 1 232 000 livres. À contre-courant de cette évolution, le prix de la bouteille de gaz augmente légèrement de 1 000 livres, passant à 1 189 000 livres. Ces ajustements, effectifs immédiatement dans l’ensemble des stations-service du pays, reflètent les fluctuations des cours internationaux du pétrole, amplifiées par la dépendance totale du Liban aux importations énergétiques.

Le mécanisme de fixation des prix au Liban, géré par le ministère de l’Énergie, repose sur une formule intégrant les cours mondiaux du brut, les frais de transport et de raffinage, ainsi que les taxes locales. Pour cette semaine, la réduction s’explique principalement par la chute des prix du baril sur les marchés internationaux, avec le Brent à environ 60 dollars et le West Texas Intermediate (WTI) autour de 56 dollars. Ces niveaux, les plus bas depuis la pandémie de Covid-19, ont un impact direct sur les importateurs libanais, qui achètent le pétrole raffiné principalement en Europe et au Moyen-Orient. Cependant, la hausse du gaz s’explique par des contraintes logistiques locales, liées à la distribution des bouteilles, dont le prix est ajusté séparément pour couvrir les coûts de production et de transport interne.

Cette évolution intervient alors que l’économie libanaise reste fragilisée par une dette publique dépassant les 100 milliards de dollars et une inflation qui, bien qu’en décélération, avoisine encore les 50 % annuels selon les estimations officielles. Les carburants représentent une part significative des dépenses des ménages, absorbant jusqu’à 20 % du budget des familles modestes pour le transport et le chauffage. Dans les quartiers populaires de Beyrouth comme Bourj Hammoud ou Achrafieh, les résidents rapportent que ces baisses successives – la troisième en deux mois – permettent de réallouer des fonds vers l’alimentation ou les soins médicaux. À Saïda, au sud, où les pêcheries dépendent du mazout pour les bateaux, les professionnels notent une amélioration de la rentabilité, avec des économies estimées à 20 000 livres par sortie en mer. Néanmoins, des voix s’élèvent pour critiquer la volatilité des prix, qui rend difficile toute planification budgétaire à long terme.

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Les implications pour le secteur énergétique libanais

Au-delà des effets immédiats sur les consommateurs, cette baisse des tarifs soulève des questions sur la viabilité du secteur énergétique au Liban. Le pays, qui ne produit pas de pétrole, importe annuellement pour plus de 5 milliards de dollars de carburants, une facture alourdie par la dépréciation de la livre libanaise face au dollar. Le taux de change officiel, fixé à 89 500 livres pour un dollar par la Banque du Liban, masque en partie les tensions, mais sur le marché parallèle, le dollar s’échange autour de 90 000 livres, augmentant les coûts réels pour les importateurs. Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Joe Saddi, a déclaré lors d’une conférence de presse que « ces ajustements reflètent notre engagement à transposer fidèlement les dynamiques mondiales, tout en protégeant les citoyens des surcoûts inutiles ». Cette transparence, mise en place depuis la réforme de 2022, vise à éviter les spéculations qui avaient marqué la crise de 2019-2021, lorsque des pénuries massives avaient paralysé le pays.

Dans les régions frontalières comme le Hermel ou le sud-Liban, où les échanges informels avec la Syrie influencent les marchés locaux, les baisses de prix ont réduit les incitations au trafic transfrontalier. Les forces de sécurité ont rapporté une diminution de 30 % des saisies de carburants de contrebande depuis novembre 2025, attribuée en partie à ces tarifs plus compétitifs. À Zahlé, dans la Bekaa, les générateurs privés, qui fournissent l’électricité en l’absence d’un réseau national fiable, ajustent leurs abonnements en conséquence, avec des réductions de 5 à 10 % sur les factures mensuelles pour les abonnés. Cela soulage les commerçants locaux, dont beaucoup opèrent avec des marges étroites dans un environnement marqué par les coupures d’électricité pouvant durer jusqu’à 20 heures par jour.

Ces ajustements interviennent alors que le gouvernement de Nawaf Salam poursuit ses négociations avec le Fonds monétaire international pour un plan de sauvetage, incluant des réformes énergétiques. La subvention des carburants, abolie en 2021, a laissé place à un système de marché libre, mais des propositions pour une taxe carbone flottante sont à l’étude pour financer la transition vers les énergies renouvelables.

La baisse des cours du pétrole sur les marchés internationaux

Cette détente au Liban est intrinsèquement liée à la chute des cours du brut sur les marchés mondiaux, avec le Brent à 60,09 dollars le baril et le West Texas Intermediate (WTI) à 56,35 dollars, en recul respectivement de 61 et 78 centimes lors des dernières sessions. Les analystes pointent une surabondance de l’offre mondiale, estimée à plus de 3,8 millions de barils par jour au-dessus de la demande pour 2026, selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie. La production non-OPEP, notamment aux États-Unis, au Brésil et au Guyana, continue de croître, avec une output américain attendu à 13,5 millions de barils par jour.

Un facteur clé réside dans les développements géopolitiques récents autour du Venezuela. Suite à l’opération américaine visant à capturer le président Nicolás Maduro, le président Donald Trump a annoncé que les États-Unis prendraient le contrôle des réserves pétrolières vénézuéliennes, potentiellement injectant des millions de barils supplémentaires sur le marché. Cette initiative, destinée à stabiliser les approvisionnements tout en sanctionnant les régimes hostiles, a provoqué une vague de ventes, accentuant la pression baissière. Trump a déclaré que le Venezuela enverrait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, ce qui a contribué à la chute des prix, avec des experts notant que cela approfondit l’oversupply global et perturbe particulièrement le marché américain. Sous l’administration Maduro, la production vénézuélienne avait chuté de plus de 1,5 million de barils par jour en raison de la mauvaise gestion et des sanctions internationales, mais un rebond progressif avait été observé depuis 2020, avec des réserves estimées à 17 % de l’offre mondiale. Cependant, des analystes comme ceux du Center on Global Energy Policy soulignent que l’impact à long terme dépendra de la capacité à relancer la production, qui avait diminué de plus de 75 % entre 2013 et 2020. Certains experts prédisent que cette situation pourrait entraîner une hausse modérée des prix du pétrole de 3 dollars par baril à court terme en raison des pertes d’exportations et de l’incertitude géopolitique, mais la perspective d’une offre accrue domine pour l’instant, maintenant les prix près de leurs bas post-pandémie, autour de 58 dollars le baril. Cette turbulence vénézuélienne affecte également les partenaires commerciaux comme la Russie, la Chine et l’Iran, avec une offre abondante contribuant à la plus grande chute annuelle des prix en 2025.

La demande faible joue également un rôle majeur. La croissance économique mondiale, projetée à 2,7 % pour 2026 par le Fonds monétaire international, reste en deçà des niveaux pré-pandémiques, freinée par des tensions commerciales et une transition énergétique accélérée. En Chine, la demande pétrolière stagne en raison d’une adoption massive des véhicules électriques, tandis qu’en Europe, les politiques vertes réduisent la consommation de combustibles fossiles.

Les prix de l’essence dans les grandes régions du monde

Les marchés mondiaux des carburants traversent une phase de repli marquée en ce début d’année 2026, avec des prix de l’essence qui atteignent leurs niveaux les plus bas depuis la pandémie dans plusieurs régions. Aux États-Unis, le prix moyen à la pompe est projeté à environ 2,97 dollars le gallon pour l’ensemble de l’année, contre 3,10 dollars en 2025. Cette diminution, estimée à plus de 10 centimes par gallon, reflète une combinaison de facteurs incluant une offre abondante et une demande atone. Dans les États du Sud comme le Texas, les prix pourraient descendre sous les 2,75 dollars le gallon dans les zones rurales, tandis que sur la côte Ouest, ils oscillent autour de 3,20 dollars en raison de coûts logistiques plus élevés.

En Europe, la situation est nuancée par les taxes élevées. En France, le prix moyen du sans-plomb 95 s’établit autour de 1,70 euro le litre, en hausse de 4 à 6 centimes due à l’alourdissement des certificats d’économie d’énergie, malgré la baisse du brut. Au Royaume-Uni, le litre d’essence se négocie à environ 1,35 livre sterling, une réduction qui allège le fardeau des ménages. Dans les pays scandinaves, comme la Norvège, les prix restent stables autour de 18 couronnes norvégiennes le litre.

Plus au sud, en Afrique du Sud, les autorités ont annoncé une baisse de 62 centimes par litre pour l’essence 93 et 95 octanes effective dès le 6 janvier 2026. Au Nigeria, les prix ont diminué sous les 600 nairas le litre dans les grandes villes. En Asie, le Japon enregistre des baisses modérées, avec l’essence à environ 150 yens le litre. La Chine bénéficie particulièrement, avec des prix stabilisés autour de 7 yuans le litre.

Dans les pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite, les prix internes restent bas grâce aux subventions, autour de 2,18 riyals le litre pour l’essence 95. Au Brésil, les prix ont chuté à environ 5,50 reais le litre, tandis qu’en Inde, le gouvernement maintient les tarifs stables malgré des importations russes bon marché.

Les disparités régionales et leurs impacts

Au-delà des moyennes nationales, les disparités régionales soulignent les vulnérabilités structurelles. Aux États-Unis, les États du Midwest voient des prix inférieurs à 2,80 dollars le gallon, tandis que la Californie dépasse les 4 dollars. En Europe de l’Est, la Pologne enregistre des diminutions prononcées, avec l’essence à 5,50 zlotys le litre. En Australie, les prix ont reculé à 1,70 dollar australien le litre à Sydney.

Les prévisions pour les mois à venir indiquent une poursuite de cette tendance, avec le Brent potentiellement descendant à 55 dollars au premier trimestre, selon Morgan Stanley. Au Canada, Deloitte anticipe des prix du WTI autour de 60 dollars.

Impact sur l’économie mondiale

Ces bas prix exercent des effets contrastés. Pour les pays importateurs comme l’Inde, la facture énergétique allégée stimule la croissance, avec des économies de milliards de dollars. Aux États-Unis, les ménages économiseront environ 2 083 dollars en moyenne sur l’essence en 2026.

À l’inverse, les producteurs souffrent. L’Arabie saoudite fait face à un déficit budgétaire croissant. En Russie, les sanctions amplifient l’impact. Le Brésil et le Nigeria voient leurs budgets érodés.

Sur le plan macroéconomique, ces prix bas freinent l’inflation mondiale, aidant les banques centrales à maintenir des taux stables. Cependant, ils signalent une croissance atone : la Banque mondiale prévoit une chute des prix des commodities de 7 % en 2026, liée à une demande faible. Dans le secteur pétrochimique, les coûts des matières premières baissent, profitant aux industries chimiques, mais corrélés à une demande industrielle molle.

Les ajustements en cours dans les pays émergents, comme l’Algérie où les prix des carburants restent parmi les plus bas au monde, illustrent les efforts pour équilibrer subventions et réalités budgétaires. En Vietnam, les prix du diesel ont suivi la baisse du brut, avec des impacts sur le transport fluvial. Ces mouvements, observés depuis le début du mois, continuent d’influencer les chaînes d’approvisionnement globales, avec des navires porte-conteneurs ajustant leurs itinéraires pour optimiser les coûts en carburant.

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