Les derniers articles

Articles liés

Berri, le Hezbollah, Hariri et Mikati veulent amnistier les djihadistes alors que ceux qui ont été libérés précédemment ont encore attaqué l’armée, les FSI et la population

- Advertisement -

Ces dernières semaines des djihadistes affiliés à Daech ont tué trois civils à Kaftoun, quatre soldats à Beddaoui, deux soldats à Minié et blessé des policiers (de la Force de sécurité intérieure) à Wadi Khaled. Ces djihadistes étaient en prison mais avaient été libérés…  

Demain et après-demain, le Président du Parlement Nabih Berri a prévu une session législative (au Palais de l’UNESCO dans les circonstances sanitaires actuelles) pour examiner 40 projets de lois, y compris une amnistie générale pour les djihadistes et les trafiquants de drogue. 

Ce projet de loi est soutenu d’une part par le « club » des anciens Premiers ministres (Fouad Siniora et Saad Hariri, respectivement chef et leader du Courant du Futur, Tammam Salam leur allié et Najib Mikati qui est à la tête du Courant Al-Azem) qui réclament la libération de ces djihadistes et par le « duo » chiite (le mouvement Amal de Nabih Berri et le Hezbollah*) qui réclament quant à eux la libération des trafiquants de drogue. 

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Rappelons qu’après avoir été libérés en 2005 dans le cadre déjà d’une loi d’amnistie incluant la libération de Samir Geagea le chef du Parti des Forces libanaises, des djihadistes (qui avaient déjà combattu l’armée libanaise dans le nord du pays à l’aube de l’an 2000) avaient mis le feu au quartier d’Achrafieh à Beyrouth (en 2006) et combattu l’armée libanaise dans le camp palestinien de Nahr el-Bared (en 2007). 

Les djihadistes et les anciens Premiers ministres appartiennent à la communauté sunnite et la plupart des trafiquants de drogue emprisonnés appartiennent à la communauté chiite tout comme le duo Amal-Hezbollah. 

Les blocs parlementaires chrétiens (qui demandent l’amnistie pour les personnes ayant collaboré avec Israël) et la plupart des manifestants s’opposent depuis un an à ce projet car ces djihadistes sont impliqués dans l’assassinat de soldats, de policiers et de civils. 

Le projet d’amnistie pourrait être étendu à des personnes impliquées dans des détournements de fonds publics alors qu’un audit juri-comptable (« forensic audit ») a commencé à la Banque Centrale. 

* L’idéologie khomeyniste du Hezbollah, adossée au principe du vilayet-e faqih, se traduit au Liban par le maintien d’armes échappant au monopole légitime de l’État et de l’armée, tout en vidant de sa substance l’accord de Mar Mikhael avec le Courant patriotique libre, qu’il ne respecte ni dans l’esprit ni dans la pratique.

- Advertisement -
Michel Fayad
Michel Fayadhttp://www.michelfayad.com/
Michel Fayad est un professionnel de l’énergie et de la finance, formateur en géopolitique à l’IFP Training (IFP Énergies nouvelles) et ancien conseiller du ministre libanais de l’Économie et du Commerce. Diplômé entre autres de New York University (NYU) Stern, de la London School of Economics and Political Science (LSE), de HEC Paris et de l’Université Paris Saclay, il a étudié notamment la science politique, la diplomatie, la géopolitique, le droit, l’économie, le management, la finance et la gestion. Son mémoire de Master, consacré à la menace fondamentaliste sunnite au Liban, a été salué par de grands universitaires comme les professeurs Lina Murr Nehmé et Joseph Maïla, ex-directeur de la Prospective et du Pôle Religion au ministère français des Affaires étrangères. Il a conçu, structuré, financé et dirigé des projets dans l’énergie, les ressources naturelles et les infrastructures pour Bluegreen (groupe Bucherer), Bolloré Transport & Logistics et d’autres, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Europe. Il a également exercé des activités de conseil pour Axa, EDF, Manutan et d’autres. Il a enfin siégé aux conseils d’administration de sociétés énergétiques et minières cotées à la Bourse de Londres (AIM) et sur Euronext Growth Oslo. Doctorant à l’Université Grenoble Alpes et à Sciences Po Grenoble, au sein du Centre d’Études et de Recherche sur la Diplomatie, l’Administration Publique et le Politique (CERDAP²), il consacre sa thèse en science politique à la perte de souveraineté du Liban entre 1984 et 1986, à la suite de l’assassinat de Bachir Gemayel et du sabotage de l’accord avec Israël. Expert reconnu des questions géopolitiques (Moyen-Orient, Afrique du Nord et Subsaharienne, ex-URSS et ex-Yougoslavie), il intervient régulièrement dans les médias en France (France 2, M6, BFM TV, CNEWS, LCI, France Info TV, France 24, TV5 Monde, Europe 1, RTL, Radio Classique, Sud Radio, Le Figaro, Libération, Marianne, le JDD, Valeurs Actuelles, Atlantico, etc.) et au Moyen-Orient (Asharq Bloomberg, An-Nahar, El-Nashra, L’Orient-Le Jour, Libnanews, etc.) ainsi qu’au sein d’institutions parlementaires et universitaires et auprès de grandes entreprises. Considéré par feu le professeur Antoine Sfeir comme son poulain, ses analyses sont notamment saluées par le professeur Jacques Soppelsa, le diplomate Naji Abi Assi (représentant de la Ligue arabe à Paris), le général François Chauvancy, ainsi que par la professeure Fadia Kiwan, fondatrice de l’Institut de science politique de l’Université Saint-Joseph (Sciences Po Beyrouth). Cours et interventions marquantes : Conférence « Risque de guerre civile au Liban », ESJ Lille et Sciences Po Lille Intervention au Sénat français sur la crise financière et judiciaire du Liban Cours à l’IFP Training : Géopolitique des métaux stratégiques et des terres rares ; Géopolitique des hydrocarbures

A lire aussi