Lorsque son fidèle intellectuel, Kassem Kassir, fait une déclaration historique en annonçant que le Hezbollah devrait se « libaniser », modérer son emprise sur le pays, et revenir à une stratégie de vie conviviale au sein du peuple libanais, puis qu’il se rétracte le lendemain en affirmant qu’on a mal interprété ses déclarations et qu’il reste un fidèle de la résistance, alors ce n’est pas Kassem Kassir qui revient sur ses pensées, mais Nasrallah qui dévoile la dictature interne du Hezbollah envers tous ses membres et sympathisants. 
Nasrallah ne réalise pas que la rétractation de Kassir est bien plus ravageuse pour la crédibilité du Hezbollah que les affirmations précédentes de son intellectuel de service.

Lorsque Nasrallah met en cause l’armée libanaise dans les événements du Port de Beyrouth, ce n’est pas l’armée qui est rejetée par les Libanais, mais, d’une part, ceux qui donnent les ordres à l’Armée, donc le chef suprême à la Présidence, allié suprême du Hezbollah, et d’autre part ceux qui empêchent l’Armée de faire son travail parce qu’ils tiennent le port depuis deux décennies.

Lorsque les médias filment et démontrent que le trafic de produits subventionnés s’accélère à la frontière syrienne, ce n’est pas contre l’Armée que le peuple se révolte, mais contre, d’une part, ceux qui donnent les ordres à l’Armée, donc le chef suprême à la Présidence, allié suprême du Hezbollah, et d’autre part contre ceux qui empêchent l’Armée de faire son travail parce qu’ils tiennent les frontières depuis trois décennies.

Lorsque des dizaines de chiites, éclairés par la terrible vérité des évènements qui a enfin pris, dans leur esprit, le pas sur la propagande mensongère de guerres fictives contre des ennemis fictifs, se démarquent des thèses et des slogans éludés du Hezbollah en exprimant sur les médias leurs nouvelles convictions de libanais désespérés par la misère du pays et réveillés enfin par la dureté du chaos dont ils savent le Hezbollah en grande partie responsable, lorsque ces libanais chiites s’expriment puis se rétractent en disant : « je baise la chaussure de Nasrallah, dieu vivant », alors ce ne sont pas ces pauvres libanais que l’on méprise ou que l’on critique. C’est encore Nasrallah qui fait la une de notre mépris et de notre haine.
La rétractation est mille fois plus destructrice de son « prestige » que les affirmations et rétractations de ces hommes qui crient leur faim. 

Lorsque Nasrallah bloque le Centre ville pendant deux ans (2005-2006) ou lorsque les chefs sécuritaires libanais qui ont, les premiers, percé la responsabilité du Hezbollah dans les assassinats liés à celui de Hariri, sont assassinés à leur tour, ou lorsque les responsables au port sont assassinés après l’explosion, ou lorsque, comme l’a écrit Nawfal Daw ce matin, les syriens cités dans l’affaire du nitrate d’ammonium sont assassinés à Damas, alors Nasrallah dirige les soupçons vers lui-même, d’autant plus qu’il est considéré comme le représentant de Bachar et Khamenei au Liban. 
Choucran Sourya oblige. 
Mais le comprend-il ? 

Il semble que non puisque les mêmes scénarios se répètent à l’infini depuis 2005.
Issal Saleh

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