samedi, janvier 24, 2026

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Dans la presse: La suspension des vols iraniens vers Beyrouth

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Le 14 février 2025, les autorités libanaises ont pris une décision qui a immédiatement déclenché une tempête diplomatique et politique : la suspension des vols iraniens à destination de Beyrouth. Cette annonce est intervenue alors que la situation régionale était déjà marquée par des tensions croissantes entre Israël, les États-Unis et l’Iran, avec le Liban pris au centre de ces dynamiques.

D’après Ad Diyar (14 février 2025), cette décision a été prise sous fortes pressions américaines et israéliennes, qui exigent depuis plusieurs mois une restriction des relations entre Beyrouth et Téhéran. L’un des points soulevés par Washington et Tel-Aviv concerne la possibilité que ces vols servent à transférer des fonds et du matériel militaire au Hezbollah, ce qui, selon les autorités américaines et israéliennes, pourrait compromettre davantage la stabilité régionale.

Les accusations israéliennes et américaines contre l’Iran

Le contexte dans lequel s’inscrit cette interdiction est particulièrement tendu. Depuis plusieurs mois, Israël accuse l’Iran d’utiliser des avions civils pour acheminer de l’argent liquide et du matériel sophistiqué au Hezbollah, notamment des pièces destinées à renforcer son arsenal de drones et de missiles de précision. Ces accusations ont été reprises par des responsables américains, qui affirment que l’Iran profite de la situation chaotique au Liban pour renforcer son influence.

Selon un rapport cité par Al Akhbar (14 février 2025), l’administration américaine aurait mis en garde le gouvernement libanais sur les conséquences d’un maintien de ces vols, en menaçant de sanctions économiques et bancaires si Beyrouth ne prenait pas des mesures pour limiter l’influence iranienne sur son territoire. Cette menace est particulièrement inquiétante pour le Liban, dont le système financier est déjà au bord de l’effondrement en raison d’une crise économique sans précédent.

D’après des sources diplomatiques citées par Al Liwa’ (14 février 2025), l’interdiction des vols iraniens ne résulte pas d’une décision souveraine du Liban, mais bien d’un ordre imposé par Washington et relayé par l’ambassade américaine à Beyrouth. Des informations précises auraient été transmises aux services de sécurité libanais concernant une « opération suspecte » impliquant des transferts financiers d’envergure en faveur du Hezbollah.

Les implications de cette interdiction sur la souveraineté libanaise

La question qui se pose immédiatement après cette annonce est celle de la capacité du Liban à prendre des décisions souveraines dans un contexte où il subit une double pression internationale et régionale.

Pour de nombreux observateurs, cette interdiction est une démonstration de la fragilité de la politique libanaise, qui oscille entre deux axes contradictoires : d’un côté, le Liban doit maintenir de bonnes relations avec les États-Unis et les puissances occidentales afin d’assurer l’aide économique et financière nécessaire à sa survie ; de l’autre, il est lié à l’Iran à travers le Hezbollah, un acteur clé du paysage politique et militaire libanais.

Selon Nahar Int’l (14 février 2025), plusieurs voix politiques au Liban estiment que cette interdiction est une atteinte grave à la souveraineté nationale. Un ancien ministre, interrogé par le journal, a déclaré que « le Liban ne peut pas se permettre d’agir comme une simple marionnette entre les mains des puissances étrangères. Si nous interdisons les vols iraniens sous la pression américaine, quel sera le prochain ordre que nous devrons exécuter ? ».

D’autres, en revanche, soutiennent la mesure, affirmant que le Liban ne peut pas se permettre de devenir un centre logistique pour l’axe irano-syrien. Un responsable du courant du 14 mars a ainsi déclaré dans Al Sharq Al Awsat (14 février 2025) que « cette interdiction est un pas dans la bonne direction. Nous devons stopper l’ingérence iranienne dans nos affaires et nous repositionner sur l’échiquier international ».

Les tensions internes provoquées par la décision

Immédiatement après l’annonce de la suspension des vols iraniens, des tensions ont éclaté dans plusieurs quartiers de Beyrouth et dans la banlieue sud, bastion du Hezbollah. Selon Al Bina’ (14 février 2025), des groupes de manifestants pro-Hezbollah ont bloqué plusieurs axes routiers menant à l’aéroport pour protester contre cette mesure, qu’ils considèrent comme une « décision imposée par Washington et Tel-Aviv ».

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants brûlant des pneus et scandant des slogans contre « l’ingérence américaine dans les affaires libanaises ». Le Hezbollah a rapidement publié un communiqué dans lequel il condamne fermement la décision du gouvernement, affirmant que « le Liban doit défendre sa souveraineté et refuser d’être un pion dans le jeu américain contre l’Iran ».

La situation a nécessité une intervention des forces de sécurité pour rouvrir les routes bloquées, mais la tension demeure palpable. D’après Al Akhbar (14 février 2025), le Hezbollah envisage d’organiser une série de manifestations plus larges dans les prochains jours afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il revienne sur sa décision.

Le risque de sanctions américaines en cas de revirement

Un élément clé de cette crise est le risque de sanctions économiques en cas de retour en arrière du Liban. Washington a clairement laissé entendre que si Beyrouth revenait sur sa décision et autorisait à nouveau les vols iraniens, des sanctions sévères pourraient être imposées aux banques libanaises, aggravant encore la crise économique du pays.

D’après Nahar Int’l (14 février 2025), plusieurs hauts responsables libanais sont en négociation avec l’ambassade américaine pour trouver une issue qui éviterait à la fois un conflit direct avec le Hezbollah et un affrontement économique avec Washington. Un diplomate cité par le journal affirme que « la marge de manœuvre du Liban est extrêmement réduite. Nous devons faire un choix entre notre stabilité économique et notre indépendance politique ».

Dans ce contexte, plusieurs analystes estiment que le gouvernement libanais pourrait opter pour une solution intermédiaire, consistant à renforcer les contrôles douaniers et sécuritaires sur les vols iraniens tout en évitant une interdiction totale. Cette approche permettrait de satisfaire partiellement les exigences américaines sans provoquer une rupture avec l’Iran et le Hezbollah.

Une réaction iranienne immédiate et ferme

La suspension des vols iraniens vers Beyrouth a déclenché une réaction immédiate et virulente de la part de Téhéran. Dès l’annonce de cette interdiction par les autorités libanaises, le gouvernement iranien a dénoncé une « provocation orchestrée par Israël et les États-Unis », accusant ces derniers de vouloir isoler l’Iran et de fragiliser ses alliés régionaux.

Selon Al Sharq Al Awsat (14 février 2025), le ministère iranien des Affaires étrangères a publié un communiqué officiel dans lequel il fustige la décision libanaise, la qualifiant d’« attaque directe contre les relations bilatérales entre Téhéran et Beyrouth ». Le texte affirme que « le Liban, sous la pression de puissances étrangères, a choisi de rompre avec un partenaire stratégique qui l’a toujours soutenu, notamment dans ses crises énergétiques et économiques ».

L’Iran voit dans cette interdiction une manœuvre américaine et israélienne

L’un des points soulevés par l’Iran dans sa réponse officielle concerne le rôle des États-Unis et d’Israël dans cette interdictionAl Akhbar (14 février 2025) cite un haut responsable iranien qui affirme que « cette décision n’a pas été prise par Beyrouth mais imposée par Washington », et que cela démontre que « le gouvernement libanais ne contrôle plus ses propres choix souverains ».

Téhéran considère depuis longtemps que l’axe Washington-Tel-Aviv cherche à affaiblir l’influence iranienne dans la région en exerçant des pressions sur les alliés de l’Iran, notamment la Syrie, l’Irak et le Liban. Cette interdiction des vols vers Beyrouth s’inscrit donc, selon l’Iran, dans une logique d’endiguement et d’asphyxie économique.

Selon Al Bina’ (14 février 2025), l’Iran a également mis en garde contre les conséquences de cette mesure, estimant qu’elle pourrait affecter les relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. « Le Liban doit comprendre qu’il joue un jeu dangereux en cédant aux diktats occidentaux », a déclaré un porte-parole du gouvernement iranien.

Le Hezbollah rejoint la position iranienne et dénonce un « acte hostile »

Le Hezbollah, principal allié de l’Iran au Liban, a immédiatement réagi à cette interdiction en adoptant un ton offensif contre le gouvernement libanais et les puissances occidentales. Selon Al Liwa’ (14 février 2025), le mouvement chiite a publié un communiqué dénonçant une « soumission honteuse » de Beyrouth aux exigences américaines et israéliennes.

Dans ce communiqué, le Hezbollah affirme que « ces vols sont essentiels pour les relations économiques et sociales entre le Liban et l’Iran » et qu’ils permettent à de nombreux Libanais de se rendre à Téhéran pour des raisons médicales, commerciales et familiales.

Un cadre du Hezbollah cité par Nahar Int’l (14 février 2025) a déclaré que « le Liban ne peut pas se permettre de renier un partenaire stratégique qui lui a toujours tendu la main en temps de crise ». Il a rappelé que l’Iran avait fourni du carburant au Liban en 2021, lorsque le pays faisait face à une pénurie énergétique sans précédent, et a accusé les autorités libanaises d’« ingratitude envers un allié fidèle ».

Des manifestations en soutien à l’Iran et au Hezbollah

Immédiatement après l’annonce de l’interdiction, des manifestations de soutien à l’Iran et au Hezbollah ont éclaté dans plusieurs quartiers de Beyrouth et dans la banlieue sudAl 3arabi Al Jadid (14 février 2025) rapporte que des centaines de manifestants ont bloqué les routes menant à l’aéroport, exigeant que le gouvernement libanais revienne sur sa décision.

Les images diffusées par les médias montrent des slogans dénonçant l’influence américaine au Liban et des drapeaux iraniens brandis par les protestataires. Plusieurs figures politiques proches du Hezbollah ont pris la parole pour dénoncer cette interdiction et appeler le gouvernement à « corriger cette erreur stratégique ».

Selon Al Akhbar (14 février 2025), certains manifestants ont même menacé d’empêcher le fonctionnement de l’aéroport si la mesure n’était pas levée. Un responsable de la mobilisation a déclaré que « si les vols iraniens sont suspendus, nous ferons en sorte que l’aéroport soit bloqué pour toutes les compagnies occidentales ».

Vers des représailles économiques de la part de l’Iran ?

L’un des principaux enjeux de cette crise est la question des représailles économiques que pourrait décider l’Iran en réponse à cette interdiction. Selon Al Sharq (14 février 2025), plusieurs scénarios sont envisagés par Téhéran :

  • Réduire ou suspendre l’approvisionnement en pétrole du Liban, ce qui aggraverait la crise énergétique.
  • Interdire l’accès aux compagnies aériennes libanaises sur son territoire, affectant directement la MEA (Middle East Airlines).
  • Réduire les échanges commerciaux, notamment dans le secteur pharmaceutique et industriel.

Un expert en relations internationales cité par Al Bina’ (14 février 2025) affirme que « Téhéran pourrait choisir une riposte graduelle, mais la suspension du pétrole reste une option sérieuse qui aurait un impact immédiat sur le Liban ».

D’après Nahar Int’l (14 février 2025), les entreprises libanaises exportant vers l’Iran commencent déjà à ressentir une incertitude quant à l’avenir des relations économiques entre les deux pays. Certains investisseurs iraniens auraient même gelé des projets en cours au Liban en attendant de voir l’évolution de la situation.

Un bras de fer qui pourrait se prolonger

La crise née de cette interdiction des vols iraniens semble loin d’être résolue. Selon Ad Diyar (14 février 2025), l’Iran et le Hezbollah ne comptent pas céder sans obtenir des garanties.

Des négociations discrètes seraient en cours entre le gouvernement libanais et des diplomates iraniens afin de trouver une solution intermédiaire. L’une des options envisagées serait de renforcer les contrôles douaniers et sécuritaires sur les vols iraniens, afin d’apaiser les craintes des États-Unis et d’Israël tout en permettant à ces vols de reprendre.

Cependant, selon Al Sharq Al Awsat (14 février 2025), les États-Unis continuent de faire pression pour une interdiction totale et définitive des vols iraniens. Washington aurait même évoqué la possibilité d’imposer de nouvelles sanctions économiques au Liban si ce dernier revenait sur sa décision.

La question qui se pose désormais est de savoir si le Liban parviendra à trouver un compromis sans provoquer une rupture avec l’un de ses principaux partenaires économiques et politiques.

Les implications économiques : un nouveau coup dur pour le LibanL’interdiction des vols iraniens vers Beyrouth ne se limite pas à une crise politique et diplomatique. Cette mesure a des conséquences économiques directes et profondes sur un Liban déjà en situation de crise aiguë. Alors que le pays traverse l’une des pires récessions de son histoire, cette décision pourrait aggraver la situation financière et commerciale et mettre en péril des secteurs stratégiques, notamment le transport aérien, le commerce et l’approvisionnement énergétique.Selon Al Liwa’ (14 février 2025), la première conséquence tangible de cette interdiction a été le blocage immédiat de plusieurs centaines de passagers qui devaient voyager entre Beyrouth et Téhéran. Cette situation a causé des perturbations logistiques importantes et une confusion généralisée, notamment pour les compagnies aériennes et les agences de voyages qui ont dû annuler ou reporter plusieurs vols sans délai précis pour une reprise éventuelle.Un choc immédiat pour le secteur aérien libanaisLe transport aérien est l’un des rares secteurs encore opérationnels au Liban, et la suspension de certaines liaisons représente un manque à gagner important pour la compagnie nationale, Middle East Airlines (MEA), ainsi que pour l’ensemble de l’écosystème aéroportuaire.D’après Al Sharq (14 février 2025), les vols entre Beyrouth et Téhéran représentaient une source de revenus importante pour la MEA, surtout depuis la crise économique qui a vu une chute drastique du nombre de passagers vers d’autres destinations plus traditionnelles comme l’Europe ou le Golfe. Ces vols permettaient notamment de maintenir une connectivité entre les communautés chiites libanaises vivant en Iran et leurs familles au Liban.Les agences de voyages locales ont rapidement réagi en dénonçant une décision prise sans considération pour les pertes économiques qu’elle entraîne. Nahar Int’l (14 février 2025) cite le président d’une association d’agences de voyages libanaises qui affirme que « chaque vol annulé représente une perte de plusieurs dizaines de milliers de dollars », et que la situation pourrait empirer si d’autres pays décidaient d’emboîter le pas en restreignant leurs vols vers Beyrouth sous pression américaine.Des échanges commerciaux fragilisésLes vols entre Beyrouth et Téhéran ne servaient pas uniquement aux déplacements de passagers, mais également aux échanges commerciaux, notamment dans le secteur du pétrole, des médicaments et des équipements industriels.Selon Al 3arabi Al Jadid (14 février 2025), l’Iran est un fournisseur clé pour le Liban en matière de produits pétroliers et pharmaceutiques. En raison de la crise monétaire et des sanctions internationales, le Liban peine à s’approvisionner en pétrole sur les marchés mondiaux, et l’Iran a été l’un des rares pays à offrir du carburant au Liban dans des conditions préférentielles.Cette interdiction pourrait compliquer encore davantage l’importation de médicaments, un secteur déjà frappé par de graves pénuries. Selon Al Bina’ (14 février 2025), plusieurs hôpitaux libanais dépendent en partie des importations iraniennes pour des traitements essentiels, notamment pour les maladies chroniques et les cancers. L’interdiction des vols risque d’entraver la chaîne d’approvisionnement et d’aggraver la crise sanitaire.D’un point de vue industriel, les échanges entre les deux pays restent modestes mais stratégiquesNahar (14 février 2025) rappelle que plusieurs entreprises libanaises du secteur manufacturier collaborent avec des fournisseurs iraniens pour l’importation de machines-outils et de matières premières. La suspension des vols complique la logistique et pourrait rendre les transactions commerciales plus coûteuses, obligeant les entreprises à trouver d’autres routes d’acheminement, souvent plus chères.L’impact sur l’inflation et le pouvoir d’achatL’économie libanaise souffre déjà d’une inflation galopante et d’une dépréciation continue de la livre libanaise face au dollar américain. L’interdiction des vols iraniens risque de renforcer cette dynamique négative, car elle pourrait :
  • Réduire l’offre de certains biens importés, augmentant ainsi leur prix sur le marché local.Provoquer une nouvelle vague de spéculation sur les prix du carburant et des médicaments, secteurs déjà vulnérables.Affecter la confiance des investisseurs et des commerçants, qui voient dans cette interdiction une preuve supplémentaire de l’instabilité du pays.
  • D’après Al Akhbar (14 février 2025), les économistes libanais estiment que les coûts logistiques accrus liés à la suspension des vols pourraient se répercuter directement sur les consommateurs, avec une hausse des prix des biens importés en provenance d’Iran d’environ 15 à 20 %.Un signal inquiétant pour les investisseurs étrangersUn autre aspect clé de cette crise est l’image qu’elle renvoie aux investisseurs internationauxAl Sharq Al Awsat (14 février 2025) rapporte que plusieurs groupes d’investisseurs du Golfe et d’Europe suivent de près l’évolution de la situation au Liban. La suspension brutale de liaisons aériennes pour des raisons politiques est perçue comme un signe d’instabilité qui pourrait dissuader les flux d’investissements étrangers.D’après Al Bina’ (14 février 2025), les entreprises étrangères, notamment celles ayant des partenariats avec des entités iraniennes ou libanaises, craignent désormais de voir leurs activités perturbées par des décisions politiques imprévisibles. Un expert en relations internationales cité par le journal explique que « les investisseurs ont besoin de stabilité et de prévisibilité. Or, cette crise montre que le Liban reste sous la pression d’acteurs extérieurs, ce qui rend tout projet d’investissement plus risqué ».L’incertitude sur l’avenir des relations commerciales libano-iraniennesAlors que les tensions s’exacerbent entre Beyrouth et Téhéran, la question de l’avenir des relations économiques bilatérales reste en suspens. L’Iran pourrait-il décider d’imposer ses propres sanctions économiques au Liban en réponse à cette interdiction ?Selon Nahar Int’l (14 février 2025), plusieurs entreprises iraniennes ont déjà annoncé qu’elles allaient « réévaluer » leur présence au Liban. Une entreprise pharmaceutique iranienne qui exporte ses produits vers Beyrouth a confirmé qu’elle envisageait de transférer ses livraisons vers d’autres pays de la région, ce qui compliquerait encore l’accès aux médicaments pour les Libanais.De même, les autorités iraniennes pourraient réduire leur coopération énergétique avec le Liban, notamment dans le secteur pétrolier. Selon Al Liwa’ (14 février 2025), Téhéran pourrait limiter ses livraisons de carburant ou imposer de nouvelles conditions financières, ce qui rendrait l’importation plus coûteuse pour le Liban.Un effet domino sur d’autres relations économiques ?Si cette crise se prolonge, elle pourrait avoir des répercussions sur d’autres relations commerciales du Liban. Al 3arabi Al Jadid (14 février 2025) soulève la question de la position des pays du Golfe, qui surveillent de près cette interdiction. Certains analystes estiment que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pourraient profiter de cette situation pour renforcer leur influence économique au Liban, en se posant comme alternative aux échanges avec l’Iran.Cependant, tout changement d’orientation économique prendra du temps et nécessitera des garanties politiques que le Liban, en crise gouvernementale, peine à offrir.

    Un test politique majeur pour le gouvernement de Nawaf Salam

    La suspension des vols iraniens à destination de Beyrouth constitue l’un des premiers défis majeurs pour le nouveau gouvernement libanais dirigé par Nawaf Salam, officiellement formé début février 2025​. Cette décision intervient dans un contexte de recomposition politique, où l’exécutif tente de naviguer entre les pressions internationales et les impératifs nationaux.

    Alors que la priorité affichée de ce nouveau cabinet est la relance économique et la stabilisation du pays, la crise autour de cette interdiction risque d’exacerber les tensions internes et d’obliger le gouvernement à clarifier son positionnement face aux enjeux régionaux.

    D’après Ad Diyar (14 février 2025), la décision de suspendre les vols iraniens n’a pas été prise uniquement sous la pression de Washington, mais également avec l’aval de certains membres influents du gouvernement qui souhaitent rééquilibrer la politique étrangère du Liban et réduire l’empreinte de l’axe iranien.

    Le positionnement du gouvernement Nawaf Salam

    Contrairement à ses prédécesseurs, le gouvernement Nawaf Salam a été constitué avec une volonté de limiter l’influence des blocs politiques traditionnels, ce qui explique une approche plus nuancée vis-à-vis des relations extérieures.

    Selon Al Akhbar (14 février 2025), cette interdiction pourrait refléter un virage stratégique du nouveau cabinet. Alors que l’ancien gouvernement était fortement influencé par le Hezbollah et ses alliés, l’équipe actuelle semble chercher un équilibre plus marqué entre l’Occident et l’axe pro-iranien.

    Dans une déclaration officielle citée par Al Sharq Al Awsat (14 février 2025), le Premier ministre Nawaf Salam a défendu cette décision en la justifiant par « des impératifs de sécurité et de souveraineté nationale ». Il a insisté sur le fait que « toute activité susceptible de compromettre la stabilité du Liban fera l’objet de mesures appropriées », sans pour autant citer directement l’Iran ou le Hezbollah.

    Des tensions au sein du gouvernement

    Si cette décision a été actée par le gouvernement, elle ne fait pas l’unanimité au sein de l’exécutif. Selon Al Liwa’ (14 février 2025), certains ministres proches du Hezbollah ont exprimé de vives critiques, accusant le Premier ministre de « céder aux pressions occidentales sans tenir compte des intérêts du Liban ».

    Un ministre anonyme, cité par Nahar Int’l (14 février 2025), a déclaré que « cette décision a été prise dans une logique de confrontation avec l’Iran, sans consultation approfondie avec l’ensemble du cabinet ».

    D’autres voix au sein du gouvernement estiment au contraire que cette interdiction est « une première étape pour restaurer la souveraineté libanaise ». Un proche du Premier ministre, cité par Al Bina’ (14 février 2025), a affirmé que « le Liban ne peut plus être un terrain de jeu pour les conflits régionaux, et cette décision reflète la volonté de protéger le pays des tensions extérieures ».

    Le Hezbollah met en garde contre un basculement stratégique

    Le Hezbollah, principal allié de l’Iran au Liban, considère cette interdiction comme une provocation directe. D’après Al 3arabi Al Jadid (14 février 2025), le parti chiite a fermement condamné la décision, affirmant qu’elle « met en péril les relations stratégiques du Liban et prépare le terrain à un alignement complet sur les positions américaines et israéliennes ».

    Un haut responsable du Hezbollah, cité par Al Akhbar (14 février 2025), a mis en garde contre les conséquences potentielles de cette interdiction, en affirmant que « si cette mesure n’est pas rapidement révisée, nous devrons revoir la manière dont nous collaborons avec l’exécutif ».

    Des analystes politiques estiment que le Hezbollah pourrait désormais intensifier ses pressions sur le gouvernement pour obtenir des garanties sur le maintien des liens entre le Liban et l’Iran.

    Une opposition entre le Hezbollah et les partisans d’une ligne pro-occidentale

    La crise provoquée par cette interdiction illustre une opposition de plus en plus marquée entre les blocs politiques libanais. D’un côté, les proches du Hezbollah et les partisans du maintien des relations stratégiques avec l’Iran dénoncent un acte de rupture avec l’un des seuls alliés économiques du Liban. De l’autre, les factions pro-occidentales voient cette interdiction comme une opportunité pour affaiblir l’influence iranienne et se rapprocher des États-Unis et de l’Europe.

    Selon Nahar (14 février 2025), cette crise pourrait se transformer en un affrontement ouvert entre ces deux blocs, avec un risque de blocage institutionnel si le gouvernement Nawaf Salam ne parvient pas à gérer les pressions internes et externes.

    L’impact sur la politique étrangère du Liban

    Cette décision a des implications bien au-delà des tensions internes. Selon Al Sharq Al Awsat (14 février 2025), cette interdiction envoie un signal clair aux partenaires internationaux du Liban, notamment aux États-Unis, à la France et aux pays du Golfe, qui perçoivent cette mesure comme un alignement progressif de Beyrouth sur une politique plus distante vis-à-vis de l’Iran.

    D’après Al Bina’ (14 février 2025), cette interdiction pourrait faciliter le retour d’une aide financière étrangère, notamment des pays du Golfe qui ont conditionné leur soutien à une prise de distance du Liban vis-à-vis de l’axe iranien.

    Cependant, cela pourrait aussi avoir des effets négatifs, notamment en cas de réactions économiques iraniennes, avec la possibilité d’un durcissement des conditions d’échanges commerciaux et énergétiques entre les deux pays.

    Une situation qui reste incertaine

    Le gouvernement Nawaf Salam fait face à une équation complexe :

    • Maintenir la décision et risquer une escalade des tensions avec le Hezbollah et l’Iran.
    • Revenir en arrière et perdre une partie du soutien international obtenu grâce à cette interdiction.
    • Trouver un compromis qui ne satisfera probablement ni les États-Unis ni l’Iran.

    Selon Al 3arabi Al Jadid (14 février 2025), le Premier ministre et son équipe travaillent actuellement sur une solution intermédiaire, qui pourrait consister à renforcer les contrôles douaniers et sécuritaires sur les vols iraniens sans les suspendre totalement.

    Cependant, Ad Diyar (14 février 2025) rapporte que les États-Unis font pression pour une interdiction définitive, tandis que l’Iran exige un retour immédiat à la normale.

    La manière dont cette crise sera gérée façonnera les prochains mois du gouvernement Nawaf Salam, et pourrait déterminer la capacité de l’exécutif à imposer sa vision politique face aux tensions régionales et aux jeux d’influences internationaux.

    Vers une escalade ou un compromis ?

    L’interdiction des vols iraniens à destination de Beyrouth pose désormais la question d’une éventuelle escalade diplomatique et politique entre le Liban, l’Iran et les puissances régionales. Alors que le gouvernement de Nawaf Salam tente de préserver un équilibre fragile, les pressions extérieures et les tensions internes rendent toute sortie de crise difficile.

    D’après Al Bina’ (14 février 2025), deux scénarios principaux se dessinent :

    1. Une escalade des tensions, où l’Iran et le Hezbollah augmenteraient la pression sur le gouvernement libanais pour faire annuler la décision.
    2. Un compromis diplomatique, où une solution intermédiaire serait trouvée pour ne pas rompre totalement avec l’Iran tout en répondant aux attentes des partenaires occidentaux.

    Le risque d’une confrontation politique et sécuritaire

    L’un des scénarios les plus préoccupants serait une radicalisation des positions de part et d’autre, conduisant à une confrontation plus large entre les blocs pro-occidental et pro-iranien au Liban.

    Selon Al Akhbar (14 février 2025), le Hezbollah considère cette interdiction comme une ligne rouge et a déjà commencé à organiser des manifestations et des mobilisations populaires pour dénoncer la décision. Si la pression populaire s’intensifie, le gouvernement pourrait se retrouver confronté à un mouvement de contestation plus large, surtout dans les régions du sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth, où le parti chiite exerce une influence majeure.

    Certains analystes cités par Al Liwa’ (14 février 2025) estiment que le Hezbollah pourrait aller plus loin en menaçant de bloquer certaines décisions gouvernementales si cette interdiction n’est pas levée rapidement. Dans le passé, des tensions similaires ont déjà conduit à des crises institutionnelles prolongées, paralysant le fonctionnement de l’État.

    Sur le plan sécuritaire, Nahar Int’l (14 février 2025) souligne que les forces de sécurité libanaises sont en état d’alerte, craignant que cette crise ne dégénère en violences localisées si les manifestations venaient à s’intensifier. Le ministre de l’Intérieur aurait donné des instructions strictes pour éviter tout affrontement entre manifestants et forces de l’ordre, mais la situation reste hautement volatile.

    L’option d’un compromis diplomatique

    Pour éviter une escalade, certains acteurs politiques libanais et internationaux plaident en faveur d’une solution intermédiaire qui permettrait de désamorcer la crise sans provoquer une rupture définitive avec l’Iran.

    Selon Al Sharq Al Awsat (14 février 2025), des négociations discrètes sont en cours entre le gouvernement libanais et des représentants iraniens afin de trouver un compromis acceptable pour toutes les parties.

    Une option envisagée serait d’autoriser de nouveau les vols iraniens tout en renforçant les contrôles douaniers et sécuritaires. Cette mesure permettrait à Beyrouth de répondre aux inquiétudes américaines et israéliennes tout en évitant une confrontation avec l’Iran et le Hezbollah.

    Une autre alternative citée par Al 3arabi Al Jadid (14 février 2025) consisterait à mettre en place un système de supervision internationale des vols entre l’Iran et le Liban, impliquant l’ONU ou des observateurs indépendants. Cette proposition aurait été évoquée par des diplomates français et européens, soucieux d’éviter une escalade dans une région déjà instable.

    Cependant, ces options sont loin de faire l’unanimité. Selon Ad Diyar (14 février 2025), les États-Unis continuent de faire pression sur Beyrouth pour que l’interdiction reste en vigueur et pourraient conditionner une partie de l’aide économique au Liban à cette décision.

    L’Iran prépare des représailles économiques

    Un autre facteur clé dans cette crise est la réaction économique de l’Iran. Si cette interdiction se prolonge, Téhéran pourrait décider de riposter en réduisant son soutien économique au Liban.

    D’après Nahar (14 février 2025), l’Iran pourrait restreindre ses exportations de pétrole vers le Liban, ce qui aggraverait encore la crise énergétique que traverse le pays. Cette mesure serait particulièrement critique, car le Liban dépend largement du carburant iranien pour compenser ses déficits énergétiques.

    En outre, selon Al Liwa’ (14 février 2025), les entreprises iraniennes pourraient revoir leurs investissements au Liban, notamment dans le secteur pharmaceutique et industriel. Plusieurs fournisseurs iraniens ont déjà suspendu temporairement leurs livraisons dans l’attente d’une clarification de la situation.

    Si ces mesures de rétorsion venaient à être appliquées, les conséquences économiques pour le Liban pourraient être immédiates :

    • Hausse des prix du carburant et des biens importés en provenance d’Iran.
    • Nouvelle pression sur la livre libanaise, qui pourrait accentuer son effondrement.
    • Réduction des investissements iraniens, alors que le Liban peine déjà à attirer des capitaux étrangers.

    Le rôle des acteurs régionaux et internationaux

    Le Liban étant au centre des rivalités entre les grandes puissances régionales, la manière dont cette crise sera gérée pourrait influencer durablement ses relations avec ses partenaires internationaux.

    D’après Al Bina’ (14 février 2025), l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis surveillent de près cette interdiction, car elle pourrait être le premier signe d’un réalignement progressif du Liban sur l’axe occidental. Certains diplomates saoudiens auraient discrètement exprimé leur satisfaction à l’égard de cette décision, estimant qu’elle pourrait faciliter un rapprochement entre Beyrouth et les monarchies du Golfe.

    Cependant, Al Sharq Al Awsat (14 février 2025) souligne que la France adopte une position plus prudente, plaidant pour une solution négociée afin d’éviter une déstabilisation supplémentaire du Liban. Paris craint que toute escalade ne compromette les efforts internationaux de soutien au Liban, notamment les aides financières en discussion avec le Fonds monétaire international (FMI).

    Une crise qui pourrait redessiner les équilibres politiques au Liban

    Cette interdiction ne sera pas une simple mesure passagère. Selon Nahar Int’l (14 février 2025), la manière dont elle sera gérée pourrait redéfinir les rapports de force au Liban.

    Si le gouvernement Nawaf Salam maintient l’interdiction, il pourrait consolider son image auprès des partenaires occidentaux et du Golfe, mais risque de s’attirer une hostilité durable du Hezbollah et de l’Iran. À l’inverse, si un compromis est trouvé avec Téhéran, il devra négocier avec Washington pour éviter des sanctions économiques supplémentaires.

    Le Liban se retrouve ainsi face à une décision stratégique qui pourrait avoir des conséquences bien au-delà de la seule question des vols iraniens. Cette crise pose en réalité une question plus large sur l’orientation politique et géopolitique du pays, entre maintien des liens avec l’axe iranien ou rapprochement accru avec les puissances occidentales et arabes.

    La capacité du gouvernement à gérer cette situation sera un test majeur de sa stabilité et de son autonomie, alors qu’il tente de restaurer un semblant d’ordre dans un pays en pleine crise.

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