jeudi, février 19, 2026

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Économie : négociations avec le FMI, rigueur monétaire et vulnérabilité sociale

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Blocage politique et reprise timide des pourparlers avec le FMI

Les négociations entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI) restent dans une phase d’attente, marquée par la lenteur des réformes et la méfiance réciproque. Al Akhbar (25 octobre 2025) évoque des « relations très mauvaises entre le Liban et le FMI », décrivant une impasse quasi totale. Selon le journal, les échanges entre Beyrouth et le Fonds se sont durcis après les déclarations du gouverneur Karim Souaid sur l’« inutilité des programmes de financement sans restructuration politique ». Cette posture technocratique, bien que saluée par certains milieux financiers, a irrité les représentants du FMI, qui attendent toujours la mise en œuvre des réformes promises depuis 2022.

Ad Diyar (25 octobre 2025) confirme que les discussions techniques ont été suspendues, le FMI exigeant des garanties concrètes sur la restructuration des banques et sur la rationalisation de la dépense publique. Le journal indique que le plan de redressement soumis par le ministère des Finances reste bloqué par des désaccords politiques internes, notamment sur la répartition des pertes entre l’État, la Banque du Liban et les déposants. Les émissaires du FMI auraient rappelé que toute aide reste conditionnée à la création d’une autorité de supervision indépendante du secteur bancaire, ce que plusieurs blocs parlementaires refusent.

Le FMI exige des garanties sur la gouvernance et la transparence

D’après Al Bina’ (25 octobre 2025), le FMI insiste sur deux points principaux : la création d’un organisme anticorruption autonome et la transparence des comptes publics. Ces exigences sont soutenues par les bailleurs internationaux, notamment la Banque mondiale et l’Union européenne, mais elles se heurtent à la résistance de plusieurs partis. Le quotidien souligne que « les grandes formations traditionnelles redoutent qu’une réforme de gouvernance ne réduise leur contrôle sur les circuits économiques et administratifs ».

Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) rapporte qu’une délégation libanaise, conduite par le ministre des Finances, devait se rendre à Washington début novembre pour tenter de relancer les négociations. L’objectif serait de réviser le programme d’aide triennal signé en 2022, dont les décaissements sont gelés depuis plus d’un an. Ce déplacement est jugé décisif, dans la mesure où il conditionnerait l’accès du Liban à une nouvelle ligne de crédit régionale négociée par le FMI avec le soutien du Qatar.

Une économie sous tutelle conditionnelle

Dans ce contexte, le Liban se trouve dans une situation de dépendance multiforme, entre le FMI, les bailleurs arabes et la Banque mondiale. Al Akhbar (25 octobre 2025) résume le dilemme ainsi : « Le Liban discute, promet et diffère. Le FMI écoute, attend et sanctionne. » La défiance est mutuelle, et aucun acteur n’a intérêt à rompre totalement les ponts, mais chacun temporise.

La reprise effective des pourparlers, prévue pour novembre à Washington, sera donc décisive. Si elle échoue, le Liban risquerait non seulement de perdre l’accès à de nouveaux crédits, mais aussi de compromettre son image auprès des investisseurs régionaux. Comme le souligne Al Sharq (25 octobre 2025), « le Liban est désormais perçu comme un pays en déficit de crédibilité avant même d’être en déficit budgétaire ».

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Newsdesk Libnanews
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