Les derniers articles

Articles liés

Revue de presse du 25/10/25: Intensification des frappes israéliennes : une offensive militaire aux contours élargis

- Advertisement -

Le sud du Liban connaît depuis plusieurs jours une intensification sans précédent des frappes israéliennes, dans un contexte régional tendu. Al Quds (25 octobre 2025) rapporte que six personnes ont été tuées lors de raids israéliens qui ont ciblé des zones à Nabatiyé, dans l’est et le sud du pays. Parmi les victimes figure un cadre du Hezbollah, Hussein al-Abd Hamdan, visé par une frappe de drone à Zotar al-Gharbiya. D’autres attaques ont été signalées à Qaaqaiyat al-Jisr, où un membre de la famille Atoui a également été tué. La stratégie israélienne vise des véhicules en déplacement, suggérant une tentative d’élimination ciblée systématique.

Al 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) évoque la fréquence des frappes : seize sites bombardés dans la Békaa, des missiles tirés sur Arab Salim, et des drones opérant dans les zones de friction. L’article confirme que les frontières de l’action israélienne s’étendent au-delà des zones traditionnelles de confrontation, pour inclure les régions de l’intérieur. Cette dynamique vise à instaurer une nouvelle géographie du conflit, en mettant le Liban sous pression continue.

Al Akhbar (25 octobre 2025) détaille une coordination directe entre les États-Unis et Israël, précisant que les frappes contre le Liban, notamment celles visant les infrastructures du Hezbollah, se font avec un suivi opérationnel américain depuis des centres de commandement en Israël. Le quotidien parle d’un basculement stratégique, les États-Unis étant passés d’un rôle de médiateur à celui de co-opérateur militaire direct.

Un double front contre le Liban : offensives militaires et guerre psychologique

Al Joumhouriyat (25 octobre 2025) met en lumière une autre facette de l’agression : le recours à une guerre psychologique ciblée contre les populations libanaises, particulièrement à Beyrouth et dans la banlieue sud. Selon le journal, il s’agit d’une campagne organisée via les médias et les réseaux sociaux, destinée à instiller la peur d’une guerre totale et à affaiblir le moral de la population. Cette guerre psychologique accompagne la guerre militaire, dans une dynamique de déstabilisation générale du pays.

Le journal précise que cette stratégie vise à briser la cohésion interne autour de la résistance, notamment en affaiblissant l’image du Hezbollah auprès de sa base populaire. L’objectif affiché est de forcer l’État libanais à désarmer le parti, condition préalable à tout cessez-le-feu durable selon Tel-Aviv.

Réactions politiques internes : prudence officielle et divergences stratégiques

Les responsables politiques libanais, face à cette escalade, ont réagi avec une certaine réserveAl Joumhouriyat (25 octobre 2025) cite le président du Parlement Nabih Berri, qui a réaffirmé son attachement au cadre de la résolution 1701 et au mécanisme tripartite établi sous l’égide de l’ONU. Il déclare : « Nous sommes pleinement engagés dans le mécanisme en place, il n’y a pas d’autre voie que la résolution 1701 et la préservation de la stabilité intérieure ».

Toutefois, les divergences entre les pôles du pouvoir apparaissent dans les pages de Ad Diyar (25 octobre 2025). Le journal relate une rencontre tendue entre le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement, au sujet d’un projet de médiation américaine porté par Tom Barrack. Le Premier ministre s’était dit ouvert à une négociation indirecte, mais le refus catégorique de Benjamin Netanyahu, relayé dans une déclaration de Barrack, a mis fin à cette piste. Le gouvernement est désormais accusé de manquer de stratégie claire, oscillant entre désescalade diplomatique et inaction militaire.

Netanyahu et le spectre d’une guerre utile : calculs politiques israéliens

Les motivations israéliennes font l’objet d’interprétations croisées. Al Joumhouriyat (25 octobre 2025) relaie les propos d’un diplomate arabe selon lequel Benjamin Netanyahu chercherait à se « délester » de ses problèmes judiciaires internes par une fuite en avant militaire. Le Premier ministre israélien, fragilisé par ses affaires de corruption et par les tensions internes, verrait dans une offensive au Liban une opportunité pour restaurer son image politique et rallier les factions les plus radicales de sa coalition.

Le journal souligne aussi que l’État hébreu considère aujourd’hui le sud du Liban comme une « zone molle » après l’affaiblissement opérationnel présumé du Hezbollah. Cette perception de vulnérabilité serait exploitée par Israël pour tester les limites de la riposte libanaise et de la résistance, tout en renforçant son assise régionale.

Position américaine : implication directe et redéfinition de la médiation

Selon Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025), les États-Unis ont remplacé les dispositifs multilatéraux par des mécanismes bilatéraux dirigés. Le général Patrick Frank est désormais chargé de coordonner les efforts de désescalade, mettant ainsi fin de facto au rôle de la FINUL. L’objectif américain, selon le quotidien, est de contenir l’extension du conflit de Gaza au Liban, tout en soutenant les objectifs israéliens de démilitarisation du Hezbollah.

Al Bina’ (25 octobre 2025) ajoute que cette stratégie implique aussi une mise sous tutelle politique progressive du Liban, sous prétexte d’assurer sa sécurité. La dépendance énergétique, la fragilité financière et l’isolement diplomatique sont exploités comme leviers pour forcer le pays à se soumettre à une nouvelle architecture régionale sécuritaire.

Fractures internes libanaises et polarisation de l’opinion

Le climat politique libanais est marqué par une polarisation croissanteAl Akhbar (25 octobre 2025) indique que plusieurs formations politiques réclament désormais un désarmement immédiat du Hezbollah, tandis que d’autres soulignent que cela reviendrait à exposer le Liban à une invasion totale. Le quotidien note un clivage entre partisans de l’alignement occidental et défenseurs de la souveraineté armée, avec des accusations croisées de « soumission » ou de « provocation irresponsable ».

Al Bina’ (25 octobre 2025) décrit une confusion stratégique de l’État, oscillant entre la volonté de résister et l’acceptation tacite de la domination israélo-américaine. La parole officielle reste évasive, et le manque d’unité nationale visible augmente les risques d’implosion interne.

Scénarios d’évolution : vers une guerre régionale ou une désescalade diplomatique ?

Les perspectives restent incertaines. Al Quds (25 octobre 2025) observe que l’intensité des frappes israéliennes et la rhétorique guerrière de Tel-Aviv ne laissent présager aucun retrait stratégique. L’annonce de la fin des exercices militaires israéliens est perçue comme le signal d’un passage à une phase opérationnelle plus agressive.

Cependant, des voies diplomatiques restent en coursAl 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) rapporte que le Liban intensifie ses contacts avec l’Égypte, la Russie et la Chine pour promouvoir une initiative régionale de désescalade. Une réunion préparatoire à un sommet arabe est prévue au Caire, où une position commune pourrait être énoncée, appelant à la fin des hostilités et au respect de la souveraineté libanaise.

D’autres initiatives sont évoquées, comme la rédaction d’un rapport gouvernemental libanais destiné à l’ONU, qui détaillerait les efforts de l’armée libanaise pour désarmer certaines zones au sud du Litani. Cette démarche viserait à montrer la bonne foi de Beyrouth dans l’application de la résolution 1701, et à éviter une confrontation directe.

Le Liban face à ses contradictions : entre souveraineté proclamée et impuissance réelle

L’analyse partagée dans Al Bina’ et Al Sharq (25 octobre 2025) insiste sur une vérité inconfortable : le Liban est aujourd’hui le dernier front régional à ne pas s’être plié aux redéfinitions stratégiques imposées par Israël et les États-Unis. Cette posture de résistance, si elle est perçue comme noble par une partie de la population, est vue comme suicidaire par une autre, qui redoute une conflagration majeure dans un pays déjà fragilisé par la crise économique et l’effondrement institutionnel.

La guerre reste donc à la fois imminente et suspendue, dans un équilibre instable, où chaque jour sans conflit ouvertest un sursis fragile.

Politique locale : divergences sur les négociations indirectes et crise des institutions

Affrontement institutionnel autour du vote des expatriés

Le débat sur la participation des Libanais de l’étranger aux prochaines élections législatives de 2026 s’est transformé en une vive crise politique entre le Parlement et le gouvernement. Ad Diyar (25 octobre 2025) rapporte que le président du Parlement, Nabih Berri, s’est opposé à toute tentative d’amendement de la loi électorale actuelle, particulièrement sur la suppression des six sièges réservés aux expatriés, qualifiant cette démarche de tentative d’ »isolation d’une communauté ». Berri a affirmé qu’un tel amendement serait inconstitutionnel et a mis en garde contre ce qu’il considère comme une « fracture du pacte national ».

En réponse, le Premier ministre Nawaf Salam a indiqué que si le Parlement n’agissait pas, le gouvernement pourrait soumettre un projet de réforme électorale, incluant la suppression de l’article 112. Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) rapporte que Salam a insisté sur le droit du gouvernement de proposer des amendements lorsqu’ils s’imposent, qualifiant les propos de Berri de « construction juridique hasardeuse ». Il a souligné que le gouvernement ne pouvait rester passif devant une situation bloquée.

Cette opposition frontale entre les deux têtes de l’exécutif a exacerbé les tensions politiques. Al Sharq (25 octobre 2025) précise que les Forces libanaises, les Kataëb et des députés indépendants ont violemment critiqué l’attitude de Berri, l’accusant de manipuler le processus parlementaire et de « confisquer le pouvoir législatif à des fins confessionnelles ». De leur côté, des députés du mouvement Amal et du Hezbollah ont défendu la position de Berri, jugeant que l’annulation de ces six sièges est une manœuvre pour affaiblir leur poids à l’étranger.

Enjeux confessionnels et manipulation de la représentation

Le débat n’est pas purement technique. Selon Al Sharq (25 octobre 2025), l’annulation des six sièges réservés aux expatriés est perçue par les forces chiites comme un levier visant à réduire leur représentation dans une diaspora perçue comme majoritairement favorable aux partis chrétiens et sunnites. Dans ce contexte, le député Quassem Hashem, membre du bloc de Berri, a accusé les opposants d’ »instrumentaliser l’expatriation à des fins électoralistes étroites », rappelant que « le respect du pacte national passe aussi par une représentation équilibrée de toutes les composantes ».

En parallèle, Al Liwa’ (25 octobre 2025) souligne que plusieurs associations de la diaspora ont adressé des pétitions au gouvernement et au Parlement pour réclamer la garantie de leur droit de vote pour l’ensemble des 128 sièges. Selon ces groupes, toute restriction serait une « violation du principe d’égalité entre citoyens » et une tentative de « réduire au silence les Libanais de l’étranger ».

Impasse institutionnelle et réactions du président

Face à l’escalade verbale entre les pouvoirs exécutif et législatif, le président de la République, Joseph Aoun, a tenté de calmer le jeu. Ad Diyar (25 octobre 2025) indique qu’Aoun a affirmé à ses visiteurs que « les élections auront lieu à la date prévue », tout en reconnaissant des difficultés techniques et politiques sur le dossier des expatriés. Cette position a été soutenue par les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères, selon Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025), qui ont estimé qu’une solution de compromis est encore possible.

Mais les blocages restent majeurs. Al Sharq (25 octobre 2025) rapporte que les tentatives d’ajouter cette question à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres ont été rejetées par certains ministres chiites, refusant toute remise en cause du texte actuel. Le député Bilal Abdallah, du Parti socialiste progressiste, a déclaré que « le gouvernement ne pourra probablement pas proposer une réforme viable dans les délais » et qu’un passage en force serait « très risqué sur le plan juridique ».

Échecs successifs des médiations politiques

Plusieurs tentatives de médiation ont échoué. Al Sharq (25 octobre 2025) indique que des discussions indirectes ont eu lieu entre Berri et Salam, via des émissaires communs, mais celles-ci ont tourné court en raison de l’intransigeance des deux parties. Le patriarche maronite Bechara Raï, selon Al Joumhouriyat (25 octobre 2025), aurait tenté une médiation en appelant à « un consensus sur les droits des expatriés », mais il n’a pas été reçu à la fois par Salam et par les leaders chiites.

La crainte exprimée dans Nida’ Al Watan (25 octobre 2025) est que cette impasse devienne un précédent grave, où la cohabitation institutionnelle serait remplacée par une logique de confrontation permanente. Le professeur de droit Antoine Nashif y est cité en ces termes : « Le système fonctionne désormais dans un vide juridique, chaque institution interprétant la Constitution selon ses intérêts. »

L’opinion publique inquiète d’une paralysie prolongée

Les éditoriaux de plusieurs journaux comme Al Bina’ (25 octobre 2025) soulignent que ce blocage commence à produire des effets délétères sur la société. La confiance dans le processus électoral est en baisse, et la lassitude des citoyens s’exprime par un rejet croissant des figures politiques traditionnelles. Le journal note que le Liban vit une « paix institutionnelle apparente », dissimulant une « paralysie généralisée » alimentée par des calculs confessionnels.

Les observateurs politiques, dans Al Liwa’ (25 octobre 2025), s’inquiètent de l’absence de mécanismes de résolution des conflits au sein du système politique. Pour eux, chaque composante agit selon une « logique de survie communautaire » au détriment de l’intérêt général, rendant toute réforme structurelle impossible.

Scénarios en cas de poursuite du blocage

Plusieurs scénarios sont envisagés si l’impasse perdure. Selon Ad Diyar (25 octobre 2025), l’un des risques est la tenue des élections avec la loi actuelle mais sans participation effective des expatriés, ce qui entraînerait une série de recours devant le Conseil constitutionnel. Un autre risque est l’abstention croissante, y compris parmi les fonctionnaires appelés à superviser le scrutin.

Des députés comme Melhem Khalaf (indépendant) ou Paula Yacoubian (indépendante) ont appelé à une « réforme globale du système électoral », en intégrant une représentation équitable des régions et des communautés, mais sans « instrumentalisation confessionnelle ».

Enfin, Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) mentionne la possibilité de boycotts parlementaires, notamment par les Forces libanaises, qui refusent de participer à une session où la question des expatriés serait ignorée. La crainte est que cette stratégie empêche l’obtention du quorum et ouvre la voie à une législature inopérante.

Citation et discours des personnalités politiques : surenchère verbale et stratégies de positionnement

Nawaf Salam : entre défense institutionnelle et attaques ciblées

Le Premier ministre Nawaf Salam s’est imposé comme l’un des acteurs les plus loquaces du paysage politique ces derniers jours. Dans une déclaration reprise par Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025), il a vivement réagi aux propos du président de la Chambre Nabih Berri au sujet du projet d’amendement de la loi électorale concernant les expatriés. Salam a affirmé que « l’État ne peut rester l’otage d’un organe législatif qui refuse de discuter de ses propres lois », soulignant que « le gouvernement est non seulement dans son droit, mais dans son devoir, lorsqu’il agit pour garantir l’égalité de tous les citoyens, y compris ceux de la diaspora ».

Cette posture offensive vis-à-vis du Parlement révèle une volonté du chef du gouvernement de s’affirmer comme une figure institutionnelle indépendante, s’appuyant sur la légalité constitutionnelle. Al Akhbar (25 octobre 2025) le décrit cependant comme « en chute libre », l’accusant de « se plier aux injonctions saoudiennes » après avoir évincé Hiba Al Kawas de la direction du Conservatoire libanais. Le journal critique également ses liens avec certaines chancelleries occidentales et le soupçonne de chercher à marginaliser les formations chiites dans l’appareil d’État.

Nabih Berri : gardien du pacte ou verrou parlementaire ?

Le président du Parlement Nabih Berri n’a pas tardé à répondre. Dans des propos relayés par Al Joumhouriyat (25 octobre 2025), il a déclaré que « toute tentative d’abroger l’article 112 est une déclaration de guerre contre l’équilibre communautaire ». Il a précisé que « la représentation des expatriés est une question de pacte national, et non de calcul électoral », laissant entendre que la suppression des six sièges réservés serait perçue comme une attaque contre la communauté chiite.

Berri s’est également exprimé sur la situation sécuritaire, affirmant dans Ad Diyar (25 octobre 2025) que « le Liban est à la croisée des chemins entre stabilisation et chaos », tout en réitérant son soutien à la « résistance légitime ». Ses interventions sont régulièrement accompagnées d’avertissements quant aux risques d’un effondrement du système si le consensus communautaire est rompu.

Joseph Aoun : prudence présidentielle et appels au calme

Dans ce contexte de surenchère, le président Joseph Aoun a adopté un ton plus modéré. Il a déclaré, selon Al Liwa’ (25 octobre 2025), que « le rôle du chef de l’État est de maintenir la cohésion des institutions et de favoriser un dialogue entre les composantes politiques ». Il a rappelé que « la tenue des élections est une obligation constitutionnelle », tout en appelant à « respecter les droits de tous les citoyens, y compris les expatriés ».

Aoun a aussi évoqué la situation à la frontière sud, estimant que « le Liban ne cherche pas la guerre, mais ne renoncera pas à son droit à la défense ». Cette déclaration a été bien accueillie par plusieurs chancelleries, selon Al Sharq (25 octobre 2025), qui saluent sa « position d’équilibre dans un climat hautement polarisé ».

Naim Kassem : ton de confrontation et défense de la résistance

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a profité de la commémoration de l’Achoura pour livrer un discours vigoureux. Dans des extraits rapportés par Al Akhbar (25 octobre 2025), il a affirmé que « la résistance est plus que jamais prête à faire face à l’ennemi sioniste ». Il a également mis en garde contre « les projets internes soutenus par des ambassades » visant à « désarmer la résistance et affaiblir la position du Liban ».

Kassem a réaffirmé que « toute réforme électorale imposée sans consensus est une tentative de coup d’État civil sous couvert légaliste », une allusion directe à Nawaf Salam. Il a aussi critiqué la récente décision du gouvernement sur les nominations culturelles, qu’il considère comme « un retour au favoritisme occidental et à l’exclusion des compétences patriotiques ».

Samir Geagea : critique de l’immobilisme et soutien aux réformes

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est exprimé dans une interview accordée à Nida’ Al Watan (25 octobre 2025). Il y dénonce « la dictature parlementaire de Nabih Berri », accusé de bloquer toute réforme sous prétexte de pacte communautaire. Geagea a déclaré : « Ce n’est pas le pacte national que nous défendons, mais les intérêts d’un bloc politique minoritaire qui tient le pays en otage. »

Il a également appelé le président Aoun à « sortir de sa réserve et à convoquer une conférence nationale pour restaurer les institutions ». Il a insisté sur la nécessité d’appliquer les résolutions internationales relatives au désarmement de toutes les milices, y compris le Hezbollah, soulignant que « le statu quo mène le Liban vers une guerre permanente ».

Walid Joumblatt : critique indirecte et position de retrait

Le leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, s’est exprimé de manière plus sibylline. Dans des propos rapportés par Al Bina’ (25 octobre 2025), il affirme que « ceux qui crient à la réforme sont souvent ceux qui ont saboté l’État de l’intérieur depuis trois décennies ». Il appelle à « plus de modestie politique et à un retour à l’essentiel : la survie du Liban en tant que nation viable ».

Joumblatt semble vouloir se placer au-dessus de la mêlée, critiquant à la fois la majorité et l’opposition sans les nommer, mais en laissant entendre que « le Liban n’a pas besoin de sauveurs autoproclamés, mais d’un minimum de bon sens institutionnel ».

Députés indépendants et figures émergentes : appels à la transparence

Plusieurs députés dits indépendants ont pris la parole, dont Michel Douaihy et Cynthia Zarazir, qui ont dénoncé dans Nida’ Al Watan (25 octobre 2025) « l’absence totale de transparence dans la gestion des dossiers publics, qu’il s’agisse des nominations, des appels d’offres ou des politiques sociales ». Ils appellent à « un code d’éthique parlementaire contraignant » et demandent à ce que « les séances parlementaires soient toutes retransmises en direct pour responsabiliser les élus ».

Dans le même journal, Melhem Khalaf a déclaré : « Le Liban vit une dictature soft des présidences. Le Parlement est muselé, le gouvernement divisé, et la présidence silencieuse. » Il appelle à « un front républicain démocratique pour reconstruire un véritable contrat politique ».

Diplomatie : tensions régionales, repositionnements internationaux et pression multilatérale

Poussée israélienne et inquiétudes internationales sur la frontière sud

La diplomatie libanaise est mobilisée face à l’intensification des tensions à la frontière sud. Al Akhbar (25 octobre 2025) rapporte que les autorités israéliennes ont décidé de relever le niveau de pression militaire sur le Liban, invoquant l’absence de désarmement du Hezbollah comme justification à leurs raids. Selon le journal, des sources diplomatiques ont précisé qu’un ajustement de la stratégie israélienne ne serait pas à l’ordre du jour, et que les frappes quotidiennes contre des cibles liées au Hezbollah se poursuivraient avec l’appui de la direction militaire américaine.

Par ailleurs, Al 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) note que les autorités libanaises intensifient leurs contacts pour éviter une escalade israélienne. Le général américain Joseph Clearfield, président du comité de coordination pour la cessation des hostilités, a rencontré les responsables libanais et assuré que les réunions du mécanisme tripartite (Liban-Israël-FINUL) deviendraient régulières. Cette initiative vise à « stabiliser la frontière » et à « éviter toute extension des opérations militaires à grande échelle ».

Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) précise que ces réunions sont prévues pour se poursuivre avec le nouveau chef américain du comité dès la semaine prochaine. Toutefois, le quotidien souligne que ces mesures ne suffisent pas à apaiser les craintes d’un embrasement, les frappes israéliennes ayant récemment ciblé la région de Marjayoun et le secteur de Meiss El Jabal sans provoquer de victimes, mais marquant une intensification du cycle de violence.

Médiation du Vatican et diplomatie religieuse

Sur le plan diplomatique spirituel, Al Liwa’ (25 octobre 2025) rapporte que le pape Léon XIV prévoit une visite au Liban début novembre. Ce déplacement, préparé en étroite concertation avec les autorités locales et le patriarcat maronite, vise à « promouvoir la paix sociale, le dialogue interreligieux et le soutien aux institutions démocratiques fragiles ». Des sources diplomatiques citées par le journal indiquent que la Secrétairerie d’État du Vatican considère cette visite comme « une mission urgente au service de la stabilité régionale ».

Le patriarche Bechara Raï aurait transmis au pape un rapport sur les tensions confessionnelles liées au blocage du dossier électoral et sur les inquiétudes liées à la polarisation croissante entre le camp pro-résistance et les partisans de la souveraineté. Cette initiative religieuse, bien que symbolique, est perçue comme un signal fort à destination des acteurs politiques libanais et internationaux.

Messages contradictoires de la diplomatie américaine

Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) révèle que la diplomatie américaine affiche une posture ambivalente. D’un côté, elle insiste sur la nécessité de maintenir le calme à la frontière, tout en poursuivant une coopération militaire étroite avec Israël. Le journal souligne la récente visite du secrétaire d’État Marco Rubio au centre de coordination civil-militaire de Tel-Aviv, durant laquelle il a réitéré que « toute force internationale à Gaza devra recevoir l’aval d’Israël », illustrant ainsi l’alignement américain sur les intérêts sécuritaires israéliens.

En ce qui concerne le Liban, un diplomate cité anonymement dans Al Joumhouriyat (25 octobre 2025) affirme que « mettre fin à la guerre à Gaza ne doit pas impliquer d’en ouvrir une au Liban », laissant entendre que Washington ne souhaite pas d’embrasement nord-sud. Ce même diplomate a ajouté que « la priorité américaine est l’ouverture de canaux politiques » et que « des contacts indirects avec Beyrouth ont été renforcés ces derniers jours ».

Rôle affirmé de la Chine dans les forums multilatéraux

Sur un autre registre, Al Akhbar (25 octobre 2025) rapporte les propos de l’ambassadeur de Chine à Beyrouth, qui a réaffirmé le soutien de son pays aux principes de souveraineté et de non-ingérence. Il a déclaré que la Chine « continuera à défendre les objectifs de la Charte des Nations unies et à promouvoir un système de gouvernance plus juste au niveau mondial ». Il a également salué la position constante du Liban sur la reconnaissance du principe de la Chine unique, illustrée récemment par son vote favorable à la résolution 2758.

Cette prise de parole intervient alors que Pékin renforce son rôle diplomatique dans les régions en crise, notamment via les forums asiatiques et les institutions onusiennes. Le diplomate a laissé entendre que des projets de coopération économique bilatérale sont en cours de réévaluation, en particulier dans les domaines des télécommunications et de l’énergie.

Soutien des pays arabes modérés au statu quo

Al Bina’ (25 octobre 2025) indique que plusieurs capitales arabes dites « modérées » expriment leur inquiétude face à un possible effondrement du Liban si la crise institutionnelle persiste. Ryad, Le Caire et Amman plaideraient pour une stabilisation par le dialogue, sans soutien actif à un des camps. Une source diplomatique évoque « une préférence régionale pour un Liban neutre, à équidistance des axes conflictuels ».

Toutefois, ces pays n’ont pas proposé d’initiative concrète, à l’exception d’un soutien financier conditionné à des réformes politiques. Al Liwa’ (25 octobre 2025) précise que des discussions sont en cours entre le FMI, les institutions régionales et la Banque du Liban autour d’un mécanisme de stabilisation de la livre libanaise, mais que celles-ci sont suspendues à la formation d’un consensus interne sur la politique économique.

Dynamique euro-méditerranéenne et tentative de relance diplomatique

Enfin, Al Liwa’ (25 octobre 2025) révèle que des diplomates européens ont intensifié leurs efforts pour éviter un isolement complet du Liban. Un projet de « feuille de route euro-méditerranéenne » aurait été proposé à Beyrouth, combinant assistance humanitaire, soutien institutionnel et incitations financières. L’objectif est de créer un « corridor de confiance » permettant aux institutions libanaises de survivre jusqu’à la fin du mandat présidentiel actuel.

Cette proposition, soutenue notamment par la France et l’Italie, est encore au stade exploratoire. Mais des réunions préliminaires ont eu lieu à Bruxelles et à Beyrouth entre des délégations parlementaires libanaises et des représentants du service européen pour l’action extérieure. Le dossier est suivi de près par le Haut Représentant de l’Union, qui aurait exprimé sa volonté d’envoyer un émissaire spécial au Liban en novembre.

Politique internationale : reconfigurations géopolitiques et stratégies globales

Offensive diplomatique des États-Unis sous Donald Trump

Sous la présidence retrouvée de Donald Trump, les États-Unis ont renforcé leur position d’hyperpuissance affirmée, adoptant une politique étrangère marquée par une combinaison de militarisme stratégique et d’accords bilatéraux renforcés. Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) signale le déploiement de la porte-avions « Gerald Ford » dans la zone de commandement sud pour intensifier la lutte contre le trafic de drogue en Amérique latine, indiquant une volonté claire de Trump de restaurer la présence américaine dans l’hémisphère occidental.

Parallèlement, le même quotidien indique que Trump a menacé, via des propos relayés par son entourage, d’engager une opération terrestre si les accords de cessez-le-feu à Gaza ne sont pas respectés. Cette rhétorique musclée s’inscrit dans une logique de dissuasion, qui s’est traduite aussi par un veto implicite à l’inclusion de la Turquie dans toute force internationale à Gaza (Al Akhbar, 25 octobre 2025), confirmant le recentrage américain sur des alliances sûres et restreintes, notamment avec Israël.

Dans le même registre, Al 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) rapporte que le secrétaire d’État Marco Rubio, actuellement en déplacement à Tel-Aviv, a précisé que « toute force internationale à Gaza doit être approuvée par Israël », ce qui reflète un soutien total de Washington aux priorités sécuritaires israéliennes. Cette approche est perçue comme un prolongement des Accords d’Abraham dans une version élargie à la région du Levant, selon Al Liwa’ (25 octobre 2025), qui évoque un « projet de paix économique du Machrek » promu par Barak et soutenu par Trump.

Retour de l’agenda asiatique et compétition sino-américaine

La réorientation de la stratégie américaine ne se limite pas au Proche-Orient. Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) détaille la « nouvelle doctrine Trump » en Asie du Sud-Est, visant à contrer l’influence chinoise. Washington y développe simultanément des partenariats militaires et commerciaux. Le journal évoque un message fort envoyé à Pékin à travers un accord bilatéral renforcé avec le Japon, combiné à une présence accrue dans les forums de l’ASEAN.

En réponse, la Chine adopte une posture de puissance émergente contestataire. Al Liwa’ (25 octobre 2025) rapporte les propos de son ambassadeur à Beyrouth, soulignant que Pékin mise sur « un modèle de gouvernance international plus juste, fondé sur le respect des souverainetés et la non-ingérence ». Cette rhétorique s’inscrit dans une stratégie plus large d’occupation des espaces laissés vacants par l’Occident, notamment au Moyen-Orient.

Le même journal signale aussi que la Chine soutient le Liban sur la scène internationale, notamment à travers le vote libanais favorable à la résolution 2758 de l’ONU sur la reconnaissance d’une seule Chine. Cette convergence symbolique traduit l’intérêt de Pékin à renforcer ses alliances dans des États fragiles, et à s’imposer comme une alternative aux partenariats occidentaux traditionnels.

Proche-Orient : diplomatie de confrontation et reconfiguration des alliances

La situation géopolitique du Proche-Orient demeure dominée par les conflits en cours et les tentatives de recomposition des alliances régionales. Al Akhbar (25 octobre 2025) souligne le rôle central d’Israël dans la gestion de l’après-Gaza, insistant sur son refus catégorique de toute médiation turque. Le journal décrit un « veto stratégique » israélien, accepté par Washington, qui exclut la Turquie et privilégie des partenaires plus alignés.

Dans ce contexte, Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) évoque également le renforcement des liens sécuritaires entre l’Égypte et le Pakistan, qui se traduirait par des exercices conjoints et une coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Cette dynamique traduit un repositionnement des puissances régionales arabes, qui cherchent à sécuriser leur propre environnement face à une instabilité croissante.

L’Arabie saoudite, pour sa part, adopte une attitude de prudence stratégique. Elle continue de promouvoir une solution politique à Gaza et appelle à éviter toute escalade vers le Liban, selon Al Bina’ (25 octobre 2025). Le royaume insiste sur la nécessité d’un processus diplomatique encadré, sans pour autant s’engager dans une médiation directe.

Méditerranée et Maghreb : lignes de fracture persistantes

Sur le dossier du Sahara occidental, Al Quds (25 octobre 2025) révèle que Washington a proposé un projet de résolution aux Nations unies, prolongeant le mandat de la MINURSO tout en renforçant sa reconnaissance du plan d’autonomie proposé par Rabat. Cette évolution est interprétée comme un alignement diplomatique sur le Maroc, perçu comme un partenaire stratégique stable.

Le même quotidien rapporte que le président Trump a désigné Paul Massad, son émissaire pour l’Afrique du Nord, pour faciliter le rapprochement entre Rabat et Alger. Massad affirme que « les autorités algériennes sont prêtes à améliorer leurs relations avec leurs voisins », un signal interprété comme une ouverture prudente dans un climat marqué par des tensions historiques persistantes.

Au Venezuela, la politique internationale américaine prend un tour plus agressif. Al 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) révèle que Trump a intensifié le déploiement militaire au large de Caracas dans le cadre de sa « guerre contre les narcotrafiquants ». Il affirme que « les actions des États-Unis visent avant tout leurs propres intérêts et ne cherchent pas l’affrontement direct », mais la présence militaire américaine croissante inquiète certains pays sud-américains, qui y voient un retour aux doctrines d’intervention.

Iran : cible constante de la diplomatie sécuritaire américaine

Le conflit latent entre les États-Unis et l’Iran se poursuit sur le terrain diplomatique et militaire. Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) rapporte que l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a qualifié les dirigeants iraniens de « menace régionale systémique », accusant Téhéran de poursuivre des actions subversives à travers ses proxies. Il a aussi souligné que Washington « dispose désormais d’un soutien régional sans précédent » pour contenir ces ambitions.

Cette position a été appuyée par des frappes américaines ciblées contre des installations iraniennes, notamment liées à son programme nucléaire, selon la même source. L’administration Trump affirme que « l’Iran doit revenir à un dialogue sincère avec ses voisins », tout en continuant à l’exclure de toute négociation directe sur Gaza ou la Syrie.

Économie : négociations avec le FMI, rigueur monétaire et vulnérabilité sociale

Blocage politique et reprise timide des pourparlers avec le FMI

Les négociations entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI) restent dans une phase d’attente, marquée par la lenteur des réformes et la méfiance réciproque. Al Akhbar (25 octobre 2025) évoque des « relations très mauvaises entre le Liban et le FMI », décrivant une impasse quasi totale. Selon le journal, les échanges entre Beyrouth et le Fonds se sont durcis après les déclarations du gouverneur Karim Souaid sur l’« inutilité des programmes de financement sans restructuration politique ». Cette posture technocratique, bien que saluée par certains milieux financiers, a irrité les représentants du FMI, qui attendent toujours la mise en œuvre des réformes promises depuis 2022.

Ad Diyar (25 octobre 2025) confirme que les discussions techniques ont été suspendues, le FMI exigeant des garanties concrètes sur la restructuration des banques et sur la rationalisation de la dépense publique. Le journal indique que le plan de redressement soumis par le ministère des Finances reste bloqué par des désaccords politiques internes, notamment sur la répartition des pertes entre l’État, la Banque du Liban et les déposants. Les émissaires du FMI auraient rappelé que toute aide reste conditionnée à la création d’une autorité de supervision indépendante du secteur bancaire, ce que plusieurs blocs parlementaires refusent.

Le FMI exige des garanties sur la gouvernance et la transparence

D’après Al Bina’ (25 octobre 2025), le FMI insiste sur deux points principaux : la création d’un organisme anticorruption autonome et la transparence des comptes publics. Ces exigences sont soutenues par les bailleurs internationaux, notamment la Banque mondiale et l’Union européenne, mais elles se heurtent à la résistance de plusieurs partis. Le quotidien souligne que « les grandes formations traditionnelles redoutent qu’une réforme de gouvernance ne réduise leur contrôle sur les circuits économiques et administratifs ».

Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) rapporte qu’une délégation libanaise, conduite par le ministre des Finances, devait se rendre à Washington début novembre pour tenter de relancer les négociations. L’objectif serait de réviser le programme d’aide triennal signé en 2022, dont les décaissements sont gelés depuis plus d’un an. Ce déplacement est jugé décisif, dans la mesure où il conditionnerait l’accès du Liban à une nouvelle ligne de crédit régionale négociée par le FMI avec le soutien du Qatar.

Politique monétaire : la stabilisation à tout prix

Sur le plan monétaire, Al Bina’ (25 octobre 2025) cite l’économiste Rima Farès, selon laquelle la politique de restriction monétaire de la Banque du Liban demeure « le seul rempart » contre une spirale hyperinflationniste. En refusant de financer le gouvernement et en limitant l’injection de liquidités, le gouverneur Souaid a réussi à stabiliser temporairement le taux de change, maintenu autour de 90 000 livres pour un dollar. Toutefois, cette stabilité apparente reste fragile, dépendant des transferts de la diaspora et du soutien international.

Selon Ad Diyar (25 octobre 2025), les réserves de devises étrangères ont augmenté de 1,65 milliard de dollars depuis janvier, tandis que les réserves d’or ont progressé de 10 %, atteignant 38,74 milliards de dollars au 15 octobre. Ces données traduisent une politique prudente mais rigide, centrée sur la préservation des actifs, au détriment du soutien à l’économie réelle.

Secteurs productifs en difficulté et initiatives de relance

L’économie réelle souffre néanmoins d’un effondrement de la demande et d’un manque d’investissements. Al Sharq (25 octobre 2025) rapporte que le président Joseph Aoun a inauguré une exposition industrielle rassemblant plus de 190 entreprises locales, illustrant la résilience de certains acteurs malgré les contraintes. Lors de cet événement, le président de l’Union des industriels, Issa Khoury, a dénoncé « la faiblesse chronique des politiques publiques », rappelant que le budget du ministère de l’Industrie n’excède pas un million et demi de dollars.

Al Liwa’ (25 octobre 2025) indique que plusieurs entreprises libanaises exportent encore vers plus de 170 pays, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, des cosmétiques et de la bijouterie artisanale. Cependant, la dégradation des infrastructures, la rareté de l’électricité et la hausse des coûts de transport entravent la compétitivité des exportateurs.

Pression sociale et risques de désordre économique

Le poids de l’austérité pèse sur la population. Nida’ Al Watan (25 octobre 2025) fait état de manifestations sporadiques à Beyrouth et à Tripoli contre la hausse des prix du carburant et la réduction des aides sociales. Des syndicats enseignants et hospitaliers réclament une indexation des salaires sur l’inflation, accusant le gouvernement d’ignorer la détresse des fonctionnaires. Le président du syndicat des enseignants, cité par Al Bina’ (25 octobre 2025), avertit : « Si rien ne change, l’État s’expose à une grève générale paralysante dans le secteur public. »

Le climat social est aggravé par l’absence d’un système de protection universelle. Al 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) rapporte que plus de 65 % des ménages vivent sous le seuil de pauvreté, et qu’un tiers d’entre eux dépend des transferts familiaux en devises. Les ONG locales alertent sur la recrudescence de la faim dans certaines régions rurales et la multiplication des crimes économiques, notamment le vol de carburant et la contrebande alimentaire.

Espoirs d’un soutien arabe et rôle du Qatar

Alors que les bailleurs occidentaux conditionnent toute aide à la mise en œuvre de réformes, certains pays arabes tentent d’apporter un soutien ciblé. Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) rapporte que le Qatar s’apprête à déposer 500 millions de dollars sur le compte du Trésor libanais, en coordination avec la Banque du Liban, afin de stabiliser la livre et d’assurer le paiement des importations de blé et de carburant. Ce dépôt, selon des sources diplomatiques, serait accordé à titre de “soutien d’urgence temporaire” et ne constituerait pas une aide structurelle.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, de leur côté, se montrent plus réservés. Al Bina’ (25 octobre 2025) explique que Riyad refuse tout financement tant que « le Liban ne s’engage pas dans un processus de transparence totale et de distanciation du Hezbollah ». Cette conditionnalité, combinée à l’attentisme occidental, confine le pays à un modèle de survie plutôt qu’à une reconstruction économique durable.

Une économie sous tutelle conditionnelle

Dans ce contexte, le Liban se trouve dans une situation de dépendance multiforme, entre le FMI, les bailleurs arabes et la Banque mondiale. Al Akhbar (25 octobre 2025) résume le dilemme ainsi : « Le Liban discute, promet et diffère. Le FMI écoute, attend et sanctionne. » La défiance est mutuelle, et aucun acteur n’a intérêt à rompre totalement les ponts, mais chacun temporise.

La reprise effective des pourparlers, prévue pour novembre à Washington, sera donc décisive. Si elle échoue, le Liban risquerait non seulement de perdre l’accès à de nouveaux crédits, mais aussi de compromettre son image auprès des investisseurs régionaux. Comme le souligne Al Sharq (25 octobre 2025), « le Liban est désormais perçu comme un pays en déficit de crédibilité avant même d’être en déficit budgétaire ».

Société : paupérisation, tensions sociales et fracture collective

Vie chère et crise sociale chronique

La détérioration rapide des conditions de vie au Liban constitue une des préoccupations majeures de la société civile. Al 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) rapporte que plus de 65 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, alors que l’inflation continue de rogner les revenus. Cette réalité se traduit par une baisse constante de la consommation, une insécurité alimentaire grandissante et une précarité sociale généralisée, notamment dans les régions périphériques.

Les habitants se plaignent d’une absence quasi totale de services publics fonctionnels. À Beyrouth comme à Tripoli, l’approvisionnement en électricité reste aléatoire, les interruptions pouvant dépasser 20 heures par jour. Dans Al Liwa’(25 octobre 2025), une habitante du quartier de Basta confie : « On cuisine quand on peut, on vit au rythme des générateurs, et même eux commencent à coûter trop cher. » Le prix du fuel, désormais non subventionné, continue de grimper, impactant directement les budgets des ménages.

Ad Diyar (25 octobre 2025) souligne également la hausse inquiétante des loyers dans plusieurs quartiers de la capitale, avec des augmentations allant jusqu’à 40 % depuis le début de l’année. Cette inflation immobilière non régulée accentue l’exode des familles vers des banlieues moins chères, souvent dépourvues d’infrastructures scolaires ou médicales de base.

Mobilisation syndicale et grogne dans les services publics

Face à cette dégradation, plusieurs syndicats ont lancé des appels à la mobilisation. Al Bina’ (25 octobre 2025) rapporte que le syndicat des enseignants a tenu une assemblée générale pour dénoncer la stagnation des salaires dans le secteur public, malgré la flambée des prix. Son président, cité dans le journal, affirme que « les enseignants ne peuvent plus survivre avec des salaires équivalents à moins de 300 dollars par mois ». Une grève nationale est envisagée pour le mois de novembre si aucune mesure n’est prise.

Le syndicat des employés municipaux, quant à lui, a suspendu ses services pendant 48 heures à Beyrouth, réclamant une indexation immédiate des primes de déplacement et des indemnités de santé. Al Sharq (25 octobre 2025) évoque un climat de tension croissante entre la direction de la municipalité et ses employés, en l’absence d’intervention du ministère de l’Intérieur, pourtant compétent en la matière.

Des mouvements sont également signalés dans le secteur hospitalier. Al Joumhouriyat (25 octobre 2025) révèle que plusieurs centres médicaux de la Békaa ont réduit leurs heures de service, faute de personnel qualifié. Les infirmiers réclament des augmentations de salaires et la sécurisation des fournitures médicales de base. L’Ordre des infirmiers a publié un communiqué dénonçant « un effondrement silencieux du système de santé publique ».

Les jeunes face au déclassement et à l’exode

La jeunesse libanaise est particulièrement touchée par la crise. Nida’ Al Watan (25 octobre 2025) met en lumière le décrochage scolaire et universitaire, avec des taux d’abandon en forte hausse, notamment dans les universités publiques. L’Université libanaise souffre d’un manque criant de moyens, les enseignants contractuels n’ayant pas perçu leur salaire depuis plusieurs mois.

Ce contexte pousse de nombreux jeunes à envisager l’émigration. Le journal indique que les demandes de visa pour le Canada, l’Allemagne et la France sont en forte hausse, notamment parmi les jeunes diplômés. Un étudiant en médecine de la LU témoigne : « On n’a plus de laboratoire, les stages sont annulés, les bibliothèques sont fermées. Partir n’est plus un choix, c’est une nécessité. »

Cette hémorragie de compétences inquiète les observateurs. Al Sharq Al Awsat (25 octobre 2025) cite un économiste estimant que « le Liban est en train de perdre sa principale richesse : son capital humain qualifié », un processus qui compromet à moyen terme toute relance économique durable.

Fracture sociale et montée des tensions communautaires

La crise n’épargne aucun groupe, mais ses effets sont inégalement répartis. Al Liwa’ (25 octobre 2025) souligne que les inégalités régionales se creusent : alors que certaines zones de Beyrouth bénéficient encore d’un accès partiel aux services, des régions comme l’Akkar, le Hermel ou le Liban-Sud vivent dans un quasi-abandon administratif. Cette disparité alimente un ressentiment croissant, nourri par le sentiment d’exclusion.

Al Bina’ (25 octobre 2025) met également en garde contre la résurgence de discours communautaires dans certains quartiers, attisés par la compétition pour les ressources rares (distribution de carburant, paniers alimentaires, etc.). Des associations rapportent que des files d’attente devant les centres de distribution deviennent des lieux de friction, avec des accusations réciproques de favoritisme et de clientélisme.

Violence domestique, criminalité et précarité

Dans ce contexte de fragilité sociale, la criminalité connaît une augmentation significative. Al Akhbar (25 octobre 2025) mentionne une hausse des délits liés au vol de carburant, aux cambriolages dans les quartiers périphériques, et même à la piraterie numérique. Le journal note également une hausse des violences domestiques, particulièrement dans les zones où les services d’aide psychologique ont été suspendus.

La sécurité alimentaire est également en jeu. Al 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) rapporte que certaines familles sautent des repas pour permettre à leurs enfants de manger, tandis que des cas de malnutrition infantile commencent à être documentés dans la Békaa et à Tripoli. Les cantines scolaires, faute de financement, ont fermé dans 60 % des écoles publiques.

Culture : scènes libanaises en effervescence entre patrimoine vivant et renouvellement artistique

Le texte fera exactement 1500 mots. Je commence immédiatement.

Culture : scènes libanaises en effervescence entre patrimoine vivant et renouvellement artistique

Événements littéraires : le rayonnement du livre francophone

Al 3arabi Al Jadid (25 octobre 2025) signale la tenue du Festival de Beyrouth pour le livre francophone, organisé par le centre culturel français du Liban. Le programme, prévu jusqu’au lundi suivant, rassemble plus de 80 auteursissus de dix pays, répartis sur vingt lieux culturels dans la capitale. Des lectures publiques, des débats littéraires, des ateliers artistiques et des tables rondes rythment cet événement, qui s’inscrit dans une politique de valorisation des échanges intellectuels et de promotion de la littérature contemporaine au Liban.

Cet événement littéraire donne une visibilité accrue à des écrivains libanais et francophones. Il affirme également l’importance stratégique du français comme langue de création et de débat intellectuel au Liban, dans un contexte marqué par la compétition linguistique croissante avec l’anglais et l’arabe dialectal.

Musique classique : hommage diplomatique par l’Orchestre national

Al Quds (25 octobre 2025) rapporte l’organisation à Beyrouth d’un concert inaugural de la saison musicale de l’Orchestre philharmonique national libanais, sous le thème « La musique unit, les cultures célèbrent ». Le chef d’orchestre invité, Diego Nassar, de nationalité uruguayenne et d’origine libanaise, a dirigé l’ensemble lors de cette soirée marquant le 80e anniversaire des relations diplomatiques entre le Liban et l’Uruguay.

La présence de Nassar et l’implication du conservatoire national de musique, présidé par Hiba Al-Kawas, traduisent une volonté de mobiliser les institutions artistiques pour renforcer les liens culturels bilatéraux. Le concert est interprété dans la presse comme un geste diplomatique, mais aussi comme une preuve de résilience du secteur musical institutionnel, malgré les réductions de budget et les pressions politiques.

Arts visuels : poésie plastique et engagement féminin

Toujours selon Al Quds (25 octobre 2025), la poétesse et artiste plasticienne Gharam Al-Rubaie a été l’invitée du Forum pour la liberté des femmes à Beyrouth. Lors d’une rencontre publique, elle a présenté une série d’installations mêlant texte poétique et peinture. L’événement a attiré des écrivains, artistes et universitaires, réunis pour discuter du dialogue entre expression littéraire et production plastique.

Gharam Al-Rubaie a souligné que « le poème et l’image sont les deux faces d’un même talisman », affirmant que la création féminine doit s’affranchir des carcans esthétiques et sociaux imposés par les structures dominantes. Cet événement s’inscrit dans un effort plus large de visibilisation de la parole artistique féminine au Liban, dans un contexte où les femmes artistes peinent encore à accéder aux principaux espaces d’exposition.

Exposition photographique : la mémoire urbaine comme sujet central

Dans Al Akhbar (25 octobre 2025), une exposition intitulée « Rebirth Beirut » du photographe Nabil Rishani est évoquée brièvement. Elle se tient dans un espace alternatif de la capitale et s’intéresse à la mémoire visuelle de Beyrouth à travers les formes urbaines. L’exposition, centrée sur la série Curves, interroge la manière dont les lignes architecturales de la ville traduisent les ruptures politiques et les transformations sociales.

L’artiste utilise la photographie documentaire comme outil de narration historique. À travers la superposition des temporalités, il vise à révéler les tensions esthétiques d’une ville marquée par les conflits et la reconstruction. Cette exposition confirme l’importance des initiatives privées dans la production artistique, dans un contexte de raréfaction des financements publics.

Projection documentaire : Talal Salman et la mémoire de la presse

Dans Al Akhbar (25 octobre 2025), un documentaire en deux parties est annoncé, consacré à Talal Salman, fondateur du quotidien As-Safir. Intitulé « رجل الورق: نهاية جريدة وحكايات أخرى » – « L’homme de papier : fin d’un journal et autres récits », le film revient sur l’essor et le déclin de la presse écrite indépendante au Liban. La première partie est diffusée le 26 octobre à 21h, la seconde le 2 novembre à la même heure, avec rediffusions prévues les jours suivants.

Réalisé par Ali Zaraqet, le documentaire associe témoignages personnels et archives journalistiques. Selon la productrice Mha Zaraqet, le film est né au moment de la fermeture du journal en mars 2016, événement qui avait provoqué une onde de choc dans le paysage médiatique. Ce projet est vu comme un acte de mémoire politique mais aussi un hommage à la rigueur journalistique dans un pays où la liberté de la presse est menacée.

Agenda culturel et activités programmées

Plusieurs événements culturels à venir sont mentionnés explicitement dans les publications du 25 octobre 2025 :

  • Festival du livre francophone de Beyrouth (Al 3arabi Al Jadid) : jusqu’au 28 octobre, avec plus de 80 auteurs ;
  • Concert de l’Orchestre national philharmonique (Al Quds) : déjà joué, dans le cadre d’un anniversaire diplomatique ;
  • Exposition de photographie « Rebirth Beirut » de Nabil Rishani (Al Akhbar) : actuellement en cours dans une galerie de Beyrouth ;
  • Rencontre artistique avec Gharam Al-Rubaie (Al Quds) : tenue récemment dans un forum culturel indépendant ;
  • Projection du documentaire sur Talal Salman (Al Akhbar) : 26 et 27 octobre pour la première partie, 2 et 3 novembre pour la seconde.

Ces événements montrent une diversité de formats culturels : expositions, projections, performances, rencontres, et confirment que, malgré un climat économique et politique instable, la scène culturelle libanaise conserve sa vitalité. Elle s’appuie sur un tissu composite d’acteurs : institutions diplomatiques, ONG locales, centres culturels étrangers et collectifs d’artistes.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.