Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en déplacement à l’ONU, semble avoir un objectif clair : détourner l’attention de la communauté internationale de la tragédie humanitaire en cours à Gaza, en exacerbant le conflit au Liban. En effet, alors que l’attention des médias et des diplomates aurait dû se focaliser sur les négociations pour la libération des otages israéliens, Netanyahu semble privilégier une autre stratégie, celle de la confrontation avec le Hezbollah et de la militarisation de la frontière nord. Une fuite en avant avec comme seul objectif sus-jacent, non pas le retour des réfugiés à la frontière nord comme il le prétend mais sa survie politique.
Le bilan des dernières 24 heures est accablant : 558 morts, dont 50 enfants et 94 femmes au Liban, sous un déluge de bombes israéliennes qui ont frappé non seulement le Sud, mais aussi la banlieue sud de Beyrouth et la vallée de la Bekaa, d’autant de crimes de guerre. Plus de 1 835 personnes ont été blessées, un nombre qui ne cesse de croître au fur et à mesure que les secours tentent de dégager les victimes des décombres. Cette violence sans précédent, qui dépasse de loin ce que l’on a vu en 2006, marque un tournant inquiétant dans l’escalade des hostilités.
Pendant ce temps, à Gaza, le bilan humain depuis le début du conflit, le 7 octobre 2023, atteint des proportions effroyables. Plus de 40 000 Palestiniens ont été tués, dont des milliers de femmes et d’enfants, tandis que les infrastructures civiles continuent d’être anéanties. Les efforts diplomatiques pour un cessez-le-feu, largement attendus lors de cette session de l’Assemblée générale de l’ONU, semblent être éclipsés par la rhétorique guerrière de Netanyahu.
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En jouant sur plusieurs fronts, Israël semble vouloir reporter le débat sur Gaza, un conflit de plus en plus qualifié d’inhumain et de démesuré par les organisations internationales pour lequel Netanyahu fait face à des accusations, déjà de crimes de guerre. Cette stratégie d’expansion du conflit vers le Liban met non seulement les populations civiles en première ligne, mais détourne également l’attention des atrocités commises à Gaza, là où les pressions diplomatiques pour une trêve deviennent chaque jour plus urgentes.
Netanyahu, en quête d’une victoire diplomatique qui ne vient pas, détourne les regards de ses échecs : la libération des otages israéliens est au point mort, la communauté internationale exprime de plus en plus son malaise, et sur le terrain, les pertes humaines continuent de s’alourdir des deux côtés. Cette guerre au Liban, nouvelle diversion dans une longue série d’opérations militaires, sert désormais de bouclier pour éviter la question centrale : celle du sort de Gaza et de ses habitants pris dans un piège mortel.
Alors que le bilan des victimes monte en flèche, que ce soit au Liban ou à Gaza, on peut se demander combien de temps encore cette stratégie d’évitement diplomatique pourra durer avant que la réalité de la situation ne finisse par éclater en pleine lumière au sein de la communauté internationale.





