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Edito: Le Kazakhstan, Nouveau « Pays Arabe » des Accords d’Abraham

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Ah, la Maison Blanche sous l’ère Trump 2.0 ! On pourrait presque entendre les rires enregistrés d’une sitcom des années 80 chaque fois que l’administration annonce une nouvelle « victoire diplomatique ». Ce matin, nous apprenons avec un amusement non dissimulé que le Kazakhstan – oui, ce vaste pays d’Asie centrale, connu pour ses steppes infinies, son héritage soviétique et son rôle dans le film Borat – est soudainement devenu un « pays arabe » aux yeux de Washington. Et pas n’importe lequel : il signe les accords d’Abraham, ces pactes de normalisation entre Israël et des nations du Moyen-Orient, comme si Astana était voisine de Dubaï plutôt que de Moscou. Parce que, bien sûr, rien ne dit « paix au Proche-Orient » comme un partenariat avec un État laïque à majorité musulmane, coincé entre la Russie et la Chine, et dont la dernière « guerre fratricide » remonte à… eh bien, jamais, à moins de compter les querelles autour des pipelines de gaz.

Imaginez la scène : dans les couloirs du pouvoir américain, quelqu’un a dû dérouler une carte du monde – ou peut-être une vieille mappemonde gonflable, de celles qu’on trouve dans les vide-greniers – et pointer du doigt au hasard. « Tiens, le Kazakhstan ! C’est arabe, non ? Ils ont des chameaux, du pétrole, et des noms qui finissent en ‘stan’. Parfait pour les accords d’Abraham ! » On exagère à peine. Après tout, cette administration nous a déjà gratifiés de traités de paix imaginaires entre des pays qui n’ont jamais été en guerre. Souvenez-vous : le « traité historique » entre la Thaïlande et l’Arménie, deux nations séparées par des continents entiers et un océan d’indifférence mutuelle. Ou encore la « réconciliation » entre l’Azerbaïdjan et l’Albanie, après une « guerre fratricide de frontières » qui n’existe que dans les rêves fiévreux d’un conseiller en géopolitique qui a séché les cours de géographie au lycée. Des frontières qui n’existent pas ? Pas de problème ! Dans le monde trumpien, la réalité est optionnelle, tant que ça fait bien sur Twitter – pardon, sur X.

Et voilà que le Kazakhstan entre en scène, avec sa signature fraîchement apposée sur ces accords qui, rappelons-le, étaient censés remodeler le Moyen-Orient en normalisant les relations avec Israël sans passer par la case Palestine. Initiés en 2020 sous le premier mandat de Trump, ces pactes ont déjà accueilli les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc – des pays qui, eux au moins, partagent une vague proximité culturelle ou géographique avec la région. Mais le Kazakhstan ? C’est comme inviter un pingouin à une fête sur la plage : amusant à regarder, mais complètement déplacé. Le communiqué de la Maison Blanche, lu ce matin avec un café bien fort pour ne pas s’étouffer de rire, vante les « opportunités en matière de défense, de cybersécurité et d’énergie ». Traduction : Israël va vendre des drones à Astana, et en échange, le Kazakhstan, qui entretient des relations avec Israël depuis 1992, enverra du pétrole – parce que rien ne crie « paix arabe » comme un deal pétrolier avec un ex-république soviétique.

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Bien sûr, on ne peut s’empêcher de se demander si cette « avancée » n’est pas le fruit d’une confusion cartographique plus large. Trump, qui n’a jamais caché son aversion pour les détails fastidieux comme les faits ou les maps, semble avoir une vision des États-Unis où la géographie est un menu à la carte : prenez un peu d’Asie centrale, saupoudrez d’un soupçon de Moyen-Orient, et servez chaud avec une dose de stand-up comique. La Maison Blanche, autrefois temple de la diplomatie sérieuse, ressemble désormais à une scène de Broadway où les meilleurs comiques – exilés de New York pour cause d’élection, peut-être celle de ce mystérieux « Mamdani » qui sonne comme un lapsus freudien – testent leurs blagues sur un public mondial médusé. « Devenir la risée du monde », comme l’insinue notre angle du jour, pourrait bien être la stratégie secrète : si on ne peut pas dominer par la connaissance, autant le faire par l’absurde.

Penchons-nous un instant sur les « détails » de cette farce diplomatique. Le Kazakhstan, pour ceux qui ont raté leurs leçons d’histoire, n’est pas arabe. Sa population est majoritairement kazakhe, d’origine turque, avec une forte minorité russe, et l’islam y est pratiqué de manière sécularisée, loin des dynamiques du Golfe. Mais qu’importe ! Dans la bulle washingtonienne, tout pays musulman est interchangeable. On imagine les négociations : des diplomates américains expliquant patiemment à leurs homologues kazakhs pourquoi leur adhésion aux accords d’Abraham – nommés d’après le patriarche biblique commun aux trois monothéismes – va « promouvoir la paix régionale ». Quelle région, au juste ? Le Moyen-Orient élargi jusqu’à l’Oural ? Ou peut-être une nouvelle « Abrahamic Belt » qui englobe tout, du Sahara à la Sibérie ? Et pendant ce temps, les vrais acteurs du Moyen-Orient, comme l’Arabie saoudite qui traîne des pieds depuis des années, doivent se gratter la tête en se demandant si Riyad est le prochain sur la liste des « pays arabes » oubliés.

N’oublions pas le contexte plus large de ces acrobaties géopolitiques. Trump, réélu en 2024 sur une plateforme de « Make America Great Again » – ou devrait-on dire « Make America Guess Again » en matière de cartes – semble déterminé à étendre les accords d’Abraham comme un empire commercial plutôt qu’un cadre de paix. Après avoir « résolu » des conflits inexistants entre Thaïlande et Arménie (séparés par 6 000 kilomètres et zéro animosité), ou Azerbaïdjan et Albanie (dont les « frontières fratricides » se limitent à des matchs de foot occasionnels), voilà que le Kazakhstan est propulsé sur la scène. Peut-être est-ce une manière subtile de contrer la Chine et la Russie, qui bordent ce pays stratégique. Ou peut-être est-ce juste une gaffe de plus, comme quand Trump confondait la Corée du Nord avec la Corée du Sud, ou suggérait d’acheter le Groenland. Dans tous les cas, le monde rit – jaune, certes, mais rit quand même.

Et que dire des implications pour les États-Unis ? Si l’objectif est de redevenir une superpuissance respectée, cette approche risque de transformer l’Amérique en punchline internationale. Les alliés traditionnels, comme les Européens qui peinent déjà à suivre les zigzags trumpiens, doivent se demander si la prochaine « victoire » impliquera un traité entre le Canada et le Mexique pour résoudre leurs « différends frontaliers » – oh wait, ils en ont déjà un, mais pourquoi pas en inventer un autre ? Pendant ce temps, les adversaires comme l’Iran ou la Chine se frottent les mains : rien ne discrédite mieux une puissance que ses propres bouffonneries. Le Kazakhstan, avec son président Kassym-Jomart Tokayev qui signe probablement en haussant les épaules, gagne peut-être des points en cybersécurité israélienne, mais au prix d’une association avec cette comédie des erreurs.

Au fond, cette « nouvelle » n’est que le dernier épisode d’une série où la géopolitique rencontre le vaudeville. La Maison Blanche, convertie en cabaret, nous offre des spectacles quotidiens : aujourd’hui, le Kazakhstan arabe ; demain, peut-être la Mongolie rejoignant l’OPEP, ou l’Islande signant un pacte contre le réchauffement… climatique, bien sûr. Trump, maître de cérémonie, dirige l’orchestre avec son flair inimitable pour l’improvisation. Et nous, le public mondial, oscillons entre hilarité et consternation. Car si rire est bon pour la santé, se moquer de la diplomatie l’est moins pour la stabilité du monde.

Mais continuons à disséquer cette pépite d’absurdité. Les accords d’Abraham, censés être un legs trumpien durable, se diluent ainsi dans l’exotisme forcé. Imaginez les briefings internes : « Monsieur le Président, le Kazakhstan n’est pas arabe. » Réponse probable : « Fake news ! Ils ont des tapis, non ? » Et hop, un deal est né. Les Kazakhs, pragmatiques, y voient sans doute une opportunité économique – pétrole contre tech – mais le reste du monde y voit une leçon : en géopolitique, mieux vaut connaître sa carte que de la redessiner au gré des caprices.

Les réactions internationales ? Un mélange de bafflement et de sarcasmes discrets. Les médias russes, proches du Kremlin, doivent jubiler : leur voisin du sud, traditionnellement dans l’orbite eurasiatique, flirte maintenant avec l’Occident via Israël. La Chine, avec ses Routes de la Soie traversant le Kazakhstan, pourrait même y voir une provocation. Quant aux pays arabes authentiques, ils observent probablement avec un sourcil levé, se demandant si les accords perdent leur essence originelle. Mais chut, ne spoilons pas le prochain acte : peut-être un traité entre la Finlande et le Brésil pour résoudre leurs « conflits arctiques-tropicaux ». Que ne feront-on pas pour un Prix Nobel… quitte à résoudre des conflits qui n’existent même pas.

En somme, cette adhésion kazakhe n’est pas tant une avancée diplomatique qu’un symptôme d’une ère où la réalité ploie sous le poids de l’ego. Trump voulait marquer l’histoire ; il marque surtout les esprits par l’absurde. Et pendant que la Maison Blanche joue les comiques, le monde réel – avec ses vraies frontières, ses vrais conflits – attend une punchline qui ne viendra peut-être jamais. Ou si, en voici une : si le Kazakhstan est arabe, alors peut-être que Trump est géographe. Ha !

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