Une frappe aérienne israélienne a visé mardi 18 novembre 2025 le camp de réfugiés palestiniens d’Ain al-Hilweh, situé près de la ville côtière de Saïda, au sud du Liban. Selon le ministère libanais de la Santé, au moins 13 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans cette attaque, qui a touché un terrain de sport et des zones adjacentes. Les autorités libanaises ont rapporté que les victimes incluent des civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, bien que les détails exacts sur l’identité des morts restent à confirmer par des enquêtes indépendantes. Des images diffusées par des médias locaux montrent des décombres fumants et des équipes de secours évacuant des corps enveloppés dans des couvertures, tandis que des habitants du camp, déjà surpeuplé et marqué par des décennies de précarité, expriment leur stupeur face à cette escalade soudaine.
Cette opération, menée par l’armée israélienne, s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes à la frontière libano-israélienne, où des échanges sporadiques de tirs ont eu lieu depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Le camp d’Ain al-Hilweh, qui abrite plus de 50 000 réfugiés palestiniens selon les estimations des Nations unies, est connu pour être un foyer de factions armées, mais aussi un lieu de vie quotidienne pour des familles déplacées depuis la Nakba de 1948. Les forces de sécurité libanaises ont rapidement bouclé la zone après la frappe, et des ambulances ont afflué vers les hôpitaux voisins pour prendre en charge les blessés. Des témoins oculaires ont décrit un bruit assourdissant suivi d’explosions secondaires, suggérant que des munitions ou des structures inflammables ont pu être touchées.
Les justifications de l’armée israélienne
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Dans un communiqué publié peu après l’attaque, l’armée israélienne (Tsahal) a affirmé que la frappe visait un « complexe d’entraînement du Hamas » situé au cœur du camp. Selon les porte-parole militaires, des renseignements précis indiquaient que ce site était utilisé pour former des combattants et préparer des opérations contre Israël. « Nous avons frappé des terroristes opérant dans un complexe d’entraînement du Hamas », a déclaré un officier de Tsahal lors d’un briefing, précisant que des mesures avaient été prises pour minimiser les dommages collatéraux, telles que des évaluations préalables des risques civils. Le communiqué insiste sur le fait que le Hamas utilise délibérément des zones civiles pour camoufler ses activités militaires, une accusation récurrente dans les opérations israéliennes au Liban et à Gaza.
Les autorités israéliennes ont fourni des détails supplémentaires sur l’opération : elle aurait été menée par un drone armé, ciblant un véhicule garé près d’une mosquée dans le camp. Des sources militaires ont évoqué des preuves d’activités suspectes, incluant des mouvements de personnes armées et des communications interceptées reliant le site à des cellules du Hamas basées au Liban. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réaffirmé dans une déclaration que son gouvernement ne tolérerait aucune menace émanant de groupes comme le Hamas ou le Hezbollah, soulignant que cette frappe faisait partie d’une stratégie plus large pour neutraliser les infrastructures terroristes au-delà des frontières. « L’armée continuera d’agir contre le Hamas partout où il opère », a-t-il indiqué, en référence à des incidents antérieurs où des roquettes avaient été tirées depuis le sud du Liban vers Israël.
Ce discours s’appuie sur une narrative sécuritaire bien établie : Israël présente le camp comme un sanctuaire pour des éléments radicaux, où des armes sont stockées et des entraînements menés en toute impunité. Des rapports de renseignement israéliens, partagés avec des alliés occidentaux, font état de liens croissants entre le Hamas et d’autres factions palestiniennes au Liban, exacerbés par la guerre à Gaza qui a déplacé des milliers de Palestiniens et renforcé les alliances régionales contre Israël.
Les démentis des factions palestiniennes
Face à ces allégations, les responsables palestiniens et le Hamas ont vigoureusement démenti toute présence d’un site militaire dans le camp. Dans un communiqué officiel, le Hamas a qualifié les justifications israéliennes de « fabrication pure et simple », affirmant que le groupe n’opère aucun centre d’entraînement dans les camps de réfugiés libanais. « Il s’agit d’un mensonge pour justifier un massacre contre des civils innocents », a déclaré un porte-parole du Hamas, soulignant que la frappe a touché un terrain de sport utilisé par des jeunes du camp. Des témoins locaux ont corroboré cette version, décrivant le site comme un lieu de loisirs communautaire, où des enfants jouaient au football au moment de l’attaque.
Des représentants de l’Autorité palestinienne et d’autres factions, comme le Fatah, ont condamné l’opération comme un « crime de guerre » et une « punition collective ». « Cette frappe n’est rien d’autre qu’une agression barbare contre des réfugiés sans défense », a affirmé un officiel palestinien à Ramallah, appelant à une enquête internationale. Le ministère palestinien des Affaires étrangères a évoqué des violations flagrantes du droit international humanitaire, accusant Israël de cibler délibérément des zones civiles pour semer la terreur. Des déclarations similaires ont émané de groupes comme le Jihad islamique, qui ont parlé d’un « massacre » visant à affaiblir la résistance palestinienne au Liban.
Ces démentis s’accompagnent d’appels à la communauté internationale pour protéger les camps de réfugiés, souvent pris entre les feux des conflits régionaux. Des habitants d’Ain al-Hilweh ont rapporté que l’attaque a semé la panique, forçant des familles à fuir vers des zones plus sécurisées, bien que le camp soit déjà surpeuplé et manque de ressources. « Nous sommes des réfugiés, pas des terroristes », a témoigné un résident anonyme cité par des médias arabes, soulignant que les justifications israéliennes masquent une politique d’intimidation systématique.
Entre langage militaire et humanitaire dans les médias
Les journaux internationaux et régionaux ont relayé ces versions contradictoires, illustrant la fracture narrative qui caractérise les conflits au Proche-Orient. D’un côté, les termes militaires employés par Israël – « cible légitime », « complexe d’entraînement », « mitigation des risques civils » – sont souvent repris dans les dépêches pour décrire l’opération comme une mesure défensive précise. De l’autre, le vocabulaire humanitaire des Palestiniens – « massacre », « civils innocents », « punition collective » – domine les reportages sur les conséquences au sol, avec des focus sur les victimes et les destructions.
Entre « site militaire » et « mosquée de quartier », les mots choisis par chaque camp racontent deux histoires opposées du même lieu. Les médias occidentaux, comme ceux affiliés à des agences de presse internationales, tentent souvent un équilibre en citant les deux parties, mais les titres varient : certains soulignent la « frappe ciblée contre le Hamas », tandis que d’autres mettent en avant les « morts civiles dans un camp de réfugiés ». Au Liban, la presse locale accentue les aspects humanitaires, avec des images choc de décombres et de funérailles, renforçant l’idée d’une agression injustifiée. Cette dualité médiatique reflète les défis de la couverture des conflits, où les faits sont filtrés à travers des prismes politiques.
Contexte des tensions régionales
Cette frappe intervient alors que les tensions à la frontière libano-israélienne restent vives, malgré un cessez-feu précaire négocié en novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah. Depuis le début de la guerre à Gaza, plus de 300 Palestiniens ont été tués au Liban dans des incidents similaires, selon des rapports de l’ONU. Le camp d’Ain al-Hilweh, géré par l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), est un microcosme de ces dynamiques : il abrite des factions rivales, mais aussi des civils dépendants de l’aide internationale.
L’ONU a exprimé son inquiétude immédiate. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré que « toute attaque contre des zones civiles est inacceptable et viole le droit international ». Des porte-parole de l’UNRWA ont rapporté que l’agence fournissait des soins aux blessés, tout en appelant à une protection accrue des réfugiés. Le gouvernement libanais, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a condamné l’attaque comme une « violation de la souveraineté », exigeant une enquête du Conseil de sécurité de l’ONU.
Les implications immédiates pour la stabilité libanaise
Au Liban, où l’économie est en crise et les institutions fragiles, cette frappe risque d’exacerber les divisions internes. Le camp d’Ain al-Hilweh a déjà connu des affrontements entre factions palestiniennes en 2023 et 2024, et des sources sécuritaires libanaises indiquent que l’armée nationale a renforcé sa présence autour du site pour prévenir des représailles. Des roquettes ont été tirées depuis le sud du Liban en réponse à des incidents passés, bien que aucune n’ait été rapportée immédiatement après cette attaque.
Les Palestiniens au Liban, estimés à plus de 450 000, vivent dans des conditions précaires, sans droits civiques complets. Cette frappe met en lumière leur vulnérabilité, comme l’a noté un rapport récent de la Banque mondiale sur la détérioration humanitaire dans la région. Des aides internationales, bloquées par des sanctions et des conflits, peinent à atteindre les camps, aggravant la situation post-attaque.
Les réactions internationales et diplomatiques
Les États-Unis, allié clé d’Israël, ont appelé à la retenue tout en reconnaissant le droit d’Israël à se défendre. Un porte-parole du Département d’État a déclaré : « Nous soutenons les efforts d’Israël pour contrer les menaces terroristes, mais insistons sur le respect du droit humanitaire ». L’Union européenne a exprimé sa « profonde préoccupation » pour les victimes civiles, appelant à une désescalade. Des pays arabes, comme l’Égypte et la Jordanie, ont condamné l’attaque, la qualifiant de « provocation » qui menace la stabilité régionale.
À l’ONU, des discussions informelles ont eu lieu sur une possible résolution rappelant les obligations sous la résolution 1701, qui régule la zone frontalière libano-israélienne. Des experts en droit international ont souligné que cibler des sites présumés militaires dans des zones densément peuplées nécessite des preuves irréfutables pour éviter des accusations de disproportionnalité.
Les suites immédiates de l’incident
Dans les heures suivant la frappe, des funérailles collectives ont été organisées à Saïda, où des milliers de personnes ont défilé en solidarité avec les victimes. Des leaders palestiniens ont appelé à l’unité face à ce qu’ils perçoivent comme une campagne d’intimidation. Côté israélien, des alertes sécuritaires ont été émises le long de la frontière, anticipant d’éventuelles représailles. Des sources militaires ont indiqué que des survols de drones se poursuivaient pour surveiller les mouvements dans les camps palestiniens au Liban.
Les hôpitaux de la région, déjà surchargés par la crise économique libanaise, ont rapporté un afflux de blessés souffrant de brûlures et de fractures. L’UNRWA a distribué des kits d’urgence, mais les besoins en médicaments et en nourriture restent critiques. Des témoins ont décrit des scènes de chaos, avec des familles fouillant les décombres à la recherche de disparus, tandis que les forces libanaises tentaient de maintenir l’ordre.
Les défis persistants pour les réfugiés
Les camps comme Ain al-Hilweh symbolisent les défis persistants des réfugiés palestiniens, coincés entre conflits armés et négligence internationale. Depuis 1948, ces enclaves ont vu se succéder les générations sans résolution du conflit. La frappe du 18 novembre met en évidence les risques accrus pour ces populations, avec des infrastructures vétustes et un accès limité aux services. Des rapports de l’ONU datant de 2025 indiquent une augmentation de 20 % des incidents violents dans les camps libanais depuis le début de la guerre à Gaza, alimentés par des tensions régionales impliquant l’Iran, le Hezbollah et Israël.
Les autorités libanaises, confrontées à une instabilité politique interne – avec un gouvernement dirigé par Nawaf Salam depuis février 2025 – ont du mal à gérer ces crises. Le ministre libanais de la Défense, en poste depuis cette date, a coordonné avec l’armée pour sécuriser les frontières, mais les ressources sont limitées. Des discussions avec l’ONU visent à renforcer la présence de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui patrouille la zone depuis 1978.
Les échos dans la région élargie
Cette attaque s’inscrit dans une série d’opérations israéliennes au Liban en 2025, incluant des frappes sur des positions du Hezbollah en octobre et novembre. Des analystes notent une intensification des actions contre le Hamas hors de Gaza, avec des assassinats ciblés en Syrie et au Liban. Les Palestiniens, de leur côté, maintiennent que ces opérations visent à étouffer toute forme de résistance, y compris civile.
Des données économiques récentes du Fonds monétaire international (FMI) soulignent l’impact : la dette libanaise dépasse 150 % du PIB, et les conflits aggravent l’inflation à plus de 200 %. Pour les Palestiniens, cela signifie une dépendance accrue à l’aide, souvent interrompue par les hostilités.
Les détails des enquêtes en cours
Des équipes de l’ONU et d’ONG comme Human Rights Watch ont annoncé des enquêtes sur la frappe, recueillant des témoignages et analysant des débris. Des porte-parole de l’ONU ont rapporté que des fragments de missiles indiquent une origine israélienne, confirmant les allégations initiales. Les Palestiniens exigent une transparence totale, tandis qu’Israël maintient que ses renseignements sont classifiés mais justifient l’action.
Au camp, la vie reprend tant bien que mal : des écoles ont fermé temporairement, et des distributions alimentaires d’urgence ont été organisées. Des résidents rapportent des nuits agitées, craignant de nouvelles frappes, alors que les factions palestiniennes coordonnent leurs réponses sécuritaires internes. Les implications immédiates incluent un renforcement des patrouilles libanaises et une surveillance accrue de la FINUL, qui a documenté plus de 100 violations de cessez-le-feu en 2025.



