Ce jour est marqué par la fermeture de l’essentiel des commerces du Liban à l’exception des pharmacies, boulangeries et autres établissements essentiels.

A cette occasion également, d’importantes manifestations sont attendues à l’issue de marches qui débuteront vers 15h30 depuis divers lieux de rassemblements vers les lieux du drame et un hommage y est prévu à l’heure du drame. On redoute aussi même des incidents aux alentours du parlement puisqu’une marche est ensuite prévue vers le centre-ville de Beyrouth.

Elle sera également marquée par les hommages aux victimes, notamment aux martyrs des pompiers de la ville de Beyrouth morts le 4 août 2020 à 18h06, volontaires qui s’étaient rendus sur place sans savoir qu’ils allaient vers leur trépas. À cette occasion, les ambulances et les véhicules de La Défense civile et des pompiers laisseront leurs sirènes sonner comme un glas pendant 30 secondes qui paraitront alors une éternité.

Des cérémonies d’hommage sont également prévus à l’étranger, dans les principales villes du monde qui ont vibré également à l’unisson le 4 août dernier.

Un an après le drame, rien ne s’est arrangé. La situation économie et monétaire est toujours précaire et désormais des pénuries de produits essentiels touchent la population et les secteurs essentiels. Médicaments, électricité voire même eau manquent désormais assez souvent au quotidien.

En ce jour symbolique, la France, avec l’aide de l’ONU, organise une conférence d’aide internationale pour le Liban. Paris espère ainsi réunir 350 millions de dollars en faveur de la population libanaise. Cette aide devrait ainsi court-circuiter les services officiels locaux en raison de la corruption endémique en leurs seins à part ceux de l’armée libanaise.

Côté politique, les personnalités locales ont multiplié les déclarations ces derniers heures pour rendre hommage aux victimes mais aussi pour tenter de se dédouaner face aux accusations d’une grande partie de la population alors que la question de la levée de l’immunité des parlementaires, autrefois ministres des finances comme Ali Hassan Khalil, des travaux publics comme Ghazi Zoaiter ou encore de l’intérieur comme Nouhad Machnouk, se pose ouvertement. Les familles des victimes craignent en effet que ces derniers tentent de dissoudre leurs responsabilités dans ce drame en ayant recours à divers artifices dont celui de la haute cour de justice en charge de juger anciens et actuels présidents de la république, premiers ministres ou ministres. Cependant, cette haute cour de justice est constituée à moitié par des députés, induisant un conflit d’intérêt et par des juges alors que l’appareil judiciaire est également mis en cause.

La question se pose également par rapport à l’enquête en cours. Aucune mise en examen n’est pour l’heure intervenue alors que la question de la levée de l’immunité de responsables politiques et sécuritaires se pose désormais au grand jour.

Autre question critique, l’origine, les causes ou encore les suites de l’explosion qui n’ont pas été publiquement annoncés en dépit de l’enquête et de ses conséquences.

Le juge d’investigation Tarek Bitar semble ainsi orienter son enquête sur base de rapports d’experts américains et français selon 2 principales hypothèses, l’une faisant part à une explosion induite par une négligence criminelle ou encore celle d’un incendie volontaire du hangar 12 où se trouvait, outre 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, du kérosène et même 25 tonnes d’explosifs en dehors de toute surveillance particulière. La thèse, à un moment relayée d’un tir de missile contre ce même hangar, semble être aujourd’hui très improbable, voire totalement écarté.

Il semblerait aussi de la justice cherche à déterminer les responsabilités de chacun dans l’arrivée de ces marchandises au Liban, entre fabricant géorgien, affréteur d’un navire poubelle russe, société intermédiaire britannique Savaro Ltd. et enfin destinataire final en Mozambique.

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