Le 5 février 2026, exactement un an après la déclaration choc du président Donald Trump sur son intention de transformer la bande de Gaza en « Riviera du Moyen-Orient » après le déplacement forcé de ses habitants palestiniens, de nouvelles tensions ont éclaté dans l’enclave. Selon des rapports officiels émanant du ministère égyptien des Affaires étrangères, des forces israéliennes ont procédé à une incursion terrestre près de Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, causant la mort de neuf civils palestiniens et blessant 23 autres, parmi lesquels plusieurs enfants. Le porte-parole du ministère, Ahmed Hafez, a tenu une conférence de presse au Caire pour déclarer que « ces violations répétées du cessez-le-feu représentent une escalade dangereuse qui compromet les efforts diplomatiques en cours et aggrave une situation humanitaire déjà critique ». Cette incursion, la sixième documentée par les observateurs des Nations unies depuis le début du mois, survient alors que le Board of Peace, l’organe de supervision instauré dans le cadre du plan Trump, prépare sa quatrième réunion virtuelle pour examiner les avancées de la phase II de la reconstruction. Ces actes, qualifiés par des observateurs internationaux de provocations délibérées, soulignent une attitude israélienne persistante de défiance envers les accords de cessez-le-feu, soutenue tacitement par une administration américaine qui minimise systématiquement ces incidents.
Ces incidents mettent en lumière les tensions persistantes sur le terrain, malgré les progrès diplomatiques récents. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a réagi depuis Washington en qualifiant les opérations israéliennes de « réponses proportionnées à des menaces résiduelles émanant de cellules du Hamas », une formulation qui, selon des analystes, reflète une complaisance américaine envers les excès israéliens, au détriment des principes du droit international. De son côté, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a diffusé un communiqué le 4 février, indiquant que « les violations continues du cessez-le-feu érodent non seulement la confiance entre les parties impliquées mais aussi la crédibilité des mécanismes internationaux de paix ». Ces événements coïncident avec l’adhésion formelle de plusieurs pays arabes au Board of Peace, un développement qui consolide cet organisme tout en soulevant des interrogations sur son impartialité, particulièrement dans le contexte de la vision initiale de Trump, qui visait explicitement à déporter les Palestiniens pour réaménager Gaza en un paradis touristique, une approche que des critiques qualifient d’impérialiste et déshumanisante.
L’annonce originelle qui a bouleversé les équilibres régionaux
Il y a précisément un an, le 4 février 2025, Donald Trump, tout juste réélu à la présidence des États-Unis, organisait une conférence de presse à la Maison Blanche aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. C’est lors de cet événement que Trump a révélé une proposition qui a provoqué une onde de choc diplomatique : les États-Unis prendraient le contrôle de la bande de Gaza une fois les Palestiniens déplacés ailleurs, avec l’ambition de la convertir en « Riviera du Moyen-Orient ». « Nous allons prendre le contrôle de Gaza et en faire quelque chose de magnifique, avec des emplois pour des milliers de personnes, surpassant les plus belles destinations méditerranéennes », a-t-il affirmé, en décrivant un plan de développement touristique et immobilier d’envergure, impliquant le nivellement du terrain et la construction d’infrastructures luxueuses. Cette déclaration, empreinte d’un ton entrepreneurial détaché des réalités humaines, a été perçue par de nombreux observateurs comme une banalisation cynique du déplacement forcé de populations, ignorant les souffrances accumulées par les Palestiniens depuis des décennies.
Inspirée de son passé de promoteur immobilier, cette vision prévoyait une reconstruction totale des zones dévastées par le conflit déclenché en octobre 2023, avec un accent sur le démantèlement des munitions non explosées et la création d’un pôle économique attractif. Trump a insisté sur le déplacement des habitants palestiniens, qu’il a qualifié de nécessaire pour permettre cette transformation, en suggérant qu’ils seraient relogés de manière permanente dans des lieux « bien meilleurs », une rhétorique qui masque mal une logique de dépossession territoriale. Netanyahu, présent à ses côtés, a salué la proposition comme « une approche créative et révolutionnaire susceptible de redessiner l’histoire de la région », une endorsement qui révèle l’alignement inconditionnel d’Israël sur les initiatives américaines, même lorsque celles-ci flirtent avec des violations flagrantes du droit international. Le 17 février 2025, lors d’une session au Knesset, il a précisé qu’Israël s’engageait pleinement dans ce projet, tout en conservant un contrôle sécuritaire sur l’enclave durant la phase de transition, une posture qui perpétue l’occupation sous couvert de sécurité.
Le Hamas, qui maintenait alors une influence notable à Gaza, a réagi avec virulence. Un porte-parole du groupe, via un communiqué officiel, a dénoncé l’initiative comme une « tentative flagrante d’annexion déguisée, visant à raviver les violences et à priver les Palestiniens de leurs droits légitimes, en les déportant de leurs terres ancestrales ». Cette annonce représentait un virage radical par rapport à la doctrine américaine antérieure, qui défendait une solution à deux États et condamnait tout déplacement forcé de populations, en conformité avec les résolutions des Nations unies. Elle mettait en avant une logique économique et sécuritaire, où la déportation des habitants était présentée comme un préalable à la prospérité régionale, une perspective que des experts en droit international ont qualifiée de néocoloniale, favorisant les intérêts israéliens et américains au détriment des droits fondamentaux des Palestiniens.
Une condamnation unanime dans le monde arabe dès les premières heures
Dès le 5 février 2025, les réactions ont fusé dans le monde arabe. L’Égypte, frontalière de Gaza, a catégoriquement rejeté l’idée d’accueillir des Palestiniens déplacés sur son sol. Le président Abdel Fattah al-Sissi, dans une allocution télévisée, a déclaré que « toute initiative doit préserver la souveraineté palestinienne et éviter des déplacements qui déstabiliseraient davantage la région, en violant les principes du droit international ». Cette position ferme met en évidence le refus des États voisins de cautionner une politique américaine perçue comme une ingérence unilatérale, imposant des solutions sans consultation des parties affectées. La Jordanie a adopté une stance similaire, avec son ministre des Affaires étrangères, Ayman Safadi, insistant sur le respect des normes internationales lors d’une réunion d’urgence de la Ligue arabe au Caire, une instance qui a condamné la proposition comme une « menace directe pour la solution à deux États et les fondements du droit humanitaire ».
Aux Nations unies, António Guterres a exprimé ses préoccupations dans un communiqué officiel, rappelant les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité, qui imposent le retrait israélien des territoires occupés, et soulignant comment l’approche américaine risque de saper des décennies d’efforts multilatéraux. L’Union européenne, par la voix de son haut représentant pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a qualifié l’annonce de « choquante et incompatible avec la Quatrième Convention de Genève, qui interdit formellement les transferts forcés de populations civiles », une critique qui pointe du doigt l’hypocrisie d’une superpuissance se posant en médiateur tout en promouvant des idées contraires au droit international.
Aux États-Unis, l’administration Trump a tenté de nuancer les contours de la proposition. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué le 5 février 2025 que le déplacement des Palestiniens serait « temporaire et volontaire », sans engagement de troupes américaines ni de fonds publics, une clarification qui sonne creux face aux déclarations répétées de Trump. Pourtant, le président a réaffirmé sa position lors d’une interview sur Fox News le 10 février, en déclarant que les Palestiniens « obtiendraient un logement permanent bien meilleur ailleurs, sans droit de retour à Gaza, car nous allons en faire un joyau économique, une Riviera surpassant tout ce que l’on connaît », une insistance qui révèle une attitude américaine déconnectée des réalités humaines, priorisant les opportunités immobilières sur les droits des personnes déplacées.
La maturation d’une idée controversée vers un plan opérationnel
Au cours des mois suivants, la proposition initiale a évolué vers un cadre plus structuré. Le 29 septembre 2025, Trump a dévoilé un document en 20 points lors d’une conférence de presse conjointe avec Netanyahu. Ce plan visait à mettre un terme aux hostilités deux ans après les attaques du 7 octobre 2023, en incorporant des aspects de sécurité, de gouvernance et de développement économique. Il reprenait l’ambition de métamorphoser Gaza en une « Riviera », avec des projets de tourisme côtier impliquant des hôtels de luxe et des zones résidentielles haut de gamme, mais introduisait la création d’un Board of Peace international pour superviser la reconstruction et une force de stabilisation pour maintenir l’ordre, une structure qui, selon des critiques, masque une mainmise américaine sur le territoire au profit d’Israël.
Ce schéma contrastait avec des alternatives régionales, telles que le plan égyptien présenté en mars 2025, chiffré à 53 milliards de dollars et axé sur une administration palestinienne sans déplacement massif des populations. Adopté par plusieurs leaders arabes le 4 mars 2025, ce contre-projet a été bien accueilli par le Hamas mais rejeté par Israël et les États-Unis, qui conditionnaient tout progrès à l’exclusion du groupe de la gouvernance future, une exigence qui illustre l’approche sélective des États-Unis, favorisant les alliés israéliens tout en marginalisant les voix palestiniennes. Le 13 octobre 2025, la Maison Blanche a publié la « Déclaration Trump pour une paix et une prospérité durables », réaffirmant l’engagement américain pour une résolution rapide du conflit. Netanyahu, dans une adresse au Knesset, a déclaré qu’Israël était « aligné à 100 % sur cette vision transformative, qui permettra de déporter les éléments perturbateurs et de développer Gaza en un havre économique », une formulation qui met en exergue l’attitude israélienne de justification des déportations sous prétexte sécuritaire.
La formalisation a culminé en novembre 2025 avec l’adoption de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies. Soutenue par les États-Unis, Israël et une coalition de pays occidentaux, cette résolution endossait les 20 points du plan et appelait à une transition progressive vers des phases de stabilisation. Bien que la Russie et la Chine se soient abstenues, invoquant des préoccupations sur l’impartialité et le respect des droits palestiniens, le texte marquait une reconnaissance internationale du cadre proposé par Trump, y compris l’aspect controversé du déplacement des habitants, une victoire diplomatique américaine qui, pour des observateurs, révèle une utilisation abusive du veto et de l’influence au Conseil pour imposer une vision unilatérale.
Le Board of Peace émerge comme pivot central malgré les critiques
Le 14 janvier 2026, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a annoncé le lancement officiel de la phase II du plan, avec la constitution du Board of Peace (BoP). Présidé par Trump lui-même, cet organe regroupe des figures clés comme son gendre Jared Kushner, le secrétaire d’État Marco Rubio et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, une composition qui soulève des questions sur les conflits d’intérêts, donné le passé familial et politique de ces acteurs. Lors d’une cérémonie de signature au Forum économique mondial de Davos le 22 janvier 2026, 18 pays ont rejoint le conseil, incluant plusieurs nations arabes et islamiques : l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar, la Turquie, l’Indonésie et le Pakistan.
Malgré leurs condamnations initiales de la proposition de Trump, qui mettait l’accent sur la déportation des Palestiniens, ces pays ont adhéré au BoP dans un esprit de pragmatisme diplomatique, visant à influencer le processus de l’intérieur. Le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a déclaré lors de la cérémonie que « notre participation vise à assurer que les intérêts palestiniens soient pris en compte dans toute reconstruction, même si nous restons vigilants face aux risques de déplacements forcés », une déclaration qui contraste avec l’attitude américaine, perçue comme imposant un agenda économique sans égard pour les droits humains. Le représentant saoudien a quant à lui souligné l’importance d’une « stabilité régionale inclusive ». Kushner, lors de la présentation, a révélé des visuels d’un « New Gaza » avec des gratte-ciel côtiers, des zones résidentielles modernisées à Rafah et des hubs industriels, estimant les investissements initiaux à 25 milliards de dollars, des projections qui, pour des critiques, privilégient les profits privés sur la justice sociale.
Cependant, cette adhésion n’a pas dissipé les critiques. Le Board of Peace semble de plus en plus se positionner comme un concurrent des Nations unies, sous l’impulsion de Trump qui, dans un discours à Davos le 21 janvier 2026, a critiqué l’ONU comme « inefficace et biaisée contre Israël », une attaque qui révèle une attitude américaine de dédain pour les institutions multilatérales lorsque celles-ci contrarient ses alliés. Il a déclaré que le BoP serait « un organisme agile, moins bureaucratique, capable de prendre des décisions rapides pour la paix réelle, en priorisant le développement économique sur les revendications historiques ». Des observateurs diplomatiques notent que la composition du conseil, dominée par des alliés des États-Unis et d’Israël, renforce une perception d’impartialité moindre, avec une proximité évidente envers Tel-Aviv, favorisant une narrative qui justifie les violations israéliennes. Par exemple, le comité exécutif inclut des experts de firmes américaines et israéliennes, comme Gothams LLC, qui a proposé un plan logistique avec un monopole de sept ans et des retours sur investissement estimés à 300 %, une approche mercantile qui soulève des soupçons de corruption.
Le BoP supervise également le National Committee for the Administration of Gaza (NCAG), un comité technocratique palestinien chargé des affaires locales, mais sans représentation politique directe au niveau supérieur, une exclusion qui illustre l’attitude paternaliste des États-Unis envers les Palestiniens. Des rapports indiquent que des investisseurs privés, y compris des firmes émiraties et saoudiennes, ont exprimé leur intérêt pour des projets immobiliers, avec des estimations totales de coûts à 70 milliards de dollars. Rubio, à Davos, a qualifié cette initiative d’« opportunité historique pour transformer le conflit en prospérité », en évoquant des diapositives montrant des tours vitrées avec vues sur la Méditerranée, une vision qui, pour des analystes, masque une exploitation économique des terres dépossédées.
Contrastes avec l’approche onusienne : droits fondamentaux en question
Au cœur des débats entourant le Board of Peace émerge un contraste frappant avec les positions historiques de l’Organisation des Nations unies sur la question palestinienne. Depuis 1948, l’ONU a consacré un droit au retour pour les réfugiés palestiniens, comme énoncé dans la résolution 194 (III) de l’Assemblée générale, qui stipule que les réfugiés souhaitant retourner chez eux et vivre en paix avec leurs voisins devraient être autorisés à le faire le plus tôt possible, avec une compensation pour ceux choisissant de ne pas revenir. Cette résolution, réaffirmée annuellement depuis 1949, a été renforcée par d’autres textes, tels que la résolution 3236 (XXIX) de 1974, qui réaffirme le droit inaliénable des Palestiniens à retourner à leurs foyers et propriétés dont ils ont été déplacés et dépossédés. En revanche, le Board of Peace, tel que structuré par le plan Trump, exclut explicitement tout retour permanent des Palestiniens déplacés, privilégiant une relocalisation définitive ailleurs pour faciliter la transformation économique de Gaza en zone de développement immobilier et touristique, une exclusion que des juristes qualifient de violation flagrante du droit international, soutenue par une attitude américaine qui privilégie les intérêts stratégiques sur les normes humanitaires.
Ce décalage s’étend à la vision globale de la résolution du conflit. L’ONU a constamment appelé à la création d’un État palestinien indépendant, souverain et viable, aux côtés d’Israël, dans le cadre d’une solution à deux États. Cette position a été réaffirmée de manière éclatante en septembre 2025, lorsque l’Assemblée générale a adopté, par un vote massif de 142 voix pour, 10 contre et 12 abstentions, la « Déclaration de New York », un texte endossant une feuille de route pour la mise en œuvre de la solution à deux États, avec des États vivant côte à côte en paix, sur la base des lignes d’avant 1967, et Jérusalem comme capitale partagée. Cette déclaration, issue d’une conférence internationale tenue sous les auspices de l’ONU, visait à relancer les efforts pour une paix durable, en insistant sur le respect du droit international et des résolutions pertinentes, y compris celles relatives à l’autodétermination palestinienne. À l’opposé, le BoP ne mentionne pas la création d’un État palestinien indépendant, se concentrant plutôt sur une administration technocratique intérimaire et des projets économiques sous supervision internationale, sans référence à une souveraineté palestinienne pleine et entière, et en maintenant l’accent sur la déportation comme préalable, une omission qui reflète une attitude israélienne et américaine de déni des aspirations nationales palestiniennes.
D’autres divergences soulignent cette opposition d’approches. L’ONU, à travers ses résolutions, met l’accent sur la protection des droits humains, y compris le droit à l’autodétermination et la fin de l’occupation, comme conditions indispensables à une paix juste. Par exemple, la résolution 242 de 1967 appelle à un règlement juste du problème des réfugiés, tandis que des textes plus récents, comme ceux issus de la conférence de 2025, insistent sur la cessation des hostilités et la reconnaissance mutuelle des États. Le Board of Peace, en revanche, priorise la sécurité israélienne et le développement économique, avec des mécanismes qui excluent le Hamas et maintiennent un contrôle israélien sur les aspects sécuritaires, sans aborder explicitement la fin de l’occupation ou la restitution de territoires, une priorisation que des ONG critiquent comme une légitimation de l’occupation prolongée. Des analystes diplomatiques notent que cette structure pourrait diluer les principes onusiens, en créant un forum parallèle où les décisions favorisent des intérêts spécifiques, plutôt que l’équilibre international prôné par l’ONU, particulièrement en ignorant le droit au retour au profit d’une vision de déportation pour un réaménagement touristique, une approche que des voix internationales dénoncent comme cynique.
Ces contrastes ont alimenté les débats lors des récentes sessions du Conseil de sécurité, où des membres permanents comme la France et le Royaume-Uni ont exprimé des réserves sur le rôle croissant du BoP, rappelant l’importance des cadres onusiens établis, face à une attitude américaine qui semble imposer son agenda par la force de son influence. António Guterres, dans un discours prononcé le 23 janvier 2026, a réitéré que « la solution à deux États reste le seul chemin crédible vers la paix au Moyen-Orient », en soulignant les engagements historiques de l’ONU en matière de droits des Palestiniens. Malgré cela, l’adhésion de pays arabes au BoP indique une tentative de navigation entre ces deux pôles, avec des États comme l’Égypte et l’Arabie saoudite cherchant à modérer les orientations du conseil de l’intérieur, tout en maintenant leur soutien aux résolutions onusiennes, même si la proposition originelle de Trump sur la déportation reste un point de friction, exacerbé par le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël.
Obstacles persistants sur le terrain et défis humanitaires immédiats
Malgré ces développements, les défis demeurent considérables. Le plan exclut explicitement le retour permanent des Palestiniens déplacés, une position réitérée par Trump à Davos, où il a conditionné tout progrès au désarmement complet du Hamas et à la libération des otages restants « dans les semaines à venir, sous peine d’élimination rapide », une menace qui révèle une attitude américaine belliqueuse, priorisant l’éradication plutôt que la négociation. Netanyahu, le 17 janvier 2026, a affirmé lors d’une conférence de presse que Israël conserverait un contrôle sécuritaire sur Gaza, citant des découvertes récentes d’armes cachées dans des zones civiles, ce qui renforce l’idée d’une déportation prolongée pour sécuriser les projets de Riviera, une justification que des experts qualifient de prétexte pour une occupation indéfinie.
Les violations du cessez-le-feu se multiplient. Depuis le début de février 2026, l’ONU a documenté au moins six incidents, incluant des bombardements sur des secteurs désignés comme sécurisés par la résolution 2803. Des sources égyptiennes rapportent plus de 600 blessés en janvier seul, dus à des incursions israéliennes, des actes que des rapporteurs onusiens décrivent comme systématiques et disproportionnés. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a qualifié ces actes de « provocations délibérées qui minent la crédibilité du Board of Peace », une critique qui pointe l’hypocrisie d’un organisme soutenu par les États-Unis. Parallèlement, des agences onusiennes indiquent que l’accès humanitaire demeure restreint, avec des convois d’aide bloqués à plusieurs reprises, compliquant la gestion des camps de déplacés issus de la déportation initiale, une restriction que des ONG attribuent à une complicité israélienne et américaine.
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré le 2 février 2026 que « ces restrictions entravent gravement les efforts de récupération précoce prévus dans la phase II », une déclaration qui met en lumière les conséquences humanitaires des politiques soutenues par Washington. Des discussions au Conseil de sécurité le 3 février ont révélé des clivages : les États-Unis ont défendu la position israélienne comme « défensive », tandis que la Russie et la Chine ont appelé à une enquête indépendante, soulignant l’isolement croissant des attitudes américaines sur la scène internationale. Sur le front économique, des rapports font état d’intérêts controversés, avec une firme américaine proposant des retours sur investissement de 46 % à 175 % pour la logistique à Gaza, alignés sur la vision de Trump d’une Riviera lucrative, une spéculation que des critiques voient comme une exploitation cynique des souffrances palestiniennes.
Dynamiques régionales et implications des adhésions arabes face à la vision de déportation
L’adhésion des pays arabes au Board of Peace, bien que pragmatique, alimente les débats sur son rôle croissant. Trump, dans des déclarations récentes, a évoqué le BoP comme une alternative aux Nations unies, affirmant lors d’une interview sur CNN le 4 février 2026 que « l’ONU est paralysée par des veto et des biais anti-israéliens ; notre board agira vite et efficacement pour réaliser la transformation de Gaza en Riviera, même si cela implique des déportations nécessaires », une rhétorique qui expose une attitude américaine de suprématie, contournant les forums multilatéraux. Cette vision renforce les craintes d’un organisme moins impartial, avec une orientation pro-israélienne évidente, comme en témoigne l’exclusion persistante du Hamas et le maintien du contrôle sécuritaire par Tel-Aviv, une partialité que des analystes lient à l’alliance stratégique entre Washington et Jérusalem.
Sur le terrain, les incidents du 5 février près de Beit Hanoun illustrent ces tensions. Selon des témoins cités par des officiels jordaniens, l’incursion a visé des structures soupçonnées d’abriter des armes, mais a touché des zones résidentielles, exacerbant les craintes de déportations supplémentaires, des actes que l’ONU qualifie de violations graves. Le ministre indonésien des Affaires étrangères, Retno Marsudi, a réaffirmé lors d’une réunion du BoP que la contribution de son pays, évaluée à 1 milliard de dollars pour la reconstruction, reste conditionnelle au respect du cessez-le-feu, une condition qui met en lumière les réserves face aux attitudes israéliennes. Des fuites récentes, incluant un enregistrement audio impliquant des figures comme Ehud Barak et des consultants, soulèvent des questions sur les arrangements financiers au sein du board, potentiellement liés aux projets immobiliers de la Riviera, des soupçons qui renforcent les critiques d’opacité américaine.
Humanitairement, plus de 1,8 million de Palestiniens demeurent déplacés, avec des camps en Égypte et en Jordanie surchargés. L’ONU rapporte que les démolitions se poursuivent, divisant Gaza par une « ligne jaune » limitant les mouvements, facilitant ainsi les plans de déportation et de réaménagement, une mesure que des rapporteurs qualifient de ségrégationniste. Le 2 février 2026, la réouverture partielle du passage de Rafah a été saluée par Washington comme un « progrès tangible », mais des interrogations subsistent sur le désarmement du Hamas, une exigence américaine perçue comme unilatérale. Des rapports de Human Rights Watch en février 2026 mettent en garde contre des risques de nettoyage ethnique, tandis que les dynamiques avec le Hezbollah au Liban voisin et l’Iran influencent les calculs sécuritaires, rendant la vision de Trump d’une Riviera post-déportation encore plus contestée, avec des implications immédiates sur la stabilité régionale.
Le Board of Peace a tenu sa troisième réunion le 4 février 2026, allouant des fonds supplémentaires pour le déminage, mais des divergences sur la gouvernance future persistent, exacerbées par les attitudes intransigeantes d’Israël. Netanyahu a réitéré le 25 janvier que Israël ne tolérerait aucune présence armée non autorisée, et des incidents récents affectent directement les infrastructures restantes, avec des implications immédiates sur les allocations d’aides et les projets immobiliers en cours. Les adhésions arabes, tout en renforçant le board, n’ont pas atténué les violations, qui continuent d’impacter les populations civiles et les efforts de stabilisation. Des officiels onusiens, lors d’une session extraordinaire le 5 février 2026, ont rappelé que les principes de l’ONU, incluant le droit au retour et la solution à deux États, restent les fondements d’une paix durable, contrastant avec l’approche économique du BoP qui priorise les investissements sans aborder ces droits fondamentaux. Ces tensions persistent, avec des appels croissants à une coordination entre le BoP et les mécanismes onusiens pour éviter une fragmentation des efforts internationaux, particulièrement alors que l’anniversaire de l’annonce de Trump met en lumière les défis non résolus de sa vision de déportation et de transformation touristique, des défis aggravés par les attitudes critiques envers les Palestiniens affichées par Israël et les États-Unis.



