vendredi, février 13, 2026

Les derniers articles

Articles liés

L’ambassadeur américain Issa discute avec un responsable du FMI des voies pour attirer les investissements au Liban

- Advertisement -

L’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, a rencontré ce vendredi Ernesto Ramirez Rigo, chef de la mission du Fonds monétaire international pour le Liban, afin d’examiner les mécanismes destinés à restaurer la crédibilité internationale du Liban et à attirer les investissements étrangers. Cette discussion, tenue à Beyrouth, s’inscrit dans un contexte où le Liban tente de consolider une reprise économique fragile, marquée par des avancées partielles en matière de réformes financières. Selon le communiqué de l’ambassade américaine, les échanges ont porté sur les développements économiques récents et les progrès réalisés dans les réformes clés, essentielles pour attirer davantage d’entreprises américaines. Cet entretien survient alors que le Liban fait face à des défis persistants, exacerbés par les retombées des conflits régionaux et la nécessité de réformes structurelles pour stabiliser ses finances publiques.

Michel Issa, nommé ambassadeur par le président Donald Trump en mars 2025 et ayant présenté ses lettres de créance le 17 novembre 2025, représente une nouvelle étape dans les relations entre Washington et Beyrouth. Né à Beyrouth et originaire de Bsous, Issa apporte une expérience forgée dans les domaines de la finance, de la construction et de l’automobile aux États-Unis et en France. Son arrivée coïncide avec une période critique pour le Liban, où la stabilité économique dépend étroitement de la sécurité et de la confiance internationale. Lors de cette rencontre avec Ramirez Rigo, les discussions ont souligné la nécessité de rebâtir la confiance auprès de la communauté internationale, condition sine qua non pour une prospérité durable, comme l’a indiqué l’ambassade américaine.

Ernesto Ramirez Rigo, expert du FMI avec une vaste expérience en économie internationale, supervise les équipes chargées du Liban depuis plusieurs années. Sa visite à Beyrouth s’inscrit dans une série d’engagements réguliers, la plus récente remontant à février 2026, où une délégation du FMI a évalué les stratégies de réforme des autorités libanaises, notamment en ce qui concerne le secteur bancaire et le budget 2026. Ramirez Rigo a souvent mis en avant la résilience de l’économie libanaise face aux chocs externes, tout en soulignant les faiblesses structurelles qui freinent une reprise solide.

Un échange fructueux à Beyrouth

La rencontre entre Issa et Ramirez Rigo s’est centrée sur des mesures concrètes pour restaurer la crédibilité mondiale du Liban. Les débats ont couvert les avancées en réformes financières, comme la loi sur la résolution bancaire et les ajustements au projet de loi sur les dépôts gelés depuis 2019. Le premier ministre Nawaf Salam, en fonction depuis le 8 février 2025, a déclaré lors d’une interview à Davos en janvier 2026 que le FMI requiert des amendements substantiels à ces textes pour aligner le plan de sauvetage sur les normes internationales. « Nous voulons nous engager avec le FMI. Nous voulons nous améliorer. C’est un projet de loi », a-t-il affirmé, en insistant sur l’urgence d’éviter une inscription sur une liste noire financière qui aggraverait la situation.

Le contexte de la crise économique libanaise

Le Liban traverse l’une des crises financières les plus sévères de son histoire récente, avec une contraction cumulée du PIB d’environ 40 % depuis 2019, selon les estimations de la Banque mondiale. La dette publique a dépassé 150 % du PIB en 2024, et les eurobonds, qui représentent 95 % de la dette étrangère, s’élèvent à 39,2 milliards de dollars, accumulant intérêts et arriérés après le défaut de paiement en 2020. L’inflation a atteint des pics, avoisinant 220 % en 2023 avant de ralentir à environ 14 % en mai 2025, grâce à une dollarisation informelle de l’économie. Les réserves de la Banque du Liban ont diminué, passant de 30 milliards de dollars en 2019 à environ 11 milliards en juin 2025, entraînant une dévaluation progressive de la livre libanaise, qui a perdu plus de 98 % de sa valeur face au dollar entre janvier 2023 et mars 2024.

Cette crise a été aggravée par des facteurs internes, tels que la corruption endémique et la paralysie politique, ainsi que par des éléments externes, notamment les conséquences du conflit régional impliquant Israël et le Hezbollah. En 2024, les hostilités ont causé des dommages estimés à 11 milliards de dollars par la Banque mondiale, affectant les infrastructures, l’agriculture et le tourisme dans le sud du pays. Néanmoins, une reprise partielle s’est manifestée en 2025, soutenue par le tourisme diasporique, avec une croissance du PIB réelle de 3,5 %, selon les projections de la Banque mondiale. Les envois de fonds des expatriés, estimés à 7 milliards de dollars par an, constituent un pilier essentiel, couvrant près de 30 % du PIB.

Les réformes en cours et les obstacles persistants

Le gouvernement de Nawaf Salam a initié plusieurs mesures pour répondre aux exigences du FMI. En avril 2025, la loi sur le secret bancaire a été adoptée, permettant un meilleur contrôle des flux financiers. Le projet de loi sur la résolution bancaire, amendé pour satisfaire le FMI, vise à restructurer un secteur bancaire paralysé par des pertes accumulées de 100 milliards de dollars. Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a indiqué en février 2026 que les discussions techniques avec le FMI, entamées en octobre 2025, avancent positivement, avec des progrès sur la réforme du secteur financier et des finances publiques.

Cependant, les défis restent nombreux. Le budget 2026, approuvé par le cabinet en septembre 2025, a été critiqué par le FMI pour son manque d’ambition. Ramirez Rigo a noté lors de sa visite de septembre 2025 que les mesures proposées en termes de recettes étaient insuffisantes pour combler un déficit projeté à 5 % du PIB. Les dépenses publiques, gonflées par les pressions sociales et les besoins de reconstruction, menacent de placer les finances sur une trajectoire insoutenable. De plus, la loi sur le gap financier, adoptée fin 2025, nécessite des affinements pour clarifier la hiérarchie des créances et protéger les petits déposants, dont les fonds gelés depuis six ans représentent un enjeu social majeur.

Le rôle des États-Unis dans l’appui au Liban

Washington joue un rôle central dans la stabilisation du Liban, alliant aide économique et pressions sécuritaires. En janvier 2026, l’ambassade américaine a salué l’approbation par le cabinet de la loi sur le gap, la qualifiant d’étape significative pour restaurer la confiance des institutions financières internationales. Les États-Unis ont alloué 230 millions de dollars en 2025 pour soutenir les forces de sécurité libanaises dans le désarmement des milices non étatiques, en ligne avec la résolution 1701 de l’ONU. Cette aide s’intègre dans un partenariat élargi, visant à contrer l’influence iranienne et à promouvoir la stabilité régionale.

Michel Issa, lors de ses premières rencontres avec le président Joseph Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le premier ministre Salam, a insisté sur la nécessité d’une souveraineté pleine, incluant le monopole de l’État sur les armes. Le Département du Trésor américain a sanctionné en février 2026 la société Jood SARL, liée au Hezbollah, pour ses activités dans l’or et les flux financiers informels, illustrant une approche ferme contre les réseaux illicites exploitant l’économie de trésorerie libanaise.

Les attentes du FMI pour 2026

Le FMI, sous la direction de Ramirez Rigo, a réaffirmé son engagement à soutenir le Liban, mais conditionne tout programme à des réformes complètes. Lors de la mission de juin 2025, les discussions ont porté sur la restauration de la viabilité bancaire, la durabilité fiscale et la gouvernance transparente. Un accord au niveau des services techniques pourrait débloquer 3 milliards de dollars sur quatre ans, mais requiert l’exécution de huit actions préalables, dont seule une partie a été accomplie d’ici février 2026.

Le premier ministre Salam a averti en janvier 2026 que le temps presse, avec le risque d’une dégradation sur la liste grise financière. « Nous voulons un programme du FMI et nous voulons continuer nos discussions jusqu’à ce que nous y arrivions », a-t-il déclaré, soulignant la pression internationale. Les réformes incluent une restructuration des entreprises publiques, comme Électricité du Liban, dont les pertes annuelles dépassent 1 milliard de dollars, et un renforcement du régime anti-blanchiment, pour attirer des investissements durables.

Implications pour les investissements américains

La discussion entre Issa et Ramirez Rigo met l’accent sur l’attraction d’entreprises américaines dans des secteurs prioritaires comme l’énergie, les infrastructures et la technologie. L’Investment Development Authority of Lebanon (IDAL) promeut les partenariats via des joint-ventures et des acquisitions, bien que ses opérations soient limitées par des contraintes budgétaires. En 2025, les investissements étrangers directs ont repris timidement, atteignant 500 millions de dollars, principalement dans l’immobilier et le tourisme, mais restent bien en deçà des niveaux pré-crise.

Les États-Unis encouragent les réformes pour ouvrir le marché libanais, avec des incitations fiscales et une protection des investisseurs. Toutefois, la persistance de l’économie informelle, dollarisée et vulnérable à la corruption, entrave les flux. L’influence du Hezbollah, bien qu’affaiblie par les sanctions, complique les dynamiques, comme l’a montré l’interdiction temporaire de camions étrangers par la Syrie, résolue partiellement en février 2026.

Dynamiques régionales et perspectives immédiates

Les élections parlementaires prévues en mai 2026 ajoutent une couche d’incertitude, avec des débats sur la loi électorale concernant la diaspora. Le président Aoun a insisté sur le respect des délais, rappelant les retards passés dus à des blocages politiques. Sur le plan sécuritaire, la résolution 2790 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en août 2025, prolonge le mandat de la FINUL jusqu’en décembre 2026, tout en planifiant un retrait ordonné, et appelle à un soutien accru aux Forces armées libanaises pour un déploiement au sud du Litani.

Économiquement, la reprise modeste de 2025 masque des vulnérabilités, avec une dette extérieure non restructurée et une dépendance aux aides. Le ministre de l’Économie a annoncé en février 2026 un sommet d’investissement à Beyrouth, présentant un programme de 7,5 milliards de dollars de projets. Les discussions avec le FMI se poursuivent, avec une prochaine rencontre prévue lors des assemblées annuelles, visant à aligner le budget 2026 sur des objectifs plus ambitieux en termes de recettes et de dépenses.

Les implications immédiates de ces échanges se traduisent par des efforts pour combler le fossé financier, avec des amendements en cours sur la loi des dépôts. Le gouvernement libanais, sous pression, multiplie les consultations avec des partenaires arabes et européens, comme lors des pourparlers à Paris en décembre 2025, pour documenter les progrès en matière de désarmement et de réformes. Ces initiatives, ancrées dans les réalités actuelles, mettent en lumière la nécessité d’une coordination accrue pour stabiliser les finances publiques et relancer la croissance.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi