Dans la nuit du 23 au 24 février 2026, des forces israéliennes ont procédé à la destruction de deux habitations dans les localités frontalières de Houla et Aïta ech-Chaab, au sud du Liban. Selon les informations diffusées par l’Agence nationale d’information libanaise, une unité ennemie a infiltré le quartier Abra, dans la partie nord de Houla, peu après minuit, pour poser des explosifs et faire sauter une maison. Une opération similaire a visé un domicile dans le quartier Kharza d’Aïta ech-Chaab, confirmant une nouvelle incursion dans cette zone sensible. Ces actes, survenus dans un contexte de tensions persistantes malgré l’accord de cessez-le-feu signé en novembre 2024, illustrent les défis posés à la stabilité régionale.
Les opérations ont été menées avec une précision militaire évidente, impliquant des équipes spécialisées dans le minage et la démolition. À Houla, la maison ciblée se situait dans un secteur résidentiel densément peuplé, où les habitants ont rapporté des explosions assourdissantes perturbant le calme nocturne. Des témoins oculaires ont décrit des mouvements de troupes au sol, soutenus par une surveillance aérienne probable via des drones, une tactique couramment employée par l’armée israélienne pour sécuriser ses interventions. À Aïta ech-Chaab, l’explosion a eu lieu dans un quartier périphérique, connu pour sa proximité avec la Ligne bleue, la frontière délimitée par les Nations unies. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat, mais les destructions ont endommagé des infrastructures adjacentes, incluant des routes et des lignes électriques, compliquant l’accès pour les équipes de secours locales.
Ces incidents s’inscrivent dans une série d’actions similaires observées depuis la fin des hostilités intenses de l’automne 2024. L’armée israélienne justifie ces opérations par la nécessité de neutraliser des structures potentiellement liées à des activités du Hezbollah, qualifiées de menaces sécuritaires. Un porte-parole de Tsahal a déclaré que ces démolitions visent à empêcher toute reconstitution de positions armées près de la frontière, soulignant que « toute infrastructure suspecte sera traitée avec fermeté pour protéger les communautés israéliennes ». Du côté libanais, le ministère des Affaires étrangères, dirigé par Youssef Raji, a condamné ces actes comme des violations flagrantes de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, appelant à une enquête internationale immédiate.
Les détails techniques des explosions révèlent l’utilisation d’explosifs contrôlés, probablement du type C4 ou équivalent, posés manuellement pour maximiser les dommages structurels tout en minimisant les risques collatéraux. À Houla, l’opération a duré environ une heure, avec une retraite rapide des forces impliquées vers la frontière. Des images satellitaires, bien que non publiques, pourraient corroborer ces mouvements, comme cela a été le cas lors d’incidents précédents analysés par des experts en géopolitique. À Aïta ech-Chaab, la maison détruite appartenait à une famille locale évacuée préalablement, évitant ainsi des pertes humaines mais accentuant le sentiment de dépossession parmi les résidents.
Le contexte des tensions régionales
Le sud du Liban reste une poudrière depuis des décennies, marqué par des conflits récurrents entre Israël et le Hezbollah. La guerre de 2006 avait déjà vu des destructions massives dans cette région, avec plus de 1 200 civils libanais tués et des infrastructures ravagées. L’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, négocié sous l’égide des États-Unis et de la France, prévoyait un retrait des forces du Hezbollah au nord du Litani et un renforcement de la présence de l’armée libanaise, soutenue par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Pourtant, depuis cette date, plus de 500 incidents ont été recensés, incluant des survols de drones, des tirs d’artillerie et des incursions terrestres.
En janvier 2025, par exemple, cinq maisons ont été démolies à Aïta ech-Chaab, provoquant des protestations officielles de Beyrouth. Le rapport semestriel de la Finul, publié en juillet 2025, a documenté 405 attaques israéliennes contre le Liban, contre une seule en sens inverse, soulignant un déséquilibre persistant. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exprimé sa préoccupation lors d’une session du Conseil de sécurité, déclarant que « ces violations sapent les efforts de paix et risquent de replonger la région dans un cycle de violence ». Le gouvernement libanais, sous la direction du premier ministre Nawaf Salam, a réitéré son engagement à appliquer la résolution 1701, avec un déploiement accru de 15 000 soldats dans le sud.
Les implications sécuritaires immédiates
Ces démolitions nocturnes exacerbent les craintes d’une escalade. À Houla, ville historiquement touchée par les conflits – rappelons le massacre de 1948 où des dizaines de civils avaient péri –, les habitants signalent une augmentation des patrouilles de l’armée libanaise pour prévenir d’éventuelles ripostes. Le ministre de la Défense, Michel Manassa, a ordonné un renforcement des positions frontalières, tout en appelant à une coordination accrue avec la Finul. Un officier de l’armée libanaise a indiqué que des unités spéciales ont été dépêchées pour inspecter les sites touchés et sécuriser les décombres, évitant ainsi tout risque d’explosifs résiduels.
Du côté israélien, le premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu ces opérations lors d’une allocution télévisée, affirmant que « nous ne permettrons pas au Hezbollah de se réimplanter à nos portes ». Des sources militaires israéliennes rapportent que plus de 100 structures ont été ciblées depuis le cessez-le-feu, qualifiées de « caches d’armes potentielles ». Cette rhétorique s’accompagne d’un renforcement des défenses le long de la frontière, avec l’installation de nouveaux postes d’observation et de systèmes anti-tunnels.
Les réactions internationales et diplomatiques
La communauté internationale suit de près ces développements. L’ambassadeur des États-Unis au Liban, Dorothy Shea, a appelé à la retenue, soulignant que « toute violation doit être traitée par les mécanismes onusiens pour éviter une déstabilisation ». La France, médiatrice historique, a proposé une réunion d’urgence à Paris pour relancer les discussions sur la démarcation frontalière. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que « la destruction de biens civils sape la confiance mutuelle et nécessite une enquête impartiale ».
L’Union européenne, par la voix de son haut représentant Josep Borrell, a condamné ces actes, rappelant que l’aide à la reconstruction du Liban – évaluée à 2 milliards d’euros – dépend d’une stabilité accrue. Amnesty International, dans son rapport d’août 2025, a documenté plus de 10 000 structures endommagées au sud du Liban depuis octobre 2024, qualifiant ces destructions de « potentielles crimes de guerre ». Un expert de l’organisation a noté que l’utilisation de bulldozers et d’explosifs sur des biens civils viole les conventions de Genève.
Les impacts sur la population locale
Les habitants de Houla et Aïta ech-Chaab, majoritairement chiites et dépendants de l’agriculture, subissent de plein fouet ces incidents. À Houla, plus de 30 % des maisons ont été endommagées depuis 2024, forçant des milliers à se déplacer vers Tyr ou Beyrouth. Le ministre des Affaires sociales, Hanine Sayyed, a annoncé l’envoi d’aides d’urgence, incluant des kits de reconstruction et un soutien psychologique pour les familles affectées. Des ONG locales rapportent une hausse des cas de traumatismes chez les enfants, exposés aux bruits d’explosions récurrentes.
Économiquement, ces destructions aggravent la crise libanaise. La dette publique dépasse 150 % du PIB, et l’inflation avoisine les 50 % en 2025, selon les données du Fonds monétaire international. Le ministre des Finances, Yassin Jaber, a indiqué que les coûts de reconstruction pour le sud pourraient atteindre 500 millions de dollars, appelant à une mobilisation internationale. La Banque mondiale, dans son rapport de janvier 2026, estime que les pertes agricoles dues aux incendies et démolitions s’élèvent à 300 millions de dollars annuels.
Les dynamiques confessionnelles et politiques
Au Liban, ces incidents ravivent les clivages internes. Le Hezbollah, influent dans le sud, a qualifié ces actes de « provocations délibérées », par la voix de son secrétaire général adjoint, Naïm Qassem, qui a déclaré que « la résistance reste vigilante pour défendre le territoire ». Le parlementaire sunnite de Tripoli, un bastion conservateur, a appelé à une unité nationale face à l’agression extérieure. Le cabinet de Nawaf Salam, formé en février 2025, intègre des représentants de diverses confessions, dont cinq ministres chiites, reflétant les équilibres confessionnels.
La Finul, avec ses 10 500 Casques bleus, joue un rôle pivot. Son commandant, le général Aroldo Lázaro, a rapporté une augmentation des patrouilles conjointes avec l’armée libanaise, visant à dissuader les incursions. Un rapport interne de l’ONU note que 80 % des violations proviennent du côté israélien depuis le cessez-le-feu.
Les précédents historiques et les leçons tirées
Les destructions de maisons rappellent les pratiques durant l’occupation israélienne de 1982-2000, où des milliers de structures furent rasées. En 2024, lors de l’offensive terrestre, plus de 580 bâtiments ont été détruits entre septembre et janvier 2025, selon des analyses satellitaires. Le Conseil national pour la recherche scientifique libanais a documenté 500 maisons endommagées dans trois villages frontaliers post-cessez-le-feu.
Environnementalement, ces opérations ont des répercussions durables. L’utilisation d’herbicides comme le glyphosate par Israël en février 2026 a contaminé des terres agricoles, affectant les oliviers et tabac, piliers de l’économie locale. Un rapport de Human Rights Watch de février 2025 souligne que ces destructions empêchent le retour des déplacés, avec 100 000 personnes toujours hors de leurs foyers.
Les perspectives immédiates sur le terrain
Dans les heures suivant les explosions, l’armée libanaise a inspecté les sites, confirmant l’absence de victimes mais notant des débris projetés sur plusieurs centaines de mètres. Le ministre de la Santé publique, Rakan Nasreddine, a mobilisé des équipes médicales pour évaluer d’éventuels impacts sanitaires, incluant la pollution due aux explosifs. Des drones libanais ont survolé la zone pour cartographier les dommages, en coordination avec la Finul.
À Aïta ech-Chaab, village emblématique de la résistance, les autorités locales ont organisé des réunions d’urgence pour évaluer les besoins en reconstruction. Le gouverneur de Nabatiyeh a déclaré que des fonds d’urgence seront débloqués pour réparer les infrastructures endommagées. Ces efforts s’inscrivent dans un plan national de stabilisation, soutenu par des dons qataris et saoudiens, visant à renforcer la résilience des communautés frontalières.
Les défis pour la résolution 1701
La résolution 1701, adoptée en 2006, appelle à un cessez-le-feu permanent et au désarmement des milices au sud du Litani. Son application reste partielle, avec des accusations mutuelles de violations. Le coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a plaidé pour un dialogue renforcé, déclarant que « sans respect mutuel des engagements, la paix restera fragile ». Des négociations trilatérales – Liban, Israël, ONU – sont prévues pour mars 2026 à Naqoura.
Sur le plan militaire, l’armée israélienne maintient une présence accrue, avec des exercices simulant des incursions. Un général de Tsahal a indiqué que ces opérations préventives visent à créer une zone tampon effective, malgré les protestations onusiennes.
Les conséquences humanitaires persistantes
Plus de 200 civils ont été tués au sud du Liban depuis octobre 2023, selon des bilans officiels. À Houla, des familles déplacées rapportent des pertes matérielles cumulées, avec des maisons reconstruites après 2006 à nouveau détruites. Le Programme des Nations unies pour le développement a lancé un appel pour 100 millions de dollars afin de soutenir la reconstruction, priorisant les zones comme Aïta ech-Chaab.
Localement, les écoles et centres de santé fonctionnent au ralenti, avec des interruptions dues aux alertes sécuritaires. Le ministre de l’Éducation, Rima Karami, a annoncé des mesures pour assurer la continuité pédagogique via des plateformes en ligne pour les élèves affectés.
Les enjeux géopolitiques élargis
Ces incidents s’insèrent dans un cadre régional plus large, avec des tensions impliquant l’Iran, soutien du Hezbollah, et les États-Unis, alliés d’Israël. Lors d’une visite à Tel-Aviv en janvier 2026, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a réaffirmé le soutien à la sécurité israélienne, tout en appelant à la modération. L’Iran, par son ministre des Affaires étrangères, a condamné ces actes comme des « agressions sionistes », renforçant son appui logistique au Hezbollah.
En Syrie voisine, des épandages d’herbicides similaires ont été rapportés, indiquant une stratégie coordonnée d’Israël pour sécuriser ses frontières nord.
Les mesures prises par les autorités libanaises
Le Conseil des ministres, réuni en urgence le 24 février 2026, a discuté des réponses diplomatiques. Le premier ministre Nawaf Salam a ordonné une évaluation complète des dommages, avec un rapport attendu dans les 48 heures. Le ministre des Travaux publics, chargé des infrastructures, a mobilisé des équipes pour réparer les routes endommagées à Houla.
La présidence libanaise, sous Joseph Aoun, a contacté les ambassades concernées pour coordonner une réponse internationale. Un communiqué officiel a réitéré l’attachement du Liban à la paix, tout en dénonçant ces intrusions comme des obstacles à la normalisation.
Les observations de la Finul sur place
Des patrouilles de la Finul ont été déployées immédiatement après les explosions, documentant les sites. Un porte-parole de la force onusienne a confirmé les destructions, notant qu’elles constituent la 406e violation israélienne depuis juillet 2025. Des soldats italiens et indiens, composant majeur de la Finul, ont assisté les autorités locales dans les opérations de déblaiement.
Ces événements soulignent les défis persistants pour la mission onusienne, dont le mandat a été renouvelé en août 2025 avec un accent sur la surveillance accrue.
Retrouvez Libnanews sur mobile avec notifications et lecture rapide.

