Un bond de 335 % en moins d’une décennie porté par le solaire
En 2024, la capacité installée en énergies renouvelables au Liban a atteint 1 297 mégawatts (MW), soit une progression spectaculaire de 335 % par rapport à 2015, où elle ne dépassait pas 298 MW. Cette évolution traduit un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 17,8 % sur la période 2015-2024. Ce chiffre place le Liban dans une dynamique régionale forte : le monde arabe affiche un TCAC de 18,4 % sur la même période, tandis que la moyenne mondiale s’établit à 10,2 %.
L’énergie renouvelable représentait en 2024 environ 31,8 % de la capacité totale de production d’électricité au Liban, contre seulement 8,1 % en 2015. Cette part reste toutefois inférieure à la moyenne mondiale, où les énergies renouvelables ont atteint 46,4 % de la capacité totale en 2024.
Répartition des sources renouvelables : domination du solaire
Le parc renouvelable libanais est largement dominé par le solaire, qui représente 1 005 MW, soit 77,5 % de la capacité installée en 2024. Il est suivi par l’hydroélectricité avec 282 MW (21,7 %), le biogaz avec 7 MW (0,5 %) et l’éolien avec 3 MW (0,2 %). La croissance du solaire est remarquable : en 2015, cette source ne comptait que pour 11 MW, ce qui implique un TCAC de 65 % sur la décennie.
| Source d’énergie | Capacité 2015 (MW) | Capacité 2024 (MW) | Part en 2024 (%) | TCAC 2015-2024 |
|---|---|---|---|---|
| Solaire | 11 | 1 005 | 77,5 | 65 % |
| Hydroélectrique | 282 | 282 | 21,7 | 0 % |
| Biogaz | 2 | 7 | 0,5 | 15 % |
| Éolien | 3 | 3 | 0,2 | 0 % |
Classement régional : 7e position pour le Liban
En 2024, le Liban se classe 7e parmi 12 pays arabes en matière de capacité d’énergie renouvelable, devancé par les Émirats arabes unis (6 144 MW), l’Arabie saoudite (4 743 MW), la Jordanie (2 725 MW), le Qatar (1 699 MW), l’Irak (1 599 MW) et la Syrie (1 557 MW). En 2015, le pays occupait la 3e position, ce qui souligne une dynamique de développement plus rapide dans plusieurs autres pays de la région.
Le Liban représente désormais 6,1 % de la capacité renouvelable arabe et seulement 0,03 % de la capacité mondiale.
Focus sur le solaire : 5e dans le monde arabe
Avec 1 005 MW d’énergie solaire installée, le Liban occupe la 5e place régionale dans ce segment spécifique, derrière les Émirats arabes unis (6 011 MW), l’Arabie saoudite (4 340 MW), la Jordanie (2 077 MW) et le Qatar (1 680 MW). La part du Liban dans la production solaire arabe est de 6 %, et de 0,05 % à l’échelle mondiale.
Hydraulique et biogaz : des positions solides malgré des volumes faibles
Le Liban est en 3e position dans le monde arabe pour la capacité hydroélectrique (282 MW), derrière l’Irak (1 797 MW) et la Syrie (1 490 MW), mais devant la Jordanie (4 MW). Cette source, historiquement installée, n’a pas progressé depuis 2015, ce qui limite son impact dans les futures stratégies de croissance.
En matière de biogaz, le pays se classe également 3e, avec 7 MW de capacité installée, à égalité avec la Syrie et derrière la Jordanie (13 MW) et les Émirats arabes unis (11 MW). Le biogaz représente 16,7 % de la capacité biogaz installée dans la région arabe, soit 0,03 % de la capacité mondiale.
L’éolien reste marginal
La filière éolienne libanaise est presque inexistante avec seulement 3 MW en 2024, ce qui positionne le pays en 6e place régionale. Cette capacité est similaire à celle du Bahreïn, mais bien loin de la Jordanie (631 MW), l’Arabie saoudite (403 MW) ou encore Oman (50 MW). Le Liban ne représente que 0,2 % de la capacité éolienne installée dans le monde arabe, et un minuscule 0,0003 % de la capacité mondiale.
Analyse comparée : stagnation nationale, progression régionale
Alors que la part de l’énergie renouvelable dans la capacité totale libanaise reste stable à 31,8 % entre 2023 et 2024, cette proportion augmente à l’échelle mondiale (de 43,1 % à 46,4 %) et régionale (de 10,1 % à 10,8 %). Cette stagnation indique un ralentissement des investissements au Liban, alors même que la croissance régionale se poursuit.
Le Liban, pionnier régional en 2015, est aujourd’hui dépassé par plusieurs pays ayant massivement investi dans les infrastructures renouvelables. Cette perte de vitesse questionne la volonté politique de soutenir la transition énergétique à long terme.
Tendances et perspectives
L’analyse met en évidence trois tendances :
- Une domination du solaire, portée par des installations privées, notamment sur les toits des bâtiments résidentiels et commerciaux.
- Un potentiel sous-exploité dans l’éolien et le biogaz, faute de cadres réglementaires incitatifs et d’investissements étrangers.
- Une dépendance persistante à l’hydroélectrique ancien, sans développement de nouvelles infrastructures depuis une décennie.
Institutions concernées
- IRENA (International Renewable Energy Agency) : organisme intergouvernemental chargé de promouvoir les énergies renouvelables à l’échelle mondiale. IRENA produit les données et classements utilisés dans cet article.
- Ministère libanais de l’Énergie et de l’Eau : principal acteur public responsable des politiques énergétiques, mais dont les capacités budgétaires restent limitées.



