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LE LIBAN PRIS DANS LE PLAN TRUMP POUR GAZA

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LE PLAN EN TROIS TEMPS QUI REDESSINE LA BANDE DE GAZA

Le plan porté par l’administration de Donald Trump pour Gaza est décrit, dans les journaux arabes, comme un dispositif en plusieurs phases étalé jusqu’en 2027. Al Quds, 10 décembre 2025, détaille une première étape centrée sur le cessez-le-feu, l’arrêt des opérations terrestres massives, la libération progressive des prisonniers et l’acheminement de l’aide humanitaire. Cette phase est déjà entamée mais reste marquée par des violations, des bombardements ciblés et des restrictions d’accès pour les convois, ce qui nourrit un climat d’incertitude permanente.

La deuxième phase, qualifiée de plus sensible, met au cœur du dispositif le désarmement graduel du Hamas, le retrait de la plupart des troupes israéliennes à l’intérieur de la bande et la création d’une force internationale de stabilisation. Selon Al Quds, 10 décembre 2025, cette force serait déployée pour plusieurs années dans les zones urbaines, avec un mandat mêlant sécurisation, contrôle des armes lourdes et accompagnement d’une administration palestinienne dite « technocratique ».

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Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, insiste sur un point que le journal juge central : la troisième phase, encore floue, évoque un schéma politique durable pour Gaza et, plus largement, pour l’ensemble du dossier palestinien. Le quotidien explique que des scénarios circulent autour d’un « Conseil de la paix » présidé par Donald Trump, instance internationale chargée de superviser la transition politique, d’arbitrer les différends entre factions palestiniennes et d’encadrer les engagements israéliens. Al Quds, 10 décembre 2025, reprend cette hypothèse en citant des sources américaines anonymes, tout en soulignant que le calendrier reste dépendant d’une rencontre annoncée entre Trump et Benyamin Netanyahu.

Dans ces récits, l’architecture du plan est présentée comme très dépendante de la relation personnelle entre le président américain et le chef du gouvernement israélien. Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, note que la mise en œuvre de la deuxième phase, qui doit formaliser le rôle de la force internationale, est conditionnée à un accord préalable sur les limites de la présence militaire israélienne et sur l’identité des acteurs palestiniens autorisés à participer à l’administration de la bande.

LES FACTIONS PALESTINIENNES ENTRE ADHÉSION PARTIELLE ET DÉFIANCE

Les factions palestiniennes, telles qu’elles apparaissent dans la couverture d’Al Quds, 10 décembre 2025, acceptent le cadre général du cessez-le-feu mais contestent la manière dont Israël applique la première phase. Le journal cite des responsables du Hamas et du Jihad islamique affirmant qu’« il n’y aura pas de passage à la deuxième phase tant que l’occupation n’aura pas respecté toutes ses obligations ». La liste de ces obligations inclut l’arrêt des incursions terrestres, la réduction des frappes aériennes, la facilitation du travail des équipes de déblaiement et la levée de certaines restrictions sur l’entrée de matériel humanitaire.

Al Quds, 10 décembre 2025, rapporte la déclaration du porte-parole militaire du Jihad islamique annonçant la « clôture du dossier des prisonniers » après la remise des dernières dépouilles, en soulignant que les factions se considèrent comme pleinement engagées sur les clauses qui les concernent. Al 3arabi Al Jadid, le même jour, met en avant les propos de Hossam Badran, membre du bureau politique du Hamas, qui réclame des « pressions claires » des garants du plan – notamment les États-Unis – pour contraindre Israël à respecter la première phase avant d’ouvrir formellement les discussions sur la suivante.

Dans cette optique, les mouvements palestiniens se présentent comme des acteurs respectant, voire sur-respectant, les accords, et renvoient la responsabilité des blocages à la partie israélienne. Al Quds souligne que cette stratégie discursive vise aussi à préparer l’opinion palestinienne à des concessions difficiles. Les dirigeants cherchent à montrer que toute avancée future ne sera pas le résultat d’une faiblesse, mais d’un calcul politique visant à optimiser les gains dans un cadre imposé.

CALCULS ISRAÉLIENS ET MARGE DE MANŒUVRE DU GOUVERNEMENT NETANYAHOU

Du côté israélien, la presse arabe relaie une autre logique. Al Quds, 10 décembre 2025, cite des journaux israéliens comme Haaretz et Yisrael Hayom, qui décrivent un gouvernement Netanyahu tenté de lier l’avancée de la trêve à la récupération de ce qu’il présente comme les « dernières dépouilles » de captifs israéliens à Gaza. Ce préalable, répété dans plusieurs déclarations, permet de maintenir une pression militaire et psychologique tout en participant officiellement au processus de cessez-le-feu.

Al Quds explique que Tel-Aviv cherche à préserver deux lignes rouges : empêcher un retour rapide du Hamas à un rôle politique central et éviter la perception d’un retrait unilatéral sans contrepartie symbolique forte. Dans cette optique, la force internationale proposée par le plan Trump est vue, dans certains cercles israéliens, comme une garantie minimale contre la reconstitution d’un arsenal lourd dans la bande, à condition qu’elle dispose d’un mandat suffisamment robuste.

Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, insiste sur les divisions internes en Israël. Une partie de l’establishment militaire pousse pour une mise en œuvre rapide du plan, afin de réduire le coût humain et financier d’une présence prolongée à Gaza. D’autres, plus proches de courants nationalistes, redoutent qu’un retrait partiel ne soit interprété comme une victoire stratégique des factions palestiniennes. Le journal note que ces débats se déroulent sur fond de pression américaine, alors que Donald Trump souhaite annoncer des « succès concrets » avant des échéances politiques à Washington.

LE LIBAN COMME LABORATOIRE DU CESSEZ-LE-FEU SOUS SURVEILLANCE

C’est dans ce cadre que le Liban apparaît, dans les journaux, comme un « laboratoire » de la gestion des cessez-le-feu par mécanisme international. Al Quds, 10 décembre 2025, rappelle que la force internationale déployée au Sud-Liban, combinée au mécanisme de Naqoura, offre déjà un modèle de trêve surveillée avec présence d’observateurs, rapports d’incidents et réunions régulières entre délégations.

Ad Diyar, 10 décembre 2025, souligne que plusieurs diplomates occidentaux décrivent le front sud comme un « test de crédibilité » des arrangements que le Conseil de sécurité souhaite appliquer à Gaza. Le journal rapporte des propos selon lesquels la capacité du Liban à respecter ses engagements au Sud influencera directement le degré de confiance accordé à toute architecture similaire dans la bande de Gaza. À l’inverse, des violations majeures au Liban risqueraient d’alimenter le scepticisme israélien et de retarder la mise en place d’une force internationale à Gaza.

Al Joumhouria, 10 décembre 2025, insiste sur le fait que le Liban n’a pas choisi ce rôle, mais qu’il lui est assigné par la logique même des puissances impliquées. Pour le quotidien, le pays est placé dans une position paradoxale : il doit démontrer qu’un mécanisme international peut fonctionner sur son sol pour que le même mécanisme soit jugé crédible ailleurs, tout en supportant lui-même le risque d’un dérapage qui le toucherait en premier.

NAQOURA, FINUL ET L’OMBRE D’UNE « FORCE DE GAZA »

Le parallèle entre Naqoura et Gaza revient dans plusieurs articles. Al Quds, 10 décembre 2025, décrit le siège du mécanisme au Sud-Liban comme une « salle de contrôle avancée » où se forge une expérience précieuse pour les diplomates américains et européens impliqués dans le dossier gazaoui. Les comptes rendus des réunions, les méthodes de vérification des incidents, les difficultés d’accès à certaines zones constituent autant de matériaux réutilisables pour concevoir une future « force de Gaza ».

Ad Diyar, 10 décembre 2025, note que cette comparaison n’est pas neutre pour le Liban. D’un côté, elle valorise le rôle de l’armée et des institutions, présentées comme partenaires indispensables d’un dispositif de sécurité régionale. De l’autre, elle accroît les attentes vis-à-vis de l’État, qui se voit sommé de prouver qu’il contrôle effectivement ce qui se passe au sud du Litani. Toute contestation de cette capacité de contrôle est désormais interprétée non seulement à l’aune du dossier libanais, mais aussi comme un argument utilisé par certains acteurs pour contester la logique du plan Trump à Gaza.

Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, met en garde contre une extrapolation trop directe. Le quotidien rappelle que le Sud-Liban et Gaza ne présentent pas la même densité de population, pas la même structure politique interne, pas le même degré de destruction urbaine. Il souligne que transposer mécaniquement le « modèle Naqoura » à Gaza ignorerait les spécificités du contexte palestinien, notamment la fragmentation des autorités et l’ampleur des destructions décrites par Al Quds, qui évoque « des dizaines de millions de tonnes de gravats ».

INQUIÉTUDE LIBANAISE FACE À UNE POSSIBLE « NORMALISATION SÉCURITAIRE »

Les réactions libanaises à ces lectures varient selon les journaux. Nahar, 10 décembre 2025, met en avant la crainte que le Liban ne devienne, malgré lui, un terrain d’expérimentation pour des modèles de « normalisation sécuritaire » imposés de l’extérieur. Le quotidien rapporte les interrogations de milieux politiques qui redoutent qu’une extension de la logique du plan Trump ne conduise à des demandes explicites de désarmement ciblé au Sud, sur le modèle des exigences formulées à l’égard du Hamas.

Al Akhbar, 10 décembre 2025, adopte une tonalité plus critique. Le journal voit dans le plan pour Gaza un « dispositif de contrôle » visant à neutraliser les capacités de résistance tout en laissant les causes politiques du conflit intactes. Dans cette grille de lecture, l’insistance sur une force internationale, sur une administration technocratique et sur un Conseil de la paix présidé par Donald Trump est interprétée comme un recentrage du pouvoir entre Washington, Tel-Aviv et quelques capitales arabes choisies. Le parallèle avec le Liban est explicite : la crainte d’une « souveraineté sous tutelle » revient dans plusieurs articles.

Ad Diyar, 10 décembre 2025, nuance cette vision. Le journal rappelle que le Liban a déjà, dans le passé, participé à des arrangements sécuritaires sous parapluie international, notamment à la suite de la guerre de 2006. Il souligne que, si ces dispositifs ont limité les marges de manœuvre de certains acteurs, ils ont aussi permis d’éviter des cycles de guerre plus fréquents. Dans cette optique, l’enjeu pour le Liban ne serait pas de rejeter en bloc toute logique de mécanisme, mais d’obtenir un rôle réel dans la définition de son mandat et de ses limites.

LE PLAN TRUMP VU DE BEYROUTH : RISQUES ET MARGES DE MANŒUVRE

Au-delà des positions de principe, les journaux cherchent à évaluer les marges de manœuvre concrètes de Beyrouth. Al Joumhouria, 10 décembre 2025, explique que le pouvoir libanais dispose de peu de leviers sur le contenu du plan gazaoui lui-même, mais qu’il peut influencer, à la marge, la perception de son propre front. En renforçant la coordination avec la FINUL, en documentant précisément les violations et en affichant une participation structurée au mécanisme de Naqoura, le Liban tente de se présenter comme un partenaire fiable plutôt que comme un simple sujet d’expérimentation.

Nahar, 10 décembre 2025, insiste sur la nécessité, pour les responsables libanais, de garder à l’esprit que chaque geste au Sud est désormais lu dans un cadre plus large. Une réponse militaire jugée excessive, une absence de réaction à une violation, un discours ambigu sur le rôle de l’armée ou du Hezbollah peuvent être utilisés par certains pour alimenter leurs positions dans les discussions sur Gaza. Les éditorialistes rappellent que cette « mise en vitrine » du front sud peut se retourner contre le pays si elle n’est pas accompagnée d’une stratégie claire de communication et de négociation.

Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, donne la parole à des analystes qui estiment que le Liban pourrait, au contraire, tirer un bénéfice limité de cette situation. Pour eux, démontrer qu’un mécanisme international fonctionne tant bien que mal à Naqoura renforce l’argument selon lequel la communauté internationale doit investir davantage dans la consolidation des institutions libanaises, notamment l’armée, si elle souhaite reproduire ce modèle ailleurs. Cette lecture suppose toutefois un équilibre délicat : accepter d’être observé et évalué sans renoncer à défendre sa propre définition de la souveraineté.

UN DOSSIER GAZAOUÏ QUI RECADRE LES PRIORITÉS RÉGIONALES

Au fil des articles, une constante apparaît : le plan Trump pour Gaza ne se limite plus à la bande côtière. Il recadre les priorités régionales et réorganise les dossiers annexes, dont le cas libanais. Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, relève que les capitales occidentales cherchent à éviter l’ouverture simultanée de plusieurs fronts de crise majeurs. Dans cette optique, stabiliser Gaza, même imparfaitement, est vu comme une condition préalable à toute discussion plus ambitieuse sur le Liban, la Syrie ou le Yémen.

Al Quds, 10 décembre 2025, observe que cette hiérarchie des priorités place le Liban dans une position ambivalente. D’un côté, sa crise n’est plus présentée comme l’urgence absolue, ce qui réduit la pression immédiate pour des solutions rapides. De l’autre, cette relégation relative peut se traduire par une moindre attention aux difficultés économiques et sociales du pays, tant que le front sud reste contenu dans un cadre jugé « gérable ».

Dans ce paysage, les journaux du 10 décembre 2025 montrent un Liban pris dans une dynamique qu’il n’a pas initiée mais qu’il ne peut ignorer. Le plan Trump pour Gaza redéfinit le vocabulaire des cessez-le-feu, des forces internationales et des mécanismes de surveillance. Le Sud-Liban devient un terrain d’observation, parfois un argument, parfois un avertissement. Entre crainte d’une normalisation sécuritaire imposée et volonté d’apparaître comme un partenaire responsable, le pays avance sur une ligne étroite, où chaque étape du plan gazaoui résonne immédiatement sur les collines qui dominent la frontière.

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