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Le ministre des Affaires étrangères Youssef Rjji intensifie ses contacts diplomatiques

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Beyrouth, 4 mars 2026. Le ministre des Affaires étrangères et des Libanais de l’étranger, Youssef Rjji, a poursuivi ce mardi après-midi son intense activité diplomatique afin de mobiliser le soutien international contre l’escalade israélienne et de réaffirmer avec force l’engagement du gouvernement libanais à appliquer sans délai la décision historique adoptée la veille par le Conseil des ministres. Cette résolution, prise en séance extraordinaire le 3 mars, interdit formellement toute activité militaire ou sécuritaire échappant au cadre légal et confie à l’État le monopole exclusif sur les questions de paix et de guerre. Dans chaque échange téléphonique, le chef de la diplomatie libanaise a expliqué que le gouvernement est « madi fi qarar hasr al-silah », c’est-à-dire déterminé à aller de l’avant dans la mise en œuvre de cette mesure, y compris en obligeant le Hezbollah à remettre ses armes à l’armée libanaise.

Ces consultations interviennent dans un contexte de tension extrême. Depuis le 1er mars, les forces israéliennes ont intensifié leurs incursions terrestres dans au moins sept localités du Sud-Liban, notamment autour de Khiam, Kfar Kila et Marjeyoun, tandis que des frappes aériennes ont visé des positions dans la Bekaa et la banlieue sud de Beyrouth. Le ministère de la Défense libanais a dénombré, au cours des dernières 48 heures, plus de 120 violations de la ligne bleue, documentées par des images de drones et transmises à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). C’est dans ce cadre que le ministre Rjji a multiplié les appels pour exposer la nouvelle ligne rouge fixée par Beyrouth : plus aucune milice ni aucun groupe armé ne pourra désormais opérer en dehors de l’autorité exclusive de l’État.

Un marathon téléphonique avec les partenaires du Golfe pour sceller la solidarité arabe

Dès le début de l’après-midi, le ministre Youssef Rjji a joint son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber Al-Ahmad Al-Sabah. Selon un communiqué officiel du ministère libanais des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie libanaise a « exprimé le soutien total et la solidarité complète du Liban avec le Koweït face aux violations qui portent atteinte à sa souveraineté et à la sécurité de son territoire ». En retour, le ministre koweïtien a assuré que son pays « se tient aux côtés du Liban dans cette épreuve » et s’est déclaré prêt à « fournir tout le soutien et l’aide nécessaires ».

Quelques minutes plus tard, le même message a été transmis au ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani. Youssef Rjji a réitéré « la solidarité pleine et entière du Liban avec Bahreïn face aux atteintes à sa souveraineté et à sa sécurité ». Le ministre bahreïni a répondu en confirmant « le soutien total de son pays au Liban dans cette période difficile » et en réaffirmant « sa disponibilité à apporter toute forme d’assistance requise ». Ces échanges avec les deux États du Golfe revêtent une importance particulière au lendemain des agressions iraniennes du 28 février qui ont visé plusieurs capitales du Conseil de coopération du Golfe, plaçant le Liban dans une position de convergence stratégique avec Riyad, Koweït et Manama contre toute forme d’ingérence extérieure.

Les deux ministres du Golfe ont également salué la fermeté du gouvernement Salam, soulignant que la décision de monopoliser les armes constitue « un pas décisif vers la restauration de l’autorité étatique et la préservation de la stabilité régionale ». Le ministre Rjji a, de son côté, détaillé les modalités pratiques déjà engagées : l’armée libanaise a commencé, dès la nuit du 3 au 4 mars, à déployer des unités supplémentaires dans les zones frontalières pour faire respecter l’interdiction de toute activité militaire non étatique.

Les ministres néerlandais et autrichien s’informent des derniers développements sur le terrain

Le ministre Rjji a ensuite reçu deux appels entrants de poids. Le premier provenait du ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tok Brandtsin. Le diplomate néerlandais a souhaité « être informé des tout derniers développements sur le terrain au Liban ». Selon le compte rendu libanais, Youssef Rjji a alors exposé en détail la décision gouvernementale prise « à la suite du lancement de roquettes par le Hezbollah en direction d’Israël ». Il a insisté sur le fait que « le gouvernement est déterminé à poursuivre la mise en œuvre de cette décision sans aucune hésitation ».

Le ministre néerlandais a pris acte de cette fermeté et a réaffirmé le soutien des Pays-Bas à la souveraineté libanaise ainsi qu’à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, dont son pays contribue activement à la mise en œuvre via la FINUL. Les Pays-Bas maintiennent un contingent de plusieurs centaines de soldats dans le secteur occidental du Sud, où les patrouilles conjointes avec l’armée libanaise ont été renforcées ces dernières 24 heures.

Quelques instants plus tard, c’est la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, qui a joint son homologue libanais. Elle aussi a demandé un point précis sur la situation militaire. Le ministre Rjji a répété que « le gouvernement libanais est résolu à appliquer intégralement la décision de monopoliser les armes et d’obliger le Hezbollah à les remettre aux autorités légales ». La ministre autrichienne a exprimé son appréciation pour cette clarification et a réitéré le soutien de Vienne à la stabilité du Liban, tout en rappelant que l’Autriche participe également aux efforts de la FINUL et suit avec attention l’évolution du dossier.

Ces deux échanges européens interviennent alors que l’Union européenne, par la voix de son ambassadrice à Beyrouth Sandra de Waele ce matin même, avait déjà salué les décisions du gouvernement comme « conformes à l’approche de longue date de l’UE à l’égard du Hezbollah ». Le ministre Rjji a veillé à souligner, dans chaque conversation, que ces mesures ne visent pas seulement à répondre à la pression internationale mais constituent une nécessité nationale pour préserver l’intégrité de l’État libanais.

Le contexte précis de la décision gouvernementale du 3 mars

Pour comprendre l’ampleur de l’enjeu, il convient de rappeler les termes exacts de la résolution adoptée lundi en Conseil des ministres sous la présidence du Premier ministre Nawaf Salam. Le texte stipule que « seul l’État libanais détient le droit de décider de la paix ou de la guerre », que « toute activité militaire ou sécuritaire extérieure au cadre légal est strictement interdite » et que « l’armée libanaise et les forces de sécurité intérieure sont chargées d’en assurer l’application sur l’ensemble du territoire national ». Le ministre Rjji a répété à chacun de ses interlocuteurs que cette décision fait suite directe au tir de roquettes attribué au Hezbollah en direction du territoire israélien, tir qui a servi de prétexte à l’intensification des opérations israéliennes.

Dans les faits, l’armée libanaise a déjà commencé à établir des points de contrôle supplémentaires le long des axes menant au Sud et à la Bekaa. Des unités spécialisées ont été déployées dans les zones traditionnellement sous influence du Hezbollah pour veiller au respect de l’interdiction. Selon des sources militaires citées par le ministère de la Défense, plusieurs caches d’armes ont fait l’objet de vérifications dans la nuit du 3 au 4 mars, sans incident majeur rapporté jusqu’à présent. Le ministre Rjji a insisté auprès de ses homologues sur le caractère irréversible de cette politique : « Le gouvernement est madi fi qarar hasr al-silah », a-t-il martelé, signifiant que l’exécutif ira jusqu’au bout de sa logique, y compris par la force si nécessaire.

Les implications régionales et internationales de cette posture ferme

Les appels du ministre Rjji s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à isoler diplomatiquement toute tentative de contourner l’autorité de l’État. En exprimant sa solidarité avec le Koweït et Bahreïn – deux pays directement visés par les missiles iraniens fin février –, Beyrouth renforce son ancrage dans le camp arabe modéré et obtient en retour un soutien politique précieux. Le cheikh Jarrah Jaber Al-Ahmad Al-Sabah et Abdullatif bin Rashid Al-Zayani ont tous deux évoqué la possibilité de consultations au niveau du Conseil de coopération du Golfe pour coordonner une aide économique et sécuritaire au Liban.

Du côté européen, les Pays-Bas et l’Autriche, contributeurs majeurs à la FINUL, ont assuré que leurs contingents resteraient pleinement opérationnels pour documenter les violations israéliennes et appuyer l’armée libanaise dans l’application des nouvelles mesures. Le ministre Rjji a également rappelé que ces décisions s’alignent parfaitement sur les exigences de la résolution 1701, qui prévoit le déploiement exclusif de l’armée libanaise au sud du Litani.

Sur le terrain, la situation reste tendue en ce début de soirée du 4 mars. Les forces israéliennes maintiennent leurs positions avancées dans plusieurs villages frontaliers, où des bulldozers ont été aperçus en train de creuser des positions défensives. L’armée libanaise a signalé des échanges de tirs sporadiques dans le secteur de Khiam, sans faire de victimes pour l’instant. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a actualisé son bilan : plus de 32 500 personnes ont été déplacées internes depuis le 1er mars, portant le total des déplacés depuis le début de l’année à plus de 185 000. Les services de défense civile ont recensé des dommages matériels dans une dizaine de localités du Sud, principalement des habitations et des infrastructures agricoles.

Le ministre Rjji a par ailleurs informé ses interlocuteurs que le ministère des Affaires étrangères a transmis, dès ce matin, des notes verbales détaillées à toutes les missions diplomatiques accréditées à Beyrouth, contenant les coordonnées GPS de chaque violation israélienne recensée depuis le 28 février. Ces documents, accompagnés de vidéos et de témoignages, serviront de base à une éventuelle saisine du Conseil de sécurité des Nations unies.

La coordination avec l’armée et les forces de sécurité intérieure

Dans le prolongement de ses contacts diplomatiques, le ministre Youssef Rjji a tenu une réunion de coordination avec le commandement de l’armée libanaise en fin d’après-midi. Selon un communiqué conjoint, il a été convenu que l’armée intensifierait ses patrouilles conjointes avec la FINUL dans les zones sensibles et qu’elle rendrait compte quotidiennement au gouvernement de l’avancement de l’application de la décision de monopolisation des armes. Le commandant en chef des forces armées a confirmé que des instructions claires ont été données à toutes les unités pour faire respecter l’interdiction de toute activité militaire non étatique, y compris dans les bastions traditionnels du Hezbollah.

Cette coordination étroite entre la diplomatie et l’institution militaire illustre la volonté du gouvernement Salam de présenter un front uni face à la communauté internationale. Le ministre Rjji a d’ailleurs indiqué à ses homologues étrangers que des équipes techniques mixtes, composées de représentants de l’armée et du ministère des Affaires étrangères, sont déjà à l’œuvre pour préparer un rapport détaillé sur les premières mesures d’application, rapport qui sera transmis dans les prochaines 48 heures aux pays contributeurs de la FINUL et aux membres permanents du Conseil de sécurité.

La situation sécuritaire et humanitaire au soir du 4 mars 2026

Au moment où le ministre Rjji achevait sa série d’appels, les autorités libanaises ont signalé une nouvelle vague de survols israéliens à basse altitude au-dessus de la Bekaa et du Sud. Des alertes ont été diffusées via l’application nationale d’alerte aux populations civiles, invitant les habitants des zones frontalières à rester chez eux. L’aéroport de Beyrouth-Rafic Hariri fonctionne normalement mais sous un régime de sécurité renforcé, avec des contrôles accrus sur les vols en provenance et à destination du Golfe.

Les services de santé ont fait état de 14 blessés légers dans la journée, principalement dus à des éclats d’obus dans le secteur de Marjeyoun. Le Croissant-Rouge libanais a déployé 18 équipes supplémentaires dans le Sud pour assurer l’évacuation des civils. Sur le plan économique, les marchés de Beyrouth ont enregistré une légère hausse des prix des produits de première nécessité en raison des incertitudes liées à l’escalade, tandis que les compagnies d’assurances ont suspendu temporairement la couverture des risques dans les zones frontalières.

Les échanges d’informations entre les services de renseignement libanais et leurs homologues du Golfe, européens et américains se sont intensifiés au cours des dernières heures. Des images satellites partagées par les partenaires occidentaux ont permis de localiser avec précision plusieurs positions israéliennes à l’intérieur du territoire libanais. Le ministre Rjji a indiqué que ces éléments seront utilisés dans les prochaines communications diplomatiques pour renforcer la pression internationale en faveur d’un retrait immédiat des forces israéliennes derrière la ligne bleue.

Parallèlement, le gouvernement a activé le mécanisme de coordination avec la FINUL pour organiser des patrouilles tripartites – armée libanaise, FINUL et observateurs de l’ONU – dans les zones d’incursion. Ces patrouilles, déjà programmées pour la nuit du 4 au 5 mars, visent à documenter en temps réel tout mouvement de troupes étranger et à transmettre les rapports directement au Conseil de sécurité. Le ministre Rjji a réaffirmé à tous ses interlocuteurs que le Liban reste attaché à la désescalade mais qu’il ne tolérera aucune atteinte à son monopole sur l’usage de la force.

Dans les heures à venir, le ministère des Affaires étrangères prévoit de nouveaux contacts avec les capitales arabes et européennes afin de préparer une réunion ministérielle extraordinaire de la Ligue arabe consacrée à la situation libanaise. Les premières réactions positives enregistrées aujourd’hui auprès du Koweït, de Bahreïn, des Pays-Bas et de l’Autriche laissent entrevoir une convergence croissante autour du principe du monopole étatique des armes, principe désormais érigé en priorité absolue par le gouvernement libanais. Les autorités continuent de surveiller heure par heure l’évolution de la situation sur le terrain, avec un niveau d’alerte maximal maintenu dans toutes les régions frontalières. Les équipes techniques dépêchées dans le Sud procèdent à l’inventaire précis des dommages causés par les incursions, tandis que les services de renseignement actualisent en continu la carte des menaces balistiques et des mouvements de troupes. Le ministère des Affaires étrangères reste mobilisé pour transmettre, en temps réel, toute nouvelle information à l’ensemble des partenaires diplomatiques engagés aux côtés du Liban.

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