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Le ministre libanais des Travaux publics conclut sa visite à Washington sur fond de discussions infrastructurelles

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Le ministre libanais des Travaux publics et des Transports, Fayez Rasamny, a achevé sa visite à Washington, marquée par une série de rencontres de haut niveau avec des responsables américains et internationaux. Accompagné par l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh Moawad, ce déplacement s’inscrit dans un contexte de tensions régionales persistantes et d’efforts pour relancer l’économie libanaise, fragilisée par des années de crise. Les discussions ont porté sur l’état actuel des infrastructures au Liban et les perspectives de leur développement, avec un accent particulier sur la modernisation des aéroports et des ports, des secteurs vitaux pour le commerce et la connectivité du pays.

Cette visite, qui s’est conclue par le retour de M. Rasamny à Beyrouth, intervient à un moment où le Liban cherche à consolider ses partenariats internationaux pour soutenir sa reconstruction. Selon les informations officielles, les échanges ont impliqué des représentants de la Maison Blanche, du Département du Trésor américain, du Département d’État, de la Société de financement du développement international (DFC) et de la Banque mondiale. Ces institutions jouent un rôle clé dans l’assistance au Liban, notamment depuis l’escalade des hostilités en 2024 et le cessez-le-feu de novembre de la même année.

Des rencontres au cœur des enjeux économiques libanais

Au cours de cette visite, les débats se sont concentrés sur les initiatives en cours dans le secteur des infrastructures. Les aéroports et les ports libanais, endommagés par des années de négligence et les récents conflits, ont été au centre des préoccupations. Par exemple, l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, unique hub aérien civil du pays, fait face à des défis structurels malgré des améliorations récentes comme l’installation de portes électroniques pour accélérer les contrôles de sécurité. Les plans d’expansion prévoient la construction d’un second terminal, évalué entre 400 et 500 millions de dollars, pour porter la capacité à 16 millions de passagers d’ici 2035. De même, la conversion de l’aéroport militaire de Qleiaat, au nord du Liban, en installation civile est en préparation, avec des travaux attendus pour renforcer la connectivité régionale.

Les ports, quant à eux, restent un symbole des défis libanais. Le port de Beyrouth, dévasté par l’explosion d’août 2020 qui a causé plus de 200 morts et des milliards de dollars de dégâts, est au cœur d’un plan de récupération visant à le repositionner comme hub logistique pour le Liban et la région. Les efforts incluent la restauration des infrastructures, l’amélioration de la sécurité et l’intégration avec les quartiers environnants, conformément aux normes internationales. Le port de Tripoli, au nord, est également ciblé pour des développements industriels et logistiques, avec un plan directeur achevé mais en attente d’approbation gouvernementale.

Ces projets s’inscrivent dans un cadre plus large de coopération bilatérale. Les États-Unis, via la DFC, cherchent à mobiliser des capitaux privés pour des investissements stratégiques en infrastructure, en alignement avec leurs priorités de politique étrangère. La Banque mondiale, de son côté, a approuvé en juin 2025 un financement de 250 millions de dollars pour le Projet d’assistance d’urgence au Liban (LEAP), visant à réparer les infrastructures critiques endommagées par le conflit de 2023-2024. Ce programme, structuré comme un cadre scalable d’un milliard de dollars, met l’accent sur la reconstruction durable et la gestion des débris, avec des besoins estimés à 11 milliards de dollars pour la récupération globale.

Un dialogue sur les défis persistants

Parmi les moments forts de la visite, une session de dialogue organisée par l’ambassadrice Moawad en collaboration avec l’Institut du Moyen-Orient (MEI) a permis d’aborder les défis urgents des infrastructures publiques libanaises. Modérée par Nicholas Nassar, chercheur senior au MEI, cette discussion a mis en lumière les réalisations récentes, comme les réparations routières qui ont amélioré la connectivité et créé des emplois temporaires pour les Libanais et les réfugiés syriens. Elle a également exploré les voies de réforme pour renforcer la souveraineté de l’État et sa capacité à gérer les infrastructures essentielles.

Les défis sont multiples. Le Liban fait face à une contraction économique cumulée de près de 40 % depuis 2019, aggravée par le conflit qui a causé 14 milliards de dollars de dommages et pertes, selon l’évaluation rapide de la Banque mondiale en mars 2025. Les secteurs du logement et des infrastructures ont été les plus touchés, particulièrement dans le sud, le Mont-Liban et la Bekaa. La pauvreté monétaire affecte 44 % de la population, tandis que la pauvreté multidimensionnelle touche plus de 70 %, limitant l’accès à l’électricité, l’eau et les services de base.

Dans ce contexte, les infrastructures de transport sont cruciales pour la relance. Le réseau routier, dont un tiers est en mauvais état, a bénéficié de projets comme le Roads and Employment Project, financé par la Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars, qui a réhabilité des routes dans 25 districts et créé des emplois. Cependant, les outages électriques chroniques, avec des coupures de 12 à 20 heures par jour, entravent les opérations et augmentent les coûts pour les entreprises. Les réformes énergétiques, incluant l’expansion des énergies renouvelables et des interconnexions régionales, sont essentielles pour stabiliser l’approvisionnement.

Les implications régionales et sécuritaires

La visite de M. Rasamny s’inscrit dans un paysage géopolitique complexe. Depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, le Liban gère les séquelles du conflit avec Israël, qui a tué plus de 4 000 personnes et déplacé près d’un million d’individus à son pic. Les forces israéliennes maintiennent des positions dans le territoire libanais, et des frappes sporadiques persistent, endommageant des infrastructures comme des puits et des composés d’entraînement. Le plan de déploiement des Forces armées libanaises (FAL), visant à étendre l’autorité de l’État sur tout le territoire, commence par la zone au sud du Litani et s’étend progressivement, conditionné à un retrait israélien et à un renforcement des ressources des FAL.

Les États-Unis insistent sur le monopole des armes par l’État comme précondition à un soutien plus large pour la reconstruction. Des envoyés américains, comme Tom Barrack, ont réaffirmé l’engagement de Washington à améliorer la vie des Libanais, indépendamment des influences régionales. Cette position s’aligne avec les discussions sur la résolution 1701 de l’ONU, qui appelle au désarmement des milices et au contrôle des frontières.

Par ailleurs, les partenariats public-privé (PPP) sont relancés pour financer les projets aéroportuaires et portuaires, les finances publiques étant épuisées. Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, mise sur ces mécanismes pour attirer des investisseurs étrangers, tout en avançant sur des réformes structurelles demandées par le FMI.

Vers une modernisation durable des transports

Les échanges à Washington ont aussi souligné l’importance de la durabilité et de la sécurité dans les infrastructures. Les aéroports libanais, comme Rafic Hariri, visent une transformation complète d’ici un an, avec des upgrades pour accueillir jusqu’à 60 millions de passagers. Le plan maître pour un second aéroport à René Mouawad, dans le nord, est imminent, ouvrant des opportunités pour des investisseurs internationaux.

Pour les ports, les réformes incluent la modernisation du port de Beyrouth, avec un accent sur la gouvernance et la sécurité environnementale. Des félicitations américaines ont salué les avancées récentes au port de Beyrouth, soulignant le rôle de l’administration portuaire dans la relance économique. M. Rasamny a récemment rencontré des délégations de la Banque mondiale pour avancer sur les projets d’infrastructure et activer le prêt LEAP pour la reconstruction.

L’engagement de l’ambassade libanaise

L’ambassade du Liban à Washington a réaffirmé son engagement à renforcer les partenariats internationaux en soutien au développement du Liban. Selon ses déclarations, ces efforts s’alignent avec les priorités du gouvernement libanais en matière de réformes et de stabilité à long terme. L’ambassadrice Moawad, en poste depuis septembre 2025, joue un rôle pivot dans ces échanges, facilitant des rencontres comme celle avec le commandant des FAL en visite officielle.

Ces initiatives s’inscrivent dans un climat où le Liban navigue entre récupération post-conflit et réformes économiques. Le secteur de la construction, marqué par une faible performance énergétique des bâtiments, appelle à des transitions vers des pratiques durables. Des secteurs comme l’énergie renouvelable et les technologies offrent des potentiels, malgré les obstacles comme la corruption et l’instabilité politique.

Les perspectives immédiates pour les infrastructures

Récemment, M. Rasamny a tenu des discussions avec l’ambassadeur américain au Liban sur la modernisation des transports, l’expansion aéroportuaire et les réformes portuaires. Ces échanges soulignent l’urgence de réhabiliter les infrastructures pour soutenir la croissance économique. La Banque mondiale a également approuvé 350 millions de dollars pour la protection sociale et la transformation numérique, incluant des investissements en cybersécurité et en plateformes gouvernementales.

En janvier 2026, des félicitations ont été adressées à M. Rasamny pour les upgrades au port de Beyrouth, décrits comme exemplaires par les États-Unis. Parallèlement, des rencontres avec des délégations européennes et chinoises visent à diversifier les partenariats.

Le Liban, avec son PIB réel contracté de 7,1 % en 2024, mise sur une croissance de 5 % en 2026, portée par le tourisme et les services. Cependant, les experts tempèrent ces projections, soulignant la dépendance à la stabilité politique et sécuritaire. Les débris du conflit, estimés à des millions de tonnes, posent des risques immédiats, avec un groupe de travail de l’ONU dédié à leur gestion durable.

Dans le secteur énergétique, le ministre Joe Saddi a présenté des plans réformistes, salués par les États-Unis pour leur transparence et leurs opportunités pour les entreprises américaines. Ces efforts complémentaires aux infrastructures de transport visent à réduire les coûts opérationnels et à attirer les investissements.

Les dynamiques politiques internes influencent ces projets. Le cabinet de Nawaf Salam, avec ses 24 ministres issus de diverses affiliations, inclut M. Rasamny affilié au Parti socialiste progressiste. Malgré les attentes élevées pour résoudre les crises économiques et sociales, ce gouvernement transitoire jusqu’aux élections de 2026 fait face à des disputes sur la loi électorale.

Les implications immédiates de ces discussions se manifestent dans les appels à des réformes ambitieuses pour aborder les faiblesses structurelles du Liban. Des missions du FMI ont pressé pour des changements complets, tandis que des experts de l’ONU ont averti contre les violations persistantes du cessez-le-feu, impactant les civils et les infrastructures. En février 2026, des visites potentielles du Conseil de sécurité pourraient évaluer la situation sur le terrain, y compris les besoins de reconstruction au sud.

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Newsdesk Libnanews
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