Alors que les chaînes d’information continuaient de diffuser en direct les images d’explosions à Téhéran et de frappes aériennes israéliennes sur des sites liés au programme nucléaire iranien, le vice-président des États-Unis JD Vance n’a publié aucune déclaration officielle ni aucun message sur ses réseaux sociaux. Ce mutisme, observé au cinquième jour de l’opération Epic Fury lancée conjointement par Washington et Tel-Aviv, intervient au moment où le conflit s’étend à l’ensemble du Moyen-Orient, touchant non seulement l’Iran mais aussi ses proxies dans la région et menaçant les équilibres énergétiques du Golfe.
Le vice-président, dont la réserve contraste avec la communication soutenue de la Maison Blanche, maintient depuis plusieurs jours une posture de discrétion qui interroge les observateurs. Aucune intervention publique n’a été enregistrée depuis son apparition ciblée du 3 mars sur Fox News, alors même que le bilan provisoire des opérations fait état de plus de deux mille cibles neutralisées en Iran et que les ripostes des milices soutenues par Téhéran se multiplient du Yémen à l’Irak.
Un parcours forgé par le scepticisme envers les engagements militaires prolongés
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Ancien sénateur de l’Ohio et vétéran des Marines, JD Vance a construit son positionnement sur le Moyen-Orient autour d’une critique récurrente des interventions américaines sans objectif précis et sans échéance claire. Dès sa campagne sénatoriale en 2022, puis lors de la course à la vice-présidence en 2024, il a répété que les États-Unis ne pouvaient plus se permettre de s’enliser dans des conflits coûteux en vies et en ressources. Cette ligne, ancrée dans la doctrine America First promue par le président Donald Trump, privilégie la défense des intérêts nationaux directs tout en maintenant un soutien ferme à Israël comme allié stratégique.
Dans une longue interview accordée au Washington Post le 27 février 2026, soit quelques jours seulement avant le déclenchement des frappes, JD Vance avait été explicite : « Il n’y a aucune chance que Donald Trump permette à ce pays de s’engager dans un conflit de plusieurs années sans aucune fin en vue. » Il insistait alors sur la nécessité d’une approche pragmatique, où toute action militaire devait être limitée dans le temps et dans ses ambitions. Cette déclaration, reprise par plusieurs médias internationaux, résumait une évolution personnelle : de critiques acerbes contre les néoconservateurs responsables selon lui de l’intervention en Irak en 2003, à un soutien conditionnel aux opérations ciblées contre les menaces directes pesant sur la sécurité américaine et alliée.
Le vice-président n’a jamais caché son opposition aux guerres d’occupation. Dans son livre « Hillbilly Elegy » et lors de multiples interventions au Sénat, il avait pointé les milliards de dollars dépensés en Afghanistan et en Irak comme des exemples à ne pas répéter. Au Moyen-Orient, cette philosophie se traduit par un refus catégorique d’un engagement terrestre massif ou d’un changement de régime à Téhéran. « Nous ne sommes pas en guerre contre l’Iran, nous sommes en guerre contre le programme nucléaire iranien », avait-il martelé lors de son intervention sur Fox News le 3 mars dans l’émission de Jesse Watters. Cette distinction, répétée à plusieurs reprises, constitue le fil rouge de sa posture actuelle.
L’objectif nucléaire comme ligne rouge inflexible
Au cœur de l’attitude de JD Vance figure une priorité absolue : empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Le vice-président a défendu à de multiples occasions la légitimité des frappes lancées dans le cadre de l’opération Epic Fury, initiée après l’élimination ciblée du guide suprême Ali Khamenei et la découverte de nouvelles avancées du programme d’enrichissement d’uranium. Selon des sources officielles américaines, plus de deux mille sites militaires, nucléaires et balistiques ont été visés depuis la fin février, avec pour résultat une destruction estimée à 85 % des capacités de production d’uranium enrichi à Fordow et Natanz.
Dans sa prise de parole du 3 mars, JD Vance avait insisté : « Le président Trump ne plongera pas les États-Unis dans un conflit de plusieurs années sans objectif clair. L’Iran ne doit jamais être autorisé à obtenir l’arme nucléaire. Tel est l’objectif de cette opération et le président Trump la mènera à son terme. » Ce message vidéo, publié sur son compte X officiel @JDVance, a été retweeté par plusieurs responsables républicains mais n’a pas été suivi d’autres commentaires personnels. Le vice-président y rappelait également que les États-Unis disposaient d’une « capacité bien supérieure » pour poursuivre les frappes si nécessaire, tout en rejetant toute comparaison avec les guerres passées.
Cette fermeté sur le dossier nucléaire s’inscrit dans une continuité avec la politique de l’administration Trump première mouture, qui avait quitté l’accord de Vienne en 2018. JD Vance a toujours considéré cet accord comme une « capitulation » face aux ambitions régionales de Téhéran. Lors de débats au Sénat en 2023 et 2024, il avait voté contre toute levée de sanctions et plaidé pour une pression maximale, y compris militaire si la diplomatie échouait. Pourtant, il a toujours maintenu que la préférence allait à la négociation : « Je pense que nous préférons tous l’option diplomatique », avait-il déclaré dans la même interview au Washington Post, évoquant des contacts indirects via Oman et d’autres intermédiaires.
Un soutien à Israël ferme mais sans chèque en blanc
L’attitude de JD Vance envers Israël constitue un autre pilier de sa vision du Moyen-Orient. Le vice-président a multiplié les gestes de solidarité depuis son entrée en fonctions, recevant à plusieurs reprises le Premier ministre israélien et affirmant que la sécurité de l’État juif restait une priorité stratégique américaine. Cependant, il a toujours exclu un engagement illimité de troupes américaines au sol. « Israël peut et doit se défendre, mais les États-Unis ne seront pas le bras armé éternel de Tel-Aviv dans des guerres interminables », avait-il résumé lors d’un discours à la conférence annuelle de l’AIPAC en 2025.
Dans le contexte actuel de l’opération Epic Fury, cette nuance apparaît clairement. Les frappes conjointes américano-israéliennes visent à neutraliser la menace nucléaire iranienne tout en limitant l’implication directe des forces terrestres américaines. JD Vance a salué la précision des opérations israéliennes contre les sites de missiles balistiques iraniens, tout en rappelant que l’administration Trump fixait des « objectifs clairs et atteignables ». Cette position reflète une doctrine plus large : soutenir les alliés régionaux – Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Arabie saoudite – sans reproduire les erreurs des décennies précédentes.
Le vice-président a également suivi de près les développements concernant les proxies iraniens. Les attaques des Houthis au Yémen contre le trafic maritime en mer Rouge, les milices en Irak et en Syrie, et les mouvements soutenus par Téhéran dans l’ensemble du Levant ont été qualifiés par lui de « menaces asymétriques » qu’il convenait de traiter avec fermeté mais sans escalade généralisée. Aucune déclaration récente n’a toutefois été émise sur ces fronts secondaires, renforçant l’impression d’une communication volontairement mesurée.
La diplomatie comme outil privilégié dans la stratégie America First
Malgré son soutien aux opérations en cours, JD Vance n’a jamais abandonné l’idée d’une issue diplomatique. Il avait reçu, quelques jours avant le début des frappes, le ministre des Affaires étrangères omanais à Washington pour explorer des voies de désescalade. Cette rencontre, confirmée par le département d’État, s’inscrivait dans une logique de « pression maximale suivie de négociation », chère à l’administration Trump. Le vice-président avait alors déclaré que les États-Unis restaient ouverts à un nouvel accord si l’Iran acceptait des vérifications strictes et un démantèlement vérifiable de ses capacités d’enrichissement.
Cette approche contraste avec les positions plus interventionnistes de certains républicains traditionnels. JD Vance a souvent critiqué les think tanks qui prônent un engagement prolongé au Moyen-Orient, les accusant de privilégier les intérêts étrangers au détriment des contribuables américains. Dans un discours prononcé à Cincinnati en janvier 2025, il avait affirmé : « L’Amérique d’abord signifie que nous ne dépenserons pas un dollar de plus pour reconstruire des pays qui ne veulent pas être reconstruits. »
Le silence actuel du vice-président s’inscrit précisément dans cette logique de retenue. Après avoir rompu le silence initial le 3 mars pour défendre l’opération, il s’est contenté de retweeter les communiqués officiels de la Maison Blanche et du Pentagone. Aucune apparition supplémentaire n’a été programmée, et son agenda public des derniers jours s’est concentré sur des dossiers domestiques. Des observateurs proches du pouvoir, cités par des médias américains, notent que cette discrétion vise à éviter toute surenchère rhétorique qui pourrait compliquer d’éventuelles négociations futures.
Les répercussions sur l’équilibre régional et les intérêts américains
L’escalade actuelle affecte l’ensemble du Moyen-Orient au-delà du seul dossier iranien. Les cours du pétrole ont bondi de plus de 15 % depuis le début des opérations, avec des risques de perturbation du détroit d’Ormuz si les Gardiens de la Révolution décidaient de bloquer le passage. JD Vance, dans ses déclarations antérieures, avait anticipé ces risques en soulignant que les États-Unis disposaient de réserves stratégiques suffisantes et de partenariats avec les producteurs du Golfe pour atténuer l’impact.
Les milices chiites en Irak ont multiplié les attaques contre les bases américaines, tandis que les Houthis ont revendiqué de nouvelles tentatives contre des navires de commerce. Le vice-président n’a pas réagi publiquement à ces développements, se limitant à soutenir les opérations de riposte menées par les forces américaines dans la région. Cette retenue s’explique par la volonté de ne pas élargir le cadre de l’opération Epic Fury au-delà de son objectif nucléaire initial.
Sur le plan international, l’administration maintient que les actions entreprises respectent le droit à la légitime défense. Aucune résolution du Conseil de sécurité n’a été bloquée par Washington, et des contacts sont maintenus avec les partenaires européens et asiatiques pour coordonner les sanctions supplémentaires contre le régime iranien. JD Vance a toujours plaidé pour une coalition large mais sans leadership américain exclusif, une position qui diffère de celle adoptée lors des interventions passées.
Les développements les plus récents au cinquième jour de l’opération
Ce jeudi 5 mars, les opérations se poursuivent avec des frappes aériennes américano-israéliennes supplémentaires sur des sites de commandement à Téhéran et dans la province d’Ispahan. L’armée israélienne a confirmé la neutralisation de plusieurs batteries de défense antiaérienne S-300 et S-400 fournies par la Russie. Du côté iranien, les autorités ont rapporté des dommages sur des installations civiles et militaires, sans communiquer de bilan précis des pertes.
Le porte-parole du Pentagone a indiqué que les objectifs fixés pour la première phase de l’opération étaient « en voie d’être atteints », tout en précisant que les États-Unis continuaient de surveiller les mouvements de missiles balistiques iraniens. Aucune nouvelle déclaration du vice-président JD Vance n’a été enregistrée dans les heures suivant 9 h 18 heure libanaise, alors que les chaînes internationales diffusaient les images en direct des colonnes de fumée s’élevant au-dessus de la capitale iranienne. Le président Trump a, de son côté, tenu une brève conférence de presse pour réaffirmer que l’opération resterait « limitée et proportionnée ».
Des évacuations d’employés américains et de ressortissants occidentaux se poursuivent dans plusieurs pays du Golfe, tandis que les compagnies aériennes internationales ont modifié leurs routes pour éviter l’espace aérien iranien. Le département d’État a renouvelé ses alertes de voyage pour l’ensemble de la région, précisant que la situation restait « fluide et potentiellement dangereuse ». Le vice-président JD Vance n’a pas commenté ces mesures de sécurité immédiates.



