S’exprimant lors d’un point presse, la directrice générale du Fonds Monétaire International Kristalina Georgieva a répondu à une question concernant l’aide que pourrait apporter son institution au Pays des cèdres, touché par une grave crise économique.

Si elle estime que la communauté internationale peut se réjouir de la conclusion d’un accord entre le Liban et Israël en vue de délimiter les zones maritimes exclusives entre les 2 pays, Kristalina Georgieva a souligné que les conditions pré-requises pour accorder une aide ne sont toujours pas remplies par les autorités libanaises.

Elle faisait ainsi allusion aux promesses de réformes économiques, fiscales mais aussi monétaires avec le flottement à long terme de la livre libanaise face au dollar, mais surtout les amendements relatifs au secret bancaire afin de lutter contre la corruption qui ravage les institutions publiques et privées ou encore la restructuration du secteur financier très largement impacté par des pertes financières estimées à 72 milliards de dollars selon le dernier chiffrage officiel mais refusé par l’association des banques du Liban et les actionnaires des établissements qui refusent de reconnaitre jusqu’à aujourd’hui toute responsabilité dans la dilapidation des fonds des déposants.

L’extrait de la conférence de presse

Question : Mina Al Oraibi, Le National. Le Moyen-Orient, bien sûr, a une image mitigée, mais vous parlez de la menace d’une inflation galopante, que nous voyons au Liban, et il semble que pratiquement aucune politique monétaire ne peut faire face à l’impact dévastateur d’une inflation à 200 % ou plus , et pourtant nous nous inquiétons d’un vide politique, et le FMI a été très clair sur ses conditions.

Ma première question sur le Liban est, que pouvons-nous faire, compte tenu de la situation et comment le FMI voit la menace de ces circonstances d’instabilité politique ? Mais plus important encore, cette semaine, nous avons entendu parler de la possibilité de cet accord entre le Liban et Israël, des frontières maritimes, et éventuellement de la lumière sur la crise énergétique et aussi la crise économique, quel impact cela peut-il avoir pour le Liban et la région ? Merci.

M / s. Georgieva : Merci. Célébrons quand il y a quelque chose à célébrer. Cet accord est une raison de se réjouir. Mais cela ne se matérialisera comme une source de croissance et d’opportunités pour le Liban que si nous voulons avoir un engagement clair au niveau politique à œuvrer pour la stabilité du Liban. Et j’en appelle à tous ceux qui se trouvent dans les hautes sphères du pouvoir au Liban pour qu’ils donnent la priorité à votre pays, à votre peuple. Nous avons un accord au niveau du personnel. Nous ne pouvons pas bouger. Pourquoi? Parce que les actions préalables que nous avons identifiées et qui sont au bénéfice du peuple libanais ne sont pas encore remplies. Il y a toujours cette paralysie. Il ne peut être résolu que si les dirigeants politiques libanais mettent de côté ce qui les divise et s’efforcent de servir le peuple libanais qui ne mérite rien de moins.

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