lundi, février 2, 2026

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Les enseignants contractuels exposent leurs revendications au chef du gouvernement

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Nawaf Salam a accueilli une délégation de la Ligue des enseignants contractuels dans l’enseignement de base officiel, présidée par Nesrine Chahine. Cette entrevue met en lumière les tensions persistantes dans le secteur éducatif, miné par la crise économique et les inégalités entre enseignants permanents et contractuels. Nesrine Chahine, à l’issue de la rencontre, a déclaré : « Nous avons exposé nos demandes au président, en insistant sur le fait que nous faisons partie intégrante du secteur public, et que les droits du secteur public sont aussi les nôtres. Nous rejetons toute discrimination de la part des autorités, surtout que ces instances sont représentées au gouvernement et au parlement, tandis que les contractuels sont privés de leur droit légitime à faire entendre leur voix en tant qu’indépendants. »

Le secteur éducatif libanais reste profondément affecté par la crise. Depuis 2019, les salaires des enseignants ont été érodés par l’inflation et la dévaluation, menant à des grèves récurrentes et à une réduction de la semaine scolaire à quatre jours dans les écoles publiques pour l’année 2025-2026. Près de 70 % des enseignants publics sont employés sous contrats précaires, sans bénéfices stables ni chemin clair vers la permanence. Les contractuels, souvent considérés comme des journaliers, sont exclus de nombreuses allocations, aggravant leur précarité dans un contexte où la pauvreté multidimensionnelle touche plus de 70 % de la population.

La délégation a insisté sur la nécessité de réaligner les salaires sur les niveaux d’avant 2019, conformément à un projet de loi proposant une augmentation de 50 %. « Toute prestation accordée au secteur public doit inclure les enseignants contractuels, surtout qu’ils sont exclus en tant que journaliers », a ajouté Chahine. Parmi les demandes clés : la modification du décret sur l’allocation de transport, limitée à trois jours par semaine, alors que les enseignants réclament un calcul basé sur les jours travaillés effectifs. Ils ont également appelé à comptabiliser tous les jours de grève pour compenser les pertes d’apprentissage des élèves et les heures de travail des enseignants.

Le gouvernement a alloué des fonds pour l’année scolaire 2025-2026, incluant des augmentations horaires pour les contractuels et des efforts pour mobiliser des ressources nationales. Pourtant, les syndicats critiquent cette approche, arguant qu’elle a été imposée sans consultation adéquate. Nawaf Salam a assuré que les demandes ont été prises en considération, particulièrement celles relatives à l’amélioration des salaires et à la révision du décret sur les transports. Il a promis une réponse rapide, précisant que le dossier des ajustements salariaux est en discussion avec le ministre des Finances et le Conseil de la fonction publique, et que toute augmentation pour le secteur public s’appliquera proportionnellement aux contractuels.

Ces revendications s’inscrivent dans un paysage éducatif fragilisé par les conflits et la crise. Le bombardement de zones du sud en 2023-2024 a déplacé plus d’1,2 million de personnes, fermant des écoles et exacerbant les pertes d’apprentissage. Le ministère de l’Éducation a mobilisé des ressources pour maintenir les établissements ouverts, mais les besoins dépassent les capacités, forçant des avances de fonds. Les enseignants contractuels, qui constituent la majorité du corps enseignant, demandent non seulement des salaires justes mais aussi la fin du système de contrats précaires, bien que le gel des embauches rende le recrutement permanent improbable à court terme.

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Newsdesk Libnanews
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