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Les Erreurs Stratégiques Fatales du Hezbollah : De la mission accomplie à la paralysie de l’État libanais Par Bernard Raymond Jabre

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Cet article analyse le parcours du Hezbollah et les erreurs stratégiques qui ont mené à la paralysie de l’État libanais. Cependant, il est important de souligner que cette situation n’est pas seulement le fait du Hezbollah. La complicité passive des politiciens libanais, notamment Nabih Berri, chef du Parlement, et son mouvement Amal, a également joué un rôle clé dans l’effondrement des institutions.

2000 : Une occasion manquée pour le Hezbollah et le Liban

En 2000, après le retrait israélien du sud du Liban, le Hezbollah avait atteint son objectif de résistance. Ce moment aurait pu marquer la fin de sa mission militaire et son intégration complète au sein des institutions de l’État. Mais plutôt que de déposer les armes et contribuer à la consolidation du Liban, le Hezbollah a maintenu son rôle militaire, refusant de se soumettre à l’autorité de l’État libanais. Les dirigeants politiques, incapables de saisir cette opportunité, ont laissé passer une chance cruciale de renforcer les institutions étatiques.

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2006-2008 : Le tournant et le début d’un coup d’État silencieux

Le conflit de 2006 avec Israël, déclenché par une provocation du Hezbollah, a révélé la volonté de ce dernier de poursuivre ses propres objectifs, au détriment de l’intérêt national. Ce conflit a eu des conséquences lourdes, non seulement en termes de destruction matérielle, mais aussi sur le plan institutionnel. Le Hezbollah a utilisé la crise pour renforcer son emprise sur la scène politique libanaise.
Le véritable coup d’État a eu lieu en 2008, lorsque le Hezbollah a retourné ses armes contre ses compatriotes lors de l’occupation du centre-ville de Beyrouth, trahissant ainsi la mission de défense nationale pour laquelle il avait été armé. Cette action a marqué un point de non-retour, où le Hezbollah est passé de défenseur contre l’ennemi extérieur à acteur du blocage interne.

La dichotomie Oumma chiite et Patria libanaise

Le Hezbollah, tout comme certains politiciens libanais, a fait le choix de la division plutôt que de l’unité. En choisissant de servir les intérêts de la Oumma chiite et de l’Iran, le Hezbollah a accentué la fracture entre les communautés libanaises, fragilisant davantage le pays. Mais cette responsabilité est partagée par les dirigeants politiques libanais qui, en refusant de s’unir autour d’un projet national fort, ont favorisé l’implosion des institutions.

Le rôle complice des politiciens libanais

Les actions du Hezbollah n’auraient pas été possibles sans la complicité d’acteurs politiques libanais. Nabih Berri, à la tête du Parlement depuis 1992, et ses alliés du mouvement Amal, ont également contribué à la paralysie de l’État. Leur gestion du pouvoir, souvent marquée par le blocage institutionnel, a empêché la mise en place de réformes vitales pour le pays.

Au lieu de promouvoir l’unité nationale et le renforcement des institutions, Berri et ses alliés ont choisi de préserver leurs intérêts personnels et confessionnels. Ce jeu politique, basé sur des compromis débilitants, a permis au Hezbollah de maintenir son bras armé, prolongeant ainsi l’affaiblissement de l’État libanais.

Résolutions internationales ignorées et opportunisme politique

Les résolutions 1559 (2004) et 1701 (2006), qui appelaient respectivement au désarmement des milices et au cessez-le-feu durable avec Israël, ont été systématiquement ignorées. Non seulement le Hezbollah a refusé de s’y conformer, mais les politiciens libanais, comme Nabih Berri et Najib Mikati, n’ont jamais sérieusement tenté de les appliquer. Leur inaction a consolidé le statu quo, en maintenant les milices armées et en privant l’État d’un contrôle exclusif sur la force armée.

Une tentative tardive de redressement : Un sursaut de crédibilité perdu

Aujourd’hui, alors que le Liban traverse une crise sans précédent et se retrouve en pleine guerre entre Israël et le Hezbollah, les politiciens libanais tentent désespérément de réactiver les résolutions internationales. Mikati et Berri affichent désormais leur soutien aux résolutions 1559 et 1701, espérant ainsi restaurer une stabilité perdue. Mais ces tentatives apparaissent largement insuffisantes et viennent trop tard pour regagner la confiance du peuple libanais ou de la communauté internationale.

Leurs décennies d’inaction, marquées par des alliances avec le Hezbollah et des jeux politiques confessionnels, les ont définitivement discrédités. Le peuple libanais, épuisé par des décennies de crises et d’effondrement, voit en ces efforts une manœuvre opportuniste pour maintenir le pouvoir plutôt qu’une véritable volonté de changement.

Conclusion : Un avenir sombre sans changement de leadership

La tentative actuelle de Mikati et Berri de réactiver les résolutions internationales est trop tardive pour inverser la situation. Leur crédibilité, entachée par des décennies de blocage et de complicité avec le Hezbollah, est irrémédiablement compromise. Le Liban, paralysé par ses divisions internes et par l’inaction de sa classe politique, semble être dans une impasse. La guerre entre Israël et le Hezbollah continue de ravager le pays, et le peuple, en paie le prix.

Le Liban ne pourra sortir de cette crise qu’avec une nouvelle génération de dirigeants, véritablement engagés pour l’intérêt national et prêts à relever les défis institutionnels, politiques et économiques qui attendent le pays. Tant que ces pratiques persisteront, la paralysie de l’État continuera et le Liban restera prisonnier de ses divisions internes et de ses acteurs non-étatiques.

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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