C’est en dépit d’une véritable tempête de sable, que plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés au centre ville de Beyrouth ce mercredi 9 septembre, à l’appel du collectif #YouStink, « Vous Puez », qui a entamé son action suite à la fermeture de la déchetterie de Naameh le 17 juillet dernier. Cette fermeture avait entrainé une accumulation des ordures dans la capitale libanaise et le Mont Liban.

Le collectif YouStink avait élargi ses revendications à la démission du ministre de l’Environnement Mohammed Machnouk et à la lutte contre la corruption, gangrénant le système politique et administratif du Liban.

Suite à l’échec de l’appel d’offre à la fin annulé en raison des prix importants réclamés par les sociétés candidates à la reprise du ramassage des ordures des 6 régions libanaises, le Premier Ministre Tamam Salam a constitué un nouveau comité interministériel en charge du dossier et présidé par le Ministre de l’Agriculture Akram Chehayeb qui a remis cette semaine ses conclusions. Cependant, le plan présenté par ce dernier ne semble satisfaire de nombreuses parties prenantes au dossier.

Au programme Chéhayed… la réouverture des déchetteries de Naameh … et de Bourj Hammoud

A l’issue d’une session du cabinet boycottée par les Ministres du Courant Patriotique Libre Gébran Bassil et du Hezbollah Mohammed Fneish, le Ministre de l’Agriculture a décidé de la réouverture des déchetterie de Naameh pour 7 jours, à l’origine de la crise et de la décharge de Bourj Hammoud qui avait fermée en 1997 suite à de nombreux problèmes environnementaux. Cette décharge, ainsi que les autres situées au littoral, contreviennent pourtant aux conventions internationales dont le Liban est signataire, ce qui pourrait entrainer un problème juridique à la mise en place des décisions du gouvernement libanais en cas de plainte auprès des autorités internationales, une première pour notre pays.

A également été décidé de l’ouverture de nouvelles décharges pour une durée de 2 ans, à Srar, dans la région du Nord Liban, dans le Akkar et dans la localité de Masnaa, dans la Békaa, à la frontière Syro-Libanaise. L’ouverture de ces 2 déchetteries sera accompagné d’un plan d’aide au développement de ces régions pour un montant respectif de 100 millions de dollars pour le Akkar et la Békaa.

L’ouverture de ces nouvelles décharges devrait être cependant accompagné de nouvelles mesures en faveur de la mise en place d’un plan de recyclage des déchets.

Notre dossier: La décharge de Bourj Hammoud, du déjà vu et un grand retour … en arrière

Un rejet du Plan, tant par le collectif YouStink que par les autorités locales

Ce plan a cependant suscité de nouvelles critiques, les activistes ont repris la rue, estimant que les mesures présentées ne sont pas conformes à leurs demandes, dénonçant notamment la réouverture de la déchetterie de Naameh, et le manque de transparence concernant le transfert des compétences dans le ramassage des ordures aux municipalités.

Tant au Akkar qu’à Naameh, les activistes locaux manifestent également contre le projet. A Naameh, le conseil municipal a réitéré  son rejet de la réouverture « même pour une heure » de la déchetterie, menaçant d’incendier tout véhicule y transportant des ordures.

Au Akkar, les habitants – qui ont organisé une manifestation pacifique – rejettent également le plan présenté par le Ministre de l’Agriculture, et ont appelé à une manifestation massive des habitants de la région ce samedi.

Dans la Békaa, les habitants de Majdel Aanjar ont également organisé une première manifestation contre le projet, appelant les députés de la région à démissionner. Ils déclarent catégoriquement refuser la mise en place de cette décharge dans une localité décrite comme la porte d’entrée des Pays Arabes au Pays des Cèdres.

A Saida, le plan Chehayed prévoit d’utiliser l’usine de triage et de traitement mis en place depuis quelques années pour traiter la décharge sauvage située sur la côte, les activistes indiquent également catégoriquement refuser l’envoi des déchets des autres régions.

Egalement sont attendues, les réactions des habitants de la capitale et de sa banlieue nord en raison du projet de réouverture de la décharge de Bourj Hammoud fermée en 1997…

Il est donc attendu que ce plan amène donc également à l’élargissement de la mobilisation de la population libanaise sur l’ensemble des zones concernées, alors que la mobilisation jusqu’à présent était cantonnée à la seule capitale Beyrouth.

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